Rammstein : RosenrotRammstein, épisode 5 donc. On ne peut pas dire que Rosenrot partait du meilleur pied, puisque présenté comme un disque composé de chutes studios des sessions de Reise, Reise et de quelques nouveautés. Un disque de remplissage ? Seul le groupe pourrait le dire, mais il faut bien admettre que jamais un album de Rammstein ne m’avait laissé l’encéphalogramme aussi désespérément plat.

Cela démarrait pourtant plutôt bien, avec le percutant “Benzin“, orienté grosses guitares, où la voix de Till Lindemann se fait menaçante et revient aux heures dorées de Sehnsucht. Non pas que ce titre soit particulièrement original, mais pour ceux qui, comme moi, ont été déçus par la précédente livraison des Allemands, il y a ici de quoi dresser l’oreille. Et après ? Après, la dégringolade commence.

Les trois morceaux suivants sont terriblement banals ; pas qu’ils soient mauvais en soi, mais ils reposent sur des structures usées jusqu’à la toile, alternant couplets inquiétants et refrains tellement mélodiques qu’ils en deviennent sirupeux. On a l’impression d’écouter trois redites de “Stein um Stein”, qui n’était déjà pas le meilleur titre de Reise, Reise, et l’ennui s’empare progressivement de l’auditeur.

Vient ensuite “Wo Bist Du”, l’un des trop rares moments où Rammstein se ressaisit. Ambiance gothique, voix envoûtante, mélodie imparable, nous avons ici affaire à un titre du niveau de “Mutter“, “Niebel” ou autre “Klavier”. De mon point de vue, le point culminant du disque. Mais ce bref instant de bonheur est aussitôt gâché par l’insipide ballade “Stirb Nicht Vor Mir”, sur laquelle apparaît la chanteuse de Texas pour un résultat inintéressant, et sans doute le morceau le plus mièvre jamais composé par le groupe.

La seconde partie de l’album est à l’avenant : deux titres dans la veine de Reise, Reise, l’inspiration en moins, puis le délirant “Te Quiero Puta”, chanté intégralement en Espagnol par un Till qui semble prendre un pied monstrueux à cette blague potache, misogyne et vulgaire à souhait, mais ô combien jouissive. Là, nous tenons une vraie réussite, bien plus aboutie qu’un “Amerika“, drôle, trash, et tout à fait dans l’esprit du groupe. Les deux titres qui referment Rosenrot sont au contraire à la limite du supportable, dégoulinants de mélodies et de bons sentiments ; les guitares ont été remisées au placard, et Rammstein s’abîme ici dans les affres de la médiocrité.

Ce Rosenrot inquiète donc sérieusement quant à la santé des Allemands, qui, après avoir livré trois chef-d’Å“uvres, puis un disque en demi-teinte, se révèlent ici totalement incapables de se réinventer. A cours d’inspiration, Rammstein ? Affaire à suivre, mais voilà un album qui n’est pas pour nous rassurer.



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