Anthropia : The Ereyn Chronicles Part I

November 9th, 2008 by admin

The Ereyn Chronicles Part IEn 2006, les progressistes niçois d’Anthropia publièrent leur premier album The Ereyn Chronicles – part 1 The Journey Of Beginnings » après avoir été signés par le label spécialisé du Metal Progressif Magna Carta.

À un album d’exception doit répondre un article d’exception, qui se voudra le plus complet possible.

Cet album de dix titres s’inscrit dans un concept purement Héroic Fantasy, sur un fond de quête et une histoire intégralement sortie de l’imagination ingénieuse de Quentin Borderie, mise ensuite en musique par le leader du groupe, Hugues Lefebvre, qui signe les paroles, ainsi que le chant principal, la guitare, les claviers ainsi que divers arrangements. Les autres membres sont Yann Mouhad à la guitare, Julien Negro à la basse, Damien Rainaud à la batterie, ainsi enfin d’autres personnes dont Marive-Eve Orango pour les chants féminins.

Cet album est conceptualisé en totalité, d’abord par une sobre mais intéressante cover illustrant un petit personnage confronté à un œil géant enfermé dans un palantir, sorte de pierre précieuse de voyance en forme de globe. Cette illustration nous rappelle à l’évidence la confrontation de Frodon à l’œil de Sauron dans l’adaptation cinématographique du chef d’œuvre de Tolkien qu’est le Seigneur des Anneaux.

De même, le récit imaginaire, d’ailleurs très bien résumé à l’intérieur du livret, alimentera les paroles et la musique qui s’inscriront dans cette ambiance épique, aventurière, riche de plusieurs péripéties.

Le récit nous conte l’histoire d’un jeune héros, Amryl, inexpérimenté, feu-follet, qui pour sauver son peuple du Royaume de Ereyn, en proie à l’invasion du royaume voisin Empyr, va connaître dans son périple maintes mésaventures pour trouver et consulter un Oracle dont nul ne sait où il se trouve. Il croisera nombres d’ennemis plus ou moins repoussants, comme un monstre mi-lion mi-serpent, une sorcière, des démons, des dragons. Il aura également des compagnons à l’instar de la Communauté de l’Anneau, avec un ami protecteur qui le sauvera plusieurs fois, des nains. Enfin, le récit de cette première partie se clôture sur l’errance d’Amryl dans un désert, dont on lui avait dit qu’il s’agissait d’un désert de pierres précieuses, mais se révélant être un réel désert.

Afin de raconter cette quête, Anthropia nous compose une musique progressive très riche, forte de beaucoup d’influences, notamment du Heavy Metal et du Speed Metal.

En effet, chaque morceau sera différent, unique, reflétant chacun une ambiance propre, comme un fragment de l’histoire, d’où qu’on parlera de dix chapitres.

L’album s’ouvre sur Welcome to Ereyn, qui nous introduit succinctement sur l’objet de la quête à savoir trouver l’Oracle.

L’ouverture est très déclarative, menée par des voix puissantes de type opéra.

Question of Honour est le titre dans lequel Amryl est sommé, intronisé pour accomplir la quête. Ainsi, la musique est ici variée, avec des passages accélérés évoquant l’urgence d’agir, puis de passages plus lents, torturés, pour signifier les interrogations du héros, qui va accepter de voyager dangereusement hors du royaume rural qu’il n’a jamais quitté.

Très speed, le style se rapproche de ceux des grosses cylindrées du Heavy-Progressif que sont SymphonyX, Dream Theater Helloween ou Angra, avec des guitares très appliquées parfois saturées secondées par une batterie très présentes, et des claviers irréprochables de profondeur. Le morceau se digère bien, et on en arrive au chapitre III.

Lords of a World nous en apprend plus sur la menace qui pèse sur Ereyn, soit les intimidations d’Empyr, et son chef, l’empereur Myrrac.

Après une ouverture mélodique magnifique à la Patrick Rondat, on tombe dans l’ambiance sombre de la guerre, avec des guitares plus agressives, plus chaotiques le tout sur un rythme tragique, pouvant rappeler quelque peu celui du titre The Eyes of Medusa de SymphonyX.

Through the Sleeping Seaweed est le morceau intégralement instrumental de l’album, s’attachant à la traversée en bateau par Amryl et ses compagnons d’un océan, épisode riche en histoires, avec la naissance de dissensions dans le groupe, l’attaque du frêle esquif par des dragons, et la perte de conscience d’Amryl en raison d’une algue toxique.

La musique y est encore une fois tortueuse, avec de magnifiques soli de guitares qui se calquent sur un rythme encore une fois infernal.

Forgotten est ensuite le tube de l’album, à la fois riche et crucial dans le déroulement du récit, et surtout un grand morceau de musique, le meilleur à mon goût de l’album. En effet, bien qu’étant drogué par l’algue, Amryl arrive au pays des Nains. Il y restera quelques mois, et apprendra les secrets de l’Argent auprès des Dieux du Feu. Puis il forgera une épée solide (sans doute une cousine à Narsil, l’épée dont Isildur se sert pour couper la main de Sauron pour prendre l’anneau unique dans le Seigneur des Anneaux) selon les traditions oubliées des forgeurs nains, d’où le titre Forgotten.

Après une intro acoustique suave et réconfortante, par laquelle on imagine le jeune héros vivant paisiblement avec les nains, à s’enhardir, à découvrir ce nouveau monde, on retombe dans la quête par un rythme sonnant très Heavy, au point de s’apparenter à un style repérable entre mille. Ce style, c’est celui de Megadeth, oui Megadeth, adopté sur l’album Youthanasia, et en l’espèce notamment sur le titre Train of Consequences. Non je n’ai pas bu, ici les notes et la rythmique y sont quasiment les mêmes du moins agrémenté du clavier bien sur, et ce morceau Heavy Speed se révèle fort en émotion. Loin de moi l’idée de parler de copiage, ce morceau est très fort en intensité, avec une grande variation des rythmes.

Lion Snake est un morceau très lourd à digérer, contant le combat de Amryl avec un monstre mi-lion, mi-serpent, qui, dans la musique est entrecoupé par des interventions de diverses voix, et de soli comme s’il en pleuvait.

Where the Secret Lies s’ouvre sur des soli fulgurants à la Patrick Rondat, inspirés par la musique classique, suivis de séquences diverses s’enchainant plus ou moins naturellement.

The Walk Among the Ruins est quant à lui un petit prélude d’une minute dans lequel nous sommes conditionnés par le récital dramatique d’une voix féminine et un clavier très cristallin.

In the Maze of a Nightmare est alors un gros morceau de neuf minutes d’un niveau relativement soutenu, pouvant rappeler divers groupes par moment comme Gamma Ray sur leur chef-d’œuvre No World Order, ou encore Kamelot sur Ghost Opera. L’ensemble est plutôt agréable même si les passages plus lents souffrent d’une liaison difficile avec les séquences rapides.

The Desert of Jewels est le dixième et dernier chapitre de l’album, long comme son prédécesseur, de dix minutes cette fois. Dans cette dernière brique à ce glorieux temple musical, on alterne encore une fois entre passages acoustiques, et passages speed, nous évoquant par moment des divinations que sont Edguy, Symphony X, voire un petit peu Marilion sur les passages lents, avec cette douce voix claire plus que déclarative. Ainsi, on termine l’album sur une petite ballade dans le désert, avec l’incertitude quant au sort du héros, livré à lui-même, perdu.

Peut-être ne le saurons-nous jamais, puisque la promesse inscrite dans le livret du disque d’une suite des chroniques d’Ereyn n’arrivera finalement pas dans l’immédiat. En effet, le second album de Anthropia, prévu en cette fin d’année 2008 se nommera The Chain Reaction et rompra avec l’histoire engagée ici, avec à la clé un changement radical de style, et aussi l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, soit la délicieuse Nathalie Olmi, la voix du groupe In Vitraux.

En conclusion, et en remerciant ceux qui auront eu la patience et la passion de lire ces lignes jusqu’à leur terme, voyons en cet album plus que correct une aventure épique et musicale, forte de nombreuses et variées influences, qui en font une bonne galette de Heavy-Progressif.

A découvrir. 16/20.

Cradle Of Filth : Godspeed On The Devil’s Thunder

October 15th, 2008 by admin

Godspeed On The Devil's ThunderDepuis quelques années déjà, les anglais de Cradle of Filth ne faisaient plus rêver grand monde, et semblaient condamnés à ne recevoir que rouleaux de papier toilette, cannettes, insultes et autres quolibets lors de leurs passages sur scène. Pourtant, voici sans doute l’album surprise de cet automne 2008, peut-être le meilleur de Cradle depuis leur tout premier que fut The Principle Of Evil Made Flesh (1994).

En effet, on retrouve les rythmiques et le style général qui ont fait les beaux jours du groupe, et les déceptions affichées sur les albums Nymphetamine et Thornography seront vite dissipées et les mauvaises langues coupées.

L’ambiance générale du disque est d’abord incarnée dans sa riche pochette, magnifique, où s’entrecroisent la religion, le bucher, le démon, puis un personnage aux personnalités multiples, des thèmes toutefois classiques dirons-nous. A noter que l’album nous conte l’histoire de Gilles de Rais, alias Barbe-Bleue, aristocrate francais déclaré et exécuté comme hérétique au cours du XVème siècle.

Conditionnés par une excellente introduction mélodique et dramatique dont le groupe s’est fait une spécialité, avec notamment ce son de clavier si inquiétant, on est heureux dès le second morceau Shall out Hell, de retrouver toute l’agressivité et l’énergie dégagées par le groupe à ces débuts, donc adieu Nymphetamine et comparses, ici il n’est point honteux de parler de Black Metal, épique, pur et dur, étiquette souvent refusée au groupe en raison des précédents albums jugés moyens, et du fait que par sa réussite commerciale, Cradle n’est pas un groupe underground.

Quasiment l’intégralité des morceaux seront d’une beauté absolue, tous soignés de A à Z. On notera beaucoup de monologues en guise d’introduction, comme un enchevêtrement de personnalités, apportant chacun le fragment d’une histoire. Dani Filth nous surprend par ce regain de violence dans sa voix, les autres nous servent un instrumental irréprochable, et ce glorieux ensemble est servi par une production ahurissante.

On avait rarement connu cradle aussi convaincant dans ses compositions, les mélodies de clavier et de guitare étant d’une réelle fraicheur.

Parmi les très grands moments on notera les déjà cultes The death of love, le titre éponyme Godspeed on the Devil’s thunder, Tragic Kingdom, Ten Leagues beneath contempt, ou encore les très bons morceaux instrumentaux que sont Tiffauges et Corpseflower. Les excellentes guitares, un jeu de batterie soutenu, la voix métamorphosable de Dani Filth, tantôt basse tantôt aigue et torturée, et le célèbre clavier sont ainsi les grandes composantes habituelles.

Il demeure difficile d’isoler dans cet album le moins bon, car chaque morceau semble ici indispensable. Cradle of filth aura attendu quatorze longues années pour mettre au monde un digne descendant de The Principle Of Evil Made Flesh. L’ensemble reste un album de Cradle, avec tous ses éléments habituels au rendez-vous, mais il est probable cette fois que même les plus réticents au Black Metal symphonique soient agréablement surpris, voire séduits.

Bluffant.

18/20

Bruce Dickinson : Accident of Birth

September 13th, 2008 by admin

Accident of BirthNous sommes en présence d’un album spécial, car cet Accident of Birth est l’histoire d’une aventure musicale, et d’un aventurier :

L’incroyable Bruce Dickinson, chanteur émérite de la vierge de fer, pilote d’avion, champion d’escrime, écrivain, passionné d’art, de poésie et de philosophie, réalise en cette année 1997 son troisième album solo. Comme pour le précédent Balls to Picasso au succès toutefois limité, Roy Z, en provenance du groupe californien Tribe Of Gypsies, officiera au poste de guitariste et produira du reste l’album.

Ensuite, le guitariste soliste n’est autre que le ressuscité Adrian Smith, débarqué du cargo Maiden en 1989, et qui depuis n’arrivait plus à percer avec ses projets personnels.

Eddie Casillas à la basse et David Ingraham à la batterie viennent compléter le casting de cet album placé sous le sigle de la Naissance, de l’Enfance, et de la Mort naturellement (soyez rassurés).

On est déjà très excités au premier regard sur la pochette signée de Derek Riggs, à qui l’on doit les illustrations de Iron Maiden, Gamma Ray, Stratovarius, Steve « O », Stranglehold et autres …

Outre la couleur dominante qui est le rouge, le dessin met en scène un clown monstrueux et psychopathe façon « Joker » qui perfore de l’intérieur le ventre d’un malheureux, à la manière d’un Alien s’échappant de son hôte dans la quadrilogie à succès. En tout cas, c’est ce à quoi on assiste sur la pochette originelle, car la pochette de la version 2003 du disque est différente. Un petit clin d’œil externe est amusant : En effet, un drapeau de l’Union Jack (Royaume-Uni) fait office de pantalon pour le clown, puis surtout son bonnet de « bouffon » est aux couleurs du drapeau français. Peut-être est-ce une coïncidence laissée par le graphiste de l’album, ou bien peut-être est-ce un hommage indirect voulu par Dickinson, qui est très attaché aux fans français, et à la France en général, au point de parler la langue de Molières aussi bien voire mieux que certains français eux-mêmes (en concert, c’est bluffant).

