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5471Hell’Oween Festival VI

posted by alonewithl on novembre 28th, 2015

hell'oweenVI

Hell’Oween Festival VI @ Saintes (17) – Théâtre Geoffroy Martel
(30 et 31 Octobre 2015)
Ouverture à partir de 20:00 heures.

Vendredi 30 Octobre

Le Hell’Oween Fest est rapidement devenu une institution pour moi. A mon souvenir ça fait bien la quatrième fois que je participe. C’était bien lors de sa troisième édition. Que de progrès depuis. L’affiche incorpore pour la première fois des vedettes étrangères, et même ils ont réussi à fournir la dernière date de tournée au Thrash Mercenaries Tour 2015 incluant « Dew Scented », « Angelus Apatrida », « No Return » et « Heboidophrenie ». L’accueil se fait directement accès route, changeant quelque peu avec les dernières. Pour quelques mètres en fait. L’attente est longue, très longue. De mon côté je suis habitué à ce que certains préparatifs se fassent à la dernière minute. On voyait d’ailleurs toute la petite colonie se hâter. Des gens moins habitués à ce genre de festivités ont trouvé cela étrange et se sont quelque peu agacés. Quoiqu’il en soit, l’organisation faisait au moins et tous les concerts programmés se dérouleront comme convenu. L’ouverture prévue à 20h se fait 40 minutes plus tard, mais dans la bonne humeur.

Pour le Pass 2 jours, on vous fournit un joli bracelet comme l’année passée. Bien plus joli que ceux du Hellfest, surtout du bleu de l’été dernier. Brrrr ! A l’intérieur, je surprends des étales un peu vides. Celui de « Fleshdoll » est par contre bien fourni, et un vendeur d’items en tous genres se tient patiemment dehors du côté de la buvette, où on y fait cuire viandes et frites. Ayant plus que le temps pour flâner et m’ennuyant un peu, ne découvrant pas trop de têtes connus, à part les quelques barbus tenant le bar, je fis une sorte de tour d’inspection, remarquant le running order affiché sur les deux jours, ce qui n’était le cas que pour le premier jour par exemple au MFest. Bon point ! L’ingé son était à ses petites affaires et on avait un bar remodelé, avec une…espèce….de créature bizarre sur le comptoir. Mais après tout c’est Halloween, et on a été accueilli par l’épouvantail mascotte à l’entrée près d’une pierre tombale avec des cranes empilés. Certains aussi auront remarqué la pub à propos d’une bière noire spécialement concoctée pour la festivité. Le contenu se sera évaporé au fil des deux jours de concerts, remportant un succès certain.

. BORN CRIMINAL

Ne parlons plus boisson, parlons musique. Le groupe d’ouverture de ces deux soirées est un groupe local et metalcore. Certes le core est moins à profit que les autres années, mais on tient là un bon représentant tout de même. La formation n’a certes rien produit de concret pour l’instant, mais ça ne saura tarder au vue de sa setlist bien fourni. On voit aussi « Born Criminal » au sein du Brutal Invasion Tour, qui est un circuit local de metal extrême emmené principalement par les groupes « Disowning » et « Artery ». On verra d’ailleurs « Disowning » en ouverture du second soir du Hell’Oween Fest. « Born Criminal », comme je disais, c’est du metalcore, mais un metalcore rugueux et bien en chair, qui balance bien, et ne fait pas dans la fioriture question mouvement. Cela dit, c’est loin du niveau d’un « Alea Jacta Est » de l’année passée, qui avait été proprement spectaculaire scéniquement. Les saintongeais terminent leur set avec la reprise de « Unanswered » de « Suicide Silence », confirmant ainsi leur accointance avec la musique deathcore. On espère qu’un prochain volume ou EP ne serait tarder. « Born Criminal » est un véritable talent à devenir.

Set-List :
1. Intro / 2. An Eye for an Eye / 3. In Chains / 4. God of War / 5. Born Criminal / 6. Tears of Blood / 7. Shapeless Masses / 8. Soul Sweeper / 9. Unanswered (Suicide Silence Cover)

. CÖRRUPT

« Cörrupt » est aussi issu de la scène locale. Mon sentiment à son propos est plutôt confus. Enfin, c’est surtout parce qu’il s’agit d’un combo étrange. Etrange pour son atmosphère oppressante, étrange aussi quant à son style adopté. On ne sait pas trop s’il s’agit de hardore, bien qu’il en adopte quelques codes. On le voit aussi catégorisé en punk, en noise. Bref, ce n’est pas ce que l’on entend tous les jours. On est tout d’abord marqué par la distance qu’entretient le vocaliste avec son public. Il se découvre froid, dans ses pensées, faisant du sur place comme un loup en cage. Cette anxiété scénique est commune à beaucoup de groupes, plus catalogués dans le grindcore ou le hardcore justement. Durant les morceaux, il devient féroce, usant de sa voix écorchée, participant au chaos entretenu avec les autres membres. La prestation laisse des doutes et des séquelles. Pour être honnête, je ne sais pas trop comment qualifier la prestation. J’avais pourtant vu sur scène des groupes comme « Psygnosis » et « Napalm Death », je suis resté dubitatif face à « Cörrupt ».

