chroniques et interviews metal

5156Hellfest 2015 (Deuxième Journée)

posted by alonewithl on juillet 8th, 2015

hellfest2015

Hellfest 2015 @ Clisson (44) – Open Air
(19,20, 21 Juin 2015)
Ouverture à partir de 10:30 heures.

Samedi 20 Juin 2015

Je m’étais attendu à un peu plus d’animation sur le camping. Fini les combats de chariots ou les rassemblements de concours de picole. Ce qui n’exclut pas l’éthylomètre de monter durant toute la nuit, mais ce qui me permet de dormir pas trop mal et de me lever à l’aurore. Je me tâtais concernant cette journée de samedi. J’ai beau regarder le programme du matin, il y a vraiment pas grand-chose. Faut dire que j’avais hésité à voir « Doctor Livingstone » ou « Haken ». D’un coup de tête, et parce que je voyais tout le monde se diriger vers les Mainstage, je décide de donner une chance à la Valley. Tant pis pour « Haken ». Après tout je pense avoir fait un bon choix, beaucoup m’ont rapporté un son déplorable.

. MACHETE

Le nom du groupe peut prêter à sourire. Néanmoins, il correspond bien à celui d’un groupe de sludge. Celui-là ne provient pas des States ou du Mexique, mais c’est une troupe bien locale de Vendée. Je n’en attendais franchement pas grand-chose, mais j’ai trouvé leur prestation très honorable. Certes c’est sobre scéniquement, ça ne bouge peut-être pas beaucoup, mais c’est l’idéal pour ce genre de musique grasse et lourde. Et il faut admettre que « Machete » faisait du bien à entendre. Le public était attentif, seul un mec déguisé en chevalier s’était prêté à un slam très calme de devant vers l’arrière, nettement plus appréciable que ceux qui vous obligent à tout le temps surveiller son arrière pour ne pas déguster des godasses en pleine tête. Si le groupe repasse prochainement dans le coin, ce sera avec une grande joie que j’irais les revoir.

. ELDER

Satisfait de ce passage à la Valley, je prends racine et attend donc posément « Elder ». Je suis tout de même étonné du peu de monde rassemblé pour ce groupe américain, devinant que le gros du troupeau est parti bêler après « Haken ». Arrivé sur les planches, la troupe m’a paru très jeune et très décontractée. Aussitôt lancée, les sourires s’estompent, les visages se concentrent sur les instruments pour délivrer un fantastique stoner metal, de haute envolée. Le batteur frappait tellement fort sa batterie, que les pieds de micro, sous les vibrations tombaient. Jouant moins de la force, le chanteur/guitariste se révèle un vrai orfèvre dans la concoction de belles mélodies. Le souvenir laissé par « Elder » est impérissable.

Set-List : 1. Gemini / 2. Spirit at Aphelion / 3. Compendium

. DER WEG EINER FREIHEIT

Ne sachant pas trop ce qu’allait donner « Monarch » et souhaitant passer à autre chose malgré la tranquillité de l’endroit, je retourne du côté du Temple pour tester « Der Weg Einer Freiheit », ou du moins, les retester, puisque je les avais déjà vu en tournée avec « Ensiferum » à la Nef d’Angoulême. Et ça m’avait endormi… Malgré cette mésaventure, et connaissant quelque peu le potentiel affiché sur supports studios, je me dis que ça pouvait être un jour sans et qu’il était possible que le groupe de black contemplatif allemand pouvait se révéler tout autrement. Là encore, je ne regrette pas mes tergiversations. Le groupe s’est montré en effet bien meilleur à la précédente fois où je les avais vu. Il y avait plus de mordant, une atmosphère plus oppressante et mélancolique. Nikita avec son tee-shirt « Dissection » s’adonnait à pleins poumons, ce qui changeait de mes souvenirs de chant amorphe et mou. Content de ce que j’entendais, je partais néanmoins lors du dernier long morceau pour attendre « Prostitute Defigurement » à côté.