Enfin, pour finir ce petit tour de la pochette de l’album, on remarquera un autre clin d’œil évident, soit l’ombre de la silhouette de la Mort avec sa faux sur la droite du dessin. Etrange, ceci rappelle un détail de l’illustration d’un légendaire single de Iron Maiden datant de 1983 … Etrange.

Rapprochons-nous de la musique. Pour replacer l’album dans son contexte, notons :

_ que le précédent Balls to Picasso avaient eu un succès très mitigé.

_ que en 1996 l’ancien groupe de Dickinson (Maiden) avait placé une barre assez haut avec son X Factor.

_ que la même année, le précédent projet de Dickinson avec Roy Z nommé affreusement Skunkworks avait lamentablement échoué, et avec au final un succès encore plus maigre que pour Balls to Picasso.

Donc, pour Bruce, le temps était enfin venu de démontrer son talent en solo au monde ; bien qu’un peu dans l’ombre de la vierge de fer, il devait à tout prix renouer avec le succès, car un troisième échec commercial pourrait le condamner à l’oubli (concernant sa carrière solo en tout cas). Le retour de Smith est également là pour donner un coup de pouce, d’autant que des fans de la Vierge seront probablement attirés par ces retrouvailles entre deux enfants terribles du Heavy Metal, les deux vilains petits canards qui avaient quitté Maiden.

L’album s’ouvre sur – déjà – un premier tube, à savoir FREAK. Dès les premières notes lourdes et épaisses de guitare, on nage entre Rock et Heavy Metal pur, avec un groove parfait. Groove parfait car les mélodies et notamment le riff dantesque font de Freak une tuerie d’entrée. Pour le chant Dickinson assure, et on se prend naturellement à chanter ce riff mémorable avec lui : « Who leads you to the dark secret ».

TOLTEC 7 ARRIVAL rompt volontairement le rythme pendant quarante secondes d’instrumental familial, avec un peu de guitare, un peu de mellatron (sorte d’instrument mi piano mi accordéon à la Jean-Michel Jarre pour simplifier) et la petite voix de Bruce qui nous conte une courte histoire nous invitant à la réflexion et au recueillement, où le thème de l’enfance est roi. Il demande ainsi à « sa mère de le bénir parce qu’il a pêché ». Qu’il soit pardonné pour ce qui fût et ce qui suit.

Ce petit récital terminé, on enchaine avec une autre chanson sur l’enfance, STARCHILDREN. Comme pour FREAK, le niveau est très élevé. Les guitares sonnent lourdes et le tempo reste toujours aussi agréable.

TAKING THE QUEEN ralentit de nouveau le rythme, du moins en partie, avec notamment une longue et chaleureuse intro à la guitare électro-acoustique forte de nombreuses variations et d’effets. La seconde partie est plus électrifiée au niveau du son, même si le tempo reste très coulé, très détendu, très baladeur. On se détend à vrai dire, comme sur une croisière.

En revanche, sur DARKSIDE OF THE AQUARIUS, après une belle intro mélodique, on retrouve ce précédent son, qui s’inscrit dans un rock agressif, oldschool, percutant, et les guitares y sont encore une fois accrocheuses.

Avec ROAD TO HELL, on fait un petit voyage dans le temps, car la guitare de Smith rappelle aussitôt le style de la vierge de fer. Bruce se retrouve en terrain connu et nous chante sur un rythme assez familier. La chanson dispose d’un groove impeccable, car les couplets mi-endiablés débouchent sur un riff assez émouvant et la mélodie est naturellement mémorisable tant c’est merveilleusement bien exécuté. Les ponts sont réussis eux aussi, et Adrian Smith nous sert même un solo typique des dizaines qu’il a pu composer pour Iron Maiden.

MAN OF SORROWS, malgré qu’elle demeure une des plus douces est sans nul doute le tube de cet album. On s’écarte en effet un peu du monde du Metal pour une magnifique et émouvante chanson, dans laquelle Bruce est seul, dans un style épique, face au Monde. Magnifique le piano joué par Roy Z, de même que ce solo d’Anthologie joué par Smith. Ce solo, pas des plus longs non plus, mériterait de figurer au panthéon des plus beaux solos de toute l’histoire de la musique. Assurément, car cette belle mélodie respecte tous les codes de la bonne Musique et qui plus est, est très imagée. La chanson justement traite encore une fois de thèmes chers à Bruce sur cet album, comme l’enfance, la religion également.

Accident of Birth, comme FREAK ou le tout frais MAN OF SORROWS est l’un des grands moments de l’album. Toujours cette rythmique rapide ; s’y ajoutent des arpèges bien trouvés de Roy Z, et des soli superbes après le refrain, légendaire également.

La chanson a des attraits de tragédie, en touchant de manière assez gore au thème de la naissance, les paroles du refrain faisant effectivement référence à un accident de naissance, soit une tragédie à l’accouchement, un enfant mort-né.

THE MAGICIAN dégivre notre sang avec un état d’esprit résolument plus joyeux, plus positif, plus déclaratif. Peu de folies ici, mais cette tournerie autour des pouvoirs de magicien se digère très bien.

WELCOME TO THE PIT (« bienvenue dans la fosse/faille »), nous replonge quelque peu dans cet état d’esprit très GARAGE ROCK, mi-morbide mi-joyeux. Notons un beau refrain bien exécuté et un joli solo de Smith dans la deuxième partie.

OMEGA est une chanson dans la trempe de TAKING THE QUEEN, où on alterne entre passages doux en acoustique et séquences rock bon enfant, sans grandes folies, mais le tout bien exécuté. Il convient encore de signaler un solo très « amoureux » de Smith, et la voix de Bruce, qui de manière générale, comme dans tous les autres morceaux colle parfaitement à la musique.

L’album se termine en roue libre sur ARC OF SPACE, une magnifique ballade très douce à la guitare acoustique, sonnant folk par moments, et avec quelques influences hispaniques sur d’autres. Tout cela ajouté à la voix langoureuse de Bruce et un petit synthé ambiant agréable, on termine en douceur ce violent (dans les mots) Accident of Birth. Ainsi, la morale de ce disque est que Bruce Dickinson, avant d’être un chanteur de Heavy Metal est un chanteur tout simplement, et sait nous émouvoir comme sur MAN OF SORROWS pour exemple.

Bien avant la bombe que sera l’album suivant The Chemical Wedding en 1998, Accident of Birth reste donc un album réussi, avec ses quelques tubes comme FREAK, STARCHILDREN, ROAD TO HELL, MAN OF SORROWS ou Accident of Birth justement, où on nous sert une musique de qualité qui oscille entre le Rock et le Heavy.

C’est un album original, varié, bien mené, susceptible de surprendre, et qui sans pouvoir prétendre à une place dans le hall of frame du Metal mérite cependant un hommage ; et enfin il me fallait un album d’exception pour mon vingt-septième article qui me tient à cœur en raison de la place et de l’histoire qu’occupe ce nombre spécial chez moi.

15/20.

Primus : Brown Album

September 7th, 2008 by admin

Brown AlbumEn 1996, Tim « Herb’ » Alexander, batteur historique et fétiche de Primus décida de quitter le groupe pour raisons professionnelles. En réalité on se demande si ce départ ne s’explique pas par des divergences musicales, car l’album Tales from the Punchbowl malgré une qualité musicale confirmée n’avait pas rencontré le même succès que le fameux Sailing The Seas of Cheese. Ainsi avec le Brown Album se tourne une page de Primus, à noter ce clin d’?il évident à la galette qu’est le Black Album de Metallica, sorti en 1991.

Ainsi arrivera le batteur Bryan « brain » Mantia pour remplacer Herb’.

Bien qu’il soit difficile sinon impossible de savoir à quoi aurait ressemblé ce cinquième opus si Herb’ était resté, on se rendra compte assez vite que la musique de Primus a pris un tournant au cours de ce Brown Album, et que les divergences musicales entre « Herb’ » et Claypool (leader naturel et charismatique du groupe) forment bien un facteur probable du départ du concerné. En effet, cet album nous servira quelques morceaux incontournables réunissant les ingrédients habituels de Primus, et d’autres qui innovent un peu avec une réussite plus ou moins évidente. D’avance donc, il n’est point scandaleux de parler ici d’un album moyen pour Primus.

Le morceau introductif The return of Sathington Willoughby est typiquement primussien, avec un tempo lent, une basse alarmante et lourde, une guitare stridente, et une ambiance de foule, de live sur le fond comme ce fut le cas pour l’intro de l’album Tales from the Punchbowl. On notera aussi les sonorités tribales sortant de l’instrument magique de Les Claypool. L’ensemble se veut angoissant pesant. Ce morceau quant à la voix de Claypool nous conditionne un peu comme sur l’intro de Blackmail The Universe sur l’album The System has Failed de Megadeth.

Fisticuffs commence sur un rythme bon enfant de Claypool à la basse avec une sonorité normale (pour une fois). Comme pour le précédent titre, la rythmique est vraiment ralentie, lancinante. On notera cette tranquilité dans la composition au niveau de la batterie, qui nous joue du très classique, avec des structures un peu jazzy, avec peu de variations dans le tempo.

La guitare de Lalonde sonne encore stridente, et ses interventions sont que trop rares. Même la voix de Claypool nous déçoit sur ce morceau, car celle-ci est une forme de complainte sans profondeur, et le chant varie peu, garde le même ton plaintif et descriptif tout le long.

Heureusement, Golden Boy rompt un peu l’ennui, avec une ballade primussienne retrouvée, avec une basse sonnant très metallique, plus d’entrain pour le chant, une guitare qui varie plus son jeu et surtout accompagne la basse à part entière. La batterie cependant est encore trop discrète. On commence déjà à regretter les combos ingénieux et aux sonorités variées de Tim Alexander, car Bryan Mantia semble vouloir juste suivre les deux autres. Il se lâche rarement, il n’arrive pas à nous sortir des séquences herbiennes, ses rythmes restant carrés mais peu originaux. C’est là qu’on ressent la mainmise de Claypool sur le groupe et les compositions plus forte que par le passé car Lalonde et « Brain » ont peu d’occasions de se mettre véritablement en valeur, et ne peuvent seulement que le suivre.

Claypool dirige donc jusque là, mais lui-même manque pour le moment d’ingéniosité, car il nous sert du réchauffé, on n’a pas encore noté de véritable folie musicale dans la basse ou dans ses lignes de chant.

Over the Falls nous rassure un peu, avec une ballade semi-alternative (rock) et semi-country (au niveau du son). Hélàs, la rythmique pêche un peu, car ce morceau est encore une fois trop calme pour être du primus, et il en ressort peu d’ingéniosité dans les mélodies, peu de variations. L’ensemble groove un peu, mais tout ceci reste très banal. Primus aurait-il perdu son identité avec le départ d’Alexander ? Peut-être, car malgré l’énorme de travail de la locomotive Claypool au chant et à la basse évidemment dans le groupe, on peut quand même estimer que le jeu si particulier de Herb’ donnait de la profondeur aux compositions de Primus par le passé. Il variait énormément les rythmes, pouvaient opérer des transitions à lui tout seul alors que la guitare et la basse s’étaient tues. Honnêtement les mesures de « Brain » Mantia sont pointues et formidables de précision, mais elles restent trop classiques pour du primus, et ne permettent pas d’enflammer les chansons. Peut-être est-ce là un début d’explication des débuts poussifs de ce disque, dans lequel à cet instant de l’écoute, Primus nous la joue petits-bras.

Heureusement arrive une des réjouissances du Brown Album avec Shake Hands With Beef.

Le tempo est un peu plus rapide et surtout la slapping-touch de Claypool revient pour notre plus grand plaisir. Et elle est énergique ! La mélodie formée est vraiment jouissive. Le son est très lourd, très rock. Oui très rock, car à une ou deux notes près dans la même gamme, et avec un tempo quasiment identique, on croirait entendre ce tube que fut en 1982 « I Love Rock’ N’Roll » de la délicieuse Joan Jett !!!

On va retrouver encore plus de réjouissance sur le TUBE du Brown Album, à savoir le génial Camelback Cinema !

La batterie ressuscite d’un coup, démarre tambours battants, et la mélodie, à la fois très rock, et très incisive, qui suit sera culte à jamais. Dès le premier écoute, on aimera ce morceau, aussi grâce à au ton si particulier de Claypool au moment de répéter les mots du titre. Du très grand, c’est surement là la nouveauté de Primus : on nage dans un rock très prenant, très lourd, et rarement les trois malades de San Francisco ne nous avait composé un morceau aussi démentiel !

Après cette grande surprise, Hats off est un petit interlude mi-country mi-rock de deux minutes. Derrière ce court morceau, on ressent encore ce nouveau son, ceT état d’esprit de Primus agréablement nouveau.

Avec Puddin’Taine, Primus nous ouvre définitivement la voie au rock alternatif. Dans le style on se rapproche assez du groupe Electric Six, avec des mélodies très percutantes, puis un débit rapide et ton décalé dans le chant.

Bob’s party time lounge est une chanson en demi-teinte, très progressive, dont la seconde partie reste la meilleure partie, où pour le coup Lalonde nous envoie enfin un solo de rocker digne de ce nom. La première partie en effet proposait des couplets d’une lenteur lassante, et d’un rythme peu inspiré.

Duchess and the Proverbial Mind Spread, est un morceau au tempo ralenti, mais qui reste entrainante, et surtout est très riche. Dans l’instrumental, on notera quelques influences reggae sur la rythmique de la guitare, un peu de funk maquillé dans la basse de Claypool. Pour le coup, c’est un condensé de plaisir pour les musiciens, malgré une batterie peu initiative.

