Skyfire : Timeless Departure

Ξ avril 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Skyfire : Timeless DepartureLa fin 1990/début des années 2000 aura été une période très solide dans le domaine du metal mélodique et surtout du metal extrême mélodique. Children Of Bodom aura accouché de trois albums en 1997, 1999 et 2000 (« Something Wild », « Hatebreeder » et « Follow the Reaper »), amenant de ce fait une nouvelle vague et engendrant un style très hybride entre power metal, black metal et néoclassique. Kalmah aura eu le temps d’enregistrer son premier « Swamplord » en 2000 dans un genre black/death mélodique très racé. Et Skyfire, quant à lui, démarrera sa prometteuse carrière printemps 2001 avec « Timeless Departure ».

En Norvège, le black symphonique connait ses plus belles heures : Dimmu Borgir s’est trouvé une nouvelle sphère, Emperor est sur le point de sortir son dernier album, Limbonic Art a déjà une belle carrière derrière lui et Arcturus a bien décollé avec son black symphonique avangardiste complet.

Quant au death mélodique, il est très en vogue, et en particulier le made in Sweden, que ce soit celui de In Flames ou de Dark Tranquility. Skyfire n’est pas originaire de Göteborg mais de Höör et ne s’est pas contenté que de s’influencer de ses pères pour créer une musique qui deviendra, avec les années, bien caractéristique et personnelle. En réalité, le quintette du début a plutôt pioché des idées à droite et à gauche, des idées en vogue il faut dire, afin d’ajouter sa patte et d’en sortir des compositions totalement originales. C’est ainsi que du mélange du néoclassisme de Children Of Bodom, du death mélodique suédois et du black symphonique norvégien qu’est née la formation de Höör.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Suède est loin d’être le pays du sympho extrême car on le connait beaucoup plus pour son death metal. Poutant, Skyfire, en 2001, va être le pionnier du black/death/mélodique/symphonique dans son pays. Preuve en est encore maintenant : les formations du genre ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. Malgré tout, rien ne prédestinait totalement ce groupe à un avenir brillant, car non seulement Children Of Bodom vivait ses meilleures heures mais en plus les scènes death mélodique et black symphonique offraient à ses auditeurs des albums d’exception. Enfin, la musique de Skyfire était loin d’être parfaite. Le groupe naquit donc dans l’ombre des combos du moment.

Cependant, ce n’étaient pas ces obstacles qui allaient faire reculer les membres de Höör, bien au contraire. Ils arrivent à se dégoter le tout petit label Hammerheart Records et à enregistrer leur « Timeless Departure » aux désormais réputés Abyss Studio sous la houlette de Tommy Tagtgren. Une collaboration qui ne présageait que du bon pour ce petit groupe, formé depuis déjà six ans mais auteur de seulement deux démos. Il fallait la hargne nécessaire, une personnalité nouvelle et un petit grain de folie en plus pour espérer sortir de l’ombre.

Dès l’introduction, Skyfire impose un style avec deux minutes majestueuses, dotées d’envolées archi mélodiques au piano et de touches symphoniques imposantes. Cela se reconduit sur le second « Fragments of Time » (dont la mélodie de départ sera auto plagiée bien plus tard sur l’introduction de « Awake » sur l’album « Spectral »). Les Suédois n’ont pas eu besoin de jouer une palette complète de morceaux pour imposer leur identité. C’est le titre typiquement Skyfirien par excellence : composé par le duo de guitaristes/claviéristes Martin Hanner et Andreas Edlund, on retrouve ce riffing véloce et maîtrisé, une rapidité d’exécution à toute épreuve, une surdose de mélodie de la part de chaque instrument, un aspect symphonique non négligeable, et surtout un néoclassicisme à la COB, qu’on retrouve bien sur « The Universe Unveils », entres autres.

Skyfire possédait encore son premier chanteur, Henrik Wenngren, qui officiait plus dans un style black très criard avant de se faire remplacé par Joakim Karlsson sur l’EP « Fractal » en 2009, lui dans un ton plus growlé. Sans aucun doute, ce membre apportait cette touche black qu’il n’était pas si facile de retrouver dans le reste de l’instrumentation. Car Skyfire, c’est avant tout une formation festive et explosive qui mise tout sur les guitares et les claviers ainsi que leur extrême rapidité. Pas le temps donc d’instaurer une ambiance particulièrement black, seule la voix s’occupe de cela. Les atmosphères sont pour le coup très travaillées et très astrales, menées de main de maître par un combo en grande inspiration. Le choix du patronyme n’est donc pas anodin. « sky » le ciel pour l’astralité de la chose, « fire » le feu pour la détonation perçue par l’ensemble des compositions.

De par certains aspects, ce « Timeless Departure » peut se situer sur le même plan que Children Of Bodom, à savoir un power extrême avec des touches black et du neoclassique, comme le flagrant « From Here to Death » ou encore l’éponyme « Skyfire ». On a à peine le temps de réagir que ça part non seulement au quart de tour mais dans tous les sens. Cela fait partie du grain de folie que j’évoquais.

C’est au milieu de l’album que Skyfire atteint le point culminant de ses capacités de l’époque. Le titre « Timeless Departure » est certes le plus long mais sans doute le plus puissant et celui qui tient le plus en haleine. Il se dote de l’essence même du groupe et de ses caractéristiques principales, même si on retrouve ici toutes les influences sus-citées, à savoir le black symphonique couplé au death mélodique et à la rapidités de Children Of Bodom. Les mélodies s’envolent, que ce soit celles des guitares ou des claviers lumineux. Symphonie impériale, chant hargneux, dynamisme imprenable, piano astral fou furieux et longs soli en prime. La magie à l’état pur.

Ceci dit, le reste des titres apporte son lot d’interrogation. Certains débutent très bien et finissent par ennuyer et inversement. La surdose de mélodies peut être un facteur aggravant. D’autant plus lorsque les instruments s’envolent trop et que l’ensemble paraisse quelque peu cacophonique, comme « Bleed Through Me , Bleed for Me » qui commence plutôt lentement mais part en cacahuète lorsque le groupe met la gomme. La production y est aussi pour quelque chose, les claviers restent trop mis en avant et leur son aigu n’aide pas vraiment à cela. Dernière petite caractéristique, Skyfire a le don de faire s’emboîter les morceaux les uns dans les autres. C’est vrai dans ce « Timeless Departure », ça l’est aussi dans les autres opus. On peut facilement découper un refrain et l’accoler au couplet d’un autre titre. Si on prend la discographie complète des Suédois, on se rend compte que c’est encore plus exacte. Skyfire a en effet des limites : celui de ne pas totalement réussir à inventer de nouvelles mélodies, la faute à une envie de rester fidèle à une identité de base instaurant des mélodies particulièrement atypiques…

Finalement, avec ce « Timeless Departure », Skyfire a résolument imposé son style, retrouvé très facilement dans les albums suivants. Un style que l’on reconnaît entre mille mais qui a autant de qualités que de défauts. Cela n’a toutefois pas empêché le groupe de suivre son petit bonhomme de chemin avec une suite bien plus prometteuse avec « Mind Revolution » jusqu’au magnifique « Esoteric » en 2009 plus tourné vers le death metal, plus sombre et plus symphonique.

Skyfire fait désormais partie des groupes les plus connus en matière de black/death mélodique symphonique.

 

Winterburst : The Mind Cave

Ξ mars 7th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Winterburst : The Mind CaveDepuis la mort d’Anorexia Nervosa, il est difficile pour la France de trouver un remplaçant faisant office de référence sur la scène black symphonique, car peu de groupes possède le talent et la force de composition nécessaire. En outre, si le style en lui-même se tarit au fil des années, certains arrivent tout de même à lui faire garder une âme et une petite personnalité, ce qui est le cas du côté de la Russie par exemple.

Il y a toutefois des formations françaises qui tentent d’imposer leur identité et leur savoir faire, et celles-ci ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. Malevolentia, par exemple, avec son « Ex-Oblivion » en 2011, a charmé les adeptes du genre et imposé une force noire et symphonique ultime. Veils Of Perception et son « Black Metric » a tenté sa chance et bien que l’opus soit louable, il n’a peu attiré les foules. Quant à Winterburst et sa première démo en 2009, il n’est pas passé inaperçu, bien au contraire…

Les Versaillais avaient, contre toute attente, réussi à offrir à l’auditeur un premier jet auto produit abouti et très encourageant, mené par une atmosphère froide, sombre et inquiétante. Si déjà le potentiel s’était déjà fait ressentir, non seulement par la qualité du son mais aussi des compositions, il se dévoile encore plus quelques années plus tard, c’est à dire aujourd’hui en 2012, avec la sortie du tout premier album « The Mind Cave ». Après quelques concerts et un changement de line up conséquent (départs du bassiste Freyr et du guitariste Jörm), les Français retombent sur leur patte et nous concoctent un album qui sera certainement en passe de s’inscrire sur la liste des références black symphonique françaises.

Le combo ne change pas ses bonnes habitudes, enregistrant l’opus en décembre dernier au studio Sainte-Marthe avec Guillaume Mauduit et se dotant d’une pochette signée George Grie de chez neo surrealism art, le même artiste que pour la démo. On ressent donc une certaine continuité et une entrée plus flagrante dans l’univers de Winterburst avec cette architecture digne d’un théâtre opéra et ce fond sombre et gris. L’album se nomme « The Mind Cave » comme le nom de cette œuvre de George Grie, basée sur l’agoraphobie. Le groupe n’est, quant à lui, pas loin de cette interprétation, centrant ses textes sur un voyage à travers l’esprit et invoquant des récits horrifiques.

