Alghazanth : The Three Faced Pilgrim

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Alghazanth : The Three Faced PilgrimAlghazanth a toujours suivi son petit bonhomme de chemin depuis ses débuts en 1995, toujours su être fidèle à ses habitudes, à son black symphonique envoûtant et mélodique et ses pochettes en tons de gris, toujours été fidèle à son label Woodcut Records avec la sortie de ses six albums et pourtant, il ne jouit pas d’une assez forte reconnaissance comparé aux formations norvégiennes qui ont actuellement toujours la cote. Il faut dire qu’Alghazanth ne s’est jamais vraiment mis en avant et n’a jamais vraiment voulu rendre ses parties symphoniques trop dominantes, fidèle à son côté true. Sauf que cette année, les Finlandais nous gratifient de deux productions, l’EP « Adra Melek Taus » avec trois morceaux inédits et le full length « The Three Faced Pilgrim » avec cinq nouveaux titres, sortis à deux mois d’intervalle. Etrange procédé, dans la mesure où il aurait été certainement plus simple de tout sortir en même temps sur la même galette, d’autant plus que le thème principal des deux pochettes reste celui des oiseaux (le paon pour l’un, les cygnes pour l’autre…).

Il n’empêche que ce « The Three Faced Pilgrim » est le septième album de la bande, sorti deux ans après le très bon « Vinum Intus ». Alghazanth garde son son ni trop propre, ni trop crade, mais change légèrement d’orientation musicale. Le côté symphonique est beaucoup moins flagrant et laisse davantage sa place à un black mélodique très porté sur les atmosphères. Les claviers n’auront jamais été aussi désavantagés, le décalage est assez fort quand on écoute un « Thy Aeons Envenomed Sanity » ou un « Wreath of Thevetat ». Les musiciens semblent avoir décidé de se laisser porter par leurs guitares pour un ensemble musical qui se situe quelque part entre Emperor, Dissection ou Immortal.

La pochette, très belle, laisse entrevoir une sorte de lutte entre le bien et le mal. Mais à l’écoute de l’album, on a comme l’impression qu’il s’agit plutôt d’une bataille entre le captivant et l’ennui. D’un côté nous avons des riffs tranchants et limite épiques, des mélodies mélancoliques, des touches de claviers atmosphériques et hivernales et une ambiance générale assez nébuleuse, comme si nous contemplions un paysage d’hiver sous les nuages, ce qui est plutôt bien représenté par « With Sickle, with Scythe » avec ces chœurs envoûtants. D’un autre côté, nous avons des riffs qui sont finalement très communs, des bouts qui ne nous transcendent pas, un enchaînement de parties très ennuyant et une atmosphère très convenue comme sur « Promethean Permutation ». Le superbe d’une part et le chiant à mourir d’une autre. Pas évident de se faire une réelle idée sur la chose.

On pourra toutefois se réconforter avec « AdraMelekTaus » dynamique, efficace et bourré de mélodies épiques qu’on pourrait presque rapprocher de Catamenia. Ce sont les guitares qui chantent même si quelques nappes viennent s’incruster le temps de quelques secondes. Les claviers apparaissent comme un outil de transition entre plusieurs parties et non comme un moyen de soulever un moment ou un autre, ou d’accompagner la mélodie principale comme cela peut l’être sur « To the Pearl on High » qui, même s’il accroche un moment, finit par lasser.

Une sortie en demi-teinte, ni trop blanche ni trop noire et paradoxalement à l’image de son artwork. Alghazanth ne livre certainement pas son meilleur album mais risque d’attirer ceux qui préfèrent les claviers en toute petite dose, malgré des riffs et des mélodies très ordinaires qui ne sortent vraiment pas du lot. L’ensemble est d’ailleurs assez pépère voire mou à certains moments et n’est pas destiné à ceux qui ont un faible pour l’énergie, contrairement aux sorties précédentes. Ceux qui étaient habitués à cela risquent de ne pas forcément trouver leur bonheur…

 

Kombur : Catharsis

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Deathcore |

Kombur : CatharsisLe label Send The Wood est plutôt productif ces temps-ci et a une manie redoutable de dénicher des groupes au fort potentiel et très « directs » comme récemment Hord, Idensity ou Kombur. Kombur, c’est un petit groupe d’Avignon formé l’année dernière autour de cinq musiciens passionnés et très inspirés par les scènes death metal et hardcore. Cela a donné naturellement naissance à une musique mélangeant les caractéristiques de ces deux styles, des growls alternant avec des cris, des gros riffs lourds alternant avec des riffs syncopés, sans oublier les mosh parts et les breakdowns. Vous avez la marque de fabrique du groupe.

Après avoir partagé la scène avec des combos réputés comme Manimal, The Arrs, ou Mass Hysteria, ils sortent leur premier EP « Catharsis », composé de cinq titres, mixé et masterisé par Bruno Varéa (Dagoba, Blazing War Machine…). Un Ep qui ne rigole pas puisque le premier morceau « Pray for Us » nous montre un Kombur flirtant avec les mélodies sombres et un côté technique très proéminant. Car de la technique, nous en avons droit et il ne faut pas être réfractaire à ce genre de choses. La basse est bien groovy et très présente, guidant les titres avec beaucoup de classe pendant que la paire de guitaristes alterne les parties alambiquées et les parties plus centrées sur la brutalité.

Une des caractéristiques de Kombur, c’est qu’il écrit certains de ces titres en français comme « Entre Haine et Hargne » ou « Mon Enfer Porte Ton Nom ». Cela sonne très différemment à l’oreille et nous donne l’occasion d’entendre d’autres sonorités que les sonorités anglaises. La patte frenchie n’est donc pas à déplorer, surtout avec un son pareil, même si le chant manque encore de charisme et que les morceaux ont souvent tendance à se ressembler, la faute aux saccades et à la technique, un peu trop poussive. Du chant clair fait néanmoins son apparition sur « Empires ».

L’EP ne dure que vingt minutes et il n’est donc pas évident de se faire un avis catégorique sur la musique de Kombur. Il n’empêche qu’elle est bien rentre dedans et technique, toutefois on s’attend pour la suite à une variation du jeu et à plus de prestance dans le chant afin de mieux mettre en valeur la hargne et la haine que le groupe veut mettre en valeur. Wait and see.

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News