Grief Of Emerald : It All Turns to Ashes

Ξ novembre 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Grief Of Emerald : It All Turns to AshesAlors que le black symphonique se modernise énormément, notamment en Russie, l’old school se meurt et il est très difficile de trouver des formations officiant encore dans un son très typique des 90s. Les derniers Evilfeast et Locus Neminis nous auront montré qu’il y avait encore un peu d’espoir ainsi qu’un petit nombre de formations perdues quelque part en Scandinavie, comme Grief Of Emerald en Suède, grand foyer de black metal mais pas de black symphonique. Les quelques groupes existants ont vite disparu, que ce soit Ishtar ou Necromicon, laissant des places presque vacantes depuis des années. Presque, car le quintette originaire de Uddevalla subsiste et continue de faire perdurer le mouvement des années 90.

Depuis la sortie d’un « Nightspawn » très prometteur en 1998, il se sera fait plus ou moins remarquer, connaissant des hauts et des bas, apparaissant et disparaissant, à l’image de la qualité de ses albums. « Christian Termination » avait montré tout son potentiel avant un split-up de plusieurs années et une reformation récente, menant à une signature chez les Néerlandais de Non Serviam Records et aux enregistrements de deux albums sortis de façon consécutive, 2011 avec un « The Devils Deep » très moyen et 2012 avec « It All Turns to Ashes ».

On reste ici dans le bon black metal suédois, avec des riffs typiques et une batterie qui envoie du paté. L’ensemble rappelle ce qui avait été fait avec « Christian Termination » en plus de flirter avec les touches symphoniques norvégiennes à la Dimmu Borgir ou Old Man’s Child (période début 2000). On a donc quelque chose de puissant et d’agressif, souvent bourrin et parfois brutal, avec un concept anti-religion apportant des ambiances sombres et malsaines soutenues par une production correcte. « And Yet It Moves » et « God Carnage » mettent littéralement dans le bain sans nous laisser le temps de réfléchir. Bien au dessus de « The Devils Deep », on ne nous laisse pas de répit et on nous assomme à grands renforts de riffs bien placés, de cris black crédibles et de batterie bourrine.

Le rythme est souvent rapide et il ne nous permet pas toujours de respirer, l’album perd alors en variation. Grief Of Emerald mise énormément sur les blasts, à croire qu’il ne sait pas vraiment comment caser des moments plus lents, sauf sur un « Where Tears Are Born » plus mid-tempo, un titre éponyme influencé par le death metal (un élément qui n’avait plus vraiment fait son apparition depuis un bon moment chez le groupe) ou un « Cage of Pain » emporté par un bel élan symphonique, avec les arrangements et le piano.

Hormis ça, on ne pourra pas dire que le clavier est toujours l’élément principal des compositions de Grief Of Emerald. Ce sont souvent les guitares qui mènent la danse et le clavier tend à accompagner, en posant une atmosphère et des nappes plus ou moins bien intégrées. Certains morceaux manquent cruellement de puissance de ce côté là, tandis que d’autres font moitié/moitié, alternant parties black metal suédois et parties black metal symphonique norvégien, comme le terrible « The Third Eclipse », qui écrase à lui tout seul tous les morceaux de l’album.

Grief Of Emerald s’améliore et retrouve son inspiration, sans non plus faire quelque chose de révolutionnaire dans le genre. « It All Turns to Ashes » reste perfectible mais propose un bon mélange de black suédois et de sympho norvégien à la sauce 90s, ce qui pourra plaire à tous les nostalgiques de cette mouvance.

 

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