En effet, chaque morceau peut être vu comme un mini conte ou une mini pièce de théâtre, racontant et jouant des événements plus ou moins inquiétants. Un certain côté théâtral – confirmé par la pochette – est donc mis en valeur sur tout l’opus, comme l’indique la forte présence des orchestrations et des alternances de parties chantées. Dans son black death symphonique grandiloquent, Winterburst intègre des parties au chant black voire chant death, et des parties au chant clair comme sur « A Mirror’s Game », « Legion of Souls » ou le paisible « The Upcoming Chaos ». « D’Ombres et d’Infini », lui, rappelle Malevolentia ou Anorexia Nervosa avec ses paroles en français et cet ensemble poétique et noir. C’est comme si ces titres se dotaient d’une narration différente, comme si plusieurs personnages se partageaient les faits.

Ces histoires sont relatées en fonction des atmosphères véhiculées, bien que le tout soit principalement sombre et inquiétant. En revanche, le côté glacial apporté sur la démo est beaucoup moins important, sans doute dû à l’ambiance plus travaillée et plus tournée vers les orchestrations inspirées de BO de films. Ces dernières sont réellement à l’honneur accompagnées de riffs plus propres et plus tranchants et d’un chant plus maîtrisé. « A Mirror’s Game » ou l’éponyme « The Mind Cave » vous donneront une bonne idée de la chose, tout étant bien calculé, soigné et fait minutieusement, Winterburst variant son propos avec l’utilisation des claviers. Si « Insanitarium » se passe au 19th siècle, jouant sur les choeurs et sur un certain aspect menaçant, « The Stray » touche au mystique et à la puissance, en n’omettant pas d’apporter une dose de mélodie à la guitare, tandis que les deux versions de « Beyond the Wall » se veulent aussi épiques que guerrières et portées sur les choeurs en latin.

Winterburst ne renie pas ses influences Dimmu Borgir ou Graveworm mais n’en fait pas une évidence non plus. Le combo a réussi à imposer sa sauce en s’imprégnant d’éléments venus d’ailleurs comme sur le puissant et efficace« The Ancestral Ritual ». On note aussi une certaine prise de risque avec « Circus of Freaks » et ses orgues, son côté fête foraine et joyeux. Une fausse joie qui se mélange à des éléments malsains et effrayants à la manière d’un Bishop Of Hexen sur un « The Somber Grounds of Truth » mais en moins atmosphérique. De plus, les notes montantes et descendantes ainsi que le titre peuvent rappeler le « Kings of the Carnival Creation » de Dimmu Borgir.

Bien que la production soit un poil trop policée et que la batterie reste un peu en retrait, Winterburst offre un album de grande qualité, parfois pompeux au niveau des orchestrations mais bien dosé sur le plan guitaristique et vocal. « The Mind Cave » reste bien puissant et efficace, dans une esthétique black symphonique moderne et racée, qui propulsera sans aucun doute Winterburst dans la liste des références françaises du genre.

 

Helioss : The Forthcoming Darkness

Ξ février 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Helioss : The Forthcoming DarknessFondé en 2009 par Nico et prenant pour concept le dieu grec du soleil, Helioss est un projet musical très ambitieux qui s’inspire autant du heavy metal et du black symphonique que du neo classique. Après l’arrivée de Pierre au chant, le duo s’est attelé à la fabrique d’un premier EP, « Confessions », en 2010 avant de s’attaquer au premier full length, écrit courant 2010/2011 et terminé en 2012.

Avant toute chose, Helioss est un projet totalement voué au studio et non à la scène, ce qui confère à la musique une autre dimension. Loin d’être créée en vue d’une prestation live, les compositions restent donc très variées et ouvertes à de nombreuses possibilités, si bien que les treize morceaux de cet album se retrouvent unis par cette fibre qu’est le mélange des genres. Pas de réelles continuités entre chaque morceau, tout peut se prendre indépendamment bien que tout soit raccroché à ce titre ténébreux, « The Forthcoming Darkness ».

Le soleil se teinte de noirceur, ses rayons deviennent plus obscures bien que sa chaleur soit indéniable. Cette source de vie, de son cœur ardent, est en passe de nous offrir une nouvelle dimension. Et la voici. L’opus se veut plus sombre que le dernier « Confessions » mais tout aussi expérimental et progressif sur les bords. Plus fouillé, plus travaillé, Helioss a trouvé le moyen de mettre ses influences à profit, utilisant un peu des premiers Dimmu Borgir pour ce qui est des atmosphères et des touches black, un peu de Mirrorthrone pour l’aspect neo classique, un peu de classique pour ce qui est des orchestrations, un peu de heavy pour ce qui est du rythme et de la technique de guitare, et un peu de death pour certains riffs et certains growls.

Il n’est donc pas spécialement facile de décrire la musique d’Helioss en quelques mots mais le duo a au moins le mérite de nous proposer quelque chose de moins conventionnel de ce qu’on a l’habitude d’entendre en ce moment. Mais il semblerait que le neo classique s’intègre de plus en plus au black symphonique ou même au death metal ces derniers temps. De fait, les frenchies se sont donnés beaucoup de mal pour parvenir à intégrer ces sonorités, que ce soit dans les guitares aux notes montantes et descendantes à une vitesse folle, ou dans la variété du clavier, entre clavecin, orgues et j’en passe (« De Occulta », « The Dance of Vampire », « Among the Dead »).

Un « From Buddha to the Cross » mélange efficacement black symphonique et heavy metal, tout en laissant apparaître de mélancoliques notes de piano au sein de cette brutalité et de cette hargne présente aussi bien dans les riffs que dans le chant. A l’inverse, « Architects » se dirige plus du côté de l’orient et insiste sur la symphonie et le rythme mid tempo, profitant de son côté aérien pour permettre l’alternance des chants et offrir différents sons de claviers, pour la plupart impériaux. Encore différent, « The Legion of Pariahs » envoie l’auditeur dans un mélange musique classique/black metal avant que « Demiange » surprenne avec ses chants grégoriens.

Helioss nous prouve une fois de plus que le black/death symphonique français est en constante mutation et que le genre, même s’il reste un peu fade ces derniers temps, peut encore nous proposer quelque chose. « The Forthcoming Darkness » est donc un bon album, un peu complexe dans son appréhension mais facile d’accès pour les amateurs du genre, malgré quelques petits soucis de son l’aspect mécanique de la batterie.

 

Little Dead Bertha : Angel & Pain

Ξ février 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Little Dead Bertha : Angel & PainLittle Dead Bertha fait partie des groupes russes les plus vieux. Mais c’est sans doute la formation qui aura le plus changé de style, quand on sait que les débuts étaient plus thrash metal qu’autre chose. L’apport d’un violon et d’une guitare supplémentaire incita la bande à opter pour le doom/death, pour finalement se tourner vers le gothic/doom, puis le gothic tout court et enfin, le black death symphonique avec ce « Angel and Pain » et sa pochette très Within Temptation.

Bien entendu, les changements de style auront apporté tout autant de changements de line up, et c’est un Little Dead Bertha presque tout neuf qui arrive, avec deux chanteurs (Sergey et Svetlana) mais aussi Kain de Skyfall à la batterie et une signature chez MSR Prod. Nous pouvons donc nous attendre à quelque chose de puissant.

Et ça l’est. Même si Little Dead Bertha fait partie de la grande famille russe du black death symphonique mélodique, il arrive à se frayer un chemin et à imposer une certaine personnalité, sans doute dû à son passé disparate. L’aspect gothique perdure, notamment les ambiances et le chant lyrique de Svetlana, ainsi que le fort accent death metal retrouvé dans les riffs et le growl. Ce sont les éléments black metal qui sont nouveaux chez les Russes, les cris et les lignes de guitares caractéristiques étant rendez vous en plus des ambiances sombres. Ajoutez à cela une touche prog et une poignée d’influences folkloriques sur « Truth of This World », « Creeping in the Mist » ou « Let Me Roust Your Soul » (harpe, guitare acoustique, accordéon) et vous pouvez vous faire une idée de la musique du sextet.

Les Russes ne font pas dans la dentelle malgré tout, misant beaucoup sur les parties bien agressives. Toutefois, des moments plus mélodiques sont de la partie, avec ces claviers en fil conducteur et le chant de Svetlana. On ne reste pas loin d’Arcane Grail dans l’aspect théâtral et le mélange death mélo/black sympho à alternance chant féminin/growl masculin, mais on peut aussi rapprocher Little Dead Bertha de Blackthorn avec ce mélange de vocaux et de styles, même si l’apport des arrangements orchestraux est moins imposant, bien qu’omniprésent.

Cependant, les morceaux en général restent trop longs par rapport à ce qu’ils nous apportent, ci bien qu’on tombe quelque peu dans la linéarité, même s’il y a des passages bien fouillés et intéressants (« Mistake », « Blood on the Blade »). La faute au côté progressif qui ne sied pas bien aux compostions de Little Dead Bertha.

On finit avec la tradition russe, qui est de faire une reprise. Ici, il s’agit du morceau « The Ocean » de Forgive Me Not (doom/gothic). Le sextet accélère le rythme et intègre une ambiance plus commune. De plus, le chant de Svetlana est mal placé et manque de justesse.

