chroniques et interviews metal

6060Hell’Oween Festival VII

posted by alonewithl on décembre 5th, 2016

hell'oweenVII

Hell’Oween Festival VII @ Saintes (17) – Théâtre Geoffroy Martel
(28 et 29 Octobre 2016)
Ouverture à partir de 19:00 heures.

Vendredi 28 Octobre

Le Hell’Oween Fest, festival metal aux allures apparemment modestes, se déroulant en plein coeur de la ville de Saintes, en Charente-Maritime, perdure d’année en année. la précédente édition, celle de 2015, avait été prodigieuse, dans le sens où l’organisation avait pu amener des formations étrangères (“Angelus Apatrida” et “Dew Scented”). Là, pour cette année, on se cantonne de nouveau dans le circuit bien franco-français. Ce qui n’empêche pas des formations de prestige d’y être invitées. Le public est encore une fois au rendez-vous. On regrette un peu le décorum de l’année passée, quand il y avait eu les fausses pierres tombales à l’entrée. L’innovation par contre, c’est l’ouverture pile à l’heure prescrite. Quand au fait de retrouver tout un tas de bonnes vieilles têtes, ça reste de coutume. Service bibine des trois barbus à l’intérieur et bouffe à l’extérieur restent aussi globalement appréciés.

. ARTERY

Je retrouve le groupe de Manu et de Bruno sur une plus grande scène par rapport à celles que j’avais pu voir avec eux. Il n’y a pas à dire, avec un son au top et une place plus étendue ça profite carrément à leur thrash metal. En plus, ce soir là, ils étaient dans leurs grands jours ou plutôt leurs grandes soirées. Ils ont reproduit avec succès et énergie des titres de leurs deux albums. Un petit nouveau s’est incrusté sur la set-list, rendant hommage aux soldats de la première guerre mondiale. Il se nomme “The Greatest Slaughter”. “Our Dying World” était exceptionnellement bien exécuté, quasi magique. Et bien sûr, le titre éponyme ferme la marche avec un entrain plus étoffé. Le groupe semblait tout avoir donné sur les morceaux précédents.

Set-List:
1. Vikings / 2. Nameless Fear / 3. The Greatest Slaughter / 4. Condolences / 5. Under the Anger / 6. Iced Earth / 7. Eternal Sanctuary / 8. Our Dying World / 9. Artery

. MITHRIDATIC

Je m’attendais à du black death, comme il est mentionné ou comme me le confirmera l’écoute du support studio, la version live de “Mithridatic” semble se distinguer par le death metal seul. Le groupe jouit d’une petite notabilité, car je vois notamment quelques spectateurs particulièrement ravis de le voir. Il est aussi connu du fait de la présence de Kévin Paradis derrière les fûts, mais également par un chanteur quelque peu underground. Le groupe était venu à La Rochelle et certains ont gardé leur venue en mémoire. Celui-là évolue ce soir dans un death rugueux, pâteux, costaud. Pas vraiment d’évolutions proprement techniques ou cette aura ténébreuse qui s’empare de leurs pièces studio. ça a d’abord été le choc avant que ça prenne un rythme de croisière et un contour conventionnel. Sans nulle doute, c’est le chanteur qui attirait les attentions, un agité du bocal, un agité tout court, se frappant la tête de son micro comme le faisait un certain GG Allin avant lui. Il laissera d’ailleurs une belle marque saignante sur le front. Le phénomène ambulant ne se limite néanmoins pas qu’à ça, il est aussi déterminant dans son growl. Les autres membres sont eux beaucoup plus statiques. On les entendra reprendre “Dawn of the Angry” de “Morbid Angel”.

