Kartikeya : The Battle Begins

Ξ décembre 28th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Kartikeya : The Battle BeginsExotique, chaleureux, oriental, ce doux nom nous fait voyager et pourtant, il n’est que le patronyme d’un dieu de la guerre hindou, fils de Shiva et de Parvati. Délicatement posé dans un simulacre d’écriture sanskrit sur une pochette grise et beige qui représente trois jeunes femmes entourées de guerriers, tout laisse à penser que la musique est empreinte d’éléments folk et bien évidemment orientaux, et que le groupe lui-même, baignant dans ses folklores et mythologies antiques, provient de ce pays mystérieux et magique, l’Inde. Mais aussi évident que cela puisse être, ce groupe n’est pas hindou mais bel et bien russe.

Et pourtant, malgré tout, le quintette réussit talentueusement à intégrer des instruments traditionnels et des ambiances chaleureuses au sein même d’un death metal assez brutal et cru. Nous retrouvons donc avec plaisir les sitars, percussions, chœurs et chants traditionnels, mandolines, flutes et violons du coin, créant un ensemble pour le moins dépaysant et irrémédiablement ethnique, folk, voire même symphonique…

Créé en 2004, Kartikeya sort un EP et une démo avant la sortie de ce « The Battle Begins » signé chez Musica Productions. Influencé en partie par Orphaned Land, ainsi que par la mythologie hindoue et les guerres de territoires et de religion entre autres, le combo russe intègre astucieusement des parties aussi brutes que mélodieuses, lourdes et aériennes parfois teintées de black. Détenant dans leur rang un ex batteur d’Arkona à la frappe furieuse, la musique de Kartikeya, contrairement à leurs confrères d’Orphaned Land, est beaucoup plus rêche, agressive, et rapide. Les riffs hargneux mais peu variés mettent toutefois en valeur cet ensemble dense et sans pitié, efficace et dynamique, tandis que le growl monotone de Roman mais terriblement caverneux pousse à son paroxysme cette brutalité impalpable qui règne en maître au fil de cet album qui porte décidément bien son nom : la bataille a commencé, et n’est pas prête de s’arrêter, comme le montre l’intensité de la musique…

Mais à l’intérieur même de cet ensemble terrible et ravageur, les instruments traditionnels apportent une touche de sensibilité et de l’harmonie, afin de donner plus d’originalité aux titres. Les sitars sont souvent les rois (« Nemesis Part 2 » ou « <a href="http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Kartikeya-nom_album-Oasis-l-fr.html" onMouseOver="PopInfoAlbum('Orphaned Land‘,’fr’);” target=’_blank’>Oasis-Soul’s Path » par exemple) et donnent un petit côté exotique unique. L’assemblage violon/flute rendent les morceaux encore plus symphoniques (« Enter My Dome », « The Battle Begins »). « The Battle Begins », titre éponyme en deux parties, est d’ailleurs la grande fresque de l’album, épique et flamboyante, fusionnant les éléments death, black, folk et symphonique à la perfection. Du haut de ses onze minutes, et séparé en deux morceaux distincts, il est aussi riche et varié que progressif tant les sonorités, les riffs, les instruments et les techniques de chants sont diversifiés.

Plusieurs pistes instrumentales sont présentes tout au long de l’opus, à savoir « Nemesis Part 1 », l’introduction donc, « Kailas », et « The Last Night »…trois morceaux faisant office de pauses, comme une trêve en temps de guerre, histoire d’adoucir l’atmosphère et d’emporter l’auditeur vers une musique douce et chaleureuse, où se croisent les divers instruments traditionnels.

Mais « The Last Night » est le titre piège. Trois minutes d’instru suave et calme, où des samples de vent nous bercent, puis le blanc total…pendant quelques minutes…mais détrompez vous ce n’est pas fini…cette fin gentillette n’est que le prélude d’une fin encore plus brutale…la reprise du morceau « Babylon » de Soulfly en plus death bien sûr, mais n’apportant rien de nouveau…

Il faut tout de même s’accrocher en écoutant cet album car hormis cette brutalité prédominante, les parties expérimentales sont assez récurrentes et pourraient être difficiles à appréhender. Ca part parfois dans tous les sens, surtout au niveau des ambiances et des instruments traditionnels, en particulier sur « <a href="http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Kartikeya-nom_album-Oasis-l-fr.html" onMouseOver="PopInfoAlbum('Orphaned Land‘,’fr’);” target=’_blank’>Oasis-Soul’s Path », mais le rendu est d’autant plus intéressant. Toutefois il est vrai que le mélange de ces parties et des riffs ne cohabitent pas totalement comme il faut.

Une belle épopée orientale pour ce jeune groupe qui, avec ce premier véritable album, place la barre assez haut. Leur death metal assez brutal ne fait toutefois pas impasse aux mélodies et ambiances hindoues, essence principale des titres, faisant l’originalité de Kartikeya et sa magie.

 

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