Little Dead Bertha nous livre un album sympathique mais noyé dans ce flot de groupes black death symphoniques qui tendent à se ressembler. Malgré ses touches personnalisées, le groupe en question doit s’imposer, s’originaliser, et surtout, éviter les changements incessants de style, afin de se stabiliser et trouver sa voie. En espérant que cette fois sera la bonne…

 

Arcane Grail : Tribute to the Past

Ξ février 13th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Arcane Grail : Tribute to the PastArcane Grail est nostalgique en cette nouvelle année, sortant un EP en hommage à leurs anciennes compositions et leur ancien line up, tout en dédiant l’ensemble à Peter Steele (Type O Negative). En effet les Russes, depuis leur début, ont beaucoup évolué et ont adapté leur musique tout en se dirigeant vers un mélange de black symphonique et de death mélodique. Les premiers relents folkloriques et gothiques disparaissent au profit d’un côté romantique et véloce, tout en s’acquérant un côté théâtral dû aux symphonies et aux différentes voix, que ce soit celle de Demether ou de Natalie dans différents styles de chant.

Les moskovites montrent donc le changement en ré-enregistrant certains des morceaux de leur premier album « Mysteries of the Ancient Charnel » (2006) et en les adaptant en langue russe. Des reprises sont aussi de la partie dans cet EP, incluant une d’Aria et de Type O Negative. De plus, cette sortie n’est pas anodine dans la mesure où elle précède celle d’un nouvel album, prévu courant 2012. C’est donc une sorte de mise en bouche que nous offre Arcane Grail, mise en bouche quelque peu appréciable, le groupe s’améliorant considérablement par rapport à leur dernier album « Arya Marga ».

Même si quelques titres sont des nouvelles versions, il s’avère qu’Arcane Grail se professionnalise de plus en plus et tombe de moins en moins dans l’amateurisme. La production est meilleure, des invités sont de la partie (dont Belf de Stigmatic Chorus, ou encore Kiv, qui outre être guitariste, est aussi un producteur russe très reconnu), et la musique est moins fourre tout. Ce côté brouillon, bien présent dans « Arya Marga », est moins évident dans ce « Tribute to the Past », Arcane Grail n’en faisant plus des masses avec les vocaux et profitant de breaks pour déposer ses ambiances. Les symphonies sont bien relevées, comme sur un « Prelude in E Minor » ou le long « Sacred Gift of Love », proposant une progression bien ficelée et des parties bien intégrées, où on retrouve ce mélange black symphonique/death mélodique, tant dans les riffs que dans les atmosphères. C’est romantique, du début agressif jusqu’à la complainte en latin, le chant lyrique de Natalie et le growl de Demether s’accordant bien à l’ensemble proposé.

Arcane Grail arrive à transformer le titre très heavy metal « Farewell, Norfolk ! » d’Aria en un titre black symphonique plutôt inquiétant et puissant, les claviers étant très poussés ainsi que la vélocité des riffs et la rapidité du rythme. Le heavy couillu d’un des plus vieux groupes russes se retrouve bien perturbé (l’album en question datant de 1991), l’esprit old school restant toutefois présent.

L’autre modification concerne la reprise de Type O Negative et son « Love You to Death », toujours teinté de gothique mais se parant d’éléments death, notamment dans le growl et dans une partie du riffing. De plus, on retrouve la patte Arcane Grail et ses touches symphoniques, ainsi que les interventions d’Arsafes (Kartikeya) en voix claire mais aussi dans le mixage, et d’un faux Peter Steele.

Arcane Grail livre un EP plus abouti, bien que moins varié et moins original (les reprises…). Toutefois il ne peut annoncer que du bon, certains gros défauts (le côté brouillon et le mélange excessif des voix) ayant été corrigé, au profit d’un ensemble musical plus aéré et plus travaillé. On n’attend plus que de voir ce que ça donne avec des morceaux personnalisés de A à Z.

 

Blackthorn (RUS) : Codex Archaos

Ξ janvier 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Blackthorn (RUS) : Codex ArchaosC’est de nouveau en Russie que nous nous dirigeons pour parler black symphonique, ce pays à la scène si variée et aux découvertes metal si nombreuses. C’est aussi dans ces contrées hivernales que beaucoup de femmes sont mises en valeur dans des formations extrêmes, preuve en est avec Arkona ou encore Arcane Grail. La tendance ne s’inverse pas avec Blackthorn, au contraire. Le combo, formé en 2004, se compose à 100% de femmes et officie dans un black/death symphonique puissant et représentatif d’une scène en plein essor. Et il faut le dire, ces cinq nanas ont de quoi faire des envieux du côté des hommes !

Si les précédents albums étaient plus tournés vers un metal gothique assez brute de décoffrage, Blackthorn franchit le cap de l’extrême et nous propose une musique personnelle et assez spéciale, mélangeant des ambiances lugubres et bien sombres à un black metal furieux et féminin. Le chant lyrique soprano d’Aina apporte beaucoup à la musique des Russes, ceci les rapprochant d’Arcane Grail ou de In Silentio Noctis pour la voix.

Mais le quintette sait tirer son épingle du jeu en imposant un certain aspect théâtral, avec non seulement ce mélange de voix (on a aussi beaucoup de growls) mais aussi ces parties symphoniques parfois bien grandiloquentes et le découpage en actes dans le livret. Le piano est vecteur de mystère tandis que le violon de Less, à la manière d’un Dominia ou Carach Angren, sait s’incorporer facilement aux compositions afin d’apporter un aspect plus mélodique voire perturbant (« Dismalediction and the Remedy » ou « Hexshadow Turned to Flesh »).

L’opus commence donc sur les chapeaux de roue avec le duo « Divination in Blood » et « Vehemence Came As Anodyne », montrant de quoi Blackthorn est capable. Un black sympho/gothic à l’orchestration soignée et grandiloquente, une efficacité du riffing mi death mi black et du chant qui se maîtrise de bout en bout, autant dans les parties lyriques d’Aina que dans les growls d’Elvira.

C’est littéralement une déferlante d’éléments qui nous est apportée par ces cinq filles qui ne font vraiment pas dans la dentelle ! Les accélérations black metal sont très réussies et se chargent d’ambiances très particulières comme sur un « Emptysis Kiss » mettant l’accent sur les orgues et les allés et venus de riffs. « Arria Marcella » par contre nous propose un soupçon de clavecin, de mélodies à la limite de l’arabisant et de blasts maîtrisés. Cependant, Blackthorn arrive à son top niveau avec un « Posthumous Passion Ephemera » très prenant, nous offrant les choeurs du Conservatoire de Moscou et une ambiance bien sombre, soutenus par un duo lyrique/growl de charme, des riffs tranchants et un violon étrange.

Pour une fois, Blackthorn s’acoquine avec l’anglais et laisse quelque peu tomber la langue russe, sauf sur « ?????????? ???? » qui fait la part belle à tous les arrangements orchestraux et au délicat phrasé de Aina, sans toutefois laisser de côté l’agressivité des guitares et du rythme. Idem pour un « Hexshadow Turned to Flesh » très dramatique dans l’esprit, avec ses envolées au piano lors du refrain et ce couplage violon/guitare.

Enregistré dans trois studios différents dont le KIV records studio du fameux Igor Korolyov (Arkona, Stigmatic Chorus), « Codex Archaos » est un très album pour un groupe qui a sa patte et qui a réussi à s’échapper des influences norvégiennes qui font (trop souvent) la marque de fabrique du black symphonique russe. Car ce n’est pas du côté de Dimmu Borgir qu’on se situe, mais plus du côté de Carach Angren, avec cet aspect très théâtral et ces ambiances bien atypiques. Il n’empêche que cet opus ravira ceux qui n’aiment pas spécialement les grosses voix, dans la mesure où c’est le lyrique qui prend le pas sur le reste.

 

Arcane Grail : Arya Marga

Ξ janvier 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Arcane Grail : Arya MargaComme beaucoup doivent le savoir, la Russie est l’autre pays du black symphonique. Les scènes sont tellement nombreuses et toutes aussi différentes qu’il est clair que ce pays a de quoi avoir de la ressource. Sa localisation géographique lui permet donc d’avoir énormément d’influences, entre sa frontière avec l’Europe, la Mongolie, la Chine et certains pays du Moyen-Orient. Ajoutez à cela son histoire bien chargée et vous pouvez vous faire une idée des nombreuses facettes pouvant être utilisées dans la musique des Russes.

Arcane Grail ne déroge pas à la règle. Fondé en 2001 sous l’impulsion du chanteur Demether Grail, le groupe nous présente une facette encore peu exploitée dans le domaine du metal extrême. Bien sûr si le mélange obtenu se fait à partir de black symphonique et de death mélodique, il ne faut pas oublier l’ajout d’éléments folk et parfois gothiques. Mais ce qui fait la particularité d’Arcane Grail, c’est non seulement les nombreuses voix, apportées par Demether et Natalie, cette dernière nous octroyant un chant lyrique à la Simone d’Epica tandis que le sieur alterne tout autant chant clair, murmure, chant black, growl profond, et j’en passe. Dernière caractéristique, le fait maison. En effet, les parties symphoniques ne sont pas ou peu apportées par un claviers, le groupe a fait appel, pour l’occasion, à de vrais musiciens, s’occupant de violons, violoncelles, flutes etc. Les choeurs sont quant à eux effectués, de nouveau, par Demether et Natalie mais aussi Art et Marina du groupe arménien Ambehr.

