Carpe Tenebrum : Mirrored Hate Paintings

Ξ novembre 22nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Carpe Tenebrum : Mirrored Hate PaintingsAstennu a un planning bien chargé à la fin des années 90. Il officie deux ans (1997-1999) chez Dimmu Borgir et fait partie du line up ayant engendré le remarqué « Spiritual Black Dimensions », est aussi dans Covenant le temps de la sortie du célèbre « Nexus Polaris » (1998), et est surtout le membre fondateur et tête pensante du groupe Carpe Tenebrum avec le vocaliste Nagash (lui aussi membre de Dimmu Borgir et de Covenant, décidément).

Quand le second album des compères, « Mirrored Hate Paintings », sort, beaucoup se demandent quel en est vraiment l’intérêt, et pour cause : musicalement parlant, on se retrouve avec une musique très proche du « SBD » de DB en certainement moins symphonique. Il faut dire que ce « MHP » a été enregistré quasiment en même temps que l’opus de la bande à Shagrath dans le même studio (Abyss Studio) et sous la houlette de Tommy Tagtgren, la finalisation ayant lieu en hiver 1998.

Avec « Mirrored Hate Paintings », on ne peut pas dire qu’Astennu et Nagash aient pris le risque d’engendrer une musique dotée d’un autre univers puisque, n’ayons pas peur de le dire, l’œuvre n’est autre qu’un « SBD » numéro 2. On retrouve la même empreinte, à savoir les blasts contenus, le riffing dense, la patte black metal obscure, l’ambiance brumeuse, le chant tantôt black, tantôt rauque et la présence importante de claviers.

Toutefois, Carpe Tenebrum arrive à se différencier de ses compères norvégiens pour plusieurs raisons. D’une, il n’y a pas de batteur, Astennu ayant été contraint de se contenter d’une vilaine boîte à rythme. De deux, il n’y a pas de chant clair, ici on a préféré remplacer les interventions divines de Vortex par des interventions diaboliques et très agaçantes, sortes de narration en voix déformée que l’on retrouve sur la majeure partie des titres, notamment l’intro de « The Abyss’s Mystic Haze » et le final de « Ludus ». De trois, la basse est légèrement plus audible et un poil plus technique mais cela ne l’empêche pas d’être parfois noyée dans le flot de claviers et de blasts. De quatre, les éléments symphoniques comportent quelques divergences. N’est pas Mustis qui veut. Même si Astennu utilise quelques sonorités, quelques nappes, quelques arpèges similaires à ce qui est fait sur « SBD », on ne retrouve pas des parties symphoniques pures et dures à la « The Promise Future Aeons ».

Quoi qu’il en soit, même si on tente un temps soit peu d’oublier les antécédents d’Astennu et de Nagash, les références à « SBD » finissent toujours par revenir. Rien que le premier titre contient les ingrédients d’un « Reptile » ou d’un « Grotesquery Conceiled ». Ca va vite, ça nous transporte dans la noirceur de leur musique avec cette atmosphère quasi fantomatique et la patte atypique d’Astennu niveau riffing et soli.

Malgré tout, il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas trouver des qualités dans la musique de Carpe Tenebrum et ce, en dépit des nombreuses ressemblances avec « SBD ». On retrouve une partie de la force de ce dernier avec des montées en intensité, des accélérations bienvenues, des coups de claviers bien placés et des riffs qui font mouche. Sans oublier les moments forts avec des passages calés de manière judicieuse pour renforcer l’intensité, « The Painting » en est un bon exemple ainsi qu’« And Forever », ces deux titres étant sans doute les deux plus grosses pièces de ce « Mirrored Hate Paintings ».

« Mirrored Hate Paintings », même s’il n’a pas marqué les esprits contrairement au « SBD » qui a bien mieux fonctionné, reste un album très satisfaisant qui devrait parler à tous les amateurs de Dimmu Borgir. La musique et les paroles sont loin d’être bâclées et truffées de maladresse, contrairement à tout l’aspect visuel et conceptuel : une faute de latin dans le nom (normalement Carpe Tenebrae), une faute de frappe dans la tracklist sur la pochette arrière (« And Fever »), une faute d’étiquetage au niveau du morceau « Lured Like Your Thought », indiqué comme instrumental alors qu’il y a bel et bien du chant et des paroles, et des fautes de couleurs dans le livret (de l’écriture claire sur un fond clair ne font généralement pas bon ménage…).

 

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