. MOTIONLESS IN WHITE

Héhé ! Non, je n’ai pas assisté à « Prostitute Defigurement ». A l’ « Altar » j’ai encore une fois cogité, et je me demandais si je voulais vraiment assister au show, n’étant pas un fan convaincu de ce groupe de death gore hollandais. Tant pis ! J’écoutais une fois encore mon instinct pour me diriger vers les Mainstages. Et c’est « Motionless In White » qui débutait au Mainstage 2. Surpris par leur accoutrement, faisant songer à un émo-Slipknot, je me mets néanmoins à distance, malgré la fréquentation toute relative devant la scène. Faut dire qu’il y avait de quoi être révulsé à l’écoute de leur gothico-électo-metalcore, absolument insupportable et d’ailleurs desservi par une horrible qualité sonore. Après « Haken », il faut croire que les ingés-son ont largement merdé ce matin sur le second Mainstage. Le temps de faire quelques photos, je me tourne vers le Mainstage 1 où je campe malgré la chaleur et la diarhée produite par les américains d’à côté. Les vieux moqueurs à veste à patchs qui dansaient comme des poufs dessus par ironie, me donnaient un peu de baume au cœur pour supporter cette souffrance. La dernière note de synthé couinée fut un grand ouf de soulagement partagé par tous ceux qui attendaient « The Answer » au Mainstage 1.

Set-List : 1. Break the Cycle / 2. Reincarnate / 3. Generation Lost / 4. Death March / 5. America / 6. Abigail / 7. Unstoppable / 8. Dead as Fuck / 9. Devil’s Night

. THE ANSWER

Ils auront bien fait d’attendre patiemment la formation de hard britannique. Ce fut une révélation pour ma part. On sentait une réelle inspiration pour « Led Zeppelin » et pour les années 70. Cormac Neeson, le chanteur de la formation au look hippie, s’envolait littéralement sous les riffs appuyés de ses camarades, sautillait, frétillant, faisant régulièrement la navette avec le public sur l’estrade, qui cachait un peu les côtés de scène, suivant où on se plaçait. Ce qui obligeait les photographes à faire régulièrement le tour au trot. Ce fut assez rigolo à voir et semblait indifférer la formation, complétement transporté par son hard rock bluesy à la qualité exceptionnelle. Certainement, avec « The Answer », il y avait l’art et la manière.

Set-List : 1. I Am What I Am / 2. Spectacular / 3. Demon Eyes / 4. Red / 5. Last Days of Summer / 6. Under the Sky / 7. Raise a Little Hell

. ACE FREHLEY

Revenant d’interview et après avoir ingurgité un sandwich, je me précipite de nouveau au Mainstage 1, en priant qu’il y ait encore suffisamment de places aux alentours de la barrière. J’arrive en second rang pour voir le grand « Ace Frehley », plus connu pour avoir été le guitariste charismatique de « Kiss » à la grande époque. Le bougre a vieilli et a pris du volume, caché derrière d’épaisses lunettes noires. Ace figure plus en retrait, ne communique pas vraiment. Il laisse la place entière à son second, le fabuleux Richie Scarlet, incontrôlable sur scène malgré son âge. Tout juste verra-t-on en pure fantaisie la guitare d’Ace fumer dans un de ses solos. Le show paraissait assez mou dans son ensemble. Deux titres de la set-list, cependant, sortent du lot : « Space Invader » et la reprise de « Deuce » de « Kiss ».

Set-List : 1. Rocket Ride (Kiss Cover) / 2. Toys / 3. Love Gun (Kiss Cover) / 4. Space Invader / 5. Snowblind / 6. Rock Soldiers / 7. (Solo de basse) / 8.New York Groove (Hello Cover) / 9. 2 Young 2 Die / 10. Shock Me (Kiss Cover) / 11. (Solo de guitare) / 12. Deuce (Kiss Cover)

. AIRBOURNE

Je n’ai suivi que d’une oreille distraite le show de « Backyard Babies » qui avait l’air pas trop mal, dans un hard rock plus moderne que celui d’ « Ace Frehley ». C’est vraiment un groupe qui mériterait une écoute plus approfondie, notamment sur support studio. Toutefois, une cohue est en train de naître durant les préparatifs des australiens d’ « Airbourne ». Cela s’annonce chaud au possible. Les remous du public annonçait la tempête qui allait suivre, pas forcément sur scène, mais bien en dessous. Tout le monde ou presque se pressait comme un seul homme à voir de près « Airbourne ». Une fois la machine lancée, on sentait les coudes et les poings. Les filles nombreuses dans les premiers rangs s’accrochaient où elles pouvaient, pendant que Joel O’Keefe faisait son Angus Young. Bon, en fait, on se rend compte qu’ « Airbourne » fait du « AC-DC » sans vergogne. Et on en retient musicalement que ça. Sur le plan scénique, c’est un peu différent. Pas d’escalade sur les échafaudages, mais on aura le droit à des lâchers de bières, éventrées ou non. Ce qui est sympa à voir, au moins une fois, et qui ferait presque oublier les deux grosses coupures sonores en plein spectacle. La troupe prend ces incidents avec beaucoup de rigolade. « Airbourne » est donc un groupe plaisant à regarder, un peu surestimé tout de même si on s’en tient à la seule musique, mais on comprend mieux l’enthousiasme qu’ils génèrent quand on les voit sur scène.