Cependant, elle a un peu plus d’entrain sur Restin’ Bones, avec un rythme sympa qui sera tenu quasiment toute la chanson. Par-dessus, Claypool appose une bonne ligne psychédélique de basse. Hélàs, malgré une grande maitrise, on ne peut que déplorer ce tempo très lent déjà présent sur plusieurs chansons précédentes et celles-ci maintenant.

On oublie, car Coddington est une merveille, avec une plongée dans un rock rythmé, avec quelques attraits de punk, notamment dans la batterie qui se réveille enfin un peu. La chanson est rebelle à souhait, la rythmique est d’enfer, et Claypool nous déverse ses bons mots dans la gueule. Tout çà est classique, rien de nouveau, d’autres groupes classés punk ont déjà exploré ce type de musique, mais bon sang, que çà fait du bien cette énergie dépensée.

Kalamazoo est une chanson dans les cordes de Puddin’Taine. Un bon rythme, mais il y a toujours ce je-ne-sais quoi dans le tempo qui nous empêche de nous lâcher et de sauter au plafond, de vivre des moments démentiels comme sur des tubes comme Is It Luck ou Tommy The Cat sur Sailing the Seas of Cheese. Pour le coup, le futur Antipop aura le mérite de garder ce nouveau son résolument plus rock, toutefois en nous offrant de nombreux passages entrainants voire délirants. Ainsi, Brown Album peut exactement être qualifié d’album de transition, c’est indéniable, avec du primus old-school qui ennui u n peu, et du new-school qui captive sur certaines séquences. Malgré toutes ces imperfections, on se souviendra quand même du potentiel qu’a le groupe avec ce nouveau son.

The Chastising of Renegade est encore un album riche instrumentalement avec ces famaux passages proches du reggae. Une rythmique un peu plus développée, avec un refrain jouissif pour le coup. On y retrouve en effet un peu plus de folie qu’avant, et c’est le signe que le groupe commence à s’imprégner du nouveau son et à se faire plaisir. Même la batterie arrive un peu à sortir son épingle du jeu. Puis pour finir, la guitare nous sert de bons solos.

Arnie, très instrumental qui clôt ce moyen Brown Album présente un maigre intérêt en ce qu’il n’apporte rien de nouveau. Il fallait juste finir l’album, alors micro-libre pour les instruments qui ne font qu’un simple training, limite une petite improvisation entre musiciens épicuriens confirmés.

Bref on s’en fiche, venons-en aux grands enseignements de ce Brown Album :

Il a permis de démontrer que le style qui perdurait chez Primus depuis ses débuts a montré cette fois ses limites. Le filon est épuisé.

Il fallait donc évoluer. Ce nouveau son résolument plus rock mis au jour devrait relancer le groupe, mais encore faut-il bien savoir s’en servir, car tout ce potentiel n’est pas suffisamment consommé, utilisé, et du coup, ce son de tuerie se retrouve enfermé dans des compos plutôt plates, trop soft. Grosse frustration, car quand on devrait logiquement accélérer, transcender la musique, on fait machine arrière et on temporise.

Il n’en demeure pas moins que des morceaux comme Shake Hands with Beef et Camelback Cinema sont de véritables tubes, et laissent envisager un futur proche reluisant pour le groupe.

Le très bon Antipop nous donnera raison. Dans l’immédiat, cet album de transition mérite au moins un 12/20.

Saxon : Unleash The Beast

September 5th, 2008 by admin

Unleash The BeastAprès un album raté que fut Destiny en 1988, Saxon avait retrouvé quelque peu le succès avec les albums Solid Ball Of Rock, Forever Free et Dogs Of War, dont la principale caractéristique fut la rupture avec le son que l’on connaissait depuis les années 70, immortalisé par des tubes comme 747, Denim And Leather, Wheels of Steel bien sur, Princess Of The Night ou encore The Crusader et autres galettes mémorables.

En effet, il était temps de couper le cordon avec les seventies, Saxon devait évoluer avec son époque, et l’échec de Destiny, jugé plus commercial, plus facile, moins inspiré leur servit d’avertissement.

Pour ne pas disparaitre de la circulation, Saxon avait sérieusement musclé son jeu, pour se rapprocher d’un son heavy plus viril, typique des années 90 et du Heavy Metal allemand. En effet, les cinq musiciens de Saxon avaient fait le choix d’enregistrer leurs opus en Allemagne, et s’étaient fortement inspiré de ce son allemand, qui allie rythme et puissance.

Bien que ce son fût adopté par Saxon en 1990 sur Solid Ball Of Rock, le véritable album du retour de Saxon sera indéniablement Unleash The Beast en 1997, avec une nouvelle évolution décisive du son. Celui-ci s’inscrit toujours dans la mouvance de l’école germanique, mais cette fois l’ensemble est encore plus musclé et surtout plus sombre.

Ceci va redonner une nouvelle jeunesse au groupe avec des compositions plus modernes. De plus, on notera un appel au public allemand avec une couverture d’album monstrueuse montrant une créature mi-gargouille mi-démon prête à prendre son envol depuis le haut d’un édifice au style gothique. Une telle illustration rappelle quelque peu celles de Edguy ou Motörhead, très populaires, pour ne pas dire glorifiés par le public allemand. De toutes les couvertures d’album de Saxon, on n’avait jamais fait aussi sombre et effrayant, et celle-ci est particulièrement révélatrice de l’ambiance qui va perdurer durant tout cet album.

L’introduction nommée Gothic Dreams est exactement l’expression musicale de cette couverture et également du dessin au verso du boitier du disque, avec un heavy metal mis de coté au profit d’un instrumental angoissant, servi par des bruitages d’une autre dimension, d’un clavier très gothique, et dans le fond un chœur, le tout laissant présager une menace qui grandit et qui se rapproche.

D’ailleurs, en fermant les yeux, puis en se remémorant les deux images citées pendant l’écoute de cette intro, on se recrée sois-même cette ambiance. On imagine un autre monde, type héroic-fantasy, avec une faune et des paysages qui ne sont pas du nôtre, une tour au style gothique très haute, au bord d’un précipice effrayant de raideur pouvant nous rappeler la Tour d’Ivoire de l’Histoire Sans Fin, et tout en haut de celle-ci une bête démoniaque et sanguinaire qui attend son heure, que le soleil se couche.

Puis la bête est lâchée et se déchaine sur le titre éponyme de l’album qui nous crucifie dès les premières notes, avec ce son incroyable de puissance. Un rythme entrainant, et la voix de Biff Byford convient parfaitement au ton de la chanson. En fait, on se dit qu’il est né pour ce style, et sa performance est peut-être encore plus étincelante, plus remarquée que sur les vieilles chansons des 70’s. Tout y est, un refrain magique, une rythmique d’enfer, et aussi un solo magistralement interprété. Cela faisait bien longtemps que Saxon ne nous avait pas bougé comme çà.

Terminal Velocity s’inscrit dans cette belle dynamique cumulant tous ces ingrédients. De plus, le thème de la chanson, à savoir la vitesse atteinte en chute libre avant l’ouverture d’un parachute est porteur pour du heavy metal. Le titre reprend celui d’un film d’action-aventures (pas terrible) de 1994 avec Charlie Sheen et Natassja Kinski.

Bref, pour en revenir à la musique, c’est très bon une fois encore, avec un rythme qui ne faiblit pas, des guitares jouissives, notamment quand elles sonnent dans les aigus sur les solos.

Circle of Light ralentit un peu le rythme, mais on ne sort pas de cette ambiance sombre et pesante, avec de magnifiques mélodies de guitare, et aussi la voix inquiétante sur les couplets et émouvante sur les refrains de Biff Byford.

The Thin Red Line (« la ligne rouge ») emprunte son titre aux films de guerre du même nom de 1964 et du réussi remake (toutefois inondé de visages trop connus dans le casting) de 1998. Les paroles content le mode de vie des soldats (anglais !) pendant la seconde guerre mondiale, les raisons de leur engagement et aussi la terrible fatalité de nombre d’entre eux.

Une chanson émouvante, et magnifiquement interprétée. Saxon continue de nous surprendre dans cet album. La chanson se termine par un petit chant de patrouille des soldats.

Ministry Of Fools (« ministère des imbéciles ») part en guerre contre les discours politiques et les promesses non tenues. Tout ce message de contestation passe comme une lettre à la boîte grâce à un bel instrumental et la voix de Byford. Un énième tube sur cet album assurément, avec ce si beau refrain, plein d’émotion et teintée d’exaspération sur la Politique.

The Preacher est une chanson très sombre, débutant avec un orgue nous évoquant la religion, et dont les paroles semblent s’orienter sur le thème de la pédophilie (et notamment dans le refrain « let the preacher lay its hand on you »).

Puis Bloodletter nous ramène de force dans l’ambiance de l’album, avec un rythme infernal et des paroles touchant au monde de l’épouvante avec les vampires. Chanson captivante malgré un refrain un peu abstrait.

Cut Out The Disease est aussi un grand morceau du disque grâce à un rythme tourmenté, triste, sombre à souhait. On est susceptible d’aimer dès le premier écoute avec ce refrain culte : « Cut of the disease , the lies and deceipt ».

Absent Friends est le moment de recueillement en acoustique du disque, en la mémoire d’un certain John Jones et de son épouse Carole, des amis du groupe disparus pendant la composition de l’album. La musique de qualité rend encore plus beau cet hommage.

L’album se termine par un bon All Hell Breaking Loose, qui toutefois ne rivalise pas avec tous les autres tubes de l’album. La rythmique est bien là, avec une grande débauche d’énergie. Certains accords de guitare pendant les couplets nous rappellent le son du Saxon des 70’s, difficile à décrire, mais qu’on a appelé pour simplifier le fameux « red noise ». Mais ce rythme est plus difficile à digérer que les précédents car offre peu de variations, malgré encore une fois un solo très inspiré dans le milieu de la chanson.

Un grand album de Saxon, l’album new-school de Saxon à écouter pour ceux qui connaitraient peu sinon pas du tout ce grand groupe. Les titres oldschool restent légendaires, mais cet album nouvelle génération est un must, et à titre personnel ce fut un album qui m’eut beaucoup marqué par sa fraicheur, son énergie, et son ambiance gothique par son concept à vrai-dire aussi, alors que je n’avais que douze ans en 1999.

Voilà aussi pourquoi j’ai choisi cet album très spécial pour mon vingtième article, et j’invite les puristes de Heavy Metal à découvrir ou redécouvrir cette merveille d’un des plus grands mythes de la New Wave Of British Heavy Metal aux cotés de Iron Maiden, Judas Priest et Def Leppard.

18/20.

Lyr Drowning : Orchestral March

September 5th, 2008 by admin

Orchestral MarchLyr Drowning est un groupe parisien crée en 2002 par Goulven Jeffroy (chant et guitare) et Manu Rousseau, jouant une musique qui se veut non seulement agressive mais aussi mélodique, la rendant ainsi variée, émouvante, majestueuse, épique.

Sort ainsi ce maxi-cd Orchestral March en 2004, avec en plus des deux musiciens précités le bassiste Sébastien Vitry, et un autre guitariste prénommé Olivier. À noter sur la composition de cet EP l’absence de batteur, et que le groupe a eu recours à une boite à rythmes. C’est bluffant, car celle-ci est à peine perceptible.

Orchestral March to the dark way commence sous les meilleurs auspices ; après une introduction suave très progressive à la guitare électro-acoustique, la voix très coulée de Goulven le chanteur et le clavier de Manu viennent ajouter toute la tendresse à cette première partie. La deuxième partie, elle est déjà plus branchée sur le Black Metal, forcément plus agressive, avec une guitare rapide et plus obscure. La troisième partie est une reprise de la première avec toute la tendresse qu’on lui avait trouvé, sauf qu’elle se clôt avec une petite séquence de clavier et quelques arpèges supplémentaires de guitare, le tout pour rajouter un peu d’émotion plus qu’il n’y en avait déjà.

Dementia and distant horizons s’inscrit purement dans un Black Death très mélodique avec un son de guitare proche de celui de Anathema. Le clavier y est notamment très limpide avec un son quasi cristallin, féérique. La chanson est également marquée par des rythmes favorables à la voix plaintive du chanteur. On retrouve aussi quelques passages acoustiques au milieu de la chanson, dans les mêmes cordes que l’intro et la fin du Orchestral March précédent.

To Rain est incontestablement le tube de ce MCD, avec pour commencer une mélodie émouvante dans un style épique mémorisable dès le premier écoute. Un passage plus lent en acoustique, puis un retour de cette belle mélodie sortant des guitares saturées de Goulven et Olivier. Un pont très ambiant opère la transition au milieu de la chanson avec une séquence très sombre dans laquelle la basse de Sébastien et aussi le clavier se mettent un peu dans la lumière. Puis jusqu’à la fin, on se cale sur cette mélodie déjà culte, et des variations de chant et de clavier viennent se fixer dessus. Le plus beau titre. Maintenant quand il pleut il m’arrive même d’avoir cette chanson en tête tant elle convient pour décrire l’ambiance de la pluie, tantôt délicate, fine, tantôt agressive, orageuse.

