Altars of Fab' Death

Sinister : The Carnage Ending

Sinister : The Carnage EndingOfficiellement séparé peu après la sortie du fade Savage or Grace en 2003, Sinister est revenu deux ans plus tard, son batteur originel Aad Kloosterwaard glissant royalement derrière le micro, tandis que le guitariste & bassiste Alex Paul prenait le rôle de compositeur durant cette nouvelle ère, apportant un nouveau souffle grâce à des compositions plus ‘progressives’, tout en conservant le mordant propre à la formation. La formule explosive a duré en tout trois albums, en passant par le redoutable The Silent Howling, pour s’achever après Legacy of Ashes fin 2010, Alex n’ayant plus la même motivation pour maintenir le groupe à un niveau d’inspiration équivalent.

Sans se démonter, l’infatigable Aad présent également chez Supreme Pain ou Absurd Universe trouve rapidement un nouveau compositeur attitré, le tout aussi prolifique Bastiaan Brussaard ayant déjà Fondlecorpse, Supreme Pain ou Absurd Universe inscrits sur sa carte de visite. Les autres interprètes, dont Mathijs (le frère de Bas), Toep Duin et Dennis Hartog ont eux aussi tous gravité autour des mêmes formations, un incroyable jeu de chaises musicales qui prendrait tant de paragraphes pour être conté. Néanmoins, retenons par exemple que l’intégralité du line-up jouant sur Habeas Corpus (Absurd Universe – 2011) se retrouve sur The Carnage Ending, ce tout dernier effort de Sinister puissamment capturé aux Soundlodge Studios.

Si l’on pouvait reprocher à Sinister d’avoir perdu une partie de son incision sur le bon Legacy of Ashes, notre quintet batave renoue cette fois avec des morceaux basés sur la brutalité, la puissance et l’efficacité, alliés à une aura particulièrement sombre, synthétisés par la superbe pochette de Mike Hrubovcak (illustrateur attitré depuis The Silent Howling). Le fracassant Unheavenly Domain en ouverture et ses sacrées accélérations, le rapide Regarding the Imagery au break central sans pitié, l’idéal Final Destroyer agrémenté de fines parties de claviers en refrain, sont ainsi autant de signes d’une volonté de retrouver une certaine hargne, tout en soignant l’atmosphère générale et en privilégiant une grande variété.

Bas Brussaard s’est ainsi idéalement intégré à Sinister, parvenant à lâcher tant de riffs brise-nuque si typiques de la formation, tout en maintenant une architecture solide et un haut niveau de qualité, à l’image du morceau éponyme habillement ficelé et montant progressivement en intensité jusqu’à son final mémorable aux claviers discrets et leads poignantes. A ce titre, la patte du nouveau compositeur se remarque rapidement, nous renvoyant du côté des albums Divine Incarnation (Supreme Pain) & Habeas Corpus parus une année auparavant, mais aussi parfois du côté de Creaturegore (Fondlecorpse), l’aspect crade en moins, pour citer le parallèle entre Pillage Burn Kill et l’excellent morceau Oath of Rebirth moins rapide et plus ambiancé.

Brutal, sombre & incisif, 10ème full-length depuis l’invincible Cross the Styx paru vingt années en arrière, The Carnage Ending est un effort particulièrement convaincant, se hissant dans la partie haute de la discographie de l’infatigable Sinister. Emmené par les growls imposants d’Aad Kloosterwaard, notre groupe parvient ainsi à se relancer une nouvelle fois en trouvant le bon compositeur, lui permettant de se renouveler sans trahir son identité. Déjà expérimenté dans des formations de renom, Baastian Brussaard est ainsi le nouvel atout de Sinister, bien que l’on puisse reprocher cette fois une relative similitude entre Absurd Universe et Supreme Pain, Bas ayant toutefois quitté ce dernier en fin d’année dernière faute à un manque de motivation. Va comprendre, Charles !

