Erragal : Shamash

Ξ novembre 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Black Metal |

Erragal : ShamashIl est des endroits dangereux où pratiquer une musique extrême n’est pas recommandé, où les discriminations ne cessent de pleuvoir et où les conflits entre les religions sont mortels. L’Irak. Un des pays du Moyen-Orient les plus fermés et les plus ouverts aux tensions, quelles qu’elles soient. Et pourtant, quelques entités font de la résistance, à leur risques et périls. Les thrasheux d’Acrassicauda et les deathsters de Dog Faced Corpse ont déjà fait leur preuve, ainsi que l’occulte Lord Erragal, hyperactif infatigable à l’origine de plusieurs one man bands tels que Amelnakru, Kurgal et même Erragal. De ces projets dark ambient naissent une musique personnelle, à l’image même de l’Irak. Sombre, inquiétante, solitaire mais aussi mélodieuse et harmonieuse.

« Shamash » est le deuxième full length d’Erragal après quelques EP et split-CD. Il tire son nom du dieu soleil du panthéon mésopotamien en langue akkadienne. Logique, dans la mesure où Lord Erragal s’inspire de la mythologie sumérienne et des mythes babyloniens. Dieu-soleil, peut-être, mais la musique de l’Irakien n’en reste pas moins ténébreuse et froide. Bien sûr, il n’invente absolument pas la poudre à canon, mais l’empreinte occulte voire rituelle et les touches atmosphériques et néo-classiques apportent un peu de fraîcheur sur une scène très saturée.

La plupart des morceaux sont minimalistes et angoissants, déstructurés et bruitistes. Les nappes de claviers sont enveloppantes, les sons organiques et les échos sont de mises, tandis que certains bourdonnements rappellent le drone (Pt. 1, 2 et 3). Les voix sortent sorties d’outre tombe, maladives et profondes, telles les paroles décadentes de Shamash.

Quelques titres ont un rythme, mais on reste dans le très lent, afin de jouer avec notre imagination. Impossible de se sortir de ces méandres obscures, les nappes de claviers d’Erragal étant très sombres, et souvent trop linéaires, en particulier sur les parties les plus longues. Certaines tendent à trop se ressembler, mêmes si elles sont reliées par cette aura mystérieuse et rituelle. Le piano renforce cet effet, en particulier sur « Days of the Sun », « Unveiled » ou « Fragments of the Past », trois titres ayant la particularité de se détacher de la série des « Shamash ». L’aspect neo-classique prime, mené par des notes plus percutantes, plus entraînantes, mais aussi plus orientales, dignes représentantes de la chaleur du Moyen-Orient.

« Shamash » peut paraître anecdotique dans la sphère du dark ambient mais représente beaucoup pour l’Irak et pour tout le Moyen Orient, souffrant encore de certaines interdictions. Lord Erragal et son album de soixante minutes expriment bien ce malaise et cette torpeur mêlée aux mystères des mythes et légendes mésopotamiens. Une belle dédicace à une région qui ne demande qu’à être redécouverte.

 

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