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5456Weh : Ingenmannsland

posted by alonewithl on novembre 11th, 2015

Weh : Ingenmannsland« Ingenmannsland » se traduirait par le terme « no man’s land ». L’album de 2015 de « Weh » serait donc un lieu où ne repose aucune vie et où il ne ferait pas bon vivre. « Weh », projet acoustico-folklorique du norvégien Erik Evju, n’est pas déplaisant pour autant, il rencontre même un certain succès notable et grandissant auprès des amateurs de neo folk. Car il s’agit bien de neo folk, de folk noir, autrement dit. Depuis 2002, « Weh » accumule les parutions, jusqu’à sortir trois albums d’affilé chez Soulseller Records spécialisé en musiques bien plus extrêmes. Après un univers gris-blanc, voilà que « Weh » met de la couleur à la pochette d’« Ingenmannsland », ouvrage qui va apparaitre en tout début décembre 2015, et qui fait suite à un « Folkloren » ambitieux. Nous propose-t-il de changer de lieux ? Absolument pas ! On n’abandonne pas un endroit où on se sent chez soi. Vous êtes chez vous dans ce no man’s land.

Les paysages sont les mêmes, mais ils sont tellement reposants. On ouvre ainsi avec un « Intethet » éthéré et très apaisant. Le titre développe un arpège froid et méticuleux tout le long, jusqu’aux dernières secondes, laissant alors place à une mélodie guillerette et chatoyante. Le chant d’Erik passe en second plan, renforçant un aspect vaporeux, évasif. Nous aspirons donc à la plus grande des tranquillités sur ce disque. Le titre éponyme se montre aussi sensible à proposer un neo folk éthéré somme toute classique. Seulement, à la différence du titre d’ouverture le morceau « Ingenmannsland » accentue la part de mélancolie. Le rythme comme le chant paraissent s’affaisser ensemble. Les deux extraits ont aussi en commun le changement final. Là, on entend cette fois le bruit de cloches. C’est le « Weh » que l’on connait d’ordinaire depuis ses débuts, sauf qu’il y a quelques années, l’ambient était plus de mise. On assistera donc à une forme de retour sur le court « Der Lå Et Hav Av Ild », qui produit du pur ambient quelque peu primaire et suranné, ponctué de timides notes de guitare.

Nous retrouvons une autre piste excédent à peine les deux minutes de durée avec « Old Stars of the North ». Cependant plus question d’ambient, mais d’un folk acoustique énigmatique, insufflant des airs tribaux, médiévaux de toute beauté. Dans la grâce et l’harmonie s’illustre le quiet « Night After Day After Night ». Le ton y est neutre. La piste est néanmoins riche, usant même d’un complément atmosphérique, et les airs sont maniés avec parcimonie et délicatesse. « The Second Sight », tout en proposant une musique très éthérée, affiche un contenu plus marqué, plus marquant, dégageant sur son refrain un certain attachement pour l’inénarrable « Death In June ». Cette influence réapparait sur « The Oath » bénéficiant de la frénésie d’une branle acoustique, appuyée par quelques notes placides de piano. Malgré tout, « Weh » affiche pleinement sa vigueur sur l’espiègle « The Great War », superbe ballade, charmée par l’énergie mise en exergue et l’ajout de chœurs.

Le volume « Folkloren » révélait la prise de maturité du neo folk de « Weh », l’éloignant du folk ambient rutilant du passé. Cette maturité semble se confirmer sur ce « Ingenmannsland ». La qualité des deux opus est à peu de chose près équivalente. On retiendra probablement davantage « Folkloren » malgré tout. Sans doute par ce que le précédent effort propose plus de morceaux notables que ce dernier disque de 2015. Cela dit, « Ingenmannsland » n’est pas pour autant à négliger et propose également son lot de perles. Le projet fait son bonhomme de chemin, continue assurément à prendre du galon et gagne chaque fois en notoriété. « Weh » ne sera donc pas condamné à la modestie. Ce présent effort est un album réconfortant et salutaire, à écouter chez soi, au coin d’un feu, en, solitaire ou avec un bon repas. Décidément, vous ne serez point nulle part avec ce disque.

14/20

 

 

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