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 19:42

3 octobre 2012

Sinister : Legacy of Ashes

Sinister : Legacy of AshesAyant traversé une période de flottement au début des années 2000 jusqu’à sa séparation après la sortie du décevant Savage or Grace en 2003, Sinister était revenu brillamment sur le devant de la scène en 2006, depuis qu’Alex Paul avait repris les rennes de la formation, se chargeant non seulement de toutes les lignes de guitares mais aussi de l’écriture des morceaux, tandis qu’Aad Klosterwaald glissait judicieusement au micro. Afterburner avait ainsi surpris par son mordant tandis que le plus progressif & sombre The Silent Howling confirmait toute la dangerosité du retour de nos néerlandais.

Très attendu, le neuvième album de Sinister voit le jour au même endroit que son prédécesseur, aux Soundlodge Studios sous l’oeil bienveillant de Jorg Uken, lieux n’ayant finalement que peu à envier aux terribles studios Excess d’Andy Classen (Krisiun, Gorefest). Le trio deathmetal réitère parallèlement le choix du graphiste Mike Hrubovcak, qui livre une illustration Photoshop de qualité, mettant impeccablement en scène la mascotte de Sinister au coeur d’un rituel diabolique.

Si The Silent Howling misait avant tout sur l’épaisseur des ambiances, montrant Sinister très à l’aise dans un terrain où il ne nous avait guère habitué, ce nouveau Legacy of Ashes renoue en partie avec un deathmetal plus agressif, à l’image de ses deux premiers morceaux. Into the Blind World et The Enemy of My Enemy peinent pourtant pleinement à convaincre, faute à un riffing manquant globalement d’incision, art dans lequel le groupe est pourtant habituellement maître.

Mais rapidement, au sein du mémorable Anatomy of a Catastrophe aux passages acoustiques envoutants et aux riffs à l’enchevêtrement implaccable, Legacy of Ashes gagne en densité et devient alors entêtant, pour mieux fracasser sur l’intraitable The Sins of Sodomy. Sans lâcher prise, Sinister varie judicieusement ses morceaux, réservant de belles montées en puissance sur le redoutable titre éponyme aux moments d’accalmie sur une basse en avant, ou cassant encore le rythme sur la seconde partie de The Hornets Nest à l’intensité graduelle. L’oeuvre reste en outre idéalement entourée par une introduction et un final aux claviers impériaux, lui donnant beaucoup de corps.

Synthèse des deux précédents albums, Legacy of Ashes ne surpasse pas le travail qu’Alex Paul a brillamment livré ces récentes années, manquant parfois même d’accroche en première impression malgré une approche globalement plus directe. Le nouvel effort du trio batave s’affirme en revanche au fil des écoutes, renfermant une atmosphère profonde et savamment entretenue, tout en bénéficiant d’une articulation et d’une interprétation sans reproche, s’ajoutant à la singularité remarquable des riffs d’Alex et des growls imparables d’Aad. Du bon Sinister.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 21:37

23 décembre 2010

Sinister : The Silent Howling

Ces vétérans du Death Metal ont parcouru un long bout de chemin depuis leur premier et excellent méfait Cross The Styx (1992). Entre départs de musiciens, changements d’instruments de certains, aller et retour pour d’autres, ce n’est pas simple de s’y retrouver pour ceux qui découvrent le groupe. Quoi qu’il en soit Afterburner (2006) avait constitué un retour en forme que l’ont attendait plus après une doublette Creative Killings / Savage Or Grace peu inspiré. Et le quatuor a l’air de vouloir faire durer le plaisir et le prouve avec The Silent Howling (2008) sorti chez Massacre Records (le groupe semble avoir définitivement coupé les ponts avec leur label historique Nuclear Blast), on retrouve d’ailleurs avec plaisir sur la pochette les gargouilles, qui sont un peu la marque de fabrique du groupe, leur Eddie ou Vic Rattlehead à eux.