. HÜRLEMENT

Tout autre registre. On passe du death au heavy. A mon grand désespoir, je ne connais encore que peu la formation francilienne, pourtant assez marquante dans la reconstitution récente d’une scène de heavy metal français. En discutant un peu avec le chanteur, j’avais été interpellé que ceux-ci n’avaient pas encore connu de véritables grandes scènes. Pas de Hellfest, ni de Motocultor, alors que d’autres moins connus l’avaient fait avant eux. Mais que font les organisateurs de festivals? En tout cas le Hell’Oween Fest a pris l’excellente initiative de nous les amener à Saintes. Après avoir vu sur une scène “ADX”, “Vulcain”, “Killers”, “Nightmare”, “Désillusion”, je place à titre personnel “Hürlement” dans la liste des meilleures formations françaises pour tout ce qui concerne le hard/heavy, surtout au vue de leur prestation de la soirée. Riffs redoutables et entêtants, avec un bassiste en pleine forme et déchaîne dans ses mouvements, couvrant tout le long de la scène, sortant et se mêlant à la fosse alors en pleine ébullition. Un riche et grand moment. On aura notamment beaucoup apprécié leur morceau “Prince Noir” et on aura appris que leur 3ème opus est en bonne voie de sortie. De quoi se montrer très confiant sur l’évolution de la troupe.

Set-List:
1. Dernier Combat / 2. Brocéliande / 3. Moine Guerrier / 4. Kamikaze / 5. Brothers / 6. Prince Noir / 7. Song of Steel / 8. Ordale / 9. Inquisition / 10. Mercenaire

. IN OTHER CLIMES

La programmation a été faite en sorte de contenter tout le monde, les plus jeunes et les plus vieux, les amateurs d’old school et de valeurs plus récentes. Nous aurons donc cette fois-ci du metalcore du Sud-Est de la France. Un jeune groupe qui aura déjà pas mal produit et pas mal joué dans différents pays, donc qui a l’habitude de la scène. Musicalement, il faut bien reconnaître qu’ils tapent beaucoup plus lourdement qu’un metalcore ordinaire. On se situe plus aux confins du deathcore. Bien que j’ai trouvé le contenu puissant mais redondant sur la durée, il faut bien reconnaître une maîtrise sur le plan scénique, en particulier concernant son vocaliste. Ils arriveront parfaitement à gérer l’invasion de la scène complète par la foule. L’invitation du public à monter en leur compagnie est chose rare, mais a déjà été vécu ici même. Néanmoins, c’est la première fois qu’on y retrouve autant de monde.

. REGARDE LES HOMMES TOMBER

J’avais un souvenir encore tout récent de cette tête d’affiche de la soirée. “Regarde Les Hommes Tomber” était passé dernièrement en Bretagne lors des festivités du Motocultor, et en avait exécuté une excellente prestation. ça a été l’occasion de revoir Thomas, le nouveau chanteur, que certains ont pu voir au sein du groupe nantais “War Inside”. Il fait du très bon boulot sur ces deux projets. Encore une fois la réussite est au rendez-vous. Atmosphère désolante, nihilisme à portée de tous. Thomas profitait parfois d’une position à ras du sol pour déclencher le plus discrètement possible les fumigènes, son chant strident était redoutable et répondait fidèlement à la musique du groupe. Les autres membres à capuchon s’en tenait à une rigueur froide et millimétrée. Nulle interrogation à avoir de les retrouver en tête d’affiches. C’est une valeur sûre hexagonale.

Set-List:
1. L’Exil / 2. Sheep Among / 3. Ov Flames / 4. Wanderer / 5. To Take Us / 6. The Fall / 7. Incandescent

Samedi 29 Octobre

. MOBÜTU

“Mobütu” is back. Vous ne connaissez pas encore “Mobütu”? C’est facile. Imaginez du “Motörhead” avec des mojettes. Sûr que ça va péter. Le trio de Vendée, emmené par le charismatique Maturin fait à nouveau vibrer les salles. ça fuse, ça rigole. En fait le hard rock envoie du steack et s’arrête brièvement pour un brin de grosse déconn’. A titre personnel, j’ai été touché qu’on me consacre le titre “Slurp on Venus” que je priais de voir au moins une fois sur scène. Et derechef, le Hell’Oween Fest propose une très bonne ouverture de soirée avec un groupe local. Vivement aussi une suite à leur foutu EP.