Lycanthropia enchaine naturellement sur une mélodie du même modèle, dans la même gamme, jouissive elle aussi, toutefois encore plus rythmée. Ceci n’est pas un exemple de violence, mais il faut avouer que c’est une belle musique à l’instrumental mature et soigné. Encore une fois, on ressent des inspirations en provenance de groupes tels Anathema, Dimmu Borgir. Comme sur le précédent titre, de belles variations de rythmes sont à noter, ainsi qu’un timbre de voix du chanteur dont on ne se lasse pas. On pourrait qualifier le tout de Black-death-mélodique-progressif, tant cette musique recèle de richesses.

Signalons la présence d’un solo de clavier à la Vangelis au milieu de tout çà, avec des notes percutantes.

Sans transition, on est lancé sur le dernier morceau de cet EP prometteur, à savoir Ecstasy Through Hysteria qui cette fois fait dans un style plus incisif, plus agressif. Le son fait Thrash Metal, c’est logique quand on y pense, car le groupe a commencé avec des compos très Thrash. On devine dans cette mélodie des influences évidentes de Metallica, par le son de guitare et aussi le rythme très rebelle de la batterie. On devine aussi dans les parties qui suivent des influences de groupes progressifs comme DreamTheater, avec un clavier parfait qui joue en écho, une guitare très énergique. Mais la comparaison s’arrête là, car Goulven le chanteur n’a pas une voix exécrable à la James LaBrie. Cette comparaison douteuse à ce chanteur trop clair serait une insulte, car la voix de Goulven s’inscrit évidemment dans le Black Metal. Toutes ces variations sont là pour nous perdre, brouiller les pistes et nous rendre hystériques à chaque nouveau son, d’où peut-être un début d’explication du titre. Les thèmes d’hystérie et d’ecstasy ne pouvaient pas se percuter l’un et l’autre au cours d’une même chanson aussi simplement, d’où la composition d’une musique très progressive, avec plusieurs parties différentes dans la structure.

Bref, ce maxi-cd se termine aussi bien qu’il a commencé, avec un morceau où les quatre se font plaisir, et nous font plaisir, car il est inutile de tergiverser plus longtemps, le verdict sera sans appel : ce disque est une merveille pour les oreilles, il est difficile d’isoler un titre décevant. Ces cinq morceaux forment un glorieux ensemble, comme les cinq doigts d’une main. Ils sont tous indispensables pour comprendre toutes les subtilités, apprécier toutes les richesses de la musique de Lyr Drowning, avec toutefois une prépondérance sérieuse pour le « must » de ce disque qu’est To Rain.

17/20.

Trust (FRA) : Live

September 5th, 2008 by admin

Trust (FRA) : LiveOn ne les présente plus, Trust est l’une des figures marquantes du heavy metal francais. 1980 est une année spéciale, de par d’abord l’album référence de Trust à savoir “Répression” qui renferme nombre de tubes dont le célèbre Antisocial. Une grande année aussi par la tournée monstrueuse dans toute la France qui a suivi cet album. Douze ans plus tard sort cet album Live nous proposant un track-list de qualité avec onze tubes de 1977 à 1980, et deux surprises.

Aucun tube n’est oublié, avec ces must que furent Darquier de Pellepoix, Police-milice, Préfabriqués, Le Matteur, Antisocial bien-sur, et d’autres. Notons la reprise de deux chansons de AC/DC que sont Problem Child et Live Wire.

En effet, c’est une manière pour Trust de rendre hommage à Bon Scott alias « dynamite », chanteur de AC/DC, décédé tragiquement dans les circonstances qu’on connait (enfin, rien n’est sur !) le 19 Février 1980, soit avant le début de la fameuse tournée.

Pour le reste les morceaux sont bien interprétés, le son demeure assez bon.

Un bon Live pour les puristes des débuts de Trust, les meilleures chansons à vrai dire, mais toutefois à réserver aux inconditionnels de Trust.

14/20.

Primus : Sailing the Seas of Cheese

September 4th, 2008 by admin

Sailing the Seas of CheeseC’est en 1991 que Primus, pas encore connu au delà des frontières américaines sortit ce chef-d’?uvre que fut Sailing the Seas of Cheese. Chef-d’?uvre, car cet album reste encore à ce jour leur album référence, comme le plus abouti, ne recelant que de tubes.

Après une complainte marine rapide en guise d’introduction, on rentre dans le vif du sujet, avec un HERE COME THE BASTARDS prenant, dont les premières notes nous rappelleraient presque celles du thème de la panthère rose. La basse sonne très metallique comme d’habitude, puis la voix plaintive, amusante, décalée, effacée de Les Claypool nous entraine sur ce rythme guignolesque (« here we go »).

SGT BAKER, chanson anti-militariste de son état est un modèle du genre primussien, avec une intro de basse lourde, puis un couplet où la basse sonne plus claire et métallique sous l’effet de la slapping-touch de maitre Les Claypool, le rythme étant volontairement « foutage de gueule » et rebelle.

On devine dans son titre que AMERICAN LIFE référence et critique les désagréments du mode de vie « américain ». Cet état des lieux est une nouvelle fois servi par un thème à la basse monumental, sur lequel Larry Lalonde (guitare) et Tim « Herb’ » Alexander (batterie) se font chacun plaisir avec leurs instruments. Lalonde nous joue un solo en notes blanches longues dont le son nous évoque quelque chose d’alternatif. Herb’ lui fait le tour de sa batterie par des combos et des rythmes pas ultra rapides, mais difficiles à tenir pour nous auditeurs, tant il varie son jeu.

JERRY WAS A CAR DRIVER est la cinquième pierre à ce glorieux édifice, avec une chanson ponctuée de séquences musicales variées pour chacun des trois hommes.

ELEVEN est une chanson sympathique dans laquelle les séquences de batterie de Herb’ sont splendides, avec ce son boisé, cet écho dans les tomes fort agréable à entendre. Par-dessus, c’est une ballade étrangement menée surtout par la guitare aux effets variés de Lalonde, Claypool restant un peu en retrait et ne se contentant que d’un thème d’accompagnement. Cà reste quand même captivant.

Les amateurs de slapping-bass seront ensuite aux anges sur IS IT LUCK, dans laquelle principalement Les Claypool nous fait une belle démonstration de son talent à trouver des mélodies de basse marrantes quasi psychédéliques, et toujours avec ce son métallique qui claque bien. Si Lalonde n’est pas mal non plus avec ses petits arpèges machiavéliques par-dessus et Herb’ avec quelques petits combos endiablés, il n’en demeure pas moins que c’est la basse la première attraction.

Car Claypool est vraiment ce qu’on pourrait appeler un bass hero. S’il ne saurait prétendre à boxer dans la même catégorie que les Steve Harris, Lemmy, Robert Trujillo et autres bassistes monstrueux par leur rapidité et leur dextérité, Les Claypool demeure un bassiste d’exception.

Il reste unique pour son jeu si particulier, et pas seulement en slap’, car il trouve toujours sur les six cordes de son manche des sonorités démentielles, étranges, intrigantes et fait de ce grand n’importe quoi une mélodie extra-terrestre.

Ensuite, GRANDAD’S LITTLE DITTY est un petit interlude amusant de trente-sept secondes qui consiste en un type chantant sous la douche, sauf que sa voix flanche dans un ton mozinorien, un peu comme un disque vinyle tournant trop lentement, ou encore un dictaphone en batterie faible.

TOMMY THE CAT est ensuite sans doute le grand moment de l’album, déjà pour la collaboration exceptionnelle de Tom Waits (bien avant Antipop), dont on devine la voix de fumeur (cinq paquets par jour minimum pour réussir un régime) malgré une distorsion qui en fait une voix radio. Grand moment aussi pour la musique, qui est sans doute une des plus folles que Primus n’ait jamais composé. Un rythme frénétique provenant d’une basse dopée, une voix endiablée, bref les ingrédients d’un énorme tube.

SATHINGTON WALTZ vient casser ce rythme monstrueux avec une ambiance semi country, semi-psychédélique, bref lente et étrange. Dans l’état d’esprit, cela pourrait rappeler l’intro de Pork Soda, à savoir Pork Chop’s Little Ditty.

Les trois dernières chansons demeurent elles aussi monstruseuses, avec une rythmique toujours aussi énergique, malgré quelques passages plus lents, et notamment une séquence un peu country au début de FISH ON (Fisherman’s chronicles part II)

Il faut savoir que Claypool est un vrai fan de pêche, et que les thèmes de la mer, des poissons etc sont récurrents chez Primus, de même que les métaphores sur les animaux en général.

Ces métaphores comportent plusieurs avantages. D’abord nous raconter des histoires marrantes avec des porcs, des poissons, des chiens, des chats? et de ce fait, cacher le véritable sens de certaines des paroles. Au moins, cela peut faire réfléchir, et peut aussi éviter la critique sur des paroles contant des histoires gores, comme sur la chanson Pork Soda très critique quant à la Société de Consommation (une célèbre marque de soda à base de cola y est notamment visée).

L’album se termine comme il a commencé avec LOS BASTARDOS, qui est une reprise du premier titre Here come the bastards, avec disons, un peu plus de « folie ».

Jamais le groupe ne sera aussi inspiré, et même les albums Pork Soda, Tales from Punchbowl ou Antipop, excellents du reste, ne feront mieux. Je complimente beaucoup, mais veuillez croire que cet album est parfait en tous points par rapport aux autres qui comportaient parfois quelques chansons et séquences moins bonnes. Ici, on frôle la perfection.

C’est bien simple, tous les titres de ce bijou méritent un hommage, et lui apposer la note de 20/20 ne serait pas scandaleux non plus, mais on s’en tiendra à un 19, car en cherchant on finirait toujours par trouver un petit défaut à cet album. Indéniablement, c’est l’album à posséder pour ceux qui n’auraient encore jamais écouté la musique de ces trois zouaves San-franciscains de Primus.

19/20.

Megadeth : Rude Awakening

September 4th, 2008 by admin

Rude AwakeningAprès l’échec de l’album Risk (1999), Megadeth était bien revenu sur le devant de la scène avec le bon The World Needs A Hero (2001), qui pourtant recut un accueil contrasté du public.

L’année suivante fut enregistré à la fois en cd et en dvd ce live de la tournée nord-américaine de The World Needs A Hero, lors d’un concert mémorable le 19 Mars dans une petite salle aux allures de theatre à l’architecture hispanique de Phoenix en Arizona devant un parterre de 8000 personnes. Un spectacle sobre, sans effets pyrotechniques ni show à l’américaine. Un concert familial avec peu de spectateurs, sans comparaison avec le très bon Live Rock In Rio de la même année de Iron Maiden où plus de 200.000 personnes avaient assisté à la performance des Irons.

Ce petit concert en apparence est en réalité une tuerie, disons-le, et outre le son de qualité, le track-list très varié donne à cet album live les caractéristiques d’un best-of. D’ailleurs, ce disque sera jusqu’en 2004 avec la reformation du groupe la dernière performance de Megadeth, puisque le 3 Avril 2002, soit deux semaines après cette folle nuit en Arizona, Dave Mustaine était atteint d’une paralysie de son avant-bras gauche. A ce moment l’espoir de revoir un jour Dave rejouer de la guitare était mince, mais la suite nous offrira un retour en puissance et d’autres bons albums de Megadeth.

Pour la musique, le live propose évidemment les quelques tubes en provenance du dernier opus alors en date, avec des titres bien maitrisés sur scène comme Dread and the fugitive mankind, les bons 1000 times goodbye ou Return to Hangar (reprise des paroles de Hangar 18 sur une musique nouvelle plus sombre, ou même le très émouvant A Tout Le Monde (avec son refrain francophone culte)). Cependant, on notera les quelques difficultés vocales sur le titre Burning Bridges, où malgré un bon instrumental Dave pousse sur les aigus.

Pour le reste, le track-list ne dénie aucun album de Megadeth, sauf le catastrophique Risk. Celà reste donc varié, et bien évidemment les vieilles chansons qui ont fait la gloire du groupe tout le long des années 80 et 90 sont de la partie, avec les Hangar 18, In my darkest hour, DEVIL’S ISLAND, le politisé Mechanix, le dément Sweating Bullets, l’inoubliable Symphony Of Destruction, Holy Wars (hymne à jamais du Speed Thrash), et bien sur le fabuleux Peace Sells qui sans être le premier morceau de megadeth reste le tube qui les a mis sur la voie du succès.

Les autres chansons non encore citées s’inscrivent également dans un choix judicieux. Certaines comme Trust et Almost Honnest du très rock oldschool Cryptic Writings sont interpétées à merveille, avec un son de grat’ jouissif. On notera aussi de grands moments du disque sur un Wake Up Dead joué plus accéléré que sur l’album Peace Sells … but who’s buying, sur Mechanix où Dave charge sur son « ancien groupe », ou encore la fusion avec le public sur Sweating Bullets, dans lequel Dave fait son fameux numéro du schizophrène pris d’hallucinations comme dans le clip.

Coté musiciens, les quatre sont au point, même si on constate une présence accrue de Dave sur les trois autres (c’est d’ailleurs fort visible si vous vous procurez le dvd, qui donne une toute autre dimension à ce live assurément). Il joue les trois quarts des solos, et se ballade plus que le très bon Al Pitrelli deuxième gratteux, ou David Ellefson (qui lui à l’inverse reste sagement dans son coin à la droite du batteur)

Le batteur justement, Jimmy Grasso, qui avait auparavant déjà collaboré avec Mustaine sur le projet solo de ce dernier (MD-45), est absolument fantastique, et sa performance fait presque oublier le regretté des fans Nick Menza, qui a stoppé la batterie en raison d’une tumeur au genou.