L’amateur reconnaîtra d’ailleurs assez aisément la patte et le son Sinister dès les premières notes de Republic Of The Grave, toutefois on note une certaine modernisation des hollandais, la structure de ce titre rappelant un peu les dernières productions de Behemoth, particulièrement dans les parties de blast de Edwin (Aad a bien fait de lâcher les baguettes pour le micro).

Le style Sinister est plus marqué sur le début de Summit Of Sacrifice, son départ canon et ses breaks abruptes, en revanche la deuxième partie du titre est beaucoup moins conventionnelle avec un solo d’inspiration Heavy Metal, et surtout un passage acoustique suivi d’une rythmique Death mélodique (pas typée Göteborg je vous rassure) qui surprend quelque peu. Mais le Death brutal n’est jamais loin et on retombe en plein dedans avec Fortified Bravery dont le premier riff n’est pas sans rappeler celui très rapide de Bastard Saints, et quand Sinister calme le jeu sur des tempo plus lents et même une pointe de clavier en fond, c’est pour mieux nous achever sur une ultime accélération dévastatrice.

On précisera que les titres sont plutôt longs et naviguent allègrement autour des 6-7 minutes et plus. C’est notamment le cas sur le pavé The Silent Howling (10:15), proposant le meilleur de leur savoir-faire : riffs et soli accrocheurs, ambiance glauque lorgnant parfois vers le Black Metal, mid-tempos « brise-nuques », breaks avec arpèges, accélération crescendo, j’en passe et des meilleurs, on a même droit à une partie acoustique rappelant le meilleur de In Flames (époque Lunar Strain ou The Jester Race évidemment !).

Alternant riffs old-school et techniques avec des touches plus modernes et par moment mélodiques, Sinister prouve qu’il n’est pas un groupe figé dans le souvenir de la gloire passée que représentent Cross The Styx et Diabolical Summoning, il en a d’ailleurs gardé indéniablement l’essence, The Kill To Come alternant parties lourdes et blast-beats en est la preuve. Le morceau le plus surprenant du CD est sans aucun doute Palace Of The Fates, distillant des sonorités très orientales avec un riff d’Alex très mille et une nuits, preuve supplémentaire s’il en est de la créativité d’Alex et ses acolytes.
Les bataves n’oublient pas de nous balancer un dernier titre bien rapide histoire que l’ont oublie pas que Sinister jouait du Death brutal alors que le guitariste de Children Of Bodom pissait encore au lit (ah ? c’est plus le cas).

Sinister revit une seconde jeunesse et a bien l’air de vouloir faire durer cette cure de jouvence, tant mieux pour nous. Les gardiens du temple tels Malevolent Creation, Immolation ou Morbid Angel et donc Sinister sont encore là pour montrer les dents et c’est tant mieux. Décidément avec les sorties en 2008 des albums de Brain Drill, Krisiun, Origin, Prostitute Disfigurement, Deicide, Hate Eternal, The Monolith Deathcult et d’autres encore, la lutte pour l’attribution du titre d’album Death de l’année va être serrée (bien que pour ma part Origin soit loin devant), The Silent Howling peut se placer en outsider.

BG (www.spirit-of-metal.com).

The Silent Howling confirme le retour du grand Sinister, depuis le très bon Afterburner. Depuis son glissement à la guitare, Alex Paul est en effet impitoyable, signant des compositions brutales, riches, variées & alambiquées, loin du tapage linéaire de l’époque Creative Killings & Savage or Grace. Les blasts, les breaks incisifs et les acoustiques sombres se succèdent ainsi dans une parfaite fluidité, sur des guitares massacrantes. Quant à Aad, son guttural est puissant et articulé : un vrai régal à suivre avec les paroles sur les genoux. Enfin, le couple basse batterie enfonce carrément, avec un Edwin blastant avec une précision et une vitesse & incroyables. Du bon cru, rien à redire. Fabien.