Set-List : 1. Ready to Rock / 2. Too Much, Too Young, Too Fast / 3. Chewin’ the Fat / 4. Girls In Black / 5. Cheap Wine & Cheaper Women / 6. Black Dog Barking / 7. Diamond in the Rough / 8. Stand Up for Rock ‘n’ Roll / 9. Live It Up / 10. Runnin’ Wild

. SLASH

Tout comme « Backyard Babies », l’écoute de ce qui se passe sur le Mainstage 1 se fait de manière distraite. De toute façon le rock de « L7 » m’avait paru bien naze. On profite du répit pour panser ses plaies, boire une gorgée de la bouteille conservée, qui n’a miraculeusement pas explosé durant la foire provoquée par « Airbourne ». Heureusement, les mecs de la sécurité étaient là pour arroser le public et offrir quelques bouteilles d’eau. Un mec à côté de moi me dit que « Slash » allait être pire qu’ « Airbourne ». Ça va remuer à la vue du chapeau, il disait. Ben, force est de constater que les échauffourées du groupe d’avant a servi de leçon à plus d’un. Le concert s’est déroulé dans le calme. On retrouve un Slash un peu bourru, semblant avoir pratiqué les haltères. Pas très communiquant, mais parfait dans ses prestations guitaristiques. On ne comptait même plus les guitares qui défilaient, parfois double. Le vrai showman était Myles Kennedy, qui ne se faisait pas prier pour restituer des titres des Guns, avec un grand sourire et de manière plus sympathique qu’Axl Rose. Un très bon concert sans gesticulation inutile, restituant d’excellents morceaux de la carrière de « Slash » dans un climat apaisé.

Set-List : 1. You’re a Lie / 2. Nightrain (Guns N’ Roses Cover) / 3. Avalon / 4. Back from Cali / 5. You Could Be Mine (Guns N’ Roses Cover) / 6. The Dissident / 7. World on Fire / 8. Anastasia / 9.Sweet Child O’ Mine (Guns N’ Roses cover) / 10. Slither (Velvet Revolver Cover) / 11. Paradise City (Guns N’ Roses Cover)

. ZZ TOP

Sorti revigoré des mélodies de l’homme au chapeau, je suis prêt pour affronter la suite. J’essaye alors de suivre « Killing Joke », mais je dois bien admettre que, sans être mauvais, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’attends donc impatiemment « ZZ Top » debout, n’ayant malheureusement pas de place pour m’assoir. J’observe alors les préparations du Mainstage 1 et je suis frappé par la monstrueuse batterie qui est installé. Décidément, le show promet d’être d’enfer. Ils allaient en plus se servir des écrans. En début de concert, après que Frank à la batterie ait grillé sa cigarette pour donner le coup d’envoi, on nous annonçait qu’il allait y avoir des filles, mais on ne verra que les trois vieux messieurs de la formation. En fait, les filles annoncées son celles diffusées dans les vieux clips des écrans. C’est un peu dommage de voir ainsi diffuser des images de vieux clips. On aurait pu faire plus original. Remarque, de la barrière et avec le soleil qui continuait de taper, on ne voyait pas grand-chose. Les bonhommes étaient plus vieux que dans mes souvenirs. Au moins, je pourrais dire que je les ai vu sur scène, car pour la musique en elle-même je suis resté un peu sur ma faim. On se satisfait néanmoins de l’écoute des grands classiques « Gimme All Your Lovin’ » et « La Grange », un peu moins de la reprise de « Foxy Lady » de Jimi Hendrix, plutôt paresseuse. Ils nous auront pas comblé les oreilles, mais on se contente de la vue, de leur passage sur l’estrade, de leurs guitares poilues. Les papys étaient encore en forme, même si on regrettait que ça n’envoie pas plus.

