Altars of Fab’ Death

Deeds of Flesh : Of What’s to Come

Depuis le bon Mark of the Legion paru en 2001, Deeds of Flesh avait habitué l’oreille du death métalleux à un certain surplace, Crown of Souls, dernier album en date sorti en 2005, n’échappant pas à la règle. Une absence prolongée de trois années, mais aussi le départ de Jacoby Kingston, frère d’arme d’Erik Lindmark depuis les débuts du groupe, laissaient de plus transparaitre quelques craintes quant à l’évolution de la formation, pionnière du brutal death californien, mais désormais sévèrement concurrencée par ses voisins imparables nommés Severed Savior, Odious Mortem, Decrepit Birth ou Brain Drill, poussant la précision & la technique toujours un peu plus loin, notamment durant ces trois dernières années.

Rebondissant sur le départ de Jacoby (toujours coassocié du label Unique Leader), Erik décroche le jackpot en recrutant non seulement un second guitariste talentueux, en la personne de Sean Southern, mais en embauchant parallèlement l’incroyable Erlend Caspersen au côté de son batteur Mike Hamilton, l’un des tous meilleurs bassistes actuels sur la scène death metal, qui s’impose aujourd’hui en véritable prince, au sein de formations incontournables telles que Blood Red Throne, Vile & Spawn of Possession.

Le sang frais apporté porte ainsi ses fruits, Deeds of Flesh parvenant à se renouveler, tout en conservant son identité. Le couple basse batterie d’Erlend & Mike fonctionne en effet à merveille, Erlend apportant une assisse rythmique et une technique en tout point remarquables, comme ses parties désarmantes sur Dawn of the Next. L’apport de la guitare de Sean apporte parallèlement beaucoup de nuance au jeu d’Erik, qui prenait hélas la fâcheuse habitude d’enregistrer seul toutes les partitions de grattes. Décidément inspiré et bien dans ses baskets, le nouveau duo enchevêtre et superpose adroitement ses riffs, à l’image des bons Eradication Pods & Virvum, ou du titre éponyme, multipliant parallèlement les pointes techniques et les soli subtils, à la manière des derniers missiles d’Odious Mortem & Decrepit Birth.

Enfin, pour ne rien gâcher, Of What’s to Come bénéficie d’un enregistrement possédant enfin le relief & clarté espérés, deux caractéristiques manquant bien souvent dans les précédentes productions de Deeds Of Flesh. Toutefois, l’album manque encore de breaks réellement marquants, ou encore d’interludes, qui auraient permis l’apport d’une coloration accrue et d’une véritable atmosphère, en complément de sa technique imparable.

Parfaitement mis en valeur par l’illustrateur Raymond Swanland, à qui l’on doit notamment la pochette du dernier Ob(Servant) de Psycroptic, Of What’s to Come n’est peut-être pas encore la réalisation culte de Deeds of Flesh, mais impose en revanche une puissance et une profondeur qui le hissent sans conteste comme l’album enfin attendu depuis plusieurs années, permettant au groupe de se relancer judicieusement, et de lâcher avec fierté sa septième réalisation, entièrement dédiée à la scène brutal death underground.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deeds Of Flesh — fabien @ 11:15 am

January 23, 2008

Deicide : Till Death Do Us Part

L’année 2006 marquait le retour du grand Deicide avec The Stench Of Redemption, parvenant brillamment à se renouveler, après une série d’albums qui matraquaient sans grande inspiration. Le gang Benton confirme ainsi la direction prise depuis son précédent effort, balançant un Till Death Do Us Part surprenant encore par la richesse de ses structures et de ses arrangements, tout en accroissant ostensiblement son niveau de brutalité. Le groupe arbore par ailleurs un côté beaucoup plus sombre, parfaitement retranscrit dans le choix de deux superbes peintures d’Hans Baldung (Renaissance - XVIè) pour illustrer l’album, conférant une ambiance mystique où la pureté se confronte au pêché et à la damnation.

