Noein : Infection – Erasure – Replacement

Ξ mai 7th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Noein : Infection - Erasure - ReplacementA l’heure actuelle, lorsqu’on parle de cyber metal, on dit Russie ! Suisse ! Mais il fut une période où on aurait pu dire France ! Eh oui, souvenez-vous, il y a plusieurs années maintenant sortaient des albums assez représentatifs du genre, comme « Replika » de Division Alpha en 2003, « The Synthetic Light of Hope » d’Hypnosis, « Tesla » d’Herrschaft en 2008 ou « Evolution » de Techny Call X en 2009. Et depuis, pas de news de ces Frenchies, certains ayant splité, d’autres faisant une pause. Gros silence donc depuis un moment et il serait peut-être temps d’inverser la tendance.

Pendant que ces formations hibernent, d’autres émergent, comme les Bretons d’NKVD avec leur album révélateur « Degeneration » mais aussi les Normands de Noein avec leur EP prometteur « The Initiale Tale » en 2010. Des nouvelles figures qui peuvent être en passe de donner un autre visage au cyber français. Il faut dire que Noein est de retour cette année avec leur premier album « Infection – Erasure – Replacement ». Et quel nouveau visage…il se dégote le label Klonosphère, se dégote un logo plus pro, jouit d’une promotion monstre et d’un son en béton armé grâce au travail de Thibault Chaumont aux Deviant Lab Studios (Trepalium, Klone), ce qui permet quand même d’extraire le style de son carcan underground. Musicalement, Noein renforce son identité avec son cyber metalcore teinté d’éléments death, une tendance relativement peu exploité jusqu’à présent. On retrouve donc l’univers de « The Initiale Tale » mais un cran au-dessus, avec une nouvelle puissance de feu et un nouveau concept toujours aussi pessimiste et destructeur. La Corporation contrôle tout, de nouveaux humains sont en route et l’ultime but, à travers la résistance, est de les éradiquer.

C’est avec « I-E-R » que Noein met en route sa machine. Des samples froids et mécaniques nous embarquent dans un monde déshumanisé. La mélodie rappellerait même le thème de Terminator avant l’arrivée massive des guitares. Ici, le ton est donné. Les Rouennais font dans la violence sans non plus laisser de côté la part de mélodie. « Liars Dream » nous le montre bien avec ces riffs tranchants comme des rasoirs, cette batterie écrasante et les cris féroces de Jenny.

Le ton est clairement plus metalcore que sur le précédent EP. Couplé aux éléments cybernétiques et à cette violence crue qui domine, cela n’en est que beaucoup plus puissant. Les vocaux de Jenny sont maîtrisés et sacrément efficaces, même si beaucoup de plans restent linéaires, notamment dans l’articulation. Cela ne l’empêche toutefois de passer d’un chant à la Angela Gossow (Arch Enemy) à un chant beaucoup plus arraché et torturé, mettant en valeur le côté alambiqué et destructeur du concept. On retrouve aussi quelques légers plans clairs, mais très peu (« Will Live »), contrairement à l’EP qui jouait sur cette dualité, comme sur « Chrysalis ». Ici, on peut dire que Noein met l’accent sur la brutalité de sa musique, sans concessions et portée sans arrêt par une batterie tonitruante et des riffs crus et modernes au possible.

Comme tout bon groupe de cyber qui se respecte, Noein semble s’inspirer de Fear Factory. Cette influence est une des plus flagrantes, elle se ressent sur l’intégralité des morceaux, certains riffs, certaines tonalités, mais aussi certains passages atmosphériques et certains samples. Les trois instrumentaux interludes peuplant ce « IER » sont assez caractéristiques, que ce soit « Infection », « Erasure » ou « Replacement », mécaniques, cybernétiques, glaciaux mais aussi immersifs. L’imagination se met en route, il n’est pas difficile de comprendre ce qui se passe dans l’univers de Noein.

L’album possède de nombreuses qualités ainsi qu’un certain grain de folie et une réelle identité. Il souffre toutefois de sa longueur. On peine à atteindre les treize titres, non pas à cause de la violence, mais à cause de la linéarité. La plupart des morceaux suivent la même structure et il n’y a pas vraiment de chansons phares, ni de moments qui prennent aux tripes, si ce n’est « Nick of Time » qui joue beaucoup sur de nombreux éléments (samples, diversités des vocaux, alternances de passages posés et de passages agressifs).

« Infection – Erasure – Replacement » reste un album ultra efficace et survitaminé où les Frenchies n’hésitent pas à nous en envoyer en pleine poire, histoire que l’auditeur se croit pris au sein de cette guerre mécanique infernale. Pas de quartier pas de pitié, cette formation de cyber/metalcore ne tombe pas dans le piège de la facilité et des clichés (que ce soit du côté metalcore comme du côté cyber), même si la linéarité pointe rapidement le bout de son nez. Le cyber français va refaire des heureux, ça c’est sûr !

 

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