Altars of Fab' Death

Atrocity (GER) : Hallucinations

Atrocity (ALL) : Todessehnsucht

Formé en 1985 autour des jeunes Alex Krull et Matthias Röderer, Atrocity figure parmi les pionniers de la scène deathmetal germanique, aux côtés de Morgoth ou Protector. Suite à son EP Blue Blood, sorti en octobre 1989 sous la bannière de label allemand Nuclear Blast, Atrocity poursuit sa lancée avec l’écurie de Markus Staiger, fermement déterminée à se lancer dans l’aventure du deathmetal depuis ses albums Purity Dilution et Subconscious Terror (Defecation, Benediction). Markus envoie son poulain à Tampa en juin 1990, aux Morrisound Studios à la notoriété croissante, pour les sessions d’Hallucinations. Commercialisé en octobre de cette même année, l’album paraît avec une illustration du célèbre H.R. Giger, et inclut le fameux Blue Blood sur sa version CD.

Hallucinations, un peu à la manière d’un Piece Of Time d’Atheist, aborde des textes loin des clichés gores ou sataniques. Son growler Alex Krull conte durant huit titres les errances d’une jeune fille, prise dans le piège de la drogue. Musicalement, l’album propose un deathmetal très alambiqué, lui valant immédiatement l’appellation de death technique. Sur le jeu complexe de Michael Schwarz, Atrocity multiplie en effet les lignes de basses et riffs de guitares entremêlés, agrémentant ses morceaux de nombreux contretemps et de breaks captivants, à l’image des remarquables Defeated Intellect et Hold Out. Par ailleurs, le groupe injecte plusieurs rythmes pogotant, comme sur l’entraînant Fatal Step, donnant un côté énergique à l’ensemble, renforcé par la voix rocailleuse d’Alex.

Malheureusement, malgré le voyage en Floride aux côtés des expérimentés Scott Burns et Tom Morris, Atrocity n’obtient pas un enregistrement d’une qualité irréprochable. La batterie dotée d’un son de caisse claire assez creux, manque ainsi d’épaisseur, et les guitares bien qu’agressives, ne délivrent également pas leur pleine puissance.

Malgré un son et un mixage en demi-teinte, Hallucinations propose indéniablement des titres de très bonne facture, et reçoit dès lors un accueil favorable dans le monde du metal, permettant au quintet allemand de se faire rapidement un nom. Atrocity, sans se hisser à la hauteur des ténors du moment, possède en effet à l’époque une technique et une originalité étonnantes et nous largue un premier album qui résiste impeccablement à l’épreuve du temps.

Fabien.

> - Les chroniques -, Atrocity — fabien @ 5:45

26 mars 2007

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