Set-List:
1. Intro / 2. Wild Wild Wild / 3. Go Go Go Hail Rock N’ Roll / 4. Let Them Die / 5. Ambassador of Love / 6. Mobütu Will Kick Your Ass / 7. Born in Mississipi / 8. Mobütu Is Back / 9. R.A.M.O.N.E.S. (Motörhead Cover) / 10. Don’t Forget the Deal / 11. In Hell I Will Burn / 12. Run Hippie Run / 13. Slurp on Venus / 14. Going to Hellfest / 15. Hell’s Cats in heat / 16. Sex N’ Death

. DRAKWALD

Le groupe de death folk originaire de Tours n’est pas une nouveauté me concernant. J’avais déjà eu l’occasion de les voir sur d’autres scènes, au moins à deux reprises ultérieurement. Néanmoins, il s’agit de la première fois depuis la sortie de leur second album “Riven Earth”, et il faut bien avouer que cet effort les a propulsé à un stade supérieur. L’apport mélodique de l’opus se vérifie également lors du concert, à commencer par le titre “Doomsday Argument”, qui met tout de suite l’eau à la bouche. Ce fut pour ma part une intéressante redécouverte. On tient là assurément l’une des plus prometteuses formations de folk français en activité.

Set-List:
1. Doomsday Argument / 2. Let the Slaugther Begin / 3. Echo of Memories / 4. Inhale the Ashes of Honor / 5. Rebirth / 6. Chasm of Ignorance / 7. Blood and Glory / 8. Despair of the Last Men / 9. Erase by Fire

. ARCANIA

Pour les habitués du Hell’Oween Fest, la venue de ce groupe d’Angers emmené par Cyril Peglion n’est pas non plus une nouveauté en soit. Si certains se remémorent, ils étaient venus ici même il y a quelques années, lors de l’édition 2012 pour être plus précis.Ce groupe de thrash metal vraiment atypique a depuis progressé, et la prestation durant ce samedi soir a quelque chose d’assez comparable avec l’interprétation donnée au Motocultor. On regrette un public visiblement moins réceptif qu’en Bretagne. Avec “Arcania” on retrouve un thrash metal moderne associant quelques contours progressifs. ça irrite généralement les amateurs d’old school, mais les jeunes metalheads apprécient. On attend de pied ferme un troisième album.

Set-List:
1. Intro / 2. Watch Us / 3. Rise and Never Fall / 4. Against My Fear / 5. Dreams Are Dead / 6. Face in the Mirror / 7. Scar in Our Mind / 8. No End

. GOROD

Eux aussi ont fréquenté le Hell’Oween Fest auparavant. En compagnie d’”Arcania” d’ailleurs. Et on les a en plus retrouvé tous les deux au Motocultor de cette année. “Gorod”, c’est ni plus ni plus l’un des meilleurs groupes de death metal en France. L’équipe conserve néanmoins la tête sur les épaules, une grande humilité aussi. Malgré un status de quasi-vedette, ils sont toujours aussi faciles à aborder et chaleureux. Le show en tant que tel a été sans doute le meilleur concert de l’événement, une claque, une leçon de metal tout court. On apprécie énormément la bonne humeur dégagée, les sourires qui ne sont pas de façade, des morceaux réussis p arfois issus du dernier album “A Maze of Recycled Creeds”, mais aussi des autres plus anciens. Quoi d’autre?….Une valeur sûre.

. PHAZM

Autre acteur déterminant, s’illustrant dans la scène death metal. Mais concernant le cas de “Phazm”, c’est un peu particulier. J’ai eu souvenir de deux prestations dantesques de la part de cette formation pilotée par Pierrick Valence. Cependant, le groupe semble avoir opéré un virage important, confirmé autant sur la tension palpable sur scène que sur le dernier album de la formation parisienne “Scornful of Icons”. La performance live m’apparaissait moins technique et virtuose que lors des deux concerts auxquels j’avais assisté. Le contenu paraissait toutefois plus puissant. Et chose appréciable une forme de ritualisme et des instruments folkloriques rares sont introduits dans ce death metal rageur que l’on découvre assez étonnement au sein de ce groupe, qui cultivait jusqu’à présent un death n’ roll avec quelques influences stoner. Nous avons eu tour à tour du Bodhran puis du nyckelharpa. Grosse évolution donc, visible et audible. “Phazm” a mué et on espère qu’il deviendra un plus dangereux reptile.

Set-List:
1. Ubiquitous / 2. Howling for You / 3. Damnation / 4. How to Become a God / 5. Never to Return / 6. Conquerors / 7. Mr Toodling / 8. Ginnungagap / 9. The Worm on the Hook / 10. The Godless Pope / 11. Scornful of Icons / 12. So White

 

Comments are closed.