Symbolic (GER) : Scarvest

Ξ février 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Symbolic (GER) : ScarvestSymbolic aura eu du mal à faire parler de lui en France et pourtant il s’avère que ce quintette est une valeur sûre en Allemagne en matière de death metal. Formé en 2005, le groupe a réussi à sortir un album et un single auto produit avant de se lancer pour de bon et signer avec le prestigieux Twilight-Vertrieb, lui donnant une opportunité en or en matière de distribution. Et ça marche.

Bien qu’officiant dans un genre de plus en plus saturé, Symbolic arrive à faire de sa musique un death metal moderne aux touches mélodiques, sans tomber dans les pièges du conformisme. Pas de mièvrerie, pas de voix claires, pas de bidouilles qui n’ont pas lieu d’être. Les Allemands envoient du lourd et en plein dans le mille, se permettant non seulement de nous asséner d’un déluge de riffs mais aussi d’expérimenter de temps à autre histoire de ne pas rendre sa musique trop uniforme.

Après donc plus de six ans d’activité, Symbolic est en droit d’essayer de nous offrir l’album de la maturité et il est clair que ce dernier n’en manque pas. Le quintette commence d’office par nous faire un jeu de mot avec le titre de son album, « Scarvest » étant un mélange de « scar » et de « harvest ». Mais ce n’est pas les blés que les musiciens fauchent, mais bien des têtes, et avec une lame bien aiguisée, à l’image même de leur musique. Pas de pitié, l’ensemble est bien racé et bien compact, avec une base melo death mais modelée grâce à des éléments modernes voire core tant dans la rythmique parfois syncopée et dans le growl qui tourne au criard.

« Everlasting » et « Achille’s Son » nous offrent une très bonne dynamique et de relents bien death metal, avec les soli qui vont bien, parfois proche du neo classique et de Necrophagist dans le même temps. Les touches progressives restent très évidentes tant dans la longueur des morceaux que dans le côté barré et alambiqué de certains passages à la guitare très recherchés. Toutefois, lorsque la lourdeur s’impose parradée d’une certaine agressivité, c’est plutôt de Death que l’on se rapproche (« Down to Zero »), pour ensuite se diriger vers quelque chose de plus aérien et symphonique (« Mysery »). Symbolic aime jouer sur ces facettes, car chaque piste est délicieuse et dotée d’une identité bien à elles.

On conclut avec un « 7H8P7P5H7 » au nom très mystérieux mais bourré de bonnes choses, entre le côté très catchy et technique des riffs, le dynamisme du rythme, la lourdeur de l’ensemble, le growl impeccable de Bastian et surtout le final très inattendu et expérimental qui commence avec des sons cybernétiques pour terminer avec des guitares hypnotiques, des voix bizarres, des sons retro et une batterie limite techno pour un ensemble très « jeu vidéo ».

Symbolic s’est bien débrouillé et c’est un death mélodique moderne et lourd qui s’offre à l’auditeur, pas mielleux pour un son et pas bourré de claviers pour autant. Les Allemands s’imposent et seront sans aucun doute sur le devant de la scène d’ici quelques temps. Ce « Scarvest » fouillé et catchy est plus que prometteur.

 

Death Emitting Diode : Welcome to the Machine

Ξ février 15th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Death Emitting Diode : Welcome to the MachineLe Royaume Uni aura toujours fait parler de lui dans le domaine musical, que ce soit en matière de rock, de pop ou de New Wave, si bien que des tas de groupes auront émergé d’années en années. Si les styles très électroniques dans l’esprit peuvent s’avérer incompatible avec le metal pour certains, il s’avère que d’autres arrivent à faire une fusion de tout cela afin de créer un son très étrange et inhabituel.

Les Britanniques de Death Emitting Diode, formation basée autour de Nexus et de Centurion, a pris le défi et fait du neuf avec du vieux, s’appropriant un son volontairement retro, kitch et très année 80 dans les synthétiseurs. Mélangé à des guitares saturées et des nappes de claviers futuristes et robotiques, cela nous donne un cyber metal étonnant et racé, ayant l’audace d’innover, sans non plus être extraordinaire.

Le nom du groupe est basé sur le concept de la DEL (diode électroluminescente) que l’on traduit en anglais par « light-emitting diode ». Si on suit la même logique, Death Emitting Diode (DED) serait un néologisme pour parler d’une diode émettrice de mort, cette diode pouvant s’apparenter aux technologies actuelles. Nous nous retrouvons de nouveau avec un concept pessimiste sur la machine se retournant contre son créateur pour éventuellement le détruire ou le déshumaniser. Classique.

DED se distingue des autres formations cyber metal par sa façon d’appréhender le genre. En effet, si en général on se retrouve avec du metal teinté d’électro, ici c’est plutôt l’inverse, c’est à dire de l’électro made in eighties qui se trouve teinté d’éléments metal. Alors il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’agressif dans l’esprit ou de très basé sur les guitares. L’ouverture et éponyme « Welcome to the Machine » pose bien le décor avec son ensemble très technologique et retro, les guitares étant saturées en arrière plan, le rythme bien mécanique et kitch, et la voix traficotéé à la l’image d’une machine.

C’est en effet un voyage auprès de machines que l’auditeur effectue. La série des « Password » nous le prouve bien avec sa mélodie électronique entêtante et ces guitares lançant des offensives. On reste pas loin de la new wave anglaise de temps en temps, proche des Pet Shop Boys, entre autres, mais avec cette ambiance sombre (« Death Emitting Diode ») et hautement synthétique et futuriste et ces relents metal en prime, même s’ils ne sont pas très omniprésents. « Centurion » ou « Nexus » par exemple (reprenant les pseudos du duo) s’assimilent aisément à une synth pop aux guitares saturées et distordues, mais avec une mélodie très prenante.

Toutefois, le côté retro et bien kitch reste poussé à son paroxysme dans toutes les facettes de la musique de DED, ce qui reste assez perturbant surtout quand les mêmes sons tendent à revenir assez régulièrement. Certes, les nappes de claviers posent une certaine ambiance froide et synthétique, mais il aurait fallu varier le propos. De même pour la voix qui, bien qu’adaptée au concept, peine à ressortir agréablement. Comprenez que les fausses notes sont parfois de la partie, comme sur « Elite » ou « Machine God ». Enfin, la pochette rappelle les vieux groupes du genre et leur manie de s’afficher, barbouillés de symboles bizarres (ici, il s’agit d’un circuit électrique).

Tout a été dit. Death Emitting Diode nous fournit un premier album manquant encore un peu de panache, malgré une certaine personnalité. Approximatif, retro, très synthétique, et machinisé (le terme « machine » doit être prononcé une dizaine de fois dans chaque morceau), « Welcome to the Machine » attirera les nostalgiques, repoussera les amateurs de modernités mais attisera sans aucun doute la curiosité des plus éclectiques, malgré ses défauts.

 

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