Vous l’aurez compris, la musique d’Arcane Grail se veut très variée et propose un univers différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Toutefois il faut évidemment accrocher à cette diversité et cette première impression de brouillon. Les vocaux partent littéralement dans tous les sens, entre le chant lyrique et les growls/cris parradés de riffs black et de symphonies imposantes saupoudrées de petites notes de piano et de flûtes. On ne peut pas nier l’évidente prise de risque sur la majeure partie des compositions, mais il aurait fallu que tout soit plus posé et plus calculé afin d’éviter de ressentir une certaine impression de cacophonie tout le long de l’opus.

Ceci dit, ce n’est pas mauvais et il y a du culot, dans la mesure où les codes du black metal se retrouvent quelque peu bousculés, même si le premier morceau « Arcane Grail » se retrouve finalement plus proche de Cradle of Filth qu’autre chose. L’introduction nous propose une ligne de basse mystique, assez rare dans le domaine soit dit en passant. La suite mélange habilement black sympho et death mélo avec cet ensemble de vocaux impressionnant, comme si plusieurs personnes se parlaient, mais dans la hâte. « Autum Wed Us, Sinned and Lone » nous offre une symphonie plus imposante et impériale avec une ligne principale axée vers le black au niveau des riffs et des chants, les claviers apportant des sonorités très féeriques avec ces clochettes, piano et xylo. A contrario, « Renaissant the Reverie » est plus centré sur l’aspect death mélodique, en témoigne ce riff d’introduction et cette rythmique caractéristique.

Si « Imprisoned in the Greatest War » se veut guerrier dans l’ensemble, très bien mené mais surtout proche de Skyfire dans l’agencement des mélodies melo death/sympho black, des titres tels que « Sorrow of Forgotten Pride » se veulent particulièrement désagréables. Pas par leur côté folk et antique, mais par la fausseté de certaines notes, ce qui tend à faire mal aux oreilles, malgré nous. « Die Sonnehymne » met Natalie à l’honneur en chantant a capella, et en lyrique. Un peu longuet pour ma part mais on se rend d’autant plus compte du timbre de la jeune femme. Un petit amuse bouche avant de clore sur un « Iniquitous Yoke » torturé et hargneux avec de bonnes lignes de piano et de basse.

Tous les titres prennent part à un concept particulier, autant basé sur des influences païennes que mystiques et spirituelles, comme des incursions dans le bouddhisme, les mythologies et les traditions hindoues. L’écriture en sanskrit sur le livret mène sur la voie, ainsi que les images et les paroles, parlant de nirvana mais aussi du désir de se couper du monde moderne afin de retourner vers les valeurs ancestrales et les traditions d’antan. Ce qu’on retrouve finalement bien avec l’ajout de tous ces instruments et voix.

Il y a de l’alchimie et une voix, une personnalité, une envie de faire différemment et de prouver que la Russie a de quoi montrer sa diversité en la matière. Toutefois, le groupe est encore jeune malgré tout, ce « Arya Marga » n’étant que le deuxième opus après un « Mysteries of the Ancient Charnel » approximatif. L’étape du deuxième album a donc été franchie, sans non plus faire une merveille, car comme pré-cité, il y a encore beaucoup de défauts à corriger et il faut prendre le temps d’embarquer l’auditeur sans qu’il ne décroche une seule fois, ce qui n’est pas totalement le cas au sein de cet opus parfois fourre-tout mais tout de même intéressant.

 

Skyfall : Bestiarium Pool

Ξ décembre 24th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Skyfall : Bestiarium PoolCe n’est que douze ans après sa formation en 1999 que Skyfall fait le premier pas pour sortir son tout premier album « Bestiarium Pool », les Russes ayant passé les dernières années à pondre deux démos et à faire quelques concerts dans leur pays. La signature chez Grailight leur aura donné une grande opportunité afin d’être révélé, car le groupe manquait quelque peu de reconnaissance et d’originalité. En effet, à ses débuts, le quatuor officiait dans un black symphonique plutôt proche des standards du genre, ce n’est que quelques années plus tard qu’il décida d’intégrer un panel d’éléments death metal à sa musique : non seulement son attirance pour ce style n’était pas à cacher, mais en plus, il désirait faire quelque chose de plus novateur.

2011 voit donc la naissance du nouveau Skyfall avec cet album huit titres et ce mélange dynamique de black et de death avec quelques relents d’éléments symphoniques. Bien que moins omniprésents que les dernières compositions, les claviers apportent juste une touche obscure et particulière, si bien que ce sont les guitares qui ont le monopole des morceaux, hargneuses, techniques mais tout aussi mélodiques.

Le titre introducteur « Spiral Eugenics Metamorphosis » long de huit minutes montre la facette oppressante de Skyfall, profitant d’une introduction symphonique et électronique de deux minutes pour ensuite nous asséner de riffs maîtrisés, tantôt black, tantôt death, menés par un chant crié alternant lui aussi la technique death et la technique black. Malgré la vive brutalité, les mélodies arrivent à créer un fil conducteur jusqu’à la mise en valeur d’un passage ambiancé.

L’arrivée de « Bestiarium Pool » ne se fera pas sans surprises tant les alternances passages mélodiques/passages brutaux seront de la partie. A contrario « The Coronation » misera principalement sur l’harmonie des riffs, proche de Dimmu Borgir, et sur le côté lourd, oppressant de la scène polonaise (Hermh), dont les effets électroniques en fond rappellent Crionics.

Mais sur un « Carnival of All Nine Days », l’influence norvégienne se fait ressentir. Pas à cause de ce petit côté aliéné et déjanté comme un cirque hanté, mais ce côté heavy/black dans les riffs et le rythme proche de Satyricon, à la manière d’un « King ». Cependant, là où Skyfall avait abandonné les parties symphoniques, les voilà de retour sur l’excellent « The Final Blizzard’s Waltz », dévoilant une rythmique impeccable, des riffs black/death assez traditionnels mais efficaces, et surtout ces claviers charismatiques se mêlant aux guitares avec habileté et insufflant au morceau une atmosphère pesante voire étouffante. De même pour « Endura of Worldly » prouvant le potentiel du quatuor.

Skyfall use ses inspirations à bon escient, ne s’efforçant pas de leur ressembler mais d’apporter quelque chose de plus. On ne peut cependant pas affirmer que les Russes possèdent une patte ou une certaine identité, mais il est bien clair que leur compositions possèdent pas mal de puissance et assez de force pour tenir l’auditeur en haleine, malgré quelques longueurs et une perte de souffle en plein milieu d’album. De toute manière, Skyfall offre quelque chose de racé et suffisamment bien exécuté pour charmer les amateurs de metal extrême.

 

Veliar : In Reflection of the Decayed World

Ξ décembre 6th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Veliar : In Reflection of the Decayed WorldLa scène black symphonique russe est si variée et si disparate qu’il est difficile pour une grande majorité des groupes de s’exporter, notamment en Occident. Et pourtant, la Russie n’est pas avare depuis quelques années en matière de black symphonique, les combos sont de plus en plus fréquents, mais le soucis réside dans l’originalité de chacun : en effet, le soucis principal réside dans le manque de personnalité et le pompage d’ambiances chez les pointures du genre. Ce qui ne va pas en faveur de cette scène qui ne manque pourtant pas de talents…

En 2009 par exemple, Arcanorum Astrum avait fait bonne impression avec la sortie d’un EP très bien exécuté, mêlant ambiance, agressivité, mélodie et efficacité. La même année, Astel Oscora sort son premier album, arrivant à faire de l’atmo et du symphonique quelque chose de particulier et majestueux.

Les sorties du genre ne sont pas si courantes en Russie mais il arrive parfois qu’un groupe en particulier sorte du lot, évitant pour le coup de s’intégrer dans tout le panel de formations officiant dans quelque chose de moyen. Veliar par exemple, fait partie de ces révélations russes dont on aimerait entendre parler plus souvent. Faisant dans un black death symphonique, le quintette de Taganrog arrive à faire de son style quelque chose de moins bateau, sans tomber dans les gros clichés du style.

Avant d’obtenir l’aide de Demether Grail de Grailight Productions pour une signature et une distribution plus avantageuses, Veliar a sorti deux productions, à savoir une démo et un album, passées totalement inaperçues. Par contre l’arrivée de « In Reflection of the Decayed World » pourrait changer la donne, en Russie et ailleurs, étant donné la qualité du travail effectué sur cet opus : la production a été confiée à Sergey « Lazar » d’Arkona et de Rossomahaar tandis que la pochette a été réalisée par Vladimir Gulevskiy. Cette dernière représente tout ce qu’il y a de plus morbide et pessimiste, à savoir les conséquences sinistres de l’homme ainsi que quelques « catastrophes » naturelles : les bâtiments ne sont plus que carcasses, le ciel est en feu, le sol s’effondre, une supernova éclate et une éclipse intervient.

« In Reflection of the Decayed World » met bien en valeur cette vision sombre et chaotique, notamment dans les thématiques de l’oeuvre, mettant en relief le déclin, le grief, la contemplation philosophique vis-à-vis du cous naturel des choses pris au piège à l’intérieur d’un prisme d’oppression urbaine, ainsi que la mauvaise nature humaine et ses tendances suicidaires et/ou meurtrières.