Till Death Do Us Part fixe d’emblée l’épaisseur de ses atmosphères, dès Beginning Of The End, son intro dominée par les rythmes lourds de Steve Asheim et les riffs torturés du tandem Santola / Owen, accordés très bas. L’instrumental s’enchaine sur l’excellent titre éponyme, aux tempi tout d’abord pesants, cédant rapidement la place à un débordement rythmique hargneux, où Steve impose son jeu fouillé et ses blast beats carrés, soutenant les salves de riffs brutaux des deux guitaristes. Glen Benton enfonce alors le clou avec son guttural d’une profondeur incroyable, superposant parfois son chant caverneux avec des vocaux criards, en livrant son flot habituel de paroles haineuses et blasphématoires.

Ficelé de main de maître par Steve Asheim, Till Death Do Us Part bénéficie ainsi d’un équilibre remarquable, opposant ses passages lourds à une violence rythmique diablement maîtrisée, à l’image des redoutables Hate Of All Hatreds & Severed Ties. En outre, les jeux complémentaires de Ralph Santola & Jack Owen nuancent et enrichissent considérablement les compositions, sans s’égarer toutefois dans des constructions à tiroir. Les soli de Ralph s’intègrent enfin impeccablement à l’ensemble, perdant le côté parfois trop heavy développé sur The Stench Of Redemption, se mêlant ainsi adroitement aux lead de Jack, mais aussi de Steve, qui dépose étonnamment plusieurs lignes de guitares.

Divinement mis en valeur par la production claire & profonde de Jim Morris, se posant en véritable pied de nez face aux détracteurs qui juraient l’obsolescence des Morrisound Studios, Till Death Do Us Part impose durant 42 minutes un manifeste de pureté death et de brutalité sombre, à l’iconicité anti chrétienne fortement marquée. Deicide confirme ainsi son excellence depuis le départ des frères Hofmann, reconquérant sa place de ténor parmi les pionniers du death métal nord américain, aux côtés de Morbid Angel & d’Immolation.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deicide — fabien @ 5:00 am

Deranged : The Redlight Murder Case

The Redlight Murder CaseAprès deux mini albums et six full lenght, les infatigables Axelsson et Wermen remettent le couvert pour The Redlight Murder Case, leur nouveau méfait. Avec l’assurance d’obtenir leur son si caractéristique, les deux briscards réitèrent leur abonnement aux Berno Studios (Seance) en aôut 2007, fidèles à l’ingénieur Berno Paulsson, depuis Sculpture of the Dead enregistré en 1994.

Chaque album de Deranged se traduit inévitablement par l’arrivée d’un nouveau bassiste et d’un chanteur, Redlight ne dérogeant pas à la règle, marquant l’accueil respectif de Thomas Ahlgren et de Martin Schönherr, dont les éructations du dernier n’ont rien à envier à celles de Calle Faldt, son brillant prédécesseur. Après un passage chez Listenable pour quatre efforts, le groupe signe également son retour au sein de l’écurie Regain, avec laquelle il avait collaboré le temps du redoutable High on Blood. Pour le reste, hormis la barbe en moins de Rickard Wermen, la formation suédoise n’affiche aucun changement en perspective, conservant son death brutal & asphyxiant, sur un concept et des paroles toujours aussi outranciers & dérangés.

La seule écoute des terribles Watch Me & Strip Nude permet en effet de constater le non assagissement Deranged avec le temps, matraquant sans cesse durant 35 minutes, sur les rythmiques tapageuses de Wermen et les riffs suffocants d’Axelsson. Mais, au-delà de son effrayante brutalité, le groupe garde judicieusement sous le coude quelques accélérations meurtrières et breaks écrasants, cassant la relative linéarité de son produit, et permettant à l’auditeur de reprendre son souffle durant quelques secondes, afin de mieux l’ensevelir sous son avalanche de riffs, d’un hermétisme éprouvant.