> - Les guests -, Sinister — fabien @ 8:45

8 septembre 2008

Sinister : Afterburner

Sinister : AfterburnerAlors que Savage or Grace montrait Sinister n’étant plus que l’ombre de lui-même, bourrinant sans âme durant trente minutes, le groupe crée pourtant la surprise en cette année 2006. Enterrant ses conflits internes et cédant à l’insistance de ses nombreux fans suppliant sa reformation, le gang hollandais remet en effet le couvert avec Afterburner, affichant une nouvelle détermination sans faille. Aad, batteur originel de la formation, s’empare alors du micro, en lieu et place de Rachel, tandis qu’Alex cède sa place de bassiste au profit de celle de guitariste, signant désormais l’ensemble des compositions.

A l’instar de Deicide avec le terrible Stench of Redemption, Sinister stoppe le martèlement vide et linéaire de ses deux précédentes réalisations, aérant et structurant considérablement son deathmetal, tout en gardant sa marque de fabrique immédiatement reconnaissable. En huit titres s’étendant sur 45 minutes, le quatuor hollandais prend alors le temps d’épaissir son style, bénéficiant d’une fougue et d’une inspiration enfin retrouvées.

Chaque morceau fait mouche, depuis l’excellent Men Down jusqu’au terrible éponyme Afterburner, imposant les riffs précis et meurtriers d’Alex, soutenus par les rythmiques puissantes de Paul, la toute dernière recrue. Sinister retrouve enfin ses vocaux au guttural d’une pureté exemplaire, grâce au chant profond et clair de Aad, laissant loin derrière les growls monocordes et étouffés de Rachel. Sublimé par la production d’Andy Classen aux Studios Excess (Krisiun, Gorefest), Afterburner dégage alors une puissance étonnante, regorgeant de subtilités, à l’image des ambiances écrasantes du monumental Presage Of The Mindless, et des acoustiques renversantes du mémorable Flesh Of The Servant.

Commercialisé par Nuclear Blast dans l’anonymat le plus complet, Afterburner rencontre un succès injustement limité. L’album représente pourtant l’un des efforts les plus marquants et les plus convaincants de Sinister depuis l’immémorial Cross the Styx ou le redoutable Hate, se recommandant à tous les fans de l’un des meilleurs groupes de death hollandais, à l’inspiration, la saveur, et la technique enfin retrouvées.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 2:00

20 février 2008

Sinister : Savage Or Grace

Sinister : Savage Or GraceBénéficiant d’un regain d’intérêt grâce à sa hurleuse Rachel, mais profitant également de la bonne santé du deathmetal, Sinister revient en mai 2003 chez Nuclearblast, après un bref passage au sein du label Hammerheart. Pourtant, la bonne forme apparente du quatuor néerlandais cache de nombreux désordres internes, à commencer par le départ de Bart, compositeur principal depuis Diabolical Summoning en 1993. Ron Van de Polder, géniteur du culte Cross the Styx, vient alors à la rescousse avec une tonne de riffs sous la main, assurant même l’intérim aux studios Excess, en enregistrant toutes les lignes de guitares, à l’exception des soli, effectués par Pascal Grevinga, toute dernière recrue du groupe.

Suite à une traditionnelle intro, Savage Or Grace délivre un deathmetal rapide et agressif, sur le jeu de Aad chargé en blasts et double grosse caisse, dans la veine de Creative Killings. Le retour de Ron laissait pourtant espérer une coloration Cross the Styx, mais malgré quelques ressemblances avec l’album culte, à l’image de Barbaric Order rappelant Epoch Of Denial, les riffs de Ron sont décidément moins tranchants que sur ses premières compositions.