Set-List :
1. Lust / 2. Vile Dog / 3. World of Shit / 4. Jealousy / 5. Pain / 6. Your Reality / 7. In His Head / 8. Finally Free (Black) / 9. Judging Me / 10. H.A.D. / 11. Politicians on TV / 12. Reptilian Reflex

. FLESHDOLL

On avait dit que « Fleshdoll » avait tenu un joli petit stand. Ça a beau se révéler dans un registre bien bourrin et dégoulinant, leur death metal n’en est pas moins tout aussi impeccable. Autant dire que ce fut la première vraie claque de la soirée. Leur death n’était pas si lourdingue et brut qu’escompté. Donc, un peu éloigné de l’image véhiculée. Pas non plus trop de beuglements de porc du côté du vocaliste, torse-nu avec un beau tatouage de Don Quichotte sur le côté. En fait tout est compensé par la technique et l’énergie. On retient tout de même chez eux l’influence de « Cannibal Corpse », en partie restituée par la reprise de « Stripped, Rapedand Strengled » en fin de set. On peut faire confiance à ces toulousains pour mettre l’ambiance et déclencher l’euphorie et quelques walls of death dans le public. Mission accomplie !

Set-List :
1. A Feast for the Rats / 2. World of Terror / 3. The Animal Factory / 4. The Cave / 5. Feeding the Pigs / 6. North Sentinel Island / 7. Sweet Apocalypse / 8. Blood Red District / 9. Battle Royal / 10. Stripped, Raped and Strangled (Cannibale Corpse Cover)

. ADX

Ça faisait deux fois que j’avais assisté à une prestation live de cette haute légende du heavy metal français des années 80 à aujourd’hui. C’était tout au plus potable une première fois à Limoges en première de « Moonspell », c’était extra dans la petite bourgade de Chauvigny à 30 km à l’est de Poitiers. Ce fut mémorable à Saintes cette année. Phil a depuis perdu ses cheveux longs, mais n’a pas perdu de sa patate. Le groupe a figuré cette fois avec un petit nouveau, un autre jeune, après la venue de leur bassiste Julien en 2013. Nicolas, ce guitariste, était quelque peu statique, réservé sur la gauche de la scène, mais affairé à délivrer des mélodies imparables, caché par Julien justement, au milieu avec Phil, occupant les photographes et les quelques filles présentes dans le public. Les anciens ne faisaient pas non plus dans la figuration, ils ont pratiqué eux ce qu’ils ont toujours fait. Didier et Pascal chauffaient chacun leur instrument, enflammant la salle sous les airs de « Prisonnier de la Nuit » ou du plus récent « Red Cap ». L’album « Exécution », leur chef d’œuvre ultime, était encore une fois à l’honneur, même si on découvre en fait tout au long du concert des titres de l’ensemble de leur discographie. Il est à noter d’ailleurs que leurs disques « La Terreur » et « Suprématie » ont été réédités cette année par le label No Remorse. Et que ce concert était l’occasion pour les fans de se les procurer à prix décents. Le public était ravi de la venue d’« ADX », peut-être était-il plus réceptif à la bousculade, au headbang qu’à l’annonce des différents titres par Phil. On sentait ce petit monde un peu mou à l’annonce de « Division Blindée », ce qui ne l’a pas empêché de se rattraper en reprenant le refrain en chœurs. D’après un nouveau disque serait en préparation. Attendons, je vous prie et savourons l’instant.

