Age Of Nemesis : Psychogeist

Age Of Nemesis : PsychogeistNon, dans le metal progressif, il n’y a pas que Dream Theater. Les hongrois de Age Of Nemesis valent aussi le détour avec cet album Psychogeist sorti en 2006.

J’avoues que je fus attiré au commencement par le design de la couverture, pour son concept futuriste, les clins d’œil à des œuvres cinématographiques tels que Matrix, et le thème de la drogue illustré par les seringues et les gus monstrueux qui voient leurs mains remplacées par des seringues.

Cet album peut d’ailleurs être écouté pendant un bad trip puisque les mélodies endiablées qui jalonnent ce disque peuvent être d’un réconfort.

Plus sérieusement, l’album commence par une petite introduction qui mélange des bruitages tels que pluie, sirènes de police, sonorités futuristes. Puis le premier sixième de « the Psychogeist Story » démarre avec Fate’s Door, qui se compose d’une merveilleuse mélodie jouée aux claviers, bien suivie par la basse et la guitare. L’ensemble se veut sombre, et susciter chez nous un petit sentiment de mal-être. De ce coté là l’instrumental remplit sa mission. Hélas le chant de Zoltan Kiss tue un peu le mythe, car trop clair pendant les couplets. Ce n’est qu’un petit accroc, car ce chant se révèlera assez bon dans les autres morceaux.

Le morceau Grey Room démarre bien également, par un développement qui se fait de plus en plus menaçant. Zoltan Kiss chante clair, comme dans tous les morceaux, et c’est justement le timbre adéquat pour le métal progressif, mais cette fois il colle bien à l’ambiance de la chanson, car se fait plus dramatique, voire tragique, et ne chante pas comme un banal crooner comme dans le titre précédent. Pour le reste, les différentes séquences aux claviers s’enchainent assez bien, même si l’on regrette ses petits passages accélérés qui allient chant et guitare au plein milieu de ponts volontairement fantomatiques.

Ainsi, ce titre est un peu trop lunatique malgré quelques passages prenants.

En revanche pour Faceless Ennemy, çà cartonne dès le commencement, avec un echo aux claviers réjouissant, sur lequel la batterie se libère enfin et sur lequel la basse et la guitare entonnent un rythme rock oldschool vraiment prenant dès le premier écoute. De temps en temps, le clavier vient jouer une petite note blanche fine qui donne à se rythme une dimension résolument dramatique. Les lignes de chant sont ici correctes, et Zoltan Kiss nous chante sitôt en clair, sitôt en plus agressif, pour la part sombre du morceau. Car le milieu du morceau se veut plus joyeuse, avec un solo très speed et réussi de Zoltan Fabian, sur lequel le clavier de Gyorgy Nagy fait encore merveille. Un bon morceau assurément.

Mommy’s Crying est aussi une chanson à part, et l’une des meilleures de l’album. Sur une intro bucolique obtenue sur les harmoniques de la guitare de Fabian, le clavier rentre dans le jeu, mais cette fois avec un son de piano classique. Le chanteur se lance alors pour une complainte où il nous captive plus ou moins bien. Le clavier reprend alors ce son progressif pour une mélodie enjouée plutôt pas mal. La basse rythme ensuite la danse, et le clavier sonne alors plus mystérieux le tout sur des notes très longues. Le chanteur est alors plus présent dans le ton. La suite se poursuit comme une chanson de Progressif classique avec un chant clair qui ne déçoit pas trop, de bonnes séquences à la guitare et aux claviers.

Psychogeist, chanson éponyme de l’album est une sorte de ballade rapide où chaque instrument se met en valeur, le chant n’intervenant que sur la seconde partie du morceau. Après quelques bruitages stressants en intro, une mélodie sonnant presque metal lourd classique (presque du néo-metal, mais je n’irai pas jusque là) monte, puis le clavier s’anime pour un développement assurément magistral, rythmé, stressant, endiablé.

On trouve un peu de calme dans BreakingAway, qui clot « The Psychogeist Story », avec un clavier qui monopolise quasiment tout le morceau, avec des gammes très variées, et des mélodies captivantes. On est naturellement entrainés, jusqu’à ce que le chanteur pour le coup rate son exercice et gâche un peu le ton global de la chanson. Ici, il chante même en canon, mais la mayonnaise ne prend pas, car pas assez de musculature dans la voix pour coller à l’émotion suggérée par les mélodies du clavier. Il nous offre cependant un petit passage sombre où il affiche un peu plus de testostérone pour lancer le développement sombre de la chanson. Le morceau se termine comme il l’a commencé avec une belle mélodie au piano classique.

Le titre instrumental Goddess Nemesis se veut énergique, peut agacer aussi en raison de l’absence de thème ou de base principale. Ici c’est du très progressif, avec des rythmes et des sons nombreux et variés qui se suivent et qui s’enchainent plus ou moins bien.

Bien que démonstratif, ce titre peut être intéressant pour les inconditionnels du style progressif, des claviers enragés, des solos sans fins, etc. Personnellement l’absence de structure m’a fortement décontenancé, et j’ai plus subi que aimé cet instrumental. Dommage.

Passé cette petite déception, on retrouve une structure alléchante dans Eye Of The Snake, avec une petite influence orientale nichée dans les notes du clavier. Puis revient un rythme percutant de la basse et de la guitare. Le chanteur fait le minimum syndical, en se contentant de suivre le ton de la mélodie globale ; pas de sa faute, car l’instrumental basique qui suit, avec des développements bons mais sans réelle folie ne lui offrent pas la possibilité de se lâcher.

En revanche Zoltan Kiss nuance plus sa voix sur Karma, qui sans être un modèle de rapidité ou de folie dans la mélodie est un bon morceau.

Abraxas est une chanson quant à elle très aboutie, avec une intro très souple aux claviers, ponctué d’un bruitage non-inconnu, comme celui d’une pierre ou d’une dalle de marbre qu’on fait glisser.

Ce petit effet n’est évidemment pas l’attraction de ce morceau, même si ce petit détail est amusant. Bref, la guitare prend les devants, avec un son très mélodique qui entame un quasi solo très suave, agréable. Le chant fait l’essentiel, mais le plus intéressant dans les séquences bonnes de guitare et de basse qui suivent. Ce rythme très hard est vraiment prenant.

L’album se termine tranquillement comme un générique de jeu-vidéo genre survival-horror à la Resident Evil (cela m’y fait penser en tout cas dans l’état d’esprit), avec une belle composition au piano, et quelques guitares acoustiques. On termine ainsi en roue libre sur un joyeux morceau.

DE l’ensemble, il ressort donc un bon album de Metal Progressif, toutefois à réserver aux inconditionnels de ce style, car les longues séquences au clavier, les mélodies joyeuses, et ce chant très clair sont susceptibles de ne pas plaire aux amateurs de musiques plus musclées, plus sombres, plus agressives.

15/20

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