Ainsi, Savage Or Grace défile vite, très vite, si bien qu’au bout de 30 minutes, hormis le bon Conception Of Sin et son acoustique judicieuse, l’auditeur n’a pratiquement rien retenu de son deathmetal linéaire. En considérant en plus sa production confuse et les growls monocordes de Rachel, n’ayant que l’originalité d’être issus d’une gorge féminine, la nouvelle galette de Sinister manque cruellement de profondeur.

Traversant une période difficile, Alex et ses comparses lâchent ainsi l’album le plus fade de leur discographie. Mais, bien que Savage Or Grace assure le strict minimum, il reste néanmoins un disque appréciable, parvenant brillamment à conserver le son et l’âme de Sinister, et comblant dès lors les plus mordus du style inimitable du combo hollandais.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 2:00

18 octobre 2007

Sinister : Aggressive Measures

Sinister : Aggressive MeasuresRetour en 1997. Mike Van Mastrigt, chanteur originel de Sinister, quitte le groupe peu après la sortie du EP Bastard Saints. Les hollandais le remplacent alors par Eric De Windt et complètent également leur line up avec l’arrivée d’Alex Paul à la basse. Le nouveau quatuor s’embarque alors aux studios Excess de Rotterdam en avril 1998, pour les sessions de son quatrième album. Aggressive Measures sort finalement en octobre chez Nuclear Blast, mais flanqué d’une illustration bien fade en regard des précédents joyaux de Wes Benscoter, malheureusement trop occupé pour livrer une illustration dans les temps.

Débutant par une intro traditionnelle, Aggressive Measures enchaîne sur un deathmetal brutal à la sauce Sinister, fait de parties rapides & blastées, contrées par des breaks percutants. La rythmique basse batterie du couple Aad / Alex est carrée et sert parfaitement la guitare de Bart, qui comme à son habitude, livre une déferlante de riffs techniques et aiguisés, à l’image du rapide Into The Forgotten ou de l’écrasant Blood Follows.

Mais, malgré ses titres de bonne facture, remarquablement mis en valeur par la production béton de Vincent Dijkers, Aggressive Measures ne dure au final que 30 minutes et possède un peu moins de force et de caractère que ses prédécesseurs. Les growls d’Eric sont certes brutaux et profonds et parfaitement exécutés restent en outre moins typés que ceux de Mike, qui personnalisait considérablement le deathmetal de Sinister.

Traversant la période la plus fade du deathmetal, mais également privés du charisme de Mike et proposant des titres fracassants mais sans grand surprise, les hollandais imposent difficilement leur quatrième album en cette année 1998. Pourtant, Aggressive Measures contient une qualité intrinsèque et une nervosité toujours remarquables, plaisant à coup sûr aux fans du death brutal et occulte de Sinister.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 2:00

16 octobre 2007

Sinister : Hate

Sinister : HateSéparé d’André Tolhuizen, les hollandais de Sinister entrent en janvier 1995 aux studios TNT sous forme de trio, pour les sessions de Hate, leur troisième effort. C’est alors Bart, arrivé depuis Diabolical Summoning et compositeur attitré, qui assure à la fois les guitares et la basse pendant l’enregistrement, entouré des membres d’origine Mike et Aad, à la voix et à la batterie. Fidèle au groupe, Nuclear Blast commercialise Hate en août 1995, accompagné d’une superbe illustration du talentueux Wes Benscoter.

Hate reprend la recette du précédent album, développant un death rapide et technique particulièrement dévastateur. Bart s’en sort brillamment à la guitare, conservant le jeu caractéristique de Ron et André, à l’origine de la marque typiquement Sinister. Ainsi, sur les martèlements rythmiques et les blasts millimétrés de Aad, Bart balance une rafale de riffs meurtriers, à l’image de l’excellent Embodiment Of Chaos et de son break parmi les plus incisifs jamais entendus. Enfin, sur des paroles occultes, Mike éructe ses growls profonds et typés, renforçant non seulement la violence de Hate, mais aussi la personnalité de Sinister.