Set-List :
1. Tourmente et Passion / 2. Notre Dame de Paris / 3. Commando Suicide / 4. Déesse du Crime / 5. Prisonnier de la Nuit / 6. L’Etranger / 7. Vampire / 8. Exécution / 9. Le Fléau de Dieu / 10. Prier de Satan / 11. Caligula / 12. Red Cap / 13. Suprématie / 14. Division Blindée

. BELENOS

Le fameux groupe breton de pagan metal arrive en clôture de soirée. Déjà, une partie du public était parti se reposer suite à la prestation d’ « ADX ». Il était donc clairsemé devant « Belenos ». Les absents auront manqué quelque chose. Le groupe pagan était plus sombre qu’à ses habitudes. Loïc Cellier semblait plus ténébreux que d’ordinaire. C’était la 4ème fois que je les voyais et c’était leur concert le plus marquant, le plus brut et nerveux. Là, pas de fioriture leur black pagan était servi sans accompagnement, pur, un plat froid qui fait office d’excellent dessert pour ce festival. Bizarrement, peu connaissait ce groupe pourtant phare dans le domaine pagan en France. Il n’y a pas eu de grands émois à l’annonce des morceaux, juste une grande attention. Il y avait pourtant les titres « Le Déluge » ou « L’Enfer Froid » dans le set. En fait, oui, les gens étaient hypnotisés par la prestation et la prestance de « Belenos ». Cela a permis à beaucoup de découvrir cette grande formation française et à moi de les revoir quasiment trois mois après le Motocultor.

Set-List :
1. Aspedenn / 2. Hollved Hirisus / 3. Le Déluge / 4. D’an Usved / 5. Ttal Ifern / 6. Gorsedd / 7. Morfondu / 8. L’Enfer Froid / 9. L’Antre Noir

Samedi 31 Octobre

La deuxième soirée s’annonçait la plus palpitante. On annonçait plus de monde ce soir, parce que c’était une fin de samedi et parce qu’il y avait des groupes étrangers et renommés. Le premier qui devait ouvrir n’avait cependant rien d’étranger, peut-être pas encore de renommé. C’était sa chance de se hisser dans la cour des grands. Le leader de cette dite formation, n’étant autre que Jesus the Butcher était affairé aux préparatifs du festival, faisant également partie de l’organisation. Contrairement à la soirée précédente, la salle d’entrée affluait de merch. Les tee shirts qui pendaient se faisaient face à face d’un mur à l’autre, prenaient toute la surface, jusqu’au plafond. Il y avait le choix, il y avait l’offre. De grands gaillards néerlandais s’occupaient de vendre tout ce qui était au profit des formations issues du Thrash Mercenaries Tour 2015, c’est-à-dire « Dew Scented », « Angelus Apatrida », « No Return » et « Héboïdophrénie ». Et Saintes était la dernière date de cette tournée. Ça promettait donc. Pendant ce temps, une demoiselle bien patiente gardait derrière le petit stand de « Disowning », le nouveau projet emmené par Jesus, l’ex-vocaliste de feu « Offending ». Il y avait juste quelques tee-shirts, dans un style curieusement plus black dépressif que death metal. Parce que, oui, le premier groupe annoncé fait dans le death metal.

. DISOWNING

Je me suis pas rendu compte, mais il y avait pas mal de têtes que j’avais croisé dans cette formation. Il me semble que le batteur a été vu aux Essarts lors du concert de « Rummelsnuff ». Concert inédit et enfiévré qui en avait enchanté plus d’un. On a d’ailleurs entendu des chansons de cet allemand atypique dans la salle lors des préparatifs de la veille. Enfin bref ! Voilà enfin le fameux groupe que Jesus avait secrètement concocté, et qui fait aujourd’hui une grosse tournée locale en compagnie de « Born Criminal », « Artery » et de « Samanum ». Quelques concerts avaient eu lieu avant celui-là, mais il comptait parmi les plus importants, devant un public local acquis d’avance, mais aligné à côté de pointures qui ont déjà fait leurs preuves depuis des lustres. On avait affaire néanmoins à de vrais professionnels, le death metal pratiqué était grandement à la hauteur de l’évènement. L’équipe s’illustrait tant musicalement que scéniquement. Tout allait au mieux pour un set bien fourni, malgré leur fraiche existence et la création d’une seule démo pour le moment. Les autres compositions du groupe arriveront plus tard, ne vous en faites pas.

Set-List :
1. Another Piece / 2. Suffocation by My Walls / 3. Inner Emptiness / 4. Alone on this Dark Path / 5. Human Cattle / 6. The Servants of Chaos / 7. The Storm Before the Storm

. HEBOIDOPHRENIE

On tombe ici dans un registre plus médical. La Héboïdophrénie est une psychopathologie, une schizophrénie en quelque sorte. Là encore, on nous réserve que le meilleur. Le groupe bordelais en question n’est pas très connu, il figure pourtant au sein de cette tournée du Thrash Mercenaries Tour, et n’a strictement qu’un album comme support physique. Leur recette ? Du deathcore dilué avec du death mélo, un mélange qui chez eux se révèle assez fin. Loin de l’idée qu’on se fait généralement du deathcore. Du moins le groupe portait davantage les codes du death metal que du deathcore. Ce qui était pour moi un bon point, supportant assez difficilement tout ce qui est core en général. Petit passage amusant. Le guitariste qui occupait le milieu de scène se fit remettre un autre tee shirt tout jaune par des membres de la tournée, coiffé d’un bob sur la tête. On sentait bien que c’était pour eux la fin d’un périple, et que les esprits se relâchaient. « Dew Scented » s’amusera par la suite à écorcher leur nom imprononçable en les remerciant de leur venue. Peu avec eux eux arriveront à prononcer ce nom pas possible, mais on se souviendra de ce qui nous ont offert.

