chroniques et interviews metal

5247Lady Beast : II

posted by alonewithl on août 5th, 2015

Lady Beast : IILa formation américaine « Lady Beast », originaire de Pennsylvanie, était une bonne trouvaille pour ceux qui l’ont découvert en 2013 via son premier ouvrage éponyme paru dans nos contrées via Infernö Records. Le groupe qui se revendique de l’éthique Do It Yourself, tient à rester dans le milieu underground, mais s’emploie tout de même à produire un heavy metal racé, pouvant rappeler « Iron Maiden » ou « Judas Priest ». On le reproche avec plus d’assurance à l’incontournable combo polonais « Crystal Viper ». Le fait d’avoir une leadeuse et non un leader au micro y joue pour beaucoup. Suite à un premier effort très convaincant, mais peut-être encore en manque de reconnaissance, le groupe s’attèle durant le printemps 2014 à la conception d’un second ouvrage, qui se veut plus mature que le précédent. Du moins c’est ce que « Lady Beast » affirme. Le second volume sort l’année, simplement nommé « II ». On remarque dès lors une affreuse pochette, qui tenterait de s’inspirer de certains artworks typiques des années 80. Est-ce que sorcières et revenants en armures seront au rendez-vous dans cette pièce, outre cette couverture assez repoussante ? S’il y a de la magie noire, on la cherche encore.

Il y avait de quoi espérer à l’écoute du premier morceau de l’album. « Heavy Metal Destiny » se montre bien palpitant, dans un heavy metal inspiré par la grande époque, assez réactif, pas loin d’être speed. Le chant de Deborah semble toujours aussi efficace qu’il y a deux ans, suivant parfaitement le rythme, accompagnant sans difficulté la fougue et l’entrain des guitares. Il y a de quoi être pleinement satisfait de ce titre, même s’il n’est pas exceptionnel à proprement dit. Il tient le haut du panier par rapport à tout ce que l’on retiendra du reste du disque. On conservera en estime le priestien « Forest of the Impaled », offrant du répondant, malgré une fin plus tassée. Egalement dans un registre heavy speed, « Frost Giants Daughter » se démarque. Son riffing se révèle plutôt entrainant, même si l’on sent que le mixage n’est pas d’une excellente qualité, car il ne met pas beaucoup en relief la musique de « Lady Beast ». C’est un point assez handicapant du disque d’un point de vue général.

On reprochera aussi beaucoup la passivité instrumentale de « Lady Beast » sur certains morceaux, comme le basique « Bind the Runes » et son riffing saccadé et automatique. « Caged Fury » fait preuve d’un supplément d’ardeur guitaristique, notamment si on prend en compte le formidable solo inclus. Toutefois, ce léger regain va au dépend du chant de Deborah. Sur ce point, nous y trouvons une similarité avec le corrosif « Banshee ». Sa rythmique rêche et encaissée a raison de la pauvre dame, qui chante complètement sous couverture. Le résultat est tellement peu brillant que le titre parait extrêmement redondant, au même chef que « Heroes of Our Time », titre dont on décèle l’inspiration pour le groupe « Iron Maiden », mais comportant des longueurs et une apathie frustrante. « Lady Beast » s’en sort heureusement mieux avec le cagneux mais riche « We Are the Witches » et avec le heavy speed « Loose to Win », qui pourtant font preuve de répétition. C’est en grande partie grâce au chant de Deborah Levine, qui est parfois obligée de monter au front et de servir de repère rythmique, pour combler le manque cruel de relief et de profondeur de la batterie.

Après le coup de chaud d’un premier opus caractérisé par son heavy corsé et un penchant pour « Judas Priest », le combo américain aurait vraisemblablement pris trop en « maturité ». Il a perdu aujourd’hui toute sa rage d’il y a deux ans à peine. En plus d’un manque flagrant de dynamisme au sein des instrumentistes, on peut prétendre aussi qu’il y ait un véritable manque d’inspiration. Le disque en lui-même se laisse écouter sans la moindre distance ou difficulté. Il n’y a rien chez eux qui puisse nous produire un sentiment de dégoût ou de rejet au travers ce second volume. Mais, le tout a l’effet de passer d’une traite sans que l’on en retienne grand-chose. Tout au plus le morceau d’ouverture et le chant énergique de Deborah. La pièce ne pouvait à l’évidence se reposer sur le dos d’une seule personne. Il y aurait nécessité que les musiciens retroussent leurs manches et donnent de la vigueur. Une femme est encore debout et se défend seule, pendant que quatre de ses amis ont été mis KO. Malheureusement pour elle, elle ne s’appelle pas Ronda Rousey.

12/20

 

 

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