Parfaitement ficelé, The Redlight Murder Case bénéficie parallèlement d’une production toujours aussi maîtrisée, mettant impeccablement l’ensemble en valeur. Ainsi, fidèle à son label de qualité et à sa violence sans concession, Deranged signe une réalisation, qui a défaut d’être exceptionnelle, comblera les fans irréductibles de la formation. Au-delà, on peut légitimement se demander si, après sept albums pratiquement identiques, le gang suédois peut délivrer autre chose que son death brutal & étouffant.

Fabien.

> - Les chroniques -, Deranged — admin @ 1:45 am

Hail Of Bullets : …Of Frost And War

?Of Frost And WarNé fin 2006 autour de Martin Van Drunen, Stephan Gebédi & Ed Warby, officiant respectivement au sein d’Asphyx, Thanatos & Gorefest, Hail Of Bullets est la réunion de principaux acteurs des débuts de la scène death métal hollandaise, nostalgiques de cette époque particulièrement riche en souvenirs et en créativité. Une seule démo enregistrée en 2007 suffit à attirer l’attention du label Metal Blade, débouchant sur les sessions de …Of Frost And War aux excellents studios Excess & Unisound, puis sur sa sortie en mai 2008.

Album concept articulé autour des batailles sanglantes sur le front de l’est durant la seconde guerre mondiale, …Of Frost And War renvoie une imagerie très guerrière, rappelant immédiatement les sujets si chers à Bolt Thrower. Cette comparaison s’applique également à sa musique, véritable concentré de death métal de la première époque, possédant la lourdeur rythmique du combo britannique, mais aussi les riffs tranchants d’Asphyx et le groove de Gorefest (grâce au jeu très fluide d’Ed Warby), à l’image du redoutable titre Ordered Eastward, distillant parallèlement des pointes mélodiques dignes d’Edge Of Sanity, tels Carpathian Mountains & Berlin, qui clôturent l’album sur une pointe mélancolique & émotionnelle fort judicieuse.

Le point fort d’Hail Of Bullets réside bien sûr dans l’intégration de Martin Van Drunen, qui délivre son guttural arraché inimitable, invitant tous les vieux death métalleux à lâcher une larme de nostalgie lors des premières écoutes. En outre, la puissance de la production d’Hans Pieter et la clarté du mixage de Dan Swanö ne gâchent en rien l’ancrage de …Of Frost And War dans un death old school fortement marqué, restituant fidèlement le son de l’époque et le grain si particulier de ses guitares.

Loin de tout déballage technique, Hail Of Bullets valorise avant tout l’efficacité de ses rythmiques, la puissance de ses riffs et l’épaisseur de ses ambiances. Plusieurs structures ont toutefois tendance à se ressembler, se démarquant difficilement les unes des autres, faute à des riffs simples & directs souvent similaires. Ainsi, malgré ses alternances judicieuses entre passages lourds et rythmiques entrainantes, …Of Frost And War instaure parfois un sentiment de lassitude, qui se dissipe toutefois rapidement à l’écoute de pépites telles que The Lake Ladoga ou Red Wolves, ou encore dès l’approche de ses derniers morceaux, surprenant par leur intensité et la richesse de leurs atmosphères.

Sans prétention technique, …Of Frost And War délivre un death old school authentique, loin de nombreuses productions aseptisées du moment, restaurant ainsi minutieusement les codes du death métal des premières heures, comblant dès lors les nostalgiques de cette période atemporelle. Sans toutefois bénéficier d’une identité proprement marquée, Hail Of Bullets synthétise en effet l’essence des ténors du death européen des années 80/90, tels Bolt Thrower, Asphyx, Grave, Gorefest & Edge Of Sanity, avec une justesse et une sobriété remarquables.

Fabien.

