chroniques et interviews metal

5255Rummelsnuff @ Les Essards 2015

posted by alonewithl on août 12th, 2015

Rummelsnuff 2015

Rummelsnuff + Samanum + EntravE @ Les Essards (17) – Blockhead Café
(08 Août 2015)
Ouverture à partir de 20:45 heures.

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Samedi 08 Août

Popeye le marin est une icône lointaine en provenance d’Amérique. Il mangeait des épinards, il faisait siffler sa pipe. Une image cartoonesque qui est restée dans nos esprits. Mais, comme on dit, un jour le fictif finit par rencontrer le réel. C’est ce qui produit pour Popeye, il existe vraiment. A la différence qu’il n’est pas américain, mais est-allemand. Il fait de la musique et il s’appelle « Rummelsnuff ». Je vous vois venir, vous pensez sans doute aux imitations comiques de Henri Salvador au sujet du célèbre marin. C’est tout ce qu’il y a de plus sérieux. Je découvre ce personnage atypique par l’intermédiaire de l’annonce d’un concert qui doit se tenir aux Essards, petite bourgade située pas loin de Rochefort et de Saintes. Assez interloqué par l’affiche, je me suis mis à écouter quelques-uns des nombreux clips du colosse, jusqu’à en écouter beaucoup plus que j’aurai cru, et à en devenir complètement fan. La musique, comme son créateur, n’est pas à prendre à la légère. Elle consiste en un étrange mélange entre EBM et chanson populaire allemande. Ça me décide en tout cas pour faire les nombreux kilomètres qui séparent Poitiers au Blockeads café, lieu où doit se tenir les trois concerts proposés. Oui, trois ! Puisque des groupes locaux encore inconnus font la première de « Rummelsnuff », ce qui n’est pas pour me déplaire.

Arrivé en avance, je découvre les lieux. Le bar en question est un bar de motards. Un lieu de regroupement pour les fans des deux roues. On y découvre accrochés aux murs photos et extraits d’articles de presse assez datés, beaucoup à la gloire de la marque italienne Ducati. Ne connaissant personne dans l’assistance et ne voyant rien venir, je me lasse un peu. J’ai pu furtivement rencontrer le chanteur d’un des groupes locaux présents à l’affiche, Séb de « Samanum », qui a tenu à me faire la bise du fait principalement que je portais un tee-shirt « Manowar ». Le premier concert devant se dérouler à 20h45, je m’impatiente pour attendre jusqu’à 21h15 et l’entrée de « EntravE ». Ouf !

. ENTRAVE

Ce groupe rochelais faisait sa toute première représentation. Le batteur était un peu sur les rotules et se préparait longtemps à l’avance. Une fois lancée, on s’aperçoit une influence marquée pour le groupe « Nirvana ». Normal pour du grunge me direz-vous. Ce qui a été déterminant ça a été sans nulle doute la prestation du chanteur-guitariste, peut-être un peu plus à l’aise que les autres. Son chant, en particulier, arrivait à capter l’attention, même si on sentait une certaine appréhension à travers sa gestuelle. Il se lâchera quand même un peu plus en fin de set, en frappant une cymbale de batterie avec son manche de guitare, puis en laissant agoniser son instrument par terre, tout en employant cela avec une certaine retenue. On était loin des célèbres destructions organisées lors des shows du célèbre groupe de grunge. Malgré, ce manque d’aisance, « EntravE » ne s’en sort pas trop mal musicalement. C’est même un début prometteur quand on sait qu’il s’agissait là de leur toute première prestation en public.