Gravant des classiques comme Awaiting The Absu ou To Mega Therion, Hate est ainsi un manifeste de brutalité pure. L’album bénéficie de surcroît d’une très bonne production de Wolfgang Stach, qui dote les guitares d’un son agressif, apportant parallèlement une clarté et grande profondeur à l’ensemble.

Certes sans surprise par rapport à la dernière réalisation, Hate balance en revanche un death metal diablement percutant, formant aux côtés du culte Cross the Styx et du bon Diabolical Summoning, la trilogie incontournable de Sinister avec l’emblématique Mike au chant. Sa brutalité monolithique ne s’adresse par contre qu’aux plus bourrins d’entre vous !

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 2:00

15 octobre 2007

Sinister : Diabolical Summoning

Sinister fait partie des éternels seconds couteaux du death métal, ces groupes connus et respectés par les fans de musique brutale mais qui peinent à se faire réellement connaître. Et pourtant, ce groupe nous a pondu de véritables bombes (sans être des chef-d’oeuvre absolus) qu’il fait bon dépoussiérer un p’tit coup…

Les Pays-Bas nous ont fourni des groupes de death aussi variés que passionnants, comme Pestilence ou Asphyx, mais il ne faut surtout pas oublier Sinister qui, depuis sa première démo en 1990, a tout de même sorti sept albums, et ce malgré des problèmes de line-up permanents. Je m’étonne qu’à l’heure où je tape ces lignes, le “death métal maniac” Fabien n’ait toujours pas chroniqué l’intense premier album de Sinister, Cross the Styx paru en 1992 ! Comme je ne veux pas lui piquer son boulot, je m’attaque à leur second album sorti à peine un an plus tard, Diabolical Summoning.

Cette seconde réalisation se situe un cran au dessous en terme de qualité, mais il faut dire qu’après la claque monumentale reçue avec Cross the Styx, l’effet de surprise est moins fort ! Le style de death métal du groupe reste inchangé sur cette deuxième galette, un assemblage de parties lourdes et de blast, le tout bâti autour d’une imagerie très sombre et blasphématoire. Rien de bien original jusque-là me direz-vous ! Seulement Sinister compose sa musique de façon très personnelle, enchaînant rythmes plombés et blast fous-furieux sans intermèdes, nous prenant par surprise à chaque accélérations. Cette manière de saccader ses compos et de passer d’une extrémité à l’autre en terme de vitesse insuffle aux morceaux une énergie phénoménale. Par contre, le défaut de cet album est justement que Sinister use un peu trop de cet artifice, on frôle régulièrement l’indigestion en matière de changement de vitesse, d’autant que certaines compos sont parfois peu inspirées question riffs. A la longue, les blast finissent par se montrer poussifs, voir fatigants.

Fort heureusement, les bons titres font oublier les défauts de cet album. Et chez Sinister, quand une chanson est bonne… Comment vous dire ? Vous prenez un canon de flibustier, vous allumez la mèche et vous vous collez la tronche dedans, vous voyez à peu près ? Quelques exemples : la chanson-titre, Diabolical Summoning, est énorme, son riff lourd est magistral et sa construction en fait un classique. Leviathan, pour lequel le groupe tournera un clip, est hyper entraînant et son intro pesante est colossale. Desecrated Flesh est un titre légèrement différent, car il renferme des parties plus mélodiques. Ce morceau est en (très) léger décalage avec le reste de l’album mais se révèle tout aussi violent, et au final extrêmement réussi…

Les solos ne sont pas un ingrédient capital chez Sinister, ils sont peu nombreux et assez courts. Pourtant, le guitariste de l’époque est loin d’être manchot et on peut noter de bonnes parties inspirées, comme dans le court Tribes Of The Moon. Cette deuxième réalisation de Sinister est donc un très digne représentant du death métal. L’album suivant, Hate, loin d’être mauvais, nous présentera par contre des compos plus travaillées, moins directes, mais malheureusement (à mon goût), beaucoup trop longues.

