La Balafre

Just another Metal-blogs.com weblog

Falkenbach : Ok Nefna Tysvar Ty

July 6th, 2007 by admin

Falkenbach : Ok Nefna Tysvar TyQui saura jamais, dans la postérité, ce qu’a pu représenter le Viking Metal pour une certaine jeunesse des années 1990-2000 ?

Qui comprendra le souffle vital qu’un FALKENBACH inspira pour nous ? Cet air de liberté absolue, par là même de virilité et de responsabilité qui s’exhala ? De responsabilité devant les aspérités de la vie.

FALKENBACH, dont le nom signifie « Les ailes du Faucon » dans la douceur gutturale de la langue allemande, est un vent frais et puissant. Son compositeur, poète et membre unique sur cet album, se nomme Vratyas Vakyas, le moine érémitique. Il y a un sens spirituel, dans ce surnom islandais quelque peu…chrétien !

Techniquement, l’instrumentation se contente d’un chant clair, accompagné de black sur le premier morceau, de guitares sèche et électrique, et d’une batterie ; la basse brille par son absence, donnant un coté très rêche à l’ensemble.

Mais quelle est l’âme de cet album, sa qualité distinctive ?

« La patrie est amère à celui qui a rêvé l’empire. Que nous est une patrie si elle n’est pas promesse d’empire ? » Ces mots de Drieu La Rochelle résonnent comme la problématique de l’album.

De fait, la musique, de folklore pur, donc nationaliste, y retentit d’échos infinis comme…la steppe russe conquise par les drakkars ou bien…comme la terreur sacrée des Vikings qui, pleins d’un rêve héroïque et brutal, découvrirent l’Islande, puis le Groenland, et poussèrent toujours à l’Ouest jusqu’au Vinnland (Canada). Trois continents : l’Europe, l’Asie, l’Amérique, jamais assez loin, jamais assez grands, pour ces aventuriers qui méprisaient parfois d’établir de manière durable et définitive leur présence sur le sol conquis. Et qu’importe, d’ailleurs ! Le sang sera toujours assez généreux pour revenir.

C’est cette immensité perpétuelle, inépuisable, qui caractérise le chant de Vratyas Vakyas. Et quelle respiration s’y découvre, malgré une voix aux intonations limitées !

Et quel vent salutaire dans cette musique ! Du vent. D’aucuns se plaignent parfois de « l’ennui » propre à FALKENBACH. Mais c’est que cette musique « souffle » comme le vent. Lequel peut se révéler monotone jusque dans sa puissance. Et est-ce la peine de rêver d’expéditions en drakkars, si l’on déteste le caractère du vent et ses caprices ?

« La sève du monde ne peut passer que par nos racines patronymiques. » (Drieu La Rochelle)

Voilà ce que je considère magnifique chez FALKENBACH : savoir suggérer l’immensité du monde et de son ciel divin par le prisme d’un caractère humain déterminé. Savoir nous apprendre que toute expérience universelle n’est possible qu’à travers ce que nous sommes. Et que nous sommes ce que nos ancêtres nous ont fait. C’est un Destin.

Et c’est ce Destin (« Hamingja » en norrois), jeté à seule fin de son accomplissement, par la volonté et le courage des hommes vikings, à travers les éléments maritimes, que nous conte « Ok Nefna Tysvar Ty ».

Est-ce ennuyeux ? Comme tout périple, l’aventure a ses mauvais moments. Et pourtant, ce sont eux qui permettent d’avancer.

Écoutez le puissant souffle de FALKENBACH : il est réel !

Leave a Comment

Please note: Comment moderation is enabled and may delay your comment. There is no need to resubmit your comment.