Même chose pour Al Pitrelli, qui assure sur tous les morceaux et se place à un niveau largement égal à celui de Marty Friedman.

Un très bon live assurément, sans doute l’un des meilleurs de Megadeth encore aujourd’hui, malgré un bon “a night in Buenos Aires“.

Cependant je recommanderais de se procurer le dvd plutôt que le cd, car encore une fois, les images du concert donnent une nouvelle dimension à la musique produite.

Réjouissant. 17/20.

In Arkadia : Release The Shadow

September 3rd, 2008 by admin

Release The ShadowVoilà un disque de Death Mélodique du groupe IN ARKADIA qui vaut le détour. Cet album aurait pu ne jamais voir le jour si des dizaines de personnes n’avaient pas souscrit à la prévente de l’album, assurant ainsi aux groupes un budget suffisant pour l’impression du disque. Cette confiance a semble t’il motivé les quatre (non, trois _ c’est compliqué) lyonnais, tant souffle sur cet album un vent frais d’inspiration, d’émotion, d’énergie, bref tout ce qu’on aime.

A noter que sur le papier le groupe a une ossature classique, soit un batteur, un chanteur et deux guitaristes, mais que pour une raison inconnue, le bassiste nommé Eduardo n’était plus dans le groupe durant la composition de l’album, et n’est revenu qu’après.

Ainsi Release The Shadow fut composé sans basse, mais ceci n’a pas handicapé la marche du groupe, et cette absence n’est absolument pas choquante.

L’album s’ouvre par une magnifique mélodie douce aux claviers sur Stream Of Oblivion. Le morceau est quasi épique, et nous conditionne dans une bonne ambiance.

Pour rompre avec cette douceur, Ignition fait dans l’efficacité, qui alterne tantôt une rythmique de Death classique avec cette guitare si omniprésente et un chant énergique, et tantôt un rythme s’inscrivant dans le Thrash, des restes des débuts du groupe en 2005 lorsque le groupe était classé dans le Heavy Thrash. Sur cette première banderille, l’absence de basse importe peu, et au contraire, l’absence d’une rythmique lourde semble donner plus de fraicheur aux mélodies jouées par les guitares, et notamment quelques solos harmoniques vraiment réussis.

Le bassiste Eduardo voudra sans doute la peau du chroniqueur, tant il semble fâché avec la basse. Pas du tout, car bassiste moi-même, je trouve finalement ce premier titre très bon, mais indéniablement la basse est ici dispensable. Il n’y a rien à rajouter sur ce premier morceau.

Somber Light commence par une mélodie tourmentée de la guitare, un peu comme une tournerie « fjordienne », car les notes évoquent l’espace. Passé cette métaphore personnelle douteuse, je poursuivrai en constatant encore sur ce morceau une forte présence de Théo, le chanteur, qui se cale parfaitement sur un rythme plus lent, mais restant tout aussi captivant que sur Ignition. Un solo sympathique vient enrichir ce bon morceau qui cependant émeut un peu moins que son prédécesseur.

Delirium Tremens est quant à elle l’un des grands moments du disque, et ce ne sera pas un hasard si le groupe en fera un vidéo-clip l’année suivante, lui-même un grand succès au sein des frontières françaises et au delà, puisqu’il a été à ce jour téléchargé sur internet environ quinze-mille fois en quelques mois. Delirium nous percute d’entrée par une ouverture sonnant en pur Heavy, puis les guitares se font moins lourdes pour lancer solennellement et permettre au chanteur de rentrer. Un des morceaux les plus rythmés de l’album assurément, et sur quelques séquences de Heavy Metal, on se croirait à entendre un son semblable à des groupes de Power comme les aristocrates de Gamma Ray. La comparaison s’arrête là, mais en tout cas on peut ressentir une inspiration Power Metal affirmée sur ce morceau. Les mélodies puis les solos, sans être démentiels ou exponentiels restent soignés.

En revanche, pour Deadnightmare, Flo, Seb et Théo, ont légèrement rompu avec la rythmique des précédents morceaux, car ici la structure globale de la chanson reste banale, sans grandes variations, et moins de place est laissée aux guitaristes pour caler un solo. On comprendra que ce titre ne sert qu’à calmer un peu le jeu, en demeurant normal classique, avant que ne surgisse un autre must du disque.

Crusador est effectivement un morceau en tous points excellent, qui commence sur un rythme purement Heavy. Ce son rappelle un peu celui de Saxon sur l’album Unleash The Beast. Mais la voix de Theo qui suit n’a plus rien de Saxonnien, et celle-ci est fort captivante, peut-être pas par sa puissance vocale, car on a connu des chanteurs à la cage thoracique plus musclée, mais elle séduit cependant par un timbre plaintif qui fait qu’elle s’accommode parfaitement au style joué. Difficile à expliquer d’avantage.

A noter un enchainement de solos prodigieux sur le milieu de la chanson, où on retrouve quelque peu ce son provenant du Power Metal allemand, auquel Saxon avait adhéré sur Unleash The Beast. C’est un avis personnel qui peut se discuter, mais à l’oreille on s’en rapproche beaucoup.

Avec Not Enough Time, l’accent est à la tristesse et à l’émotion, et ce sentiment est bien servi par une musique très bien construite. Le morceau est un des plus aboutis de l’album, car c’est peut-être dans celui-ci que les trois musiciens ont exploré toutes les nuances de leur musique. Pour simplifier cette phrase alambiquée que je viens d’écrire, j’analyserai cette chanson en plusieurs séquences.

Au cours d’une bonne introduction à la guitare acoustique, on alterne entre un chant semi-clair, teinté de souffrance et de mélancolie, et un solo de guitare mélodique entrainant. Après ce passage, la chanson est un long couplet où le chanteur se lâche, charge et surcharge dans la souffrance. La deuxième moitié de la chanson est une succession de solos tous plus magnifiques les uns des autres, dans un style qu’on pourrait qualifier de « stratovariusien ».

Crave et Stormkeeper sont deux autres modèles du genre, toutefois sans intros acoustiques, et un peu plus sur la réserve quant l’état d’esprit par rapports aux précédents titres.

Blood Lust, comporte un thème au son délicat et agréable. La guitare est encore une fois fabuleuse. Un grand morceau comme les précédents, mais agrémenté ici d’une mélodie naturellement entrainante, solos divins à l’appui.

Sur le début The Last Rain, on retrouve l’ambiance épique et luxuriante déjà évoqué dans Stream Of Oblivion, avec un clavier rassurant, des chants quasi elfiques en second plan. Mais ce calme est une nouvelle fois rompu pour une enième ballade musicale, l’apothéose, la dernière pierre de ce magnifique colosse qu’est Release The Shadow, qui ne comporte quasiment aucune mauvaise note.

18/20.

Primus : Antipop

September 2nd, 2008 by admin

AntipopL’album Antipop sorti en 1999 marquera le dernier tournant de la carrière de Primus. D’abord, cet album se fera sans Tim Herb’ Alexander qui avait quitté le groupe en 1996 pour divergences musicales. Ensuite car ce sera à la suite de cet ultime opus que les trois « fous » de San Francisco se sépareront, et ce malgré quelques retours lors de tournées évènements. Avant Antipop, les moments forts du groupe furent le génial album Sailling The Seas Of Cheese, album référence depuis 1991, et la renommée internationale renforcée par la composition fin 1996 de la musique du générique de la série-animée South Park.

Antipop devait être le dernier album avant l’entrée dans le deuxième millénaire, et pour le coup, Primus a mis le paquet. D’abord par un style résolument plus rock qu’avant. Le coté décalé et humoristique auquel nous avait habitué le groupe est toujours là, mais cette fois la pluie de clowneries laisse sa place à de la « loufoquerie aristocrate ». En effet, dans l’ensemble le style est plus carré, plus maitrisé qu’avant, plus sérieux. Les structures des chansons sont alors plus académiques, avec moins d’improvisations délirantes.

Cependant, le Primus qu’on connait demeure, et l’état d’esprit détendu et drôle qu’on connaissait chez eux n’est pas mort.

Le groupe s’est également fait plaisir avec quelques collaborations musicales plus ou moins inattendues, comme Tom Morello, l’ancien guitariste au style rappeur de Rage Against The Machine et de Audioslave, Jim Martin connu pour avoir joué dans Faith No More et Angel Dust ou James Hetfield qui cette année-là mit de coté Metallica pour venir partager quelques trucs de musique avec les San Franciscains. Coté production, on notera aussi les contributions de Matt Stone (co-créateur avec Trey Parker de la série South Park) sur Natural Joe, du magnifique Stewart Copeland (Police) sur Dirty Drowning Man et de l’exaspérant Fred Durst (Limp Bizkit) pour Laquer Head.

Mais surtout, le disque sera clôturé sur Coattails of a dead man, un duo entre Primus et un vieil ami fort sympathique, à savoir le génial Tom Waits, qui avait déjà participé à un duo avec Primus sur la chanson Tommy The Cat de l’album Sailling The Seas Of Cheese.

Peut-être un bon présage donc, quand on connait le succès qu’ont eu les mers de fromages.

L’album recevra un accueil mitigé chez les fans malgré un large succès commercial. Primus avait cherché à séduire un public plus large en limitant les clowneries et en orientant la musique vers un coté résolument rock-heavy, et ce demi-succès de Antipop les avait donc précipité vers la rupture, même si encore une fois des tournées évènementielles ont lieu, et que des rumeurs de nouvel album persistent.

Avant un détail plus approfondi des chansons, il convient d’abord de dire que cet album est fabuleux, car bien que différent de tous ses prédécesseurs, Antipop regorge de nouveautés et de bons moments, ce qui en fait en ce qui me concerne, un très bon album, à l’instar du fameux Sailling The Seas Of Cheese.

L’intro consiste en un avant goût de dix-sept secondes de la superbe et dernière chanson Coattails of a Dead Man.

Un lancement à la one, two, three, puis on attaque sur le premier tube du disque, à savoir le génial Electric Uncle Sam. Tube disais-je, car le son très rock nous séduit dès les premières notes de basse de Les Claypool, la guitare saturée de Lalonde, et la batterie de Mantia très pointue.

Les paroles de la chanson ont aussi concouru à faire de cette chanson un must, et notamment lors du trippant refrain : « don’t get caught with your fingers in my pie .. ». Le rythme et la voix de Les Claypool font plaisir à nos oreilles. Une belle entrée en matière donc.

Natural Joe est excellente elle aussi. La basse de Claypool est jouissive sur ce rythme trépidant tout le long du morceau, mais plus encore sur le pont qui permet surtout à Larry de nous jouer un solo divin, dans un ton heavy semi-saturé et semi-psychédélique.

Le plaisir reste intact sur un Laquer Head très prenant, ou la guitare fait métronome avec une note unique. Puis la guitare reçoit en réponse un son de basse percutant de Les, qui nous fait un grand numéro. Le batteur dans tout çà ? Pour le moment Bryan Mantia se contente de suivre le rythme. Son style est résolument plus discret que Herb’, cependant on notera un bon son de ses tomes impeccables à l’instar de son prédécesseur. Et justement pendant les refrains, il s’essaie quand même à faire des petits combos à la Tim Alexander, et çà rend plutôt bien.

A noter aussi que cette chanson est très spéciale pour Claypool, car elle a pour thème la drogue, qui fut selon lui indissociable de sa jeunesse et une bataille difficile pour en sortir.

La chanson Antipop démarre par une petite ambiance qui n’est pas sans rappeler dans le fond l’introduction de la chanson Black Sabbath, à savoir des cloches, la pluie. Mais ici, Primus remplace l’orage par un petit grelot de chèvre. Puis survient un son lourd de basse. Le batteur se détend un peu les bras. Le couplet est dominé par la rythmique de la basse, mais par-dessus Larry Lalonde nous sort quelques arpèges au style mélancolique. Le refrain est également réussi avec une ligne de chant rapide séduisante, et des paroles amusantes par leur répétition rapprochée et la justesse des rimes : « i am the Antipop, i’ll run against the grain till the day i drop, i am the Antipop, the man you cannot stop ». Très rythmé donc.

Eclectic Electric est une chanson au style quasi progressif durant environ huit minutes. Le rythme est plus lent dans un premier temps, mais la longue introduction de deux minutes est musicalement une merveille. Les quelques accords de guitare du début sont joués par James Hetfield, et Jim Martin joue également quelques accords ci et là.

Des rythmes psychédéliques s’enchainent, et c’est sur cette séquence que le batteur Mantia nous délivre des lignes proches de celles de Herb’ avec un style très personnel.

Les couplets sont très sombres, avec des mots amers.

S’ensuit un pont très rapide de slapping-basse d’anthologie, ponctué de la voix de Claypool qui devient épileptique, puis ce grand refrain déclaratif très puissant. Primus nous avait rarement habitué à une telle débauche d’énergie en un refrain. La suite de la chanson se compose d’un autre pont dominé par la guitare très juste de Lalonde et une reprise du couplet de début. Cette chanson recouvrait une structure discontinue grossière typique des premiers albums.

Greet The Sacred Cow qui commence par la voix d’un minaret subit effectivement une petite influence orientale au niveau des arpèges de la guitare. La rythmique sortant de la basse de Claypool est ici encore monstrueuse, et la mélodie globale est trippante à souhait. Pour le coup on était revenu à une structure musicale classique.

