Megadeth : Rude Awakening

Megadeth : Rude AwakeningAprès l’échec de l’album Risk (1999), Megadeth était bien revenu sur le devant de la scène avec le bon The World Needs A Hero (2001), qui pourtant recut un accueil contrasté du public.

L’année suivante fut enregistré à la fois en cd et en dvd ce live de la tournée nord-américaine de The World Needs A Hero, lors d’un concert mémorable le 19 Mars dans une petite salle aux allures de theatre à l’architecture hispanique de Phoenix en Arizona devant un parterre de 8000 personnes. Un spectacle sobre, sans effets pyrotechniques ni show à l’américaine. Un concert familial avec peu de spectateurs, sans comparaison avec le très bon Live Rock In Rio de la même année de Iron Maiden où plus de 200.000 personnes avaient assisté à la performance des Irons.

Ce petit concert en apparence est en réalité une tuerie, disons-le, et outre le son de qualité, le track-list très varié donne à cet album live les caractéristiques d’un best-of. D’ailleurs, ce disque sera jusqu’en 2004 avec la reformation du groupe la dernière performance de Megadeth, puisque le 3 Avril 2002, soit deux semaines après cette folle nuit en Arizona, Dave Mustaine était atteint d’une paralysie de son avant-bras gauche. A ce moment l’espoir de revoir un jour Dave rejouer de la guitare était mince, mais la suite nous offrira un retour en puissance et d’autres bons albums de Megadeth.

Pour la musique, le live propose évidemment les quelques tubes en provenance du dernier opus alors en date, avec des titres bien maitrisés sur scène comme Dread and the fugitive mankind, les bons 1000 times goodbye ou Return to Hangar (reprise des paroles de Hangar 18 sur une musique nouvelle plus sombre, ou même le très émouvant A Tout le Monde (avec son refrain francophone culte)). Cependant, on notera les quelques difficultés vocales sur le titre Burning Bridges, où malgré un bon instrumental Dave pousse sur les aigus.

Pour le reste, le track-list ne dénie aucun album de Megadeth, sauf le catastrophique Risk. Celà reste donc varié, et bien évidemment les vieilles chansons qui ont fait la gloire du groupe tout le long des années 80 et 90 sont de la partie, avec les Hangar 18, In my darkest hour, Devil’s Island, le politisé Mechanix, le dément Sweating Bullets, l’inoubliable Symphony Of Destruction, Holy Wars (hymne à jamais du Speed Thrash), et bien sur le fabuleux Peace Sells qui sans être le premier morceau de megadeth reste le tube qui les a mis sur la voie du succès.

Les autres chansons non encore citées s’inscrivent également dans un choix judicieux. Certaines comme Trust et Almost Honnest du très rock oldschool Cryptic Writings sont interpétées à merveille, avec un son de grat’ jouissif. On notera aussi de grands moments du disque sur un Wake Up Dead joué plus accéléré que sur l’album Peace Sells … but who’s buying, sur Mechanix où Dave charge sur son « ancien groupe », ou encore la fusion avec le public sur Sweating Bullets, dans lequel Dave fait son fameux numéro du schizophrène pris d’hallucinations comme dans le clip.

Coté musiciens, les quatre sont au point, même si on constate une présence accrue de Dave sur les trois autres (c’est d’ailleurs fort visible si vous vous procurez le dvd, qui donne une toute autre dimension à ce live assurément). Il joue les trois quarts des solos, et se ballade plus que le très bon Al Pitrelli deuxième gratteux, ou David Ellefson (qui lui à l’inverse reste sagement dans son coin à la droite du batteur)

Le batteur justement, Jimmy Grasso, qui avait auparavant déjà collaboré avec Mustaine sur le projet solo de ce dernier (MD-45), est absolument fantastique, et sa performance fait presque oublier le regretté des fans Nick Menza, qui a stoppé la batterie en raison d’une tumeur au genou.

Même chose pour Al Pitrelli, qui assure sur tous les morceaux et se place à un niveau largement égal à celui de Marty Friedman.

Un très bon live assurément, sans doute l’un des meilleurs de Megadeth encore aujourd’hui, malgré un bon “a night in Buenos Aires“.

Cependant je recommanderais de se procurer le dvd plutôt que le cd, car encore une fois, les images du concert donnent une nouvelle dimension à la musique produite.

Réjouissant. 17/20.

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