L’album se compose de quatorze titres dont quatre sont des versions anglaises des tous premiers titres. Grâce à cela, nous pouvons en déduire que tout est chanté en russe, chose que l’on retrouve chez la majeure partie des groupes du coin. « Belly of Barkhans » ouvre l’opus avec un soupçon de sonorités orientales, le mot « belly » en lui-même rappelant le terme anglophone pour désigner une danse du Moyen-Orient. La suite se corse pour nous offrir un black death symphonique plutôt rentre-dedans et assez efficace, les notes de piano s’intègrent bien dans ce paysage sombre et ambiancé où les riffs et les soli restent plutôt bien exécutés. Des parties posées font leur apparition, ainsi qu’un break où l’on peut entendre une mélodie électronique et presque arabisante, à la manière d’un Thyrane sur « Heretic Hunt » (« Hypnotic » – 2003), sous couvert d’une double pédale et de riffs entraînants.

Veliar étonne par la précision des riffs et la maîtrise de la voix, tout en sachant incorporé des éléments légèrement improbables aux moments les plus opportuns. Les parties thrashisantes par exemple apportent une touche plus groovy tandis que les passages mettant en valeur des claviers symphoniques impériaux renforcent les ambiances (« Abyss of Dimension », « Crusader »). De plus, un « Like a Mercury » cache des surprises, tant par le côté expérimental des claviers et des riffs que par le côté inattendu de certains passages : à 03:26, nous aurons droit à un ensemble mécanique et industriel, où l’on peut entendre une respiration saturée comme dans un masque à gaz et un son électronique allant et venant comme un réacteur. Puis, le final se révèle dynamique et entraînant, afin de nous laisser sur une très bonne impression. Enfin, « Mistful Dictator » nous gratifie d’un solo de basse.

Même si certains passages rappellent la scène black/death symphonique polonaise, Veliar arrive tout de même à imposer une certaine personnalité et un dynamisme qui lui colle parfaitement à la peau. Soutenu par une production solide, « In Reflection of the Decayed World » arrive à imposer un style russe, même si tout n’est pas à retenir non plus (la faiblesse de « New Night », le côté trop basique de « In the Veil of Oblivion », ou les quatre bonus qui ne servent qu’à intégrer un chant anglais, sans plus). Veliar ne fait pas non plus un black/death symphonique ultra original mais il arrive tout de même à nous caler le temps d’une cinquantaine de minutes. Pas mal, non ?

 

Artania : Night Shall Crown Ye

Ξ décembre 4th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Artania : Night Shall Crown Ye31 mai 2011 : voici la sortie du premier album du groupe russe Artania. Fondé en 2007 à Voronej, le quintette n’a pas beaucoup fait parlé de lui avant la date fatidique, à part sortir une démo passée inaperçue en dehors de la Russie. Mais les voilà maintenant signé chez Grailight Productions, leur permettant ainsi d’acquérir une meilleure distribution.

Artania prend plus d”assurance avec l’arrivée de leur album « Night Shall Crown Ye », officiant dans un black death symphonique teinté de nombreux éléments gothiques et atmosphériques. Les neuf titres en question évoquent des histoires toutes différentes, centrées sur des mystères et événements étranges, comme les prophéties terrifiantes de Nostradamus, le livre magique de la sanglante comtesse Bathory (d’où le morceau « Secrets of the Moon ») ou les enseignements occultes de Aleister Crowley. Ces événements semblent retranscrit dans les rêves et cauchemars d’un personnage principal que nous retrouvons sur la pochette, endormi dans un lit au milieu d’une pièce à l’univers gothique évident. Le choix des pseudos des membres du groupe n’est pas un hasard non plus (Bathory, Cthulhu, ou même Lestat parmi les anciens membres).

Les Russes ouvrent le bal avec « Alchemic Dream – Demonic Mantra », grâce à une sirène puis un black/death efficace rappelant le travail de Demonic Resurrection, tant au niveau des claviers que dans l’agencement des riffs. Des sonorités d’outre tombe viennent s’incorporer à l’ensemble du titre tout comme des murmures et des ambiances particulièrement gothiques, tout comme un « Night Shall Crown Ye » mettant en valeur certaines influences Abigail Williams parmi des touches électroniques et un chant féminin cristallin.

« Liturgy in Black Colour » ralentit le rythme pour nous proposer quelque chose de davantage atmosphérique où le chant furieux de Vad est mis en avant parmi des riffs de bonne facture, certes, mais déjà entendus. Le mélange black et death est bien appréhendé et apporte une certaine progression tout comme sur un « San Grinyol » plutôt gothique dans l’ensemble même si les éléments symphoniques sont de la partie, encouragés par des riffs bien black et quelques autres chants féminins.

L’aspect gothique extrême se retrouve beaucoup plus mis en lumière sur un « Thirteen Signs of Nostradamus » à l’introduction énigmatique et aux plages atmosphériques sombres récurrentes. Le type de riffing et le chant black peuvent rappeler le travail de Rudra, où les mélodies hindoues à la guitare se font reconnaître. A contrario, un « Secrets of the Moon » met en valeur un tout autre univers, où la fameuse comtesse Bathory est à l’honneur, le morceau étant non seulement glauque mais presque entièrement chanté par une femme, autant dans les parties claires que dans les parties criées.

Dommage cependant que l’album soit si disparate, tout comme cette scène black symphonique russe qui ne cesse de s’accroître. Le contraste est là d’un titre à un autre, tant dans la mise en place des thématiques que dans l’efficacité. Des breaks aux claviers peuvent avoir une intensité particulière, mais tout s’efface ensuite avec la reprise des couplets. Et bien sûr, il n’est pas facile de distinguer une chanson de l’autre, tant il manque une certaine personnalité. A croire qu’Artania pique un peu à tous les râteliers afin d’effectuer quelque chose de diversifié. Il y a donc encore du chemin, sans pour autant dire que le travail des russes soit insuffisant, seulement il faut aller de l’avant et s’extirper des influences.

 

Grey Heaven Fall : …Grey Heaven Fall

Ξ octobre 28th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Grey Heaven Fall : ...Grey Heaven FallLa Russie est bien connue pour ses groupes de pagan, de doom, de cyber, mais aussi de black symphonique, un genre qui devient de plus en plus en expansion au sein de ces terres hivernales, si bien que plusieurs labels se spécialisent dans le domaine, à la manière de Grailight Productions, mené par Demether Grail d’Arcane Grail, en passe de nous présenter de nombreuses nouvelles formations, dont Grey Heaven Fall.

Originaire de Podolsk, fondé en 2006, ce sextet ne sortit que deux petites démos avant de faire un véritable premier jet cette rentrée 2011, avec un opus éponyme digne de l’automne: la pochette grise faite par les soins de Dartgarry (Mare Infinitum, North Diamond) représente un homme-arbre sans feuille, le titre est mélancolique, à l’image même de la musique, masterisée et mixée aux studios Anthropocide (Abominable Putridity, Arcanorum Astrum, Deviant Syndrome).

Puisant sa source dans le black et le death mélodique finlandais et suédois, Grey Heaven Fall ne fait rien de véritablement sensationnel de ce côté là, les influences étant tout de même reconnaissables aux premiers coups d’oreille (Kalmah, Skyfire, Insomnium…). Les Russes incorporent tout de même des éléments atmosphériques ainsi que symphoniques dans la majeure partie des compositions, paradés d’ambiances mornes nostalgiques, à la venue de l’automne. Du haut de ses quarante huit minutes, l’album s’avère efficace et puissant, mais manque certainement de personnalité, tant les mélodies semblent avoir été entendues des centaines de fois. Car ce sont réellement de fortes impressions de déjà-vu qui hantent ce « …Grey Heaven Fall », à l’image d’un « The Resurrected One », d’un « Derelict of Untruthful Images of Icon » ou d’un « Verses of Fallen Destinies », parfois à cheval entre Kalmah et Skyfire.

Pourtant surprenants, les morceaux bénéficient d’un dynamisme certain, d’une utilisation judicieuse des soli et claviers, mettant en valeur les atmosphères et les vocaux, alternant allègrement voix black criarde et growl death caverneux comme sur un « Swansong of Your Dream » en pur crescendo, jouissant d’accélérations du plus bel effet, d’une certaine brutalité, et ce, sans jamais laisser de côté l’aspect mélodique.

En tout cas, le black/death mélo sympho de Grey Heaven Fall se veut très varié, agressif et fort, comme sur un « Grieving Souls in Tyrant’s Castle » mettant autant en valeur les riffings que les parties claviers et les voix. La progression est certaine et loin d’être inexistante, si bien que ce titre, comme une bonne partie des autres, passe comme une lettre à la poste.

Le rythme se ralentit sur un « Grey Heavens Autumn » généreusement mélancolique, s’inspirant du doom/death russe à la Revelations Of Rain entre autres. Piano, mélodies douces et tristes à la guitare, nappes de claviers sombres, growl profond jusqu’à l’apparition d’une certaine accélération death et d’envolées symphoniques.

Les titres dépassent presque tous les cinq minutes et sont chantés intégralement en russe, la langue n’étant absolument pas une barrière. L’album reste très bon, puissant et produit aux petits oignons, malgré des influences certaines, cachant la véritable personnalité de Grey Heaven Fall. Un premier jet de très bonne qualité, mais aussi très encourageant.

 

Immanifest : Qliphotic

Ξ octobre 10th, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Immanifest : QliphoticLes Etats Unis seraient-ils le pays du black death symphonique ? Depuis quelques années, il est clair que bon nombre de groupes nous viennent de grand état, à l’instar d’Abigail Williams, Sothis, ou encore Inquinok. Si la Norvège recueille un panel complet de formations complètes, talentueuses et mythiques de black symphonique telles que Emperor, Arcturus, Limbonic Art ou Dimmu Borgir, le « sympho extrême » à grande tendance death metal semble se situer du côté des states.