> - Les chroniques -, Hail of Bullets — admin @ 5:45 am

January 19, 2008

Hour Of Penance : The Vile Conception

The Vile ConceptionTandis que la scène brutal death technique bombarde de toute part en ce premier semestre 2008, à l’image des redoutables missiles de Brain Drill, Origin, Hate Eternal, Decrepit Birth & Prostitute Disfigurement, l’Italie riposte avec Hour Of Penance, désormais au sein de l’incontournable l’écurie Unique Leader Records. Enregistré au 16th Cellar Studio sous la houlette de Stefano Morabito, The Vile Conception, troisième album de la formation, débarque en février, muni d’une superbe illustration du maître Par Olofsson.

Dès le premier titre, The Vile Conception impose une puissance de feu phénoménale, dominé par les blast beats et les roulements de Mauro Mercurio, soutenant les salves de riffs assassines de Giulio Moschini et le guttural pur de Franscesco Paoli. Depuis l’impitoyable Misconception jusqu’au terrible Hierarchy Of The Fools, Hour Of Penance assomme ainsi avec une brutalité manifeste, mais également avec une technique et une précision désarmantes.

Conservant majoritairement le pied au plancher durant ses 37 minutes, The Vile Conception n’a pourtant rien d’un album linéaire, possédant toujours l’atout lui permettant de rebondir, et de conserver ainsi une puissance et un équilibre étonnants. La multiplication des contretemps, le positionnement judicieux de breaks tranchants, l’alternance des soli de Francesco entre débauche de furie et intensité contrôlée, sont autant d’éléments contribuant à la richesse de l’album, au delà de sa brutalité excessive. Hour Of Penance agrémente parallèlement l’album de plusieurs outros, à l’instar de Drowned In The Abyss & From Hate To Suffering, épaississant considérablement les atmosphères de son album.

Débauche d’énergie pure, sombre et parfaitement maîtrisé, The Vile Conception s’impose parmi les grosses surprise de cette année 2008, confirmant l’excellence de la scène brutal death technique actuelle. Ainsi, malgré la présence de nombreux plans trahissant des influences Krisiun, Hate Eternal & Morbid Angel encore marquées, le privant d’une pleine personnalité, Hour Of Penance dégage une puissance et une précision étonnantes, lui permettant de frapper juste et fort.

Fabien.

> - Les chroniques -, Hour Of Penance — admin @ 1:45 am

Human Filleted : Hideous Sculptures of the Dead

Originaire de Lafayette dans l’état d’Indiana, Human Filleted se forme en 2005 autour du guitariste chanteur Kyle Christman, membre de Purulent Infection, s’ajoutant à la multitude de formations de brutal death sévissant sur le territoire nord américain, depuis le sacre d’Immolation & Suffocation en 1991.

Après un split au côté de son confrère Embludgeoned, sorti chez Sevared Records, à qui l’on doit notamment le bon Annihilate the Enemy des indonésiens de Jasad, le groupe signe un contrat avec le jeune label parisien Crematorium Records. Enregistré durant l’été 2007, le premier album, doucement nommé Hideous Sculptures Of The Dead, voit le jour en tout début d’année suivante, parfaitement mis en image par le très convoité Par Olofsson.

Hideous Sculptures balance un brutal death sans grande surprise, dans la veine des californiens de Deeds of Flesh, bâti à coup de doubles pédalages intensifs, de blast beats et de contretemps, mais possède parallèlement un riffing accrocheur sur les parties en middle tempo, lui apportant un touche old school bien sentie, proche d’un missile d’Internal Bleeding ou Brutality, à l’image des bons titres Entrail Extraction Procedure & Entrail Extraction Procedure, et de leurs lignes de guitares acérées.

L’album reste toutefois conventionnel, mais aussi assez linéaire dans son exécution, la faute à une technique suffisamment variée, mais aussi à l’absence regrettable de soli, qui aurait permis un surcroît d’intensité et de mordant aux compositions. En outre, malgré un mixage clair & équilibré, l’enregistrement manque d’un brin de puissance dans les guitares, et dote la batterie d’un son de caisse claire plutôt creux, sans que ces imperfections nuisent toutefois réellement à l’écoute des neuf morceaux.