De cette époque, seul un membre d’origine est encore présent dans Sinister, Aad. Celui-ci tenait auparavant les baguettes et officie à présent comme hurleur attitré. Leur dernière sortie en date, « Afturburner », nous a prouvé que la formation était bien loin d’être moribonde, c’est même pour moi la meilleure réalisation du groupe depuis l’excellent mcd Bastard Saints en 1996. Un grand groupe, teigneux comme une vermine !!!

Tonio (www.spirit-of-metal.com)

Diabolical Summoning est certes un cran en dessous de son prédécesseur. En fait, Ron, compositeur principal de Cross avait quitté le groupe et c’est Bart, une nouvelle recrue, qui avait assuré la majorité des compos. Ceci explique la différence de qualité entre les deux albums. Diabolical est tout de même très percutant, à l’image de Magnified Wrath que j’ai écouté en boucle en 1993. Et puis, il y a cette formidable pochette du dieu Wes Benscoter ! Fabien.

> - Les guests -, Sinister — fabien @ 4:00

3 juillet 2007

Sinister : Cross the Styx

Sinister : Cross the StyxPionnier du deathmetal en Hollande aux côtés de Pestilence, Thanatos, Asphyx ou Gorefest, Sinister se forme dès l’année 1988 autour du batteur Aad Kloosterwaard, du growler Mike von Mastrigt et du guitariste compositeur Ron van de Polder. Il faut en revanche attendre 1990/91 pour entendre les premières démos du groupe batave, dont les fameuses Perpetual Damnation & Sacramental Carnage, qui attirent inévitablement l’attention des labels. C’est finalement l’écurie allemande Nuclearblast, déjà détentrice dans son catalogue de formations comme Dismember ou Benediction, qui décroche le pompon en commercialisant le premier CD de la formation en juin 1992, suivant de quelques mois la parution de l’Imperial Doom des deathsters nord américains de Monstrosity.

Enregistré par les soins de Falk Gruber et d’Alex Krull, ce dernier étant le growler attitré du voisin Atrocity, Cross the Styx reprend principalement les titres des deux précédentes maquettes, lâchant un deathmetal dans les parfaites règles de l’art, mais empreint d’un riffing très typés de la part de Ron et d’Andre Tolhuizen, à la fois rapide, technique et percutant, qui forge immédiatement la marque de fabrique du quatuor hollandais. Sinister use également de parties blastées (une pratique encore peu développée à l’époque), qui s’opposent à des breaks aux guitares lourdes et accrocheuses, à l’image de terribles morceaux tels Spiritual Immolation ou Corridors To The Abyss, conférant ainsi un surcroit de brutalité et de relief à l’ensemble.

Particulièrement habile dans l’art de trouver le riff assassin, Sinister avance ainsi sans pitié, fracassant sans relâche à coups de Compulsory Resignation, Putrefying Remains ou Epoch of Denial. La force de Cross the Styx réside en outre dans la puissance du growler Mike, qui possède un timbre guttural hargneux et profond, s’accordant parfaitement avec la violence manifeste des compositions. Enfin, l’album bénéficie d’une production puissante, dotant les guitares d’un son à la fois clair et massif, pour une mise en valeur de ce côté très incisif.

Impitoyable sur l’ensemble de sa durée, renfermant par ailleurs une atmosphère dense, Cross the Styx s’extrait pourtant difficilement de la masse des nombreuses réalisations deathmetal de l’époque, laissant Sinister au rang d’outsider. Il faudra ainsi attendre quelques années, à l’instar du redoutable Imperial Doom de Monstrosity, pour que l’album acquiert définitivement ses lettres de noblesse et soit enfin considéré parmi les classiques de la scène deathmetal des premières années. Il reste à ce jour le disque le plus marquant de la longue carrière du quatuor néerlandais.

Fabien.

> - Les chroniques -, Sinister — admin @ 2:00

22 juin 2007