Immanifest sort lui des terres de l’oncle Sam. Formé en 2008 par six membres ambitieux, le combo, en un rien de temps, semble avoir compris qu’elle était la recette du succès : maîtrise, efficacité et émotion. Leur premier EP sort en 2010, à savoir « Qliphotic », et dès les premières écoutes, il est clair que les américains ont déjà plus d’une corde à leur arc. Premièrement, ils ont l’expérience, la majeure partie des membres ayant des groupes annexes (Royal Anguish, Yeti). Deuxièmement, la provenance géographique (Tampa, Floride) leur octroie l’influence des grands du death metal, à savoir Death ou Morbid Angel. Et troisièmement, les six musiciens ont pu rentrer aux Morrisound Studios (Morbid Angel, Death, Cynic, Obituary…) afin d’enregistrer leur EP. Il est clair que ce n’est pas rien et Immanifest a su tirer avantage de ces particularités.

Prenant son nom de la terre pure et sans forme par laquelle apparaît la création et la manifestation, les américains nous font une pure fusion d’éléments orchestraux, de guitares lourdes et denses et de vocaux typiquement death metal afin de nous concocter trois titres intenses et puissants, dignes des plus grandes formations. Même si sur certains passages des éléments proches de Dimmu Borgir font leur apparition, Immanifest arrive à tirer son épingle du jeu en nous proposant quelque chose de grandiloquent, sans non plus être de trop. La musique est alors soignée et subtile, à tel point que ces trois titres semblent directement sorti d’une BO. Mieux encore, la qualité de compositions est telle que la mélodie principale et les ambiances arrivent à emporter l’auditeur dans un tourbillon de violence mais aussi d’émotions.

Carré et précis, l’univers d’Immanifest arrive à prendre aux tripes, le growl étant profond et les riffs maîtrisés sans être d’une technique ou d’une innovation incroyables. « Thaumiel », par exemple, propose un panel complet d’éléments, bien que la base soit irrémédiablement black/death et symphonique. Des sonorités électroniques en interlude font leur apparition, sans non plus atteindre le pompeux, au contraire, l’atmosphère est d’autant plus sombre et mystérieuse, à l’instar de cette pochette où se dresse un ange des ténèbres, représentant le mal ou l’impure dans les mythes juifs (Qliphotic).

Si un « Among the Dead » montre une facette relativement symphonique et noire, bercée par un growl impeccable et une frappe monstrueuse, « Revelation in Darkness », titre introducteur, pose très bien le décor, avec ces violons impériaux, ces choeurs presque post-apocalyptiques, et ces guitares bien dans l’esprit black metal. Bien que peu d’originalité réside dans ce titre-ci, les riffs étant, il faut le dire, basiques, la force se retrouve bel et bien dans la cohésion et l’agencement des instruments. Petit hic cependant : Immanifest semble quelque peu copier ce qui fut la méthode Dimmu Borgir, à savoir l’alternance de vocaux black/clair, donc, le duo Shagrath/Vortex, sur un passage plus posé et planant, comme à partir de 03:18, où certaines notes évoquent parfaitement celles de « Allehelgens Død I Helveds Rike » (Death Cult Armaggedon) à 02:22, mais en plus lent.

« Qliphotic » est donc un premier EP de très bonne facture, court mais intense, et se révèle être un bon compromis pour ceux ayant apprécié Dimmu Borgir, les parties death – riffs et growl y compris, en plus.

 

Kalodin : The Bestial Ritualism of Harlotry

Ξ septembre 14th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Kalodin : The Bestial Ritualism of HarlotryDepuis plusieurs années maintenant, l’Asie s’affirme, prouvant non seulement qu’elle a du talent, ainsi que de l’imagination et de l’originalité, traditions oblige. Kadenzza au Japon est un exemple, Chthonic à Taïwan en est un autre, mais on ne connaît pas du tout Kalodin, venu tout droit de Singapour, pays de Rudra et d’Impiety, qui ne cesse lui-même de progresser d’années en années. Kalodin, pour ce « Bestial Ritualism of Harlotry », se compose de trois membres motivés et ambitieux, aux origines singapouriennes et népalaises, ce qui forcément, joue énormément dans la composition des morceaux.

C’est donc avec hargne et fierté que le trio nous propose son tout premier album en 2010. Officiant dans un black death symphonique aux relents asiatiques omniprésents, Kalodin use aussi de ses influences Dimmu Borgir/ Cradle of Filth afin de renforcer le son, les mélodies mais aussi les ambiances et les thématiques. Les symphonies à certains moments peuvent s’apparenter à celles des norvégiens, notamment sur l’aspect grandiloquent, d’abord, mais aussi ce côté tragique, tandis que l’aspect rituel, gothique, sanglant et sexuel peut rappeler l’imagerie des anglais. La pochette, le titre de l’album, mais aussi l’intérieur du livret et les paroles sont de bons exemples.

L’opus n’est pas très original dans son approche, mais il l’est d’autant plus grâce à l’apparition de sonorités et/ou instruments typiques de l’Asie, comme sur « Forshaken Virgin Demonlord » entre autres, rappelant le metal extrême folklorique de Chthonic. De plus, Kalodin arrive à se démarquer de ses acolytes européens grâce aux mélodies, parfois plus orientalisées, mais surtout plus apocalyptiques, comme en témoignent l’introduction « The Ritual Commencenth » et « Dark Whisper ». Non seulement les atmosphères sont pesantes et sombres, mais en plus l’auditeur sait dès le départ que les riffs et les vocaux s’annoncent des plus agressifs !

Et pour cause ! Kalodin étonne avec un « In Gloriticus Luctus (The Mourning Alter) » inspiré et très prenant, partant d’une introduction calme à la guitare acoustique pour déboucher sur des murmures terrifiants et un déluge de riffings death et de claviers, lançant une terrible offensive black metal et dégageant pour le coup un certain côté malsain, comme sur un « Necrophiliac » (bonjour à un ami somien) très déchaîné.

En tout cas, Kalodin semble privilégier les atmosphères, les humeurs et les émotions, plutôt que l’agressivité et/ou la vitesse pures. En témoigne un « Interlewed: Intro Purity » atmosphérique, presque chimérique, dénué de guitares mais rempli de voix féminines tentatrices sur un fond aux claviers lumineux.

L’ensemble des morceaux reste assez varié, la base étant black symphonique mais les riffs alternant entre death, thrash voire heavy parfois, comme sur « Souls Of The Dead » par exemple. Par contre, il s’avère que le soucis réside du côté de la batterie, boîte à rythme qui parfois, prend trop de volume ou ne s’accorde pas forcément avec le reste des instruments. Heureusement, elle n’empiète pas sur la force des riffs et des claviers, maîtrisés et présents là où il faut. Coup de chapeau au leader Davin Shakya qui, en plus d’enregistrer l’album, s’est aussi chargé d’une bonne partie des instruments.

La production correcte et la qualité des morceaux font de ce « Bestial Ritualism of Harlotry » un album ambiancé très agréable à écouter, malgré ses petits défauts et les influences sus-cités, Kalodin s’octroyant tout de même l’aide de Mike Priest (Absence of the Sacred, Hell’s Labyrinth) pour le design de la pochette.

 

Demonic Resurrection : The Return to Darkness

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Demonic Resurrection : The Return to DarknessOn connait très peu les groupes indiens et pour cause, les formations ne sont pas très nombreuses, pas ou peu connues, à l’exception peut-être de Rudra dans le domaine du death/black/mélodique. Mais même si les combos ne se bousculent pas, certains arrivent à faire apparition, ou même encore, à concrétiser leur musique après plusieurs albums.

C’est le cas de Demonic Resurrection, sans doute le pilier de la scène indienne, peu connue en Europe mais fort d’un talent qu’il serait dommage de ne pas remarquer. Avec leur album « The Return to Darkness », les indiens permettent ainsi de sortir des sentiers battus et de nous jouer du black/death/symphonique comme on en entend rarement. En effet, en plus de plonger l’auditeur dans la mythologie indienne, avec ses divinités, ses guerriers valeureux et ses coutumes, la musique assez noire, donc ténébreuse, mais aussi épique et mystique.

Bon comme ça, vous devez vous demander ce qu’il y a de bien original…je n’ai pas précisé le fait qu’un peu d’électronique venait s’incorporer à la musique de temps en temps, que beaucoup de chœur servaient d’ambiance, que certains instruments typiques pointaient le bout de leur nez, et que le chanteur alternait tantôt chant clair, tantôt chant black, tantôt chant death. Pas mal de diversité qu’il est bon de noter d’autant plus que les titres sont longs, très longs…

Ecouter « The Return to Darkness », c’est aussi de confronter à plus de soixante quatre minutes de musique, supporter une longueur de titres allant jusqu’à onze minutes et atteignant une moyenne de six minutes, bref, si vous n’êtes pas très fan de tout ce qui dure et tout ce qui est dans une veine progressive, je vous dirais bien de passer votre chemin…mais vous risquerez de louper vraiment quelque chose.