Venons-en à Mama didn’t raise no fool qui hélas agace très vite. La mélodie de basse est ici quelconque, moins puissante, et on ne sait pas trop comment se placer sur ce rythme trop joyeux sans nuance.

Vient alors la grande chanson de l’album à savoir Dirty Drowning Man avec une mélodie qu’on entonne dès la première écoute. La folie est atteinte sur le milieu de la chanson lorsque des inconnus entonnent l’air en aparté de la voix de Claypool. On croirait une confrérie champêtre de mecs bourrés qui essaient d’imiter la basse, et on y retrouve bien le coté décalé du groupe : chanter comme une merde c’est valorisant.

Ballad Of Bodacious est comme son nom l’indique une ballade très entrainante, avec un thème à la guitare vraiment inoubliable ; ici, la basse ne sert donc que d’accompagnement, sauf en outro.

Power Mad est un bon rock, mais me laissant personnellement sur une mauvaise impression, car on ne rentre jamais réellement dans la chanson. La mélodie se rapproche pourtant, dans SES NOTES (non dans le son) d’une mélodie qu’aurait pu jouer un groupe typique du heavy metal des 70’s. D’ailleurs ce choix peut s’expliquer par le fait que la chanson est antimilitariste et que chanter sur un air très heavy, c’est une façon de dresser un clin d’?il à cette période de rébellion (mouvement punk) contre la société de consommation, et également période très militaire, avec la guerre du Vietnam, les coups d’états en Amérique du Sud et autres conflits. Mais ici la voix de Claypool semble ne pas se marier sans accrocs avec ce nouveau registre pour Primus. C’est choquant, et on préfère passer au douzième titre.

The Final Voyage Of The Liquid Sky, titre à rallonge, a toutes les apparences d’un classique de Primus. Déjà par ce titre surréaliste (le dernier voyage du ciel liquide).

Ce titre s’inscrit dans un style progressif, dans lequel le groupe a recours à de nombreux effets et de sonorités se rapprochant de l’electro pour installer une ambiance sombre. Des passages plus puissants grâce à la basse de Claypool viennent casser ce rythme lancinant.

Pour finir, Coattails of a deadman est une chanson démentielle. L’instrumental se résume surtout au mellotron au son tragique, joué par maitre Tom Waits, qui de plus chante. La voix aux cinq paquets de cigarettes quotidiens de ce dernier est reconnaissable entre mille. Loin d’être ridicule, ce treizième morceau nous propose un refrain inoubliable avec ces mots si significatifs « on the coattails of a deadman, she’ll ride, she’ll ride ». Il paraitrait même que cette chanson traiterait du rôle de Courtney Love dans la mort de Kurt Cobain.

Au-delà de çà très bonne chanson.

Mais ce n’est pas fini, car une minute de silence plus tard se cache une chanson bonus, qui est un remix de la chanson The Heckler, présent sur l’album live Suck on This de 1989.

Un grand album de Primus, plus accessible sans doute que les autres. De belles trouvailles, un style plus rock très réjouissant, de bonnes compositions agrémentées de collaborations de qualité comme celles de James Hetfield, ou Tom Waits.

Grandiose.

17/20.

Sleazy View : Led By Wrath

September 2nd, 2008 by admin

Led By WrathSleazy View (« opinion sordide ») est un groupe né à Belfort (90) en 2001. Ayant baigné d’abord dans la Fusion, le groupe s’inscrit désormais dans le Thrash Metal avec ce maxi quatre titres « Led By Wrath » sorti en 2006.

Effectivement, le groupe nous sort quatre titres rythmés s’inscrivant dans un thrash classique. L’instrumental est très bien servi par une guitare sonnant juste et une batterie variée avec également un son très net de bonne qualité. Cependant, on regrettera la quasi absence de solo de guitare qui pourtant est un code, une marque de fabrique du Thrash Metal. En effet, un solo frénétique, speed, permet de scinder une chanson, de tuer le rythme parfois, ou de l’accélérer. Ici, les compositions ressassent toujours les mêmes rythmes et ceux-ci sont eux-mêmes limités à quelques séquences trop rares. Il y a bien quelques ponts, mais ceux-ci ne sont guère originaux.

Le bel attirail du départ est anéanti par un chant sans charisme, essoufflé, sans saveur, certes rebelle, mais totalement dénué de violence quelconque.

Difficile dans ces conditions d’adhérer aux idées du groupe. Les paroles anglophones de Sleazy View et Chaos Within sont peu recherchées. L’esprit rebelle est bien là, avec des « Fuck it all », « we are chaos », « we are pain », le tout dénué de pragmatisme, ce qui en fait deux chansons rebelles mais irréfléchies. Donc les arguments tant au niveau des mots ou du chant sont réduits à néant.

Blessures en revanche comporte des paroles intéressantes en français, avec donc plusieurs blessures, soit plusieurs thèmes classiques mais intéressants, tels que la guerre nucléaire, le g8, la violence à la télévision, la mode, la chirurgie esthétique, le pétrole, la pollution et j’en passe. Bref, tout ce ramdam d’idées ne restera que sur le papier, car le chant encore une fois ne se met pas au service des autres instruments pour concrétiser dans la musique ces idées.

Le coup de poing sur la table n’est ainsi qu’une petite secousse, tant ce chant en français est désagréable pour les oreilles.

Taking my leave est quant à elle mieux réussie que les trois premières, car on notera un regain de puissance dans les lignes de chant, et surtout plus de nuances, plus de variété dans l’instrumental, avec un petit solo caché dans le milieu de la chanson. Mais même ce petit sursaut d’humeur de la guitare ne nous transcende pas dans notre écoute. Il est court, et est quelconque.

Ainsi, on pourrait parler ici de Soft Thrash Metal pour caractériser ce disque quatre titres de Sleazy View, à moins que le groupe n’ait pas réussi à se détacher de la Fusion. Dans ce cas il ne s’agirait que d’une erreur d’étiquette. Mais même avec une étiquette de groupe de fusion apposée sur son dos, Sleazy View déçoit par le manque de profondeur dans ses compositions.

Cependant, dans les conditions d’un concert, on pourrait quand même prendre un petit trip sur la rythmique globale, à condition que le chanteur s’injecte un peu de testostérone dans les cordes vocales pour muscler son timbre de voix et ainsi rendre ses messages haineux charismatiques.

Décevant. 8/20.

Age Of Nemesis : Psychogeist

September 2nd, 2008 by admin

PsychogeistNon, dans le metal progressif, il n’y a pas que Dream Theater. Les hongrois de Age Of Nemesis valent aussi le détour avec cet album Psychogeist sorti en 2006.

J’avoues que je fus attiré au commencement par le design de la couverture, pour son concept futuriste, les clins d’?il à des ?uvres cinématographiques tels que Matrix, et le thème de la drogue illustré par les seringues et les gus monstrueux qui voient leurs mains remplacées par des seringues.

Cet album peut d’ailleurs être écouté pendant un bad trip puisque les mélodies endiablées qui jalonnent ce disque peuvent être d’un réconfort.

Plus sérieusement, l’album commence par une petite introduction qui mélange des bruitages tels que pluie, sirènes de police, sonorités futuristes. Puis le premier sixième de « the Psychogeist Story » démarre avec Fate’s Door, qui se compose d’une merveilleuse mélodie jouée aux claviers, bien suivie par la basse et la guitare. L’ensemble se veut sombre, et susciter chez nous un petit sentiment de mal-être. De ce coté là l’instrumental remplit sa mission. Hélas le chant de Zoltan Kiss tue un peu le mythe, car trop clair pendant les couplets. Ce n’est qu’un petit accroc, car ce chant se révèlera assez bon dans les autres morceaux.

Le morceau Grey Room démarre bien également, par un développement qui se fait de plus en plus menaçant. Zoltan Kiss chante clair, comme dans tous les morceaux, et c’est justement le timbre adéquat pour le métal progressif, mais cette fois il colle bien à l’ambiance de la chanson, car se fait plus dramatique, voire tragique, et ne chante pas comme un banal crooner comme dans le titre précédent. Pour le reste, les différentes séquences aux claviers s’enchainent assez bien, même si l’on regrette ses petits passages accélérés qui allient chant et guitare au plein milieu de ponts volontairement fantomatiques.

Ainsi, ce titre est un peu trop lunatique malgré quelques passages prenants.

En revanche pour Faceless Ennemy, çà cartonne dès le commencement, avec un echo aux claviers réjouissant, sur lequel la batterie se libère enfin et sur lequel la basse et la guitare entonnent un rythme rock oldschool vraiment prenant dès le premier écoute. De temps en temps, le clavier vient jouer une petite note blanche fine qui donne à se rythme une dimension résolument dramatique. Les lignes de chant sont ici correctes, et Zoltan Kiss nous chante sitôt en clair, sitôt en plus agressif, pour la part sombre du morceau. Car le milieu du morceau se veut plus joyeuse, avec un solo très speed et réussi de Zoltan Fabian, sur lequel le clavier de Gyorgy Nagy fait encore merveille. Un bon morceau assurément.

Mommy’s Crying est aussi une chanson à part, et l’une des meilleures de l’album. Sur une intro bucolique obtenue sur les harmoniques de la guitare de Fabian, le clavier rentre dans le jeu, mais cette fois avec un son de piano classique. Le chanteur se lance alors pour une complainte où il nous captive plus ou moins bien. Le clavier reprend alors ce son progressif pour une mélodie enjouée plutôt pas mal. La basse rythme ensuite la danse, et le clavier sonne alors plus mystérieux le tout sur des notes très longues. Le chanteur est alors plus présent dans le ton. La suite se poursuit comme une chanson de Progressif classique avec un chant clair qui ne déçoit pas trop, de bonnes séquences à la guitare et aux claviers.

Psychogeist, chanson éponyme de l’album est une sorte de ballade rapide où chaque instrument se met en valeur, le chant n’intervenant que sur la seconde partie du morceau. Après quelques bruitages stressants en intro, une mélodie sonnant presque metal lourd classique (presque du néo-metal, mais je n’irai pas jusque là) monte, puis le clavier s’anime pour un développement assurément magistral, rythmé, stressant, endiablé.

On trouve un peu de calme dans BreakingAway, qui clot « The Psychogeist Story », avec un clavier qui monopolise quasiment tout le morceau, avec des gammes très variées, et des mélodies captivantes. On est naturellement entrainés, jusqu’à ce que le chanteur pour le coup rate son exercice et gâche un peu le ton global de la chanson. Ici, il chante même en canon, mais la mayonnaise ne prend pas, car pas assez de musculature dans la voix pour coller à l’émotion suggérée par les mélodies du clavier. Il nous offre cependant un petit passage sombre où il affiche un peu plus de testostérone pour lancer le développement sombre de la chanson. Le morceau se termine comme il l’a commencé avec une belle mélodie au piano classique.

Le titre instrumental Goddess Nemesis se veut énergique, peut agacer aussi en raison de l’absence de thème ou de base principale. Ici c’est du très progressif, avec des rythmes et des sons nombreux et variés qui se suivent et qui s’enchainent plus ou moins bien.

Bien que démonstratif, ce titre peut être intéressant pour les inconditionnels du style progressif, des claviers enragés, des solos sans fins, etc. Personnellement l’absence de structure m’a fortement décontenancé, et j’ai plus subi que aimé cet instrumental. Dommage.

Passé cette petite déception, on retrouve une structure alléchante dans Eye Of The Snake, avec une petite influence orientale nichée dans les notes du clavier. Puis revient un rythme percutant de la basse et de la guitare. Le chanteur fait le minimum syndical, en se contentant de suivre le ton de la mélodie globale ; pas de sa faute, car l’instrumental basique qui suit, avec des développements bons mais sans réelle folie ne lui offrent pas la possibilité de se lâcher.

En revanche Zoltan Kiss nuance plus sa voix sur Karma, qui sans être un modèle de rapidité ou de folie dans la mélodie est un bon morceau.

Abraxas est une chanson quant à elle très aboutie, avec une intro très souple aux claviers, ponctué d’un bruitage non-inconnu, comme celui d’une pierre ou d’une dalle de marbre qu’on fait glisser.

Ce petit effet n’est évidemment pas l’attraction de ce morceau, même si ce petit détail est amusant. Bref, la guitare prend les devants, avec un son très mélodique qui entame un quasi solo très suave, agréable. Le chant fait l’essentiel, mais le plus intéressant dans les séquences bonnes de guitare et de basse qui suivent. Ce rythme très hard est vraiment prenant.

L’album se termine tranquillement comme un générique de jeu-vidéo genre survival-horror à la Resident Evil (cela m’y fait penser en tout cas dans l’état d’esprit), avec une belle composition au piano, et quelques guitares acoustiques. On termine ainsi en roue libre sur un joyeux morceau.

DE l’ensemble, il ressort donc un bon album de Metal Progressif, toutefois à réserver aux inconditionnels de ce style, car les longues séquences au clavier, les mélodies joyeuses, et ce chant très clair sont susceptibles de ne pas plaire aux amateurs de musiques plus musclées, plus sombres, plus agressives.

15/20

Primus : Tales from the Punchbowl

September 1st, 2008 by admin

Tales from the PunchbowlDeux ans après s’être délectés du soda à base de porc, on s’apprêtait à recevoir la nouvelle baffe de primus tel un punching-ball.

Evidemment, les ingrédients de leur musique se retrouvent encore et toujours, mais il n’en demeure pas moins qu’aucun album ne ressemble à un autre.