Possédant de bonnes qualités, à commencer par des rythmiques carrées & un riffing percutant, et bénéficiant parallèlement d’un artwork très soigné, Hideous Sculptures reste ainsi un album de facture très honnête, destiné avant tout aux inconditionnels de brutal death US. En revanche, Human Filleted ne possède encore ni la technique lui permettant de rivaliser avec les ténors du brutal death, ni la personnalité suffisante pour se distinguer de la masse des formations actuelles. Sa bonne maîtrise laisse toutefois envisager un avenir prometteur.

Fabien.

> - Les chroniques -, Human Filleted — fabien @ 12:15 am

Kataplexia : Supreme Authority

Formé en 2003, Kataplexia est basé en Finlande, bien que le trio composant la formation soit originaire d’Amérique du sud. Enregistré en ces terres scandinaves en début d’année 2008, Supreme Authority représente déjà la troisième réalisation du groupe, qui évolue toujours au sein de l’écurie espagnole Xtreem Music (Kronos, Hour of Penance) dirigée par le célèbre Dave Rotten. Le label gratifie cette fois l’album d’une superbe illustration de Georges Prasinis, déjà remarqué pour ses pochettes de Spawn of Possession ou d’Inveracity.

Plus long, plus consistant, et bien mieux enregistré que son prédécesseur Catastrophic Scenes, Supreme Authority envoie un brutal death très proche du dieu Suffocation. Les compositions du duo Artiga / Moreira sont en effet structurées autour de rythmiques complexes & assommantes, exécutées par le batteur de session Timo Häkinnen & le bassiste Mikael Da Costa, à grands renforts de double pédale et des blast-beats, sur lesquelles viennent se greffer les plans enchevêtrés à deux guitares de Davi Moreira, à l’image des bons Unpredictable Spiritualism & Endless Suffering.

Supreme Authority renvoie ainsi une image proche de l’eternel Effigy of the Forgotten des dieux new-yorkais, ou encore du récent & inspiré Extermination of Millions des grecques d’Inveracity. Kataplexia balance en revanche quelques accélérations renversantes, sur un accordage très bas, durant lesquelles le guttural de Rodrigo se mue en des « grouinements » qui conférent quelques touches slam death fort appréciables. En outre, le groupe ponctue judicieusement ses morceaux de breaks écrasants (Anonymous Identities), de riffs dissonants & de soli accrocheurs (Circle of Sickness), permettant d’apporter une dynamique accrue à l’ensemble.

Parfaitement ficelé et bénéficiant d’une production compacte, Supreme Authority surprend ainsi par ses subtilités et la qualité de sa mise en place, présageant de nombreuses écoutes méticuleuses pour l’inconditionnel de death brutal & alambiqué. En revanche, Kataplexia ne possède pas d’identité particulière, s’ajoutant dès lors aux nombreuses formations évoluant dans le style, sans possibilité d’émergence et d’accès parmi les ténors de la scène brutal death actuelle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Kataplexia — fabien @ 6:45 am

January 16, 2008

Lecherous Nocturne : The Age of Miracles Has Passed

Cette année, Unique Leader a eu le nez fin, rameutant sous sa coupe quelques formations brutal death destructrices, telles Hour of Penance & Carnophage, et plus récemment Lecherous Nocturne. Originaire de Greenville en Caroline du sud, tout comme Nile, le dernier groupe signé par le label d’Erik & Jacoby est loin d’être inconnu au bataillon, ayant sorti le très bon et trop court Adoration of the Blade en 2006 chez l’écurie Deep Send, et comptant également des membres prestigieux dans ses rangs, comme Chris Lollis & Mike Poggionne, qui officient respectivement au sein de Nile et de Monstrosity.

