Hord : The Book of Eliot

Ξ avril 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

Hord : The Book of EliotHord avait fait belle impression avec la sortie de son deuxième opus « The Waste Land », suite au concept ambitieux du premier né « Reborn from Chaos ». Les Frenchies sont de retour cette année avec une autre partie tant attendue sous le nom de « The Book of Eliot », un album qui risque d’être étudié sous toutes les coutures car Hord est sans doute sur le point de devenir un des leaders majeurs de la scène modern metal française.

« The Book of Eliot », donc, fait suite au très pessimiste “The Waste Land”. Toujours avec cette dimension post-apocalyptique, le titre de l’album peut d’une part, évoquer le film “Le Livre d’Eli” mais aussi le poète britannique T.S Eliot, autour du poème moderniste « La Terre Vaine » (ou « The Waste Land »). L’opus en question met en lumière le personnage d’Eliot, une sorte de messager vagabondant sur les terres désolées dont on découvre son livre, un livre renfermant ses souvenirs et ses émotions mais aussi quelques réponses potentiellement liées aux événements apocalyptiques qui se sont produits sur « The Waste Land ». Bref en tout état de cause, « The Book of Eliot » semble être un album complexe où la recherche et le travail sur le concept, les paroles et la musique ne font qu’un.

On découvre alors 10 titres classés dans trois parties distinctes. La première, « Unveiling », se compose de quatre morceaux pouvant alors être vu comme un tout. Passée l’introduction pessimiste et mélancolique, on découvre la première déflagration « Confession » dans lequel Eliot dialogue avec lui-même et confesse ses fautes. L’alternance des vocaux criés/clairs et même leur superpositions permet d’établir cette dualité afin de transporter l’auditeur dans les pensées du personnage. S’ajoutent à cela des riffs répétitifs mais hypnotiques posant les atmosphères. La polyrythmie à la Meshuggah, le côté percutant de la batterie ainsi que la folie ressentie dans les vocaux ajoutent une dimension toute particulière, qui ne peut que nous évoquer le monde dévasté dans lequel vit Eliot, le vagabond solitaire.

Hord s’extrait du côté cyber qui régnait sur « The Waste Land » pour adopter un metal modern influencé par Meshuggah mais aussi le duo Textures/Tesseract. Quelques relents post-rock se font aussi ressentir notamment sur « At the Gate » avec ses riffs atmosphériques. On a alors beaucoup moins de touches indus, le tout étant plus porté sur les guitares mais surtout les vocaux, qui tiennent une place très importante puisqu’il s’agit avant tout de la parole d’Eliot.

La seconde partie, « The Seasons Unchained », se concentre sur les saisons, symbole des différentes parties de la vie humaine. Hord a fait le choix de débuter par l’hiver avec « Landscape with the Fall of Icarus » afin de mettre en avant la chute, la fin de vie. On découvre un morceau plus hargneux, alternant passages planants et accélérations, afin de mettre en avant un Eliot entraînant avec lui l’humanité toute entière dans son déclin. Mais la brutalité du modern metal de Hord se fait beaucoup plus ressentir sur « The Unwaverings », l’automne, la phase adulte de l’homme, la période dans laquelle il se sent tout puissant. Les riffs sont alors plus percutants, le côté djent plus présent, et les vocaux principalement criés, imitant la rage d’Eliot. La technique est aussi rendez-vous avec des arpèges plus complexes et ces saccades typiques. L’été passe vite et on passe au printemps avec « Kindermord », un titre émotif dégoulinant de pessimisme et de mélancolie rappelant un peu le morceau « Critical Mass » de Sybreed. Ici, c’est la fin de l’innocence avec des riffs et des vocaux tiraillés entre douceur et agressivité.

Même s’il ne révolutionne rien dans le domaine, Hord fait du beau boulot en la matière, offrant avec « The Book of Eliot » des titres variés, progressifs et habités par une âme. Un groupe reconnaissable entre mille et possédant une forte personnalité, qui a cette fois-ci produit lui-même son opus. Le mixage et le mastering ont toutefois été confiés à Magnus Lindberg (Cult Of Luna) aux Vihelm Room tandis que l’artwork est l’œuvre de Jakob Arevarn. Un album qui s’écoute autant qu’il se lit puisque le livret, fidèle à un livre/journal fourmille de détails passionnants. En tout cas, belle réussite pour ces Frenchies, qui se dirigent sans aucun doute vers la bonne voie.

 

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News