Retribution (ESP) : Opus Serpentis (Prologue)

Ξ juillet 20th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Retribution (ESP) : Opus Serpentis (Prologue)Créé par le duo L. Shihan et S. Scimoth sous le nom de YK3 en 2005, puis renommé en Retribution en même temps que l’arrivée de membres supplémentaires, ce projet espagnol de black symphonique ne manque pas d’audace. Les sept musiciens ont transformé peu à peu leur musique en un ensemble grandiloquent et théâtral et il se pourrait que l’Espagne ait enfin trouvé son représentant black symphonique, puisque ce style est loin d’être exploité chez les ibériques.

C’est en 2013 qu’ils donnent enfin une suite à leur premier opus sorti en 2007. Une suite assez particulière puisqu’il s’agit d’une sorte de mélange entre Dimmu Borgir, Rhapsody, et Danny Elfman. On retrouve le black metal de l’un ainsi que son ambiance symphonique, le côté épique et théâtral de l’autre, et l’aspect sombre et mystérieux du compositeur d’une bonne partie des films de Tim Burton. On ne pourra pas parler de fusion puisque l’ensemble tend parfois à manquer de cohérence. Les différents éléments peinent à entrer en osmose, les riffs, les vocaux et les claviers sympho faisant – et ce, chacun leur tour – remplissage.

Ainsi, lorsque ce sont les riffs qui mènent, la grandiloquence du sympho n’est là que pour faire jolie, et inversement. Les guitares n’ont d’ailleurs pas souvent le monopole, en témoignent des titres comme « Corpus Anticristi Y3K » où les envolées aux violons dominent tout le long. Malgré tout, ce titre est sans doute le plus complet et le plus représentatif de l’univers de Retribution. Le jeu rappelle les couplets d’un « Gateways » de Dimmu Borgir auquel s’ajoute tout un ensemble vocal, chœurs, chant black voire death et chant soprano offert par Itea Benedicto, avant un passage plus speed guidé par un solo épique.

Même si les orchestrations sonnent souvent synthétiques, elles n’en restent pas moins de bonne qualité, et tiennent la route. « The One » arrive à nous embarquer : les voix se confrontent même si elles manquent de force. Les guitares ont du mal à se faire entendre tant le reste de l’instrumentation les recouvre, même si quelques riffs black font timidement leur apparition.

On a tout de même droit à une fresque épique et impériale comme le montre bien « Promised Land ». A la fois sombre et chaleureuse, certaines tonalités rappellent les symphonies arabisantes proches de certaines BO telles que Lawrence d’Arabie. Le rythme est soutenu et surtout porté par la batterie et les claviers. La voix a ses moments de faiblesse et les guitares ne tirent leur épingle du jeu qu’à certains moments.

On pourrait presque parler d’opéra black metal. « Opus Serpentis » est un EP surtout fait en prévision de l’album « Corpus Anticristi Y3K » qui devrait arriver très prochainement. On découvre alors un groupe qui a le cul entre deux chaises. D’un côté, on a un aspect théâtral indéniable mené par plusieurs types de voix et accompagné de claviers virevoltants et bien menés. D’un autre, on a un ensemble souffrant de nombreuses faiblesses, notamment les guitares, quasiment camouflées. Retribution ne doit donc pas hésiter à arranger ce souci de mixage afin de donner plus de puissance et plus de peps à sa musique, qui reste souvent dans la même ligne de conduite. En attendant, on est curieux de voir ce que ce projet peut devenir sur le long terme…

 

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