Affichant un line up stable depuis son dernier album, à l’exception du remplacement de Dallas Toller Wade (Nile) par Jeremy Nissenbaum derrière les fûts, Lecherous Nocturne rejoint alors sereinement l’expérimenté Bob Moore (Nile) au Sound Lab Recording au printemps 2008, pour les sessions du digne successeur The Age of Miracles Has Passed. Proche d’Hate Eternal ou du regretté Internecine dans l’esprit, le groupe ne s’est pas calmé entre ses deux albums, bien décidé à enfoncer le clou et à péter définitivement la baraque.

Lancé sur orbite par une intro tout en finesse, le titre Just War Theory ouvre le bal et déboulonne rapidement tout sur son passage, impeccablement supporté par les blast-beats puissants et millimétrés de Jeremy, et la basse six cordes de Mike, qui affole par sa présence rythmique et la complexité de son jeu. Sur un telle assise, Chris & Kreishloff matraquent à coup de riffs meurtriers, imposant une puissance de feu considérable, renforcée par le guttural teigneux de Jason Hohenstein.

Toutefois, malgré une brutalité manifeste, The Age of Miracles reste loin de la simple succession de blast-beats, cassant régulièrement son rythme effréné pour imposer des passages renversants, à l’image des imparables We Are As Dust & The Tripled Sun, ou de son titre éponyme tout en middle tempo. Dans ces moments, Chris & Kreishloff lacèrent à coups de guitares lancinantes & superposent habillement leurs riffs, apportant une nuance incroyable et décuplant littéralement l’intensité des morceaux, pour atteindre une puissance absolue lors du break impitoyable d’Edict of Worms et du final tout aussi poignant de Preponderance of Fire.

Chaque titre possède ainsi l’élément qui le distingue, conférant parallèlement tout la force et l’équilibre de l’ensemble. The Age of Miracles ne comporte en revanche pas de soli, malgré le niveau impressionnant de ses guitaristes, et ne dure également que 28 petites minutes, représentant son principal défaut. Toutefois, Lecherous Nocturne n’a pas l’habitude de se répéter, ne lâchant souvent ses riffs démentiels qu’une seule fois, offrant ainsi un véritable concentré de death metal, et des écoutes quasi infinies.

Dépassant son prédécesseur en terme de puissance, de brutalité et de qualité, The Age of Miracles hisse définitivement Lecherous Nocturne parmi les formations de brutal death les plus dangereuses et les plus incisives du moment, se plaçant directement dans le giron de ses confrères d’Hate Eternal, Nile & Origin, confirmant ainsi l’excellence actuelle de son label Unique Leader, et de cette année 2008.

Fabien.

> - Les chroniques -, Lecherous Nocturne — fabien @ 10:15 am

January 15, 2008

Merciless Death : Realm of Terror

Merciless Death (USA) : Realm of TerrorEn ce mois de mai 2008, fidèle à son label Heavy Artillery, Merciless Death revient battre les tympans des thrashers, déjà sous le joug d’Evil In The Night, son premier et précédent assaut. Les frères Torres et Dan Holder abandonnent cette fois les zombies d’Edouard Repka, pour une illustration tout aussi travaillée d’un autre maître, Andreas Marshall, mettant en scène un prêtre aspiré par les forces obscures.

Realm of Terror déboulonne d’entrée avec The Abyss, une intro percutante lançant parfaitement le thrash intraitable de Merciless Death. L’album bénéficie en outre d’un enregistrement puissant & équilibré, qui apporte un son incisif aux guitares, tout en respectant la rugosité propre à la formation californienne. Ainsi, la force de son thrash ajoutée à la qualité de la production forment un cocktail détonnant, où se succèdent rythmiques entrainantes, guitares assassines, breaks tranchants et chant teigneux, tel l’impitoyable The Gate et ses rafales de riffs renversants.