Car, rien n’est fait au hasard chez Demonic Resurrection, il n’y a presque pas d’erreur de parcours, et la progression dans les compos est tel que cela permet en aucun cas l’ennuie. En effet, pas (ou presque) de linéarité, on ne retrouve pas toujours les mêmes passages au fil d’un titre, ni même de parties « comblant » les trous si je peux dire. Tout est carré, propre, peut-être trop lisse pour certains, mais vaut mieux ça qu’un son pourri susceptible de gâcher cette musique si enivrante, mélodieuse et si sombre, oui, assez sombre…

Bon vous l’aurez compris, j’ai totalement été charmée par le monde de Demonic Resurrection, mystique et épique, sombre et maléfique… On pourrait croire que le black prédomine, ce qui n’est pas totalement faux, mais le death aussi est bien là, et à même échelle. Les riffs sont en fait alternés, tout comme le chant, ce qu’on remarque en premier lieu dans « Where Dreams and Darkness Unit ».

J’ai rarement entendu de mélanges aussi bien appréhendés, de musique aussi bien réalisée et susceptible d’apportée l’émotion et ce truc qu’on peine à décrire, qui nous envahie, et nous met définitivement de bonne humeur. Je sais bien que tout cela est relatif. Mais je vais tout de même essayer de vous donner une idée de cet opus.

Comme tout groupe de symphonique qui se respecte, il faut bien entendu mettre une intro instrumentale. Gagné. « Between Infinity and Oblivion » est tout à fait ce à quoi on s’attendait. Enfin d’apparence, car à l’écoute de la musique, là, on est scotchés. C’est loin d’être mélancolique ou froid, comme on en entend souvent, non…là, c’est mystérieux, sombre, bien sûr, terrifiant et même apocalyptique en plus de posséder ce coté épique. Un son bizarre et électronique en fond, un violon aux quelques notes prenants, des chœurs et enfin…chaque instrument de l’orchestre, arrivant en crescendo, des percussions comme de nombreux bruits de pas… Étrangement, je trouve qu’il s’accorde parfaitement avec la pochette de l’album, ce ciel noir et effrayant, comme transformé par une magie maléfique, et ces constructions complètement rasées, poussiéreuses, perdues là, au milieu de nulle part. Oui, ça y ressemble beaucoup. Et ça nous pousse à continuer.

« Where Dreams and Darkness Unit » est donc le début des hostilités, une musique agressive mais mélodique, où tous les instruments sont en parfaite harmonie. C’est entraînant, oui, transcendant peut-être pas à ce point là, c’est la suivante qui l’est par contre…alors là, rien que l’intro symphonique nous met dans le bain, et le reste se veut assez percutant. Les mélodies faites aux claviers et aux grattes sont en concordances. Les couplets sont plus axés death tandis que les refrains sont plus black. L’un favorisant l’agressivité, l’autre renforçant la noirceur, jusqu’à un break inattendu. Un piano aux notes très mystérieuses notamment crée par les accords adéquats, puis l’arrivée du solo de guitare et tout repart en saccade jusqu’à un final magique…

« A Tragedy Befallen » met l’accent sur les guitares et donc sur le côté assez death mélo de la musique. Les solos et les riffs sont géniaux, d’autant plus qu’ils sont accompagnés des claviers, ce qui me fait vaguement penser à du Kalmah.

Pour ce qui est de la suite, on n’est pas déçus. De la diversité, des mélanges, de la mélodie et du tranchant. Des accélérations de rythme, des décélérations, du dynamisme en somme, un orchestre fou au son loin d’être inintéressant puisque les instruments, même si ce sont des violons, des chœurs, etc, possèdent ce petit truc qui les rendent si différents de ce qu’on a l’habitude d’entendre (« The Unrelenting Surge of Venge », « Dismembering the Fallen »).

Par contre, accrochez vous fort si vous voulez passer le cap du titre aux onze minutes. « Lord of Pestilence » est décidément le plus long mais surtout le plus progressif de tous. Après une longue intro acoustique à la guitare, guidée par une batterie calme et un chant clair mélodieux, le déluge de riffs débute subitement et s’ensuivent cris, offensives, et symphonie pour le coup presque inexistante (présente en réalité à la fin du titre). Un peu d’électronique en fond par-ci par-là, une batterie extrêmement technique (alternant blast, double pédale et j’en passe…). Les amateurs de solos seront contents puisqu’on en compte plusieurs assez bien maîtrisés.

Pour symboliser une fin imminente, pourquoi ne pas utiliser la dernière lettre de l’alphabet grec, « omega »…avec ça on crée « Omega, I », le final de l’album. Ce qui fait bizarre avec ce titre c’est l’utilisation du grec et non d’une langue locale en Inde, d’autant plus qu’on est censé être plongés dans la mythologie du pays…enfin outre ce point d’interrogation, on termine le périple dans ce monde ténébreux où les guerriers maléfiques ont fait leur retour et ont tout rasé. Huit minutes trente seront suffisantes pour le coup, je dirais même que c’est trop long. Sans doute le titre de trop après tant de minutes. Pourtant, comme je disais précédemment, on ne s’ennuie pas, on est pris dedans, oui peut-être, mais il arrive qu’on puisse saturer, surtout que ce titre est peut-être même le moins bon de l’album. Oui mais le moins bon parmi toute une flopée d’excellents titres. Je le trouve simplement moins original et assez similaires aux autres.

Malgré tout, après l’écoute de « The Return to Darkness », on ressort avec une agréable impression. On aura passé un excellent moment dans ce monde bien sombre et épique, rempli d’originalité. Un album que vous devez écouter si vous êtes amateurs du genre, mais souffrant malheureusement de sa longueur trop imposante pour le contenu ici offert…

 

Skyfire : Esoteric

Ξ mai 23rd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Skyfire : EsotericRares sont ces albums qui vous procurent une sensation des plus uniques. Cette émotion sans égal, cette envie de plonger encore et encore dans une musique des plus prenantes, cette emprise ultime qui ne vous laisse décidément pas indifférent. Ce quatrième album, « Esoteric », révèle tout le talent de Skyfire, nous embarquant dans un univers lumineux et sombre à la fois, agressif et mélodique, où la froideur du death métal côtoie magistralement les terribles ambiances black. Cet album, outre garder ce côté mélodique si cher à nos suédois, s’empare de nombreux passages symphoniques digne d’une réelle épopée et renforçant ce côté mystique et cet éclat si frappant.

Qui en écoutant cet opus ne pensera pas au sublime « Puritanical Euphoric Misanthropia » de Dimmu Borgir tant les ressemblances sont frappantes ? Peut-être moins extrême, peut-être moins dramatique, « Esoteric » est empreint d’ambiance dimmu borgienne sur une bonne partie de l’album, sans pour autant ôter toute l’âme d’un groupe pas assez considéré dans le milieu.

A titre d’exemple, « Deathlike Overture », introduction instrumentale de l’album, ne peut que faire penser à « Fear and Wonder » de leurs compères Norvégiens. Un orchestre symphonique totalement poignant et dramatique, des chœurs renforçant ce côté cinématographique et ce piano, réel pièce maîtresse d’un titre pour le moins fantastique doté de sentiments antagonistes : c’est beau et effrayant à la fois…

De même pour « Darkness Descending », un titre d’une rare intensité, prenant, froid, sombre, mélancolique, brute, mais si magnifique. Skyfire semble faire un mix de « Blessing Upon the Throne of Tyranny » et de « Hybrid Stigmata » de Dimmu Borgir en rajoutant leur petite sauce, le death en prime. L’orchestre est de la partie, les notes s’envolent et nous plongent dans une atmosphère des plus inquiètantes. Quelques notes de piano pour commencer, un chœur si mystérieux, et une montée en puissance incroyable : riffs incisifs et incroyables, chant rocailleur enragé, rapidité du rythme, ambiance théâtralisée…comment ne pas avoir des frissons ? La suite du titre se veut d’autant plus terrible et sombre, le chant comme un cri venant droit des enfers, les guitares on ne peut plus lourdes, les violons jouant des notes des plus tragiques, tandis que paradoxalement, le piano et ses sons si cristallins se révèle être comme un éclat de lumière au milieu de cet abîme si profond.

Les titres sont longs, très progressifs et structurés, mais loin d’ennuyer. Bouleversants, et animant en nous une flamme qu’on peine à retrouver, la longueur permet donc de rester plonger dans cet état de transe et de bonheur. Le paradoxe est tel que nous aimons cette beauté dans les ténèbres, cette suprématie de l’agressivité liée malgré elle à la mélodicité. « Misery’s Supremacy » est un mélange subtil et talentueux d’atmosphères si différentes. Le duo de solo guitare/piano mêlé à un orchestre symphonique lumineux est totalement somptueux et apaisant, jusqu’à une nouvelle montée en puissance, riffs rapides et précis, chant grave et rageur, des lignes de basses qu’on ne peut que remarquer, une batterie martelée à n’en plus pouvoir et aux jeux très variés. Les chœurs apportent une ambiance mystique bien particulière jusqu’à un refrain épique et très facile à retenir guidé par les solos des guitares, les violons étant aux premières loges, le chant décharné. Si la brutalité du titre côtoie aisément la mélodie si pure et aérienne des claviers, la fantasmagorie, elle, fait la paire avec la dramaturgie qui peut se dégager de certains passages.

Hormis la symphonie presque grandiloquente qui ressort de cet album, le groupe sait rester dans ses racines black/death mélodique, en laissant un tant soit peu de côté cette orchestration théâtrale. « Let the Old World Burn » , « Linger in Doubt » sont bien dans la veine, le rythme étant assez rapide, les guitares techniques, précises et efficaces, presque proche d’une sorte de power extrême à la Children of Bodom (sans toutefois les égaler). Le duo guitare/violon pourrait parfaitement indiquer que l’un pourrait remplacer l’autre sans difficulté. La voix quant à elle reste bien black.

