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4616Blazon Stone : Return to Port Royal

posted by alonewithl on janvier 18th, 2015

Blazon Stone : Return to Port RoyalAlors que « Running Wild », le très bon élève du heavy speed teuton, nous apparait depuis sa reformation fade et kitchesque à en mourir. Alors qu’on se fait tous aujourd’hui que peu d’illusions de la suite de carrière de Rock n’ Rolf. Certains futurs prodiges du heavy metal se replongent avidement dans les anciennes tueries des pirates germains et leur donnent une leçon de ce qu’aurait pu être une suite convenable à leurs aventures. Impossible de ne pas rater le groupe « Running Wild » quand on voit le projet « Blazon Stone » de Cederick Forsberg, le rejeton en vogue du power metal suédois. « Blazon Stone » renvoie illico à l’album du même nom de « Running Wild ». Peu d’informations circulent sur ce dit-projet nostalgique. Il n’y a même aucune page officielle qui en fait la consécration ou la publicité. On y parvient juste par le biais de la page facebook de « Rocka Rollas », la formation la plus connue et la plus prolifique de Cederick Forsberg, ou par l’intermédiaire du label américain StormSpell Records qui édite déjà les œuvres des autres travaux de Ced. C’est donc par ce label qu’est publié le disque « Return to Port Royal » de « Blazon Stone ». Là encore, on y trouve un lien à un album de « Running Wild », le légendaire « Port Royal ». On peut aussi faire un lien entre la pochette de « Return to Port Royal » et celle de « Under Jolly Roger », à la différence que le bateau de l’ouvrage n’arbore point le Jolly Roger comme drapeau, mais celle de sa propre nation, marquant une forme de patriotisme en plus de la nostalgie. Il existerait donc des corsaires suédois dans la Mer Baltique.

Ceux qui connaissent les perles discographiques de « Running Wild » ne seront que peu dépaysés par les titres de ce premier volume de « Blazon Stone ». En effet, on reconnaît tout à fait la patte des germains, à ceci près qu’on y observe un renfort énergétique power metal dans bien des extraits. Elle ne se pressent pourtant pas à l’introduction « Black Chest Inn » incluant un très joli arpège, des riffs doux et entrainants, néanmoins supplantés par un sursaut épique et de puissants coups de batterie. Celui-là va lancer le titre éponyme qui lui succède, et pour le coup, le power metal est effectivement au rendez-vous, comme précédemment indiqué. C’est d’ailleurs très bizarre d’entendre ce style très proche de « Running Wild » avec une approche power metal. Le titre nous parait extrêmement dynamique, en plus avec une batterie particulièrement prononcée. Le chant d’Erik suit parfaitement le mouvement, imitant un Rolf sous laxatif. C’est du « Running Wild » survitaminé en fait.

Il est un peu regrettable toutefois que l’on puisse cerner un peu trop facilement des liens grossiers entre des titres de « Blazon Stone » et ceux de « Running Wild ». Ainsi, « Return to Port Royal » et « Amistad Rebellion » vous feront songer à « Conquistadores », « High Treason » serait lui assez proche du morceau « Port Royal ». Parfois le combo de Cederick se perd quelque peu dans la répétition. L’impression d’entendre le même titre en boucle se fait sentir. La folle énergie donne quelques signes d’essoufflement à travers les titres « Stand Your Line » et « Blackbeard », bien qu’il faut retenir sur ce dernier des passages instrumentaux délectables plus longs que l’ordinaire offert par l’album. Il est possible aussi que certains auditeurs n’apprécient pas une batterie aussi présente et aussi forte. A titre personnel, ça construit l’originalité et le charme de l’opus, son côté artisanal aussi.

« Blazon Stone » affirme avec forme et implication son intention de faire ressusciter la période la plus faste de son groupe préféré, tout en l’accommodant avec une touche de modernité. Mais parfois, cela dit, il se permet de petits écarts. Sur « Curse of the Ghost Ship » ce serait plus de l’ordre du détail, mais le chant ainsi que les chœurs ont plus à voir avec le power metal actuel que le heavy speed à l’ancienne. De même, on retiendra un « Wind in the Sails » subtil, qui se démarque en supplément par une baisse de régime. Il incorpore en son milieu un long instant de stagnation. En dehors, « Blazon Stone » fait preuve d’un regain de virilité assez inédit, jusqu’au superbe refrain qui tient lieu d’hymne. On retiendra certainement la dimension épique de « Wind in the Sails », mais jamais il ne sera aussi imposant que sur « The Tale of Wasa », qui pour le coup s’éloigne concrètement de « Running Wild » pour se rapprocher de « Sabaton ».

« Return to Port Royal » se découvre à la fois comme une œuvre nostalgique mais aussi comme une œuvre innovante. Il était pressenti qu’au su du talent de Cederick Forsberg, que le disque ne s’attacherait pas à reproduire de la bête copie. L’influence de « Running Wild » est plus que manifeste, certes, mais elle s’accompagne d’un afflux d’énergie power metal qui rend l’expérience unique. Il est dommage en revanche que les compositions se ressemblent, ou du moins en donnent la désagréable sensation, qu’elles puisent allégrement dans des airs déjà bien connus. Ce serait là la véritable faiblesse d’un opus surpuissant. « Blazon Stone » a ainsi posé un moteur V12 sur un navire de prestige, autrefois vainqueur dans les courses à voile. L’expérience est unique, je vous disais.

14/20

 

 

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