Conservant un thrash particulièrement hargneux, Merciless Death digère également mieux ses influences et soigne parallèlement ses ambiances, à l’image de l’interlude Fall To The Pentagram, lui permettant d’épaissir judicieusement son style. Possédant la vitesse de Strappado (Slaughter), embrassant l’aura sombre de None Shall Defy, Urm The Mad & Seven Churches (Infernal Majesty, Protector, Possessed), dégageant des accents Slayeriens délicieux sur les soli emballés de Dan Holder, Realm of Terror synthétise ainsi l’esprit thrash ‘evil’ des années 80 avec une justesse remarquable.

Aussi rugueux & percutant que son prédécesseur, aux colorations rétro tout aussi exquises, Realm of Terror balance 28 minutes de thrash dense & authentique, risquant d’emballer le rythme cardiaque de nombreux thrashers, béats devant son atmosphère endiablée et l’efficacité de ses riffs. S’imprégnant parfaitement de l’essence du thrash des eighties, tout en affirmant sa pleine personnalité, Merciless Death devient désormais aussi précis et meurtrier qu’une balle.

Fabien.

> - Les chroniques -, Merciless Death — admin @ 6:15 am

January 14, 2008

Pitiful Reign : Visual Violence

Pourtant synonyme de ringardise durant les années 90, la scène thrash metal retrouve désormais une seconde jeunesse depuis l’essor des nord américains de Municipal Waste ou Merciless Death. La Grande Bretagne emboite elle aussi le pas, à l’image de Gama Bomb, SSS, Evile ou Pitiful Reign. Ce dernier se forme en 2003 autour de Josh Callis-Smith, et nomme simplement son style du british thrash metal, désireux de s’inscrire dans la grande tradition des formations anglaises des eighties, comme Xentrix ou Re-Animator.

Un album auto-produit et deux EP plus tard, fort d’un contrat avec l’écurie italienne Punishment 18, et fin prêt pour les sessions de son nouvel album, le groupe décroche le jackpot, s’entourant non seulement de Juan Urteaga (ex-Vile) et du non moins célèbre Steve Digiorgio (Sadus) derrière les consoles d’enregistrement, mais obtenant parallèlement une superbe illustration du maître Ed Repka, symbolisant à lui seul une bonne partie des albums thrash cultes des eighties, d’Evildead à Megadeth.

Bénéficiant d’un enregistrement au poil, qui dote respectivement la batterie, la basse et les guitares d’un son claquant, rond et agressif, Visual Violence accroche dès son premier titre. Sur une rythmique carrée, Pitiful Reign possède en effet l’art du riffing percutant, renforcé par la voix dynamique de Callis-Smith, les breaks aux mosh parts entrainantes, les accélérations vicieuses, les batailles de soli fougueux, et les refrains accrocheurs, où le thrasher retrouve les fameux backing vocals, trop longtemps disparus. Human Coleslaw, Fatality ou l’excellent Push to Prime sont ainsi autant de titres montrant l’aisance et le plaisir à jouer des cinq acolytes, le tout dans un esprit particulièrement fun et une ambiance old school délicieuse.

En élève assidu, Pitiful Reign déroule ainsi brillamment les recettes à l’origine du succès de la scène thrash des années 80, britannique, new-yorkaise ou californienne. Cette force est aussi la faiblesse du combo, qui parfois trop appliqué, manque encore du brin de folie de Municipal Waste, ou encore de la force d’Hexen, maître californien actuel, pour véritablement s’imposer.

Malgré une personnalité restant à affirmer, le capital bonhomie de Pitiful Reign, ses titres percutants, mais aussi le grand soin apporté à son album, l’inscrivent parmi les formations revival thrash d’intérêt, aux côtés de Violator, Gama Bomb, Fueled By Fire ou Bonded By Blood. Visual Violence se recommande ainsi tous les jeunes thrashers, mais aussi à tous les amoureux des vieux loups comme Anthrax, Re-Animator, Exhorder & Evildead, ou plus simplement aux nostalgiques d’une époque emplie d’une insouciance certaine et d’un parfum particulièrement authentique.

Fabien.

> - Les chroniques -, Pitiful Reign — fabien @ 9:30 am

January 11, 2008