Voyager (AUS) : The Meaning of I

Ξ octobre 14th, 2011 | → 2 commentaires | ∇ Melodic Metal |

Voyager (AUS) : The Meaning of IC’est un fait. Voyager aime sortir ses albums en fin d’année, et surtout en automne, histoire de nous remonter le moral lors de terribles jours de pluie et de grisaille. Deux ans après un « I Am the Revolution » abouti et particulièrement bon, les australiens remettent le couvert avec quelque chose plus personnel, plus prog, plus introspectif.

Si le terme « voyager » était celui qui nous passait par l’esprit à l’écoute des compositions des australiens, il le devient encore plus évident ici, car les titres peuvent s’apparenter à des escales aussi différente les unes des autres. Comme si notre petit vaisseau s’arrêtait de planète en planète. La comparaison peut sembler absurde, mais pour les amateurs de Star Trek, l’évocation du nom de « Voyager » ne peut que nous rappeler les aventures d’un équipage perdu dans l’espace. Non seulement ce vaisseau porte ce même nom, mais en plus le logo du groupe ressemble presque trait pour trait à celui de la série, le « V » s’assimilant presque à l’espèce de communicateur que les membres de l’équipe portent sur la poitrine gauche.

Mes idioties passées (et encore), il faut dire que la pochette représente bien l’image même du voyage, cette mer noire d’un côté, ce ciel lumineux de l’autre, ces statues étranges à gauche et ce monument particulier, partant en ruine, à l’arrière. De plus, elle montre bien cette idée de « recherche de soi », le thème principal de l’album qui plus est. Pour ceux qui connaissent, elle a été créée par George Grie de chez neo surrealism art, tout comme celle de l’opus précédent, et s’intitule « In Search of Meaning ». Tout se rejoint.

En ce qui concerne la musique, Voyager reste dans la continuité d’un « I Am the Revolution », mais en moins pompeux au niveau des claviers. Bien sûr, ces derniers restent bien présents, tant au niveau de certains effets sonores que d’ambiances, mais le leader Daniel Estrin en fait beaucoup moins. Idem en ce qui concerne le chant, moins poussé, plus simple mais d’autant plus beau et maîtrisé, et bien adapté à l’ambiance générale des titres : atmosphérique et planante.

Par ailleurs, Voyager a mis l’accent sur les guitares et leur osmose, en rapatriant le guitariste Scott Kay. Pour le coup, nous voilà avec des grattes peut-être plus puissantes, plus travaillées, et plus unies, surtout lors des soli (« Fire of the Times », « Are You Shaded »), soli qui peuvent eux-mêmes se coupler avec les claviers (le répétitif « Momentary Relapse of Pain » par exemple) pour un résultat à la Dream Theater. L’ensemble peut aussi s’avérer dark, ou tranchant et énergique à la manière d’un « The Meaning of I » totalement jouissif et mélodique.

Eh oui, les mélodies sont omniprésentes dans tous les morceaux, si bien que ceux étant allergiques au trop plein de mélodies ne pourront supporter toutes les envolées effectuées par les claviers, les guitares, et même la voix. Un « Stare into the Night » par exemple, nous gratifie d’un refrain magnifique et entêtant, avec ce côté spatial bien présent, alors qu’un « The Pensive Disarray », avec Daniel Tompkins de TesseracT en guest, nous embarque littéralement dans des recoins presque maritimes.

Mais l’ensemble reste surtout bien heavy, comme un « Fire of the Times » (avec DC Cooper de Silent Force en guest) ou un « Are You Shaded ? » bien dans le bain avec les riffs et les parties vocales qui vont bien, et même des growls, nous rappelant les origines plus sombres de Voyager. Même si certains titres s’apparentent à une sorte de synth-pop, notamment à cause/grâce à l’utilisation du claviers. Une impression qui se concrétise davantage sur un « Iron Dream » en hommage à Peter Steele, où l’on retrouve un son proche de celui de Type O Negative, avec certains effets sonores propres et une voix quasi similaire sur certains passages. Le jeu de mot avec ’steele’ et ‘iron’ est d’ailleurs bien trouvé pour ce tribute.

Hormis cela, l’album souffre de sa longueur. Pas que l’ensemble soit d’une longueur époustouflante (un peu plus de cinquante deux minutes), mais lorsque vous avez treize titres dont deux balades niaises (« He Will Remain », « It’s Time to Know ») et une seconde partie qui tend à s’essouffler (à partir d’ « Iron Dream », faute de rythme), c’est normal que l’on commence à décrocher, et ce, malgré un certain travail de compositions.

Toutefois, ne vous y méprenez pas, ce « The Meaning of I » est un très bon album, inspiré et plein de bonnes choses, avec une production certes lisse, mais qui assure. Dommage cependant que la deuxième moitié de l’album peine à s’emboîter avec l’autre moitié, la continuité étant donc incertaine.

 

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