Set-List : 1. Got Me Under Pressure / 2. Waitin’ for the Bus / 3. Jesus Just Left Chicago / 4. Gimme All Your Lovin’ / 5. Pincushion / 6. I Gotsta Get Paid / 7. Foxy Lady ( Jimi Hendrix Cover) / 8. Chartreuse / 9. Sharp Dressed Man / 10. Legs / 11. La Grange – Sloppy Drunk Jam / 12. Tush

. FAITH NO MORE

J’étais peut-être alors à la barrière du Mainstage 1, refusant à tout bon Dieu de sacrifier ma place pour « Scorpions », mais ce qui se jouait au Mainstage 2 était purement immense. « Faith No more » a fait le plus gros show du Hellfest 2015. N’étant pourtant pas fan de la musique de la formation servie par l’inénarrable Mike Patton, j’ai été subjugué ce soir-là par ce qui se passait dans les écrans. Le groupe entièrement vêtu de blanc ce trouvait au milieu d’un décor digne des plus fastueux cérémonials évangélistes. On allait nous faire une messe méthodiste géante à l’américaine. Entre le chant éblouissant de Mike, usant même sur la fin d’une cibi pour chanter, le jeu expert et élaboré des musiciens, le public en avait largement pour son argent. Le tout recouvert d’un humour efficace. On pouvait voir Mike se demander pourquoi les boutiques d’en face (enflammées de nuit) brulaient, ou même descendre en contrebas pour échanger sa tenue de scène contre celle d’un vigile de sécurité. Ce qui lui a valu ensuite une vacherie à propos de son poids, quand celui-ci réagissait quant à la taille de son nouveau tee-shirt. Une expérience incroyable qui sera difficilement égalable.

Set-List : 1. Motherfucker / 2. Be Aggressive / 3. Caffeine / 4. Evidence / 5. Epic / 6. Black Friday / 7. Everything’s Ruined / 8. Midlife Crisis / 9. The Gentle Art of Making Enemies / 10. Easy (Commodores cover) / 11. Separation Anxiety / 12. Cuckoo for Caca / 13. Matador / 14. Ashes to Ashes / 15. Superhero / 16. Cone of Shame / 17. We Care a Lot /18. This Guy’s in Love With You (Burt Bacharach cover)

. SCORPIONS

Un rêve de gosse allait se réaliser. Après l’un des plus beaux feux d’artifice que j’ai pu voir, celui qui fêtait les 10 ans du Hellfest, j’allais enfin pouvoir voir un concert de « Scorpions », et du second rang s’il vous plait. « Scorpions » c’est le groupe qui m’aura mis le pied à l’étrier. Tous les travaux autour, notamment pour allonger l’estrade, laissaient à penser à un show de grande ampleur. Ce fut le cas. Ce fut même un gros et long show avec effets sur écrans géants. Comme pour « ZZ Top », les acteurs me paraissaient vieillis et un peu fatigués, surtout concernant Klaus Meine, qui pourtant executait correctement son show, tapait du tambourin et distribuait des baguettes de batterie quand il ne chantait pas. Je regardais plus les prouesses à la guitare de Matthias Jabs, que le furtif Rudolf Schenker, dont on a vu passé avec une guitare fusée. Le public a pu les voir tous rassemblés sur l’estrade, batteur compris pour chanter ensemble des extraits d’ « Always Somewhere », d’ « Eye of the Storm » et de « Send Me an Angel » dans leur version acoustique. Véritable moment de communion avec l’énorme foule rassemblée. Tout le monde chanta comme un bloc unifié le refrain de « Wind of Change » dans la foulée. Les images défilent, les titres s’enchainent jusqu’au fantastique solo de batterie de James Kottack, le Kottack Attack. La batterie hissé se soulève du sol, le batteur protégé par ses deux saintes peluches scoubidou, frappe, martèle, puis se met debout sur la batterie, soulevant son tee-shirt. C’est sans doute le membre qui m’aura laissé le plus grand souvenir. Klaus Meine, m’avait paru quelque peu effacé tout comme Pawel et sa coupe d’iroquois. Ce rêve éveillé se termine avec deux rappels de prestige, les trop fameux « Still Loving You » et « Rock You Like a Hurricane ». Comblé et ému d’avoir été présent, je dois avec le recul reconnaître que c’était un peu mou musicalement. Là encore, cela manquait de ferveur. Je quittais donc les lieux sans regrets, épuisé, sous le titre « Disposable Teens » de « Marilyn Manson ». Encore un autre rêve d’ado, dont je tournais pourtant le dos.

Set-List : 1. Going Out With a Bang / 2. Make It Real / 3. The Zoo / 4. Coast to Coast / 5. Top of the Bill / Steamrock Fever / Speedy’s Coming / Catch Your Train (medley)/ 6. We Built This House / 7. Delicate Dance / 8. Always Somewhere / Eye of the Storm / Send Me an Angel (medley acoustique)/ 9. Wind of Change / 10. Big City Nights / 11. Dynamite / 12. In the Line of Fire /13. Kottak Attack (solo de batterie) / 14. Crazy World / 15. Rock ‘n’ Roll Band / 16. Blackout / 17. Still Loving You / 18. Rock You Like a Hurricane

 

 

You must be logged in to post a comment.