L’album s’ouvre sur une ambiance festive, mais très vite cette fête de l’Independance Day est coupée par un rythme balancier infernal sorti de la basse de Les Claypool.

Les paroles nous content comme d’habitude un grand n’importe quoi ; il faut dire que le titre de ce premier morceau ne peut que faire sourire, en français « la maison des sorts du professeur beurre-de-cacahuète ».

C’est vraiment du bon Primus, car c’est toujours la recherche du thème le plus stupide, le plus décalé. Cela peut paraitre agaçant de ne toujours que composer des chansons stupides, mais après tout cela reste une musique comme une autre. Parfois j’aime bien me taper la tête contre un mur en écoutant du grind, mais parfois j’aime aussi écouter du moins sérieux et régresser intellectuellement le temps d’un album de primus. C’est clownesque, on dirait du Walt Disney avarié, et pourtant on aime.

Ce que j’ai pu caractériser dans la première chanson se retrouvera dans quasiment toutes les chansons de l’album. L’évolution qu’on peut noter cependant par rapport à Pork Soda est que cette fois le son très rock, obtenu par la basse de Les et la guitare de Larry Lalonde est plus présent. Et spécialement on constatera une diminution des silences des pauses qui intervenaient jadis au milieu des chansons. Ici, le tempo, le rythme ne cessent quasiment jamais.

Wynona’s Big Brown Beaver (comprenez : le gros castor brun de Wynona) est vraiment un classique du genre, soit un morceau abouti, très entrainant, très humoristique (pour Wynona Ryder à qui il est fait référence peut-être moins). La rythmique est démentielle, grace encore une fois à une basse sonnant volontairement quelques tons en dessous, voire accordée dans un style peu académique.

Southbound Pachyderm qui donnera l’année suivante son nom a une compilation est aussi un morceau plaçant la barre très haut. Un vrai tube très progressif qui commence par une intro à la basse nous conditionnant dans un tempo rapide, avant qu’une guitare énervée ne fasse son entrée. Une belle mélodie en sort, avec quelques beaux arpèges de guitare. Le chant de Les s’accélère et vers la fin de la chanson, c’est la fête, çà éclate de partout, la guitare stridente qui part en solo, le batteur Tim Alexander qui dépoussière toute sa batterie, etc?

Space Farm nous sert d’interlude sur fond justement de ferme spatiale. Des bruitages futuristes, des mugissements de vaches, quelques miaulements puis des cris de porc, bref un ensemble résolument crade et dérangeant pour ce morceau nous rappelant un certain Pork Soda.

Après cette inquiétante ballade zoologiste, on passe à un assez bon Year Of The Parrot, que je trouve cependant inférieur à des morceaux comme Southbound Pachyderm, car le faux rythme ambiant ne donne pas toute la valeur à l’ensemble instrumental ; d’ailleurs on a bien du mal à deviner une mélodie.

Le très rock festif bon enfant de Hellbound 17 ½ arrive pour nous distraire tel des enfants devant un spectacle de marionnette, avant que le très strict et très carré Glass Sandwich ne vienne nous replonger dans une ambiance mentalement dégénérative.

C’est le mot, car dans ce morceau très lancinant, mais très réussi je rassure, Les Claypool nous inquiète par sa petite voix, suivi en aparté par une guitare alarmiste dans les aigus.

Ce morceau reste énigmatique dans l’album. On se pose toujours des questions après chaque écoute : Ces gens sont-ils normaux ? Suis-je normal si j’aime çà ?

Bref, au revoir docteur Freud, et arrivons au magnifique Del Davis Tree Farm, avec cette basse très aigue, très métallique et très énergique qui rythme le morceau et la mélodie est vraiment attachante, assurément.

La country guignolesque de primus que l’on connait depuis Sailing the Seas of Cheese, ou encore dans Pork Soda (Pork Chop’s Little Ditty) fait ensuite son retour dans cette belle ballade qu’est De Anza Jig.

On The Tweek Again n’est hélàs pas le morceau le plus abouti de l’album, et musicalement, cela consiste en presque rien, avec une basse trop timide, une voix ennuyeuse pour le coup, et ce malgré un petit éveil de la guitare vers la fin.

Bref on en vient à un morceau ordinaire sans grande fantaaisie, à savoir Over the Electric Grapevine. J’en profite aussi pour tuer une rumeur persistante selon laquelle cette chanson aurait un rapport avec l’un des tubes de Creedence Clearwater Revival (à découvrir si vous ne connaissiez pas encore par tout malheur) nommé I Heard Through The Grapevine.

Non, il n’y avait pas d’hommage quelconque dans la musique de Primus.

L’album se termine en roue libre avec Captain’ Shiner, où les trois gars se sont contentés de resservir dans une version plus courte le morceau De Anza Jig, sans chant cette fois, et agrémenté de quelques bruitages quelconques.

Malgré ces deux accrocs pour finir l’album, Tales From Punch-bowl est un bon cru de l’année 1995, certes pas supérieur au génial « Sailling The Seas Of Cheese », mais qui recèle de bonnes choses, à l’instar de Pork Soda, ou même le controversé Antipop (à suivre ?).

Agon (FRA) : Agon

September 1st, 2008 by admin

Agon (FRA) : AgonAgon est un groupe de Death alsacien né en 2002. Leur nom est le diminutif de Agonie, et effectivement, les trois titres de ce petit maxi vous mettront probablement en Agonie, car c’est du très bon.

L’ambiance est bien évidemment ténébreuse et mortuaire, et au delà de la musique, le design de la cover, ainsi que des titres comme No return et Human Scab (crôute humaine) ne nous laissent pas envisager un album joyeux. Les titres disais-je, qui loin de remporter la palme du gore (n’exagérons rien) nous conditionnent cependant par le sens de ces mots, et par la brutalité de leur courte longueur (c’est net, c’est direct ; désolé je bois trop de café).

Après un message d’accueil pavé de bonnes intentions, on rentre dans cette bourasque aggressive.

Les influences sautent aux yeux : on se rapproche de groupes tels que Napalm death ou Cannibal Corpse, d’abord par le rythme, puis aussi par les boyaux du chanteur.

Righter or Wrong est ainsi un bon morceau qui nous évoque nous commun des mortels le style si particulier des groupes précités.

No return est plus ralentie, plus oldschool, mais on nage bien dans un death classique mais sympathique. Les guitares ne sont pas saturées, il s’en dégage une melodie.

Human Scab est la plus aboutie de cet Ep. D’un point de vue ambiance d’abord, grâce à cette boite à musique enfantine qu’on entend au début, avant que l’on engage notre descente dans les catacombes (cover) ou plus bas encore aux Tartares. La rythmique est vraiment soutenue par une guitare lancinante et les bons mots du chanteur.

Ces trois titres de qualité nous amènent à poser la question : pour quand un album? 14/20.

Primus : Miscellaneous Debris

September 1st, 2008 by admin

Miscellaneous DebrisEn 1992, les trois “malades” de San Francisco publièrent cet EP de cinq chansons dont le style se démarquait du reste de leur carrière. Ici, moins de chant, Les Claypool ne fait entendre sa voix qu’en écho et seulement par moments. Ailleurs, on ne jurait que par lui, dans des morceaux où sa voix agréablement asphyxiante venait nous chauffer en nous racontant toutes sortes d’histoires dramatiques et drôles.

Ici, on sent la main-mise de Primus, sur sa musique, désserée, car ce style rock classique, avec une voix en demie-teinte, et une batterie qui pointe aux abonnées absentes, est surréaliste.

J’exagère quant à la batterie, mais cette fois, Herb’ ne nous joue pas des dévellopements variés comme il savait les faire. Ici, il ne se contente que de quelques mesures simples pour suivre ses deux acolytes. Il est sur la défensive, et d’ailleurs lorsque c’est lui qui commence seul les trois premiers morceaux, on se croirait en répétition ou à l’entrainement, tant ces rythmes jazz classique très lents ne lui ressemblent pas.

La basse de Les est toujours là bien sur, dans son style inimitable, mais on regrette quand même que les rythmes soient devenus ici trop classiques. Rien que de simples ballades, sans folie, sans solo ravageur à la slapping-touch.

Même chose pour Lalonde, qui joue en retenue de sa guitare, ne tentant que quelques arpèges trop rares durant un couplet, et qui se contente de jouer les mêmes notes que Claypool à la basse pendant ce temps.

Les mélodies ne sont pas trop mal, mais ne laissent pas une empreinte démentielle comme le firent les chansons de Sailling The Seas Of Cheese, l’album référence à l’époque, et même encore aujourd’hui. Ainsi, pour le bon goût des mélodies (je me force un peu), je ne peux que mettre un 10/20 à ce Miscellaneous Debris qui déçoit profondément, justement par son manque de profondeur et d’inspiration.

Mon avis personnel est que Primus a tenté l’expérience d’une musique plus ouverte, pour un plus large public, avec moins de clowneries donc, mais seulement par expérience, car il ne s’agit que d’un EP, et non d’un album.

Primus : Pork Soda

September 1st, 2008 by admin

Pork SodaLes trois bouchers du metal alternatif de San Francisco sortirent ce grand n’importe quoi attachant en 1993, la même année du décevant maxi-cd Miscellaneous Debris.

Le titre était déjà évocateur du ton général de l’album, à savoir du drôle, du gros, du pétillant, et du crade. Débarque donc le grand Pork Soda.

Le disque s’ouvre notamment sur un petit extrait de l’avant dernière chanson qui sera Pork’s little ditty. Dans ces vingt premières secondes, on devine déjà le coté décalé et humoristique propre aux compositions du groupe.

L’album commence ensuite avec un très bon My Name is Mud, qui concentre tous les ingrédients habituels qui ont fait la renommée de Primus, une slapping-basse sonnant très distordue et la voix moqueuse de Les Claypool, la guitare sifflante et stressante de Larry Lalonde, et la batterie variée et juste de Herb’.

Les amateurs de son lourd, de doubles-pédales mitrailleuses, de voix gutturales, de solos ravageurs seront sans doute désabusés, car ici c’est tout l’inverse, avec des rythmes et des riffs guignolesques, suivis d’une voix volontairement « ridicule ». Et pourtant, cet ensemble qu’on pourrait croire caricatural fait mouche, et on se prend naturellement à chanter My Name is Mud dès les premiers écoutes.

Welcome to this World est aussi un modèle du genre, avec une mélodie cartoonesque secondée par la voix mozinorienne de Les Claypool.

La chanson Bob est une sympathique ballade qui perpétue la même formule. Le décalage est complet, on se demande alors pourquoi on classe Primus dans les groupes de Metal. Puis survient une basse plus forte, et un rythme plus rock’n'roll ! Donc Primus reste un groupe satellite entre le metal alternatif et le rock, au style original et inimitable.

DMV est plus rythmée et est aussi un bon cru. A noter à la fin de cette chanson une excellente séquence où Lalonde nous cale un long solo psychédélique par-dessus des combos artisanaux de Herb’ dont lui seul a le secret.

Ol’ Diamondback Sturgeon (fisherman’s chronicles pt3) est comme son nom l’indique une ballade enjouée nous racontant une histoire de pêcheur. On fait dans l’humour et la voix de Les convient pour ce genre de moments.

Dans Nature Boy le ton est volontairement moins joyeux, plus sombre, plus dramatique, et la chanson est ponctuée par de nombreuses pauses durant lesquelles le son peut être qualifié de psychédélique voire fantomatique. A noter un bon développement de Claypool à la basse. Ce genre de faux-rythmes peut en agacer plus d’un, mais Primus, c’est aussi çà, des séquences volontairement troublantes pour ronger les neurones de l’auditeur.

Dans Wouded Knee, on goûte à l’air frais et chaleureux de la campagne. Herb’ nous fait un espèce de solo par-dessus un rythme composé par de simples cloches bovines. L’ensemble est vraiment amusant au fur et à mesure de la chanson, lorsque ce rythme s’accélère.

Vient ensuite le crade Pork Soda. En effet, ce que je décrivais comme gros, crade, pétillant et drôle se retrouve pleinement dans la chanson, avec un espèce de mugissement grossier qui sert de métronome à la voix et la basse excrémentielles (dans le bon sens du terme) de Les Claypool. Une chanson qui n’a rien de hardcore, mais la chanson s’inscrit quand même dans un ton crade.

Avec Pressman, on a cette fois dans nos oreilles une chanson très simple, moyennement aboutie, et très (trop) lancinante qui nous presse de passer à la chanson suivante, et ce malgré quelques soubresauts d’humeurs à la fin.

Si vous avez joui (chacun ses fantasmes) sur le titre Pork Soda, vous aimerez surement Mr Krinkle, où ce coté crade et grossier revient, le tout sur un rythme de numéro de cirque (encore une fois dans le bon sens du terme).

The Air is getting Slippery poursuit dans le style « foutage de gueule » primussien, avec la voix toujours aussi décadente de Claypool qui se cale sur un rythme assez amusant.

La palme du gore qu’on croyait atteinte avec Pork Soda aurait pu aussi être décernée à Hamburger Train. Cet instrumental de huit minutes très prenant permet à chacun des trois gars de San Francisco de s’exprimer, à savoir Les toujours aussi excellent avec sa basse six cordes, avec des slaps puis des sonorités bucoliques voire extra-terrestres, Larry qui torture sa guitare dans tous les sens, et enfin un Tim Alexander « Herb’ » impeccable, qui nous trouve toujours des rythmes sympas sur sa collection de tomes, de cymbales, de cloches, de tam-tam, etc.