. SAMANUM

On annonçait aux curieux quelque chose de plus violent qu’« EntravE » pour la suite. Plus violent, ce n’est pas forcément le mot idéal que j’aurais choisi. « Samanum » s’illustre dans un genre musical plus extrême, j’aurai corrigé. J’avais déjà pu causer un peu avec son chanteur, type très aimable, qui m’avait l’air de beaucoup aimer rigoler. Cette pointe d’humour va d’ailleurs beaucoup se ressentir à travers leur show. Il est apparu, en suivant leurs conversations, que les membres étaient incorrigiblement fans du groupe de death metal « Dying Fetus », leur projet se revendique d’ailleurs comme un héritage de cette formation. Seulement, à l’écoute de leur musique on retient moins l’acharnement d’un « Dying Fetus » que le death metal rampant et concis d’un « Six Feet Under ». En tout cas le jeu et le growl bien prononcé sont tout à fait appréciables pour créer quelques remous chez certains spectateurs. On ira même jusqu’à un semblant de wall of death malgré la petite taille de la pièce et le faible nombre de participants voulant se prêter au jeu. Comme dit avant, l’humour a été un sérieux plus. Ça a été une aide précieuse au groupe pour apparaitre décontracté et sûr de lui-même, mais aussi de rendre plus sympathique un genre qui ne conviait pas forcément tout le public. La prochaine fois que vous les verrez, vous devrez répondre à leurs terribles questions : « Aimes-tu niquer des grand-mères ? Aimes-tu niquer des tripes sanglantes ? Aimes-tu la sodomie ? » A la dernière question, un grand sage de l’assistance, après mûre réflexion avait bredouillé mine sérieuse « …peut-être…. ».

. RUMMELSNUFF

Fini les enfantillages, place à du lourd, à du costaud, à une vedette. « Rummelsnuff » entre en scène. On y installe une petite table en coin, pour y dévoiler dessus une valise pleine de masques. Un ordi est mis sur le côté pour y passer toutes ses différentes chansons et le maître allemand va se mettre à chanter. En fait, on avait cru que le public se serait calmé après « Samanum », on va découvrir pire encore. Tous les spectateurs vont entrer dans une ambiance folle, une fête comme on en voit assez rarement lors de concerts. Capitaine Rummelsnuff d’abord en costume de marin prolétaire enchaine ses tubes après entrain, n’hésitant pas à mettre le grappin sur certains nouveaux membres de son équipage pour les inclure au show. Ce véritable show man a de plus la prodigieuse spécificité d’alterner un EBM synthétique, froid et implacable à des chansons traditionnelles. Il reprend ainsi une série de ses plus gros tubes : « Freier Fall », « Der Schrauber », « Trägt die Woge dein Böte », « Pumper », les reprises de « Mongoloid » de « Devo » et de « Nathalie » de Gilbert Bécaud. On verra l’ex-chanteur d’« Offending », Jesus The Butcher, avec son fidèle comparse à barbe porter assistance au capitaine à l’aide d’une pioche et d’une pelle, pour former une illustration à la « ZZ Top » pour le morceau « Brüder ». Rummelsnuff, les muscles saillant enchaîne en fin les titres « Bratwurstzange » et « La Rochelle ». Il dit pour ce dernier que la chanson évoquait une visite dans cette ville, qui en vérité ne s’était pas réalisée, qu’il s’agit en fait d’un très joli mensonge. L’allemand aura par la suite, et proximité oblige, la première occasion de rendre vérité à sa très belle chanson, en visitant cette ville de La Rochelle. Il était deux heures du matin, Rummelsnuff en sueur était décidé d’arrêter et de vendre un peu de son merch. Malgré les rappels, on scandait encore « une autre ». « Der Schraubeeeerrrrr » réclamait Jésus. « Nein ! Elle est déjà passée. » réplique le marin bodybuildé. Une femme de l’assistance regardant le merch se saisit d’un calendrier. « Qui pour 7 euros le calendar ? » « Arrrr ! Je te le donne le calendrier » dit gêné Rummelsnuff. Le voyant prêt à céder, je me saisis de l’occasion pour réclamer le titre « Der Hund », avec l’aide d’un autre membre du public, un de ses meilleurs morceaux qui ne figurait pas dans la set-list. Il cède, met des oreilles de chien à notre apprentie-vendeuse de calendriers, et lance « Der Hund », créant une scène de liesse parmi les spectateurs au point d’en piétiner le matériel dans une ronde autour du chanteur visiblement impassible. Concert mythique malgré les faibles moyens, ambiance de délire, Rummelsnuff a su enchanter l’assistance pour son unique date en France durant cette année 2015. Pour l’année suivante, une tournée en France est prévue. Alors, à vos calendriers !

 

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