July 17th, 2006

Elend : Les Ténèbres du DehorsDeuxième album de l’Officium Tenebrarum, Les Ténèbres du Dehors est aussi l’une des oeuvres les plus impressionantes d’Elend (en fait, toutes leurs oeuvres sont impressionantes, mais bon, on va dire qu’elle fait partie des trois meilleures…). La première chose à noter, c’est que niveau moyens, c’est toujours assez faible, quoi que la prod soit meilleure que celle de l’opus. Et pourtant, c’est nettement mieux. Les violons sont plus distincts, les claviers se font plus souvent rapides et découpés, le son plus agressif, le chant écorché beaucoup mieux maîtrisé, et Nathalie Barbary est rentrée dans la formation, secondant Eve Gabrielle Siskind de sa voix plus grave et absolument superbe. Le tout est nettement plus agressif, tout en ne quittant pas la terre de la musique d’ambiance symphonique. Un aspect moins contemplatif, plus noir aussi, et pourtant toujours empreint de cette indiscible “luciferian beauty” qui planait déjà sur Leçons de Ténèbres. Ce genre d’oeuvre est certainement la quintessence de la philosophie de Baudelaire et de ses Fleurs du Mal: la beauté cachée en la laideur de toute choses.

Car ces morceaux sont magnifiques. Ne serait-ce que cette introduction, Nocturne, simple et belle, habitée par le chant féminin comme par un esprit nostalgique du plus bel effet. Les deux titres suivants sont le centre de l’album: près de vingt-cinq minutes à eux deux, ils sont les morceaux les plus puissants de l’album, et presque du cycle (s’ils avaient eu les moyens qu’ils ont eu pour The Umbersun, nul doute que ces pièces seraient devenues simplement géniales, petits joyaux de pure musique d’ambiance noire). mêlant habilement voix féminines angéliques et hurlements black maîtrisés comme jamais, sur fonds de violons et de synthés sombres et magnifiques… Je remarque que je manque de mots pour décrire ces deux perles. Ce sont tout simplement des morceaux géniaux, qu’il FAUT avoir entendu.

Le reste de l’album est un peu plus inégal, avec un Eden qui aurait pu se passer des voix black, cachant un peu trop le jeu magnifique, et un Dancing Under The Closed Eyes of Paradise qui reste un très bon titre, mais pêche un peu par un chant étrange sur sa première partie. Les deux titres dépourvus de chants black sont pour leur part très réussis et charmants (enfin, toujours dans l’optique du morceau d’art Noir comme seul sait nous en pondre Elend).

En bref, cette galette n’est pas encore la perfection, gardant une légère faiblesse technique et faisant montre d’une ou deux maladresses. Il n’empêche que c’est un album déjà culte pour moi. S’il ne comprenait que Luciferian Revolution et Ethereal Journey, il le serait déjà, tant ces deux titres font partie de mon panthéon personnel. On oubliera donc les légers défauts. A posséder. Absolument.

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