Indéniablement, le morceau le plus « primussien » à l’extrême restera celui-ci.

Puis c’est le retour dans le country-ambient. Avec un peu d’imagination, Pork Chop’s Little Ditty nous évoque vraiment quelque chose de crade. Dans l’esprit primussien, on pourrait songer à des poissons morts flottant sur les rives du Mississipi, ou bien à une boucherie infâme, avec des mouches à merde pondant leurs ?ufs sur une tête de porc avariée (comme dans le remake de massacre à la tronçonneuse).

La dernière chanson Hail Santa est bof, mais qu’importe, le reste de l’album est vraiment plus que correct.

Bref, tout ce décalage, ce coté grand-guignolesque, cette grossièreté, c’est çà l’état d’esprit de Primus, et c’est pour çà qu’on aime ce groupe. On les aime car ils se lâchent, osent, ne se prennent jamais au sérieux.

Comme quoi on peut faire grand avec du n’importe quoi, ce qui m’amène à dire que la musique de Primus reste originale, et que des personnes de divers horizons musicaux sont susceptibles d’aimer ce disque, ainsi que Primus en général.

Nailbomb : Live At Dynamo

September 1st, 2008 by admin

Live At DynamoLe Samedi 3 Juin 1995, Nailbomb devait être une attraction du festival Dynamo Open Air se déroulant sur l’ancien aéroport de Eindhoven aux Pays-Bas.

Pour le coup, Max Cavalera et Alex Newport enchainèrent plus ou moins facilement en raison de problèmes techniques les principaux tubes de Nailbomb, tous repris du seul et unique album de Nailbomb, à savoir Point Blank.

Au cours de ce live finalement très énergétique malgré les petits problèmes, plusieurs invités se succèdent aux différents instruments, comme le bon Rhys Fulber, tranquile derrière son clavier, le génial frangin de Max, Igor Cavalera à la batterie, ou également le jeune fils de Max Cavalera, qui officia pendant le titre Wai Toma No Cu à la guitare (aujourd’hui, il est finalement devenu chanteur au style glutural, XD). On notera toutefois quelques live-members vraiment énervants comme Scott Doom, qui lors du dernier titre “Sick Life” s’invite avec une basse trop belle pour lui, et vient plomber l’ambiance avec son look de beauf californien.

Pour le reste, c’est du bon concert, où le coté rebelle des Cavalera découvert avec Sepultura est reconnaissable dans la musique oscillant entre le heavy et le thrash bon enfant, simple mais efficace, ou encore dans le décor, qui consiste en une toile noir et blanc représentant des personnages masqués du KKK recouverts d’un viseur rouge de sniper.

Les exigences techniques de la scène n’ont pas toujours pu permettre de restituer pleinement le son de l’album, et du coup ce live donne l’impression d’avoir été improvisé au dernier moment, mais dans l’ensemble, c’est du très bon Nailbomb qu’on nous sert.

Des chansons comme Sum Of Your Achievements (dans laquelle Alex Newport s’égosille pour notre plus grand plaisir sur un rythme angoissant et dérangeant), ou l’inattendu Police Truck (très prenant), Cockroaches, ou Exploitation forment les grands moments de ce live.

A l’inverse, les titres Blind And Lost et World of Shit déçoivent par leur restitution sonore moyenne, alors qu’on savait ces deux titres explosifs sur l’album Point Blank.

Un live convenable donc, toutefois à réserver en priorité aux collectionneurs inconditionnels de Nailbomb et de la Famille Cavalera. 13/20.

Slipknot (USA-1) : All Hope Is Gone

August 29th, 2008 by admin

Slipknot (USA-1) : All Hope Is GoneSlipknot All Hope Is Gone

Après un Sublimal Verses qui m’avait laissé en demie teinte, je pensais que tous mes espoirs de revoir le vrai Slipknot que je connaissais à l’époque de Iowa s’étaient envolés. Et bien non, Slipknot a fait quelque chose de sérieux même si une fois encore, cet enième retour me laisse encore sur une impression moyenne.

Cette chronique ne brossera pas Slipknot dans le sens du poil comme les deux précédentes l’ont fait avant moi. Je ne pars pas en guerre contre Slipknot, mais des choses me choquent encore dans leur nouvelle musique. Une certaine vérité doit être rétablie sur Slipknot. A lire les deux chroniques dithyrambiques ainsi que les commentaires laissés, on supposerait que Slipknot vient de nous pondre une tuerie que le monde du Métal n’a jusque là pas connu.

Je ne partage pas ces avis, même si je les respecte, car le Metal forme dans son ensemble avant tout une grande famille, et sans tomber dans un débat polémique sur le bien fondé de cet album, je souhaite apporter une nouvelle vision sur ce nouvel opus, qui n’est pas trop mauvais, mais qui est très loin d’être parfait.

Comme d’autres l’ont écrit avant moi, ce nouvel opus des neufs gars de Des Moines s’ouvrent sur une intro typique, à savoir une radio sur laquelle quelques samples et quelques messages viennent se fixer, pour s’accélérer de manière furieuse pour déboucher sur le vrai début de l’album. Cette intro rappelle évidemment 742617000027, l’intro de l’album Slipknot.

Gematria nous arrive alors dans les oreilles et les premières impressions sont que le style est plus agressif qu’avant. On note indéniablement les influences de groupes du moment tels Lamb Of God. La chanson reste moyenne, car le chant de Corey parfois trop rapide n’est pas en adéquation avec l’instrumental. On a l’impression qu’il s’essoufle, qu’il souffre pour suivre. Cette impression sera la même sur quasiment toutes les chansons de l’album : Corey est vraiment à la ramasse ! Parfois il me rappelle un certain jonathan davies dans ses heures sombres. Le problème ne tient pas dans la musculature de sa voix mais dans son timbre de voix pour nous captiver et nous émouvoir dans les refrains où la colère est censée se propager vers nous. Au lieu de celà, c’est le rire qui survient me concernant.

Il y a cependant une chanson qui fait mouche du premier coup, à savoir le single Psychosocial, dont le rythme à cheval entre le Brutal (mais pas trop) et le Thrash, vraiment grand guignolesque où Corey arrive dans un premier temps à nous captiver durant les couplets, puis soudain nous exaspère lorsqu’il se coince un testicule dans une porte au moment d’entonner le refrain. C’est dommage que ce chant trop clair vienne gâcher ce morceau au départ prometteur.

L’instrumental est pourtant indéniablement meilleur que sur Volume3 Sublimal Verses, car les rythmes sont plus soignés, et pour le coup Sid et Craig servent enfin à quelque chose. Et pour la première fois, on peut trouver que par ses combos et sa double mitrailleuse, monsieur Jordisson fait enfin preuve d’humilité et ne vient pas trop couvrir le reste. Là-dessus, Slipknot est surement devenu plus mature et moins démonstratif.

C’est peut être un paradoxe, car si les nouvelles compos sont d’avantage recherchées et inspirées que sur les anciens albums, il manque ce petit quelque chose qui faisait groover l’ensemble comme une machine à tuer sur Iowa ou Mate,Feed,Kill,Repeat.

Malgré plusieurs écoutes, il demeure difficile d’adhérer pleinement à cet album. Le style est ici trop doux, trop suave (le mignon petit goret, oups pardon, le mignon petit corey) pour du Slipknot. Le coté haineux ne tient pas en la violence d’une chanson, mais dans la façon de le démontrer. Le décalage entre le chant et l’instrumental ici tue tous les messages haineux (comme dans Butcher’s Hook, une chanson du genre) que les neufs veulent nous faire passer.

De plus, avec des morceaux en roue trop libres comme Snuff, Vendetta ou la chanson Bonus Til’ We Die, on se demande si Slipknot n’a pas un peu régressé, et contracté la maladie terrible du « Biscuit Mou ».

Cet album sonne comme une attraction commerciale, et c’est facheux, quand on repense à Corey Taylor, dans plusieurs interviews, nous mettant en garde contre la musique commerciale. Pourquoi parle-je de musique commerciale, mais parce qu’ils se sont laissés manipuler par les gens de roadrunner reccords tout simplement.

Sans vouloir la peau de Slipknot à tout prix, je souhaite conclure en disant que cet album, comme son prédécesseur m’a laissé sur ma faim, que cette chronique n’est qu’un point de vue parmi tant d’autre et qu’après tout “nul n’est prophète en son pays”.

12/20. J’ai déjà entendu pire. L’album n’est peut etre pas celui de la résurrection, mais des chansons comme Dead Memories, The Cold Black, Sulfur ou Psychosocial valent le détour. Pour le reste, seules certaines séquences dans les chansons m’ont fait sourire.

BO : Ghosts of Mars

August 28th, 2008 by admin

Ghosts of MarsUne fois n’est pas coutume, nous allons nous intéresser à la bande originale d’un film du légendaire réalisateur et compositeur américain John Carpenter. Durant toute sa carrière, ce génie du cinéma d’horreur et d’épouvante nous a composé des musiques d’ambiance de qualité, comme son célèbre thème d’Halloween, dans le film éponyme, ou encore quelques morceaux angoissants dans le Film The Thing, avec la collaboration historique de Ennio Morricone. Cette fois-ci il s”agit de Ghosts of Mars, film sorti en 2001, dont l’histoire sucsinte se résume en un commando d’élite devant secourir des personnes occupant la fonction de mineurs sur la planète Mars qui mystérieusement ne donnent plus aucun signe de vie.

Bref, le film ne fut pas à la hauteur des attentes, trop décevant pour les fans, mais à l’instar d’un certain “Une nuit en Enfer”, ce film ne reluira pas pour son contenu cinématographique, mais plutot pour sa musique d’enfer. Sur “une nuit en enfer”, l’on était branché très rock oldschool avec des musiques de ZZ Top, Steevie Ray Vaughan et autres.

Ici, le casting est très alléchant, puisque Carpenter s’est entouré de pointures, à savoir le guitar hero Steve Vai, les Trasheux oldschool de Anthrax, et de Buckethead (vous savez ce bon grateux masqué et avec un sceau KFC greffé sur sa tête). Du très bon, et l’originalité de ce disque est qu’il ne se réside pas en un simple tracklist des tubes des différents groupes et artistes présents,comme ce fut le cas pour “une nuit en enfer” !!!

En effet, ici, les différents protagonistes ont composé ensemble une musique de qualité, qui colle parfaitement à l’ambiance martienne et angoissante du film, et l’ensemble est cent pour cent instrumental (les chanteurs ont été sacrifiés sur Mars par les zombies du film sans doute).

Ici se croisent donc pour une expérience originale le heavy metal bourrin de Anthrax et Buckethead, les solis divins de Steve Vai, et les claviers sonnant electro-dark-doom (si je puis me permettre) de Maitre Carpenter (si je puis encore me permettre).

Cette vaste collaboration est une réussite totale. Le ton est immédiatement donné dès les premières secondes du titre éponyme, avec ce son alliant à la fois heavy et electro parsemé des arpèges non-extravagants de Steve Vai et des séquences aux claviers du maitre de l’horreur.

Pour des chansons comme Love Siege (simple mais efficace) Power Station ou Kick Ass, cette collaboration entre les différents acteurs est à son apogée, avec des mélodies thrash sublimes, suivies à la perfection par Steve Vai, qui s’en en faire de trop, nous sert des solis ravageurs. Fight Train tire aussi son épingle du jeu, avec une rythmique thrash très simple et grand-guignolesque qui se répète et sur laquelle Steve Vai (encore lui) nous cale quelques mini solos qui ressemblent à des banderilles pour nos oreilles tant çà sonne juste.

L’album comporte aussi deux titres purement ambiants, à savoir Slashing Void et Fightin’ Mad, qui sont interessants également pour les fans d’horreur, car ces créations de Carpenter ont pour but de vous angoisser, de vous maintenir de force la tête dans l’ambiance du film. Les thèmes du film que sont la technologie (voyage et vie sur mars) la folie et les commandos d’élite se retrouvent parfaitement dans les sonorités lourdes et métalliques de ces deux titres.

Dans un style moins trash, mais plus branché Rock-Blues oldschool la très réussie chanson Can’t Let You Go dans laquelle Steve Vai nous fait comprendre qu’il reste un maitre de la guitare. Les ingrédients sont tous réunis, une succession de solis magnifiques qui ne nous ennuyent jamais, qui vient se coller sur une mélodie orchestrée par le synthé de Carpenter et un Saxophone également qui se fait plaisir. Un grand moment du disque assurément.

Constatons enfin deux titres exceptionnels que sont Visions of Earth et Dismemberment Blues. Dans ces deux,l’ambiance sombre et puissante voulue dans le film s’exprime dans les claviers de Carpenter. Par dessus l’omniprésent Steve Vai nous impressionne encore et encore.

D’un point de vue purement personnel les deux dernières chansons Pam Grier’s Head et Ghost Poppin’ présentent un maigre intérêt par rapport au reste, mais il n’en demeure pas moins que cet album nous propose une musique et une ambiance uniques, susceptibles de plaire à beaucoup, et pas seulement aux amateurs d’electro dark ou de thrasheux. Y en a vraiment pour tous les goûts.

On ne sait pas si John Carpenter réitérera un jour la formule Heavy Metal pour la musique de ses films, mais par cet album il méritait une petite place sur Spirit-Of-Metal, et un hommage à la fois pour ses films et sa musique.


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