. NO RETURN

Obligé d’attendre Guillermo d’ « Angelus Apatrida » pour mon interview, après que l’on m’est gentiment informé qu’il sortait tout juste de sa sieste, utile pour ne pas être trop crevé lors du concert, je rageais car c’était le seul moment idéal pour lui poser des questions et je ratais un peu du début de « No Return ». Il semble y avoir une malédiction chez moi avec « No Return ». J’avais aussi manqué leur début à Chauvigny pour l’interview d’ « Impureza ». Une fois la mission accomplie, je me précipite dans la salle de concert pour assister à la prestation de ces légendes du death thrash français. Cela m’avait paru encore plus intense que lors de leur passage près de Poitiers. A vrai dire j’ai beaucoup aimé même si je n’ai pas pu suivre l’intégralité du set. On nous a annoncé le dernier concert de Jérôme à la guitare. Celui-là s’était montré étincelant, tout sourire, prenant la pause, semblant profiter pleinement de ces derniers instants chez « No Return ». On avait plaisir à voir un groupe aussi positif, surtout que les membres seront pleinement impliqués dans le joyeux bordel qui va suivre en fin de soirée.

Set-List :
1. Stronger than Ever / 2. Inquisitive Hegemony / 3. News Items / 4. Paint Your World / 5. Rising / 6. Sworn To Be / 7. Virus / 8. Submission Falls / 9. Vision of Decadence

. ANGELUS APATRIDA

C’est la seconde fois que je vois « Angelus Apatrida » sur scène. La première c’était lors du Hellfest 2014. En première heure devant un public clairsemé. Je me souvenais que ça bottait bien. Puis, « A A » est devenu une sorte d’égérie du thrash metal espagnol. On est avant tout impressionné par sa fougue, son mordant. Les titres s’enchainent les uns après les autres déclenchant l’hystérie de la foule. Si bien que le groupe accueillera sur scène deux gamins pour les mettre en sécurité devant un wall of death. Cela devient encore plus fort lorsqu’est annoncé le fameux titre « You’re Next ». C’est peu de temps après que l’on voit des membres d’autres formations envahir la scène avec des serpillères et des amuses gueule. Devant ce formidable bordel, le groupe tente de continuer à la même cadence et Guillermo n’a que le mot « fuck youuuuu ! » à la bouche pour conjurer le sort. Ce petit moment de délire bien sympa est venu clore une prestation survoltée, terriblement nerveuse.

. DEW SCENTED

Les concerts précédents étaient tellement relevés, que « Dew Scented » pour le coup est paru un peu plus paresseux. C’était néanmoins très potable. Leif Jensen semblait ravi d’être ici. C’est vrai qu’il y avait une excellente ambiance sur scène et dans le public. Remarquons qu’une jeune femme bien entichée, qui hurlait, se tenait à côté de moi et agrippait les jambes les membres du groupe qui passaient près d’elle. Elle était d’ailleurs montée sur scène pour se frotter à Michaël de « No Return ». C’était assez chiant à force, surtout que ces agissements gênaient visiblement les musiciens, qui évitaient après un moment de passer trop près du bord au milieu de scène. Néanmoins, les esprits se détendent, à tel point que sur la fin on assiste à une véritable invasion de tous les membres du Thrash Mercenaries Tour avec livraison de papier toilettes à la clef, juste après avoir accueilli un guest pour gueuler en duo avec Leif. Sur la basse pendait tellement de PQ, que l’on aurait pu croire que l’on a étendu du linge dessus. Ça a donc clôturé en trombe et dans un souk sans nom le Hell’Oween Fest ainsi que la tournée du Thrash Mercenaries Tour 2015. Ce n’était probablement pas le concert le plus incisif, mais pas des moins déroutants.

Set-List :
1. On a Collision Course / 2. Turn to Ash / 3. Soul Poison / 4. Scars of Creation / 5. Means to an End / 6. Sworn to Obey / 7. Never to Return / 8. Affect Gravity / 9. Storm Within / 10. New Found Pain / 11. Thrown to the Lions / 12. Acts of Rage

 

 

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