chroniques et interviews metal

5765Hypno5e + Guests @ Poitiers 2016

posted by alonewithl on février 28th, 2016

affiche

Hypno5e + Orakle + Weaksaw @ Poitiers (86) – Maison des étudiants
(25 février 2016)
Début à partir de 20:30 heures.

> Photos

Jeudi 25 Février

Fin février 2016, une date s’est produite dans la plus grande confusion. En effet, on attendait à la Maison des étudiants de Poitiers « Hacride » et « Orakle », mais une déconvenue dans la préparation de la sortie de l’album de « Hacride » a obligé ce dernier à se décommander de plusieurs dates, y compris de cette soirée au campus de Poitiers. « Hypno5e », qui était déjà venu ici en 2014 avec « Trepalium », est disposé pour le remplacer. S’y ajoute également en première partie le jeune groupe « WeaksaW », qui devait normalement jouer au bar du Zinc, au centre-ville. Comme il était à douter que les gens se déplaceraient moins nombreux que s’il y avait été maintenu « Hacride », une scène improvisée à la cafétéria de la MDE a été préférée à la grande salle qui pouvait accueillir plus de 400 personnes. L’ambiance sur place était plutôt bonne. On m’a dit qu’on attendait en gros 200 personnes, mais je pensais à bien moins à cause des changements et du manque de publicité. Finalement est venu près d’une cinquantaine de personnes pour l’évènement.

. WEAKSAW

Je ne suis pas un grand amateur de post-thrash. Souhaitant au départ interviewer les jeunes gens de « WeaksaW », je me suis quand même écouté un de leurs titres. Direct, costaud, mais monotone à ce que j’ai pu en juger. Je me disais que ce serait grosso-modo pareil en concert, en soit un jeune groupe qui se cherche encore une voie et s’essaye dans le bourrin, quitte à gagner en subtilité par la suite. Et bien, « WeaksaW » s’en sort beaucoup mieux qu’à mes premières impressions. Sans doute aussi parce qu’il jouait principalement de nouveaux morceaux. Le concert a donc révélé un post-thrash costaud, ayant quelques accointances même avec « Hatesphere ». Le placement des guitaristes sur scène et en dehors de la scène était plutôt inventif. Il y avait de l’énergie musicale, mais aussi scénique. Le chanteur bougeait pas mal, mais aurait peut-être dû se placer plus en avant, quitte à aller directement au contact du public, comme le fait d’ailleurs très bien Esse. On retenait presque un petit excès de timidité chez celui qui d’ordinaire aurait dû être l’élément perturbateur, le point de mire de la scène. Après un concert assez intéressant, on retient au final un groupe sympathique, avec de la technique, une énergie qui fuse, qui doit, cela dit, encore gagner en expérience pour que sa musique devienne absolument tranchante, que son jeu de scène desserve parfaitement la décharge musicale. Alors, « WeaksaW » pourra s’aligner à « Hatesphere ».

. ORAKLE

Appréciant pourtant les envolées lyriques d’un « Misanthrope » ou même généralement le metal extrême à tendance mélodique, je me disais très naïvement, qu’avec « Orakle », ce serait du gâteau. En fait, mon premier concert d’« Orakle » aura été une totale surprise, un événement où je ne saurais trop par quoi commencer ou comment le définir. Enfin, je vais me forcer à la faire. Mon collègue Icare avait une très bonne description à ce propos : « Orakle ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même et ce sera, selon vous, tant mieux ou tant pis. », en fait si on devait définir la chose, on parlerait d’un black metal bien barré, tantôt à tendance atmosphérique, tantôt progressive, extrêmement et volontairement décousu, faisant en sorte que l’on perde sans cesse le fil. Note positive dans une musique largement dominée par l’anglo-saxon, les textes sont en français. On ne peut non plus aucunement nier la valeur technique des membres, certains morceaux, plutôt originaires des anciens albums avaient une structure plus massive, qui laissait moyen à l’auditeur de reprendre quelque peu ses repères. Le chant alternait entre hurlements froids et précis black metal et un chant clair très nonchalant. Et je ne sais absolument pas pourquoi, je songeai alors à Pascal Obispo. Je ne commettrai point l’irrévérence de comparer Achernar, qui est à la tête du projet depuis sa création, avec le chanteur de « Fan ». Comme quoi la musique d’ « Orakle » partait tellement dans l’étrange, que l’on avait en tête des choses plus qu’improbables. Je suis sorti de cette expérience perplexe, retenant néanmoins quelques passages plus captivants que d’autres.

Set-List :
1. Solipse / 2. Bouffon Existentiel / 3. Dépossédés / 4. Nihil Incognitum / 5. Apophase / 6. Aux éclats / 7. L’Imminence du Terrible

. HYPNO5E

Après ce voyage en terres inconnues, on revient sur un groupe qui fait beaucoup parler et dont la renommée grimpe en flèche depuis la sortie de ses deux derniers albums. J’avais aussi eu le grand plaisir de les voir déjà deux fois, dans cette même MDE en 2014 et au Hellfest 2015. La troupe défendait « Shores of the Abstract Line », sorti tout récemment. Ils avaient misé sur scène sur un luminaire à propos, dans la pénombre sur les passages calmes, et sous la mitraille des flashs sur ceux violents et décharnés. C’est ce conflit, cette dualité, qui bâti l’univers de « Hypno5e », sur support physique comme sur scène. Musicalement, le rendu claquait encore plus fort que lors des deux précédentes manifestations auxquelles j’ai assisté. Il y avait eu au début juste une crainte concernant les images diffusées par le projecteur en toile de fond. Je les voyais au tout départ hésiter, regarder vers le haut, puis tout s’est déroulé comme il faut une fois lancé. Ambiance schizophrénique, nouvelle claque sonore et visuelle, « Hypno5e » peut avancer assurément à découvert. Il fait désormais partie des grands du metal hexagonal.

 

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