Chaque titre est un condensé de plaisir et d’originalité. Magique, prenant, splendide, terriblement envoutant…chaque instrument a sa place, chaque passage colle parfaitement avec le reste du titre qu’il compose. On reste étonnamment frappés par le fait que les titres s’enchaînent et nous procurent des sensations nouvelles et un souffle nouveau. Tout monte en crescendo, on pense ne pas trouver mieux, le titre suivant nous indique le contraire. On pense avoir trouvé l’émotion qui nous laisse sans voix et la suite nous paralyse littéralement de satisfaction.

Et comment se finit cet album ? En apothéose. « The Legacy of the Defeated », long de plus de sept minutes lui aussi, nous propose tout un panel d’émotion, en clair, toutes celles qu’on aurait pu retrouver tout au long de l’opus. Une intro bien agressive, où les riffs sont ravageurs et l’ambiance bien black. Toujours cet orchestre en fond pour souligner ce côté épique et ce piano transcendant le titre. Réel fil conducteur, il accompagne le chant grave et émotif, posé sur des grattes tranchantes. Et comment ne rien ressentir quand arrive le refrain et que les chœurs soutiennent tous ces instruments ? Et ce solo ? Et les structures qui varient et nous en envoient de toutes les couleurs ? Et ce final grandiose, bercé par un solo technique et des claviers omniprésents, une voix qui se perd dans de terribles méandres ? La magie est là, les frissons parcourent notre corps et ça y est, nous sommes conquis par cette ambiance sublime, mystique, froide mais si lumineuse à la fois.

Skyfire frôle la perfection avec « Esoteric », mais ne l’atteint forcément pas.

On notera une légère ressemblance avec les refrains de « Misery’s Supremacy » et « The Legacy of the Defeated », construits de la même manière, les accords et les harmonies étant quasiment les mêmes. Après réécoute, on attend les chœurs dans la première chanson alors qu’ils se situent dans la seconde. Tout ça parce que ça se ressemble.

On notera aussi quelques linéarités sur certains titres, mais ça ne choque en aucun cas.

En clair, « Esoteric » , c’est comme la pochette, qui traduit bien la musique. Une énergie continue qui nous transperce et nous anime encore et encore jusqu’à la dernière note, une puissance remarquable apportée par autant de mélodie que d’agressivité, de froid et de chaleur, de ténèbres et de lumière, une bulle nous entourant le temps d’une cinquantaine de minutes. Un album majestueux et intense pour tout amateur du genre.

 

Winterburst : Winterburst

Ξ mars 11th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Winterburst : WinterburstWinterburst aura été la bonne surprise de cette fin d’année 2009. Ce groupe parisien arrive sur le devant de la scène comme des professionnels avec une toute première composition éponyme. Car le groupe est tout jeune, il sort encore du berceau, et il nous pond une totale merveille en matière de black/death/sympho…de la magie, du talent, de la brutalité et de la mélodie, voici les ingrédients au menu à l’écoute de cette démo.

A cela s’ajoute une artwork pour le moins magnifique, nous présentant un monde pour le moins gothique, où un château s’élève au sommet d’une montage enneigée, sur un fond gris et terne. Artwork sur lequel se pose un logo assez bien imaginé, au fond gris acier, et où les pattes de la première et la dernière lettre se relèvent tels des sabres tranchant.

Univers sombre et triste, inquiétude et désolation…ce sont les thèmes qui reviennent le plus souvent et la musique en est totalement caractéristique.

Alors que les guitares, très techniques et assez émotives, nous lancent des riffs pour le moins sombres et originaux, changeant de rythme, de puissance, et de jeu sans grande difficulté, la voix se veut très bien criée, merveilleusement modulée, malsaine et caverneuse. Les claviers en arrière plan, mettent beaucoup plus en avant la mélancolie des titres et parfois ce côté inquiétant et terrifiant, en alternant les instruments à cordes mais aussi les xylophones et les chœurs. « The Sign of the Black Ivy » et son introduction instrumentale et sans guitares, refroidit littéralement l’auditeur, pénétré par un souffle maudit et glacial, jusqu’à l’arrivée en masse des guitares bien bourrines et extrêmement agressives, suivies d’une voix black bien audible et ô combien démoniaque. Un titre prenant, un titre très bien foutu, une orchestration impeccable, tout instrument confondu (ces claviers…), ce solo de guitare à la fin super émouvant…rien à dire.

Si « Circle of Despair » porte très bien son nom par le côté désespéré de sa musique, mis en avant par un solo de guitare triste et terrible tant par sa justesse que par sa sensibilité, « Enthronement Ceremony » est l’exemple même du titre sombre, ces guitares accordées dans les graves, cette voix impressionnante et cette symphonie grandiloquente apportant une bonne dose de ténèbres et nous emmenant au sein d’une bataille antique…

Alors que des groupes avec plusieurs albums à leur actif tentent de percer dans le milieu et sortir l’album ultime, Winterbust aura, avec cette démo, fait un grand pas en avant, arrivant même à la hauteur des plus grands…un premier jet doté d’une excellente production, créé par un groupe au talent et à la magie créative qu’il ne faut absolument pas dénier. Un très bon début en somme, en espérant que le combo continue sur leur lancée…

 

Dagor Dagorath : Yetzer Ha’Ra

Ξ mars 10th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Dagor Dagorath : Yetzer Ha'RaDagor Dagorath…ce nom fait rêver…les amateurs de Tolkien y auront sans doute reconnu le nom d’un événement majeur des contes de la Terre du Milieu, Dagor Dagorath signifiant en langue elfique « La bataille des batailles »…outre ce nom, il faut savoir que le combo sort en cette année 2010 un tout premier album nommé « Yetzer Ha’Ra » (par contre je ne connais pas la signification !) après avoir sorti une démo et deux split albums. Inconnus au bataillon il faut l’avouer, même s’ils existent depuis 2003, les jeunes israéliens tentent de percer dans le milieu du métal, en nous offrant du black/death symphonique de bonne facture.

Parlons un peu de la superbe pochette. Les couleurs sont fades, sombres…notre regard se pose automatiquement sur cet homme au milieu, il a l’air composé de plusieurs personnes à la fois…assez étrange. Il faut savoir que le créateur de cette pochette n’est autre que Seth Siro Anton, connu pour créer des graphismes pour des groupes tels que Belphegor ou Vader (les sortes de « pinces » derrière l’homme de la pochette de DD ressemblent beaucoup aux pinces présentes sur un album de Belphegor nommé « Bondage Goat Zombie »..).

Parlons musique …

Du fait de leurs origines, il est normal que l’on puisse s’attendre à des sonorités orientales. Difficile à dire. Il y a de bonnes mélodies aux claviers, des harmonies, mais je ne dirais pas que ce soit typiquement oriental (certains seront peut-être rassurés…). La symphonie est principalement composée de violons, flutes, contrebasses et j’en passe. Pas de sitars, percussions…

L’album se compose de sept titres, tous assez longs, allant jusqu’à huit minutes et demi. Un des défauts de cette galette. Je ne vais pas y aller par quatre chemins mais en effet, les titres sont assez lassants. On est pris dedans à chaque premières minutes, mais finalement, ce sont les mêmes structures qui reviennent, c’est linéaire…on croit entendre ce qu’on a déjà entendu, on a presque envie de changer de morceau…bref…c’est assez ennuyeux. Sauf que la musique en elle-même reste pour le moins assez intéressante.

Car il s’agit bel et bien de black/death symphonique. Le titre ouvrant le bal est « The Hell in Heaven » .Un titre ressemblant beaucoup à « The Serpenting Offering » de Dimmu Borgir : une intro instrumentale de quelques secondes, orchestre en tête, démarrage en trombe des guitares, les riffs, rien à dire, la symphonie grandiloquente en arrière plan, le chant black bien crié. Sauf qu’il y a ici un côté plus mystique et on retrouve des chœurs féminins plutôt bizarres…

Pour la suite de l’album, c’est identique. Les guitares se saccadent par moment, le chant peu parfois atteindre les graves, donnant un côté caverneux. La batterie nous offre pas mal de double pédale …les harmonies sont plutôt sombres, épiques par moment, assez guerrières…mais les titres ont tendance à se ressembler et les influences dimmu borgiennes se font beaucoup trop ressentir (« Heaven in Hell » par exemple).

« The Call » est l’exemple typique du titre sombre à tendance folk, long, peut-être, mais assez prenant tant par le rythme assez dynamique que par la variété des instruments : on retrouve même un accordéon. Les mélodies sont d’ailleurs plutôt jolies même si c’est un sentiment de tristesse qui ressort de ce titre

On sent qu’il y a quelque chose, on sent aussi que le groupe peut faire mieux, suffirait de raccourcir les titres ou alors de les alimenter de plus d’originalité et d’identité. Cet album reste pour le moins sympathique si on écoute un titre comme ça une fois de temps en temps. Si vous l’écoutez du début à la fin, forcément, vous serez lassé, ce qui est bien dommage. Sans pour autant décourager ce groupe qui, je pense, peut avoir de l’avenir (suffit d’écouter la production, super bien paufinée), je conseille tout de même l’album aux amateurs de black/death/sympho, je pense que certains pourront y trouver leur compte. Pas tous. Mais pourquoi pas ne pas y jeter une oreille.

 

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