Iron Maiden (UK-1) : Flight 666 (DVD)Cela faisait quelques temps que Iron Maiden n’avait pas fait quelque chose de spécial pour fêter les 25 ans d’un des plus grands albums de metal de tous les temps, j’ai nommé ‘Powerslave‘. C’est vrai que la sortie en DVD du ‘Live After Death‘ était en quelque sorte un véritable cadeau que le groupe avait offert à ses fans. Mais, pour Steve et ses compères, il fallait voir plus grand. Et c’est ce que le groupe a fait sur cette dernière tournée mondiale en trois parties, intitulée ‘Somewhere Back In Time World Tour’.

Comme son nom l’indique, cette tournée était un retour dans le passé du groupe, dans ses glorieuses années, où le quintet, à l’époque, avait créé des monuments du metal, tels que ‘The Number of the Beast‘, ‘Piece of Mind‘, ‘Somewhere in Time‘, ‘Seventh Son of a Seventh Son‘, ou le légendaire ‘Powerslave‘, qui est justement à la base de la mise en scène de cette tournée de tous les records. Outre la longueur du ‘World Slavery Tour’ de 1984-1985, le groupe souhaitait rajouter un nouveau record à son palmarès : effectuer le plus de concerts possibles dans le plus court délai. L’essai a été transformé grâce à Ed Force One, un Boeing 757, spécialement affrété par le management de la Vierge de Fer, et décoré du logo du combo britannique.

Durant la première partie du ‘Somewhere Back in Time World Tour 2008 – 2009′, le groupe a parcouru près de 50 000 km en approximativement 6 semaines et joué dans 23 villes de 21 pays. Du jamais vu pour un groupe d’une telle ampleur ! Il fallait bien marquer le coup et en profiter pour sortir un témoignage vidéo de cette hallucinante aventure. Et le groupe n’a pas fait les choses à moitié : outre le tournage d’une nouvelle vidéo Live, il s’est entouré de deux des plus grands fans de métal que la Terre ait porté pour réaliser un documentaire de près de 2 heures où images Live et interviews se succèdent à un rythme maidenien, Sam Dunn et Scott McFadyen. Ces derniers avaient déjà réalisé deux reportages très appréciés de la communauté métal, ‘Metal : A Headbanger’s Journey‘ (2006) et ‘Global Metal’ (2008). Ayant déjà côtoyé des célébrités telles que Ronnie James Dio ou Bruce Dickinson pour leurs précédents travaux, il était tout naturel que Iron Maiden les reçoive pour ouvrir au monde entier les portes de leur royaume. C’est ainsi que naquit ce fabuleux DVD. Maintenant, rentrons dans le vif du sujet.

Exit le dispensable double-Live audio, ce double-dvd est une dépense justifiée, étant donné le contenu intéressant et exhaustif que l’on peut y trouver. Le premier dvd est un documentaire parfaitement filmé dans lequel nous pouvons voir le groupe évoluer au jour le jour sur une tournée calibrée dans les moindres détails par l’implacable manager Roderick Smallwood, qui a toujours su amener nos chers musiciens vers tous les succès, grâce à caractère strict, franc et droit. Chaque membre du groupe est présenté individuellement sans pour autant être mis à l’écart du groupe. Nous découvrons ainsi des personnes dotées d’une grande sensibilité et d’une grande humanité, ce dont très peu de groupes de rock peuvent se vanter de posséder. Nous pouvons entre autres voir Adrian Smith en compagnie d’un ami, ancien vainqueur de Wimbledon, jouer au tennis, Nicko McBrain et Dave Murray se détendre au golf, Janick Gers se balader, etc…Des activités normales d’être humains. Iron Maiden nous montrent dans ce documentaire qu’ils ne sont pas des Dieux, mais, que certains fans exagérent énormément en les prenant pour des divinités : l’hystérie collective des sud-américains (Argentine, Costa Rica et Colombie) est surprenante et l’on voit bien la passion, le culte que vouent les fans dans cette région du monde à Dickinson et Cie. A noter, un gars qui quitte son boulot pour aller voir Maiden en concert au Costa Rica, un prêtre brésilien dont le corps est recouvert avec 183 tatouages de Maiden et Eddie et dont le fils s’appelle Stevie Harris, des jeunes qui pleurent parce qu’ils ont reçu une baguette de Nicko ou un médiator de Janick, des fans campant depuis une semaine sans manger en Colombie…Comme le dit si bien Bruce à la fin du documentaire, “Iron Maiden porte l’espoir des fans et a accompli quelque chose”.

Pourtant, les six britanniques ne sont pas si éloignés de vous et moi : ils sont simples, visitent des temples aztèques, peuvent être malades, comme pendant le concert de Melbourne où des seaux ont été mis de chaque côté de la scène, avoir peur qu’une scène en bambou s’effondre à Mumbai, ou s’éclater dans un Boeing en se moquant d’une hôtesse de l’air, voire de Rod Smallwood lui-même, qui est en train de dormir (“C’est comme observer un animal sauvage rare ! Même dans son sommeil il gronde et il grogne, ignorant la présence de la caméra…”, dixit Dickinson). Nous apprenons aussi que Dave est le pilier du groupe, celui qui a toujours le mot juste lorsqu’il y a conflit et que Nicko, après être devenu shaman, est le membre le plus sociable et social du groupe, celui qui n’hésite pas à détendre l’atmosphère avec un trait d’humour bienvenu. Par ailleurs, il est à noter que Steve n’est plus un bassiste, mais, bien un “chatouilleur de basse”. Steve d’ailleurs rigole allégrement lorsqu’il entend cette dénomination ; le voir rire est assez rare, mais, là, il se lâche complètement. Et cela fait du bien, car on se dit que, malgré le poids du groupe sur ses épaules, puisqu’étant le principal compositeur et le leader du groupe, il n’en reste pas moins humain et un bon père pour ses trois filles, Lauren, Kerry et Faye, qu’il amène parfois avec lui sur ses tournées.

Ce documentaire est une pure réussite qui montre l’envers du décor : derrière les rockstars, les Hommes, les maris, les pères…Il humanise réellement ces musiciens, qui se livrent au public sans détour et très honnêtement. Peu de célébrités peuvent se targuer d’être aussi francs dans leurs paroles et de pouvoir être autant aimés par les fans. Ces derniers peuvent alors s’identifier à leurs idoles, tout en rêvant de devenir comme eux ou, du moins, de devenir leurs enfants (une japonaise veut être la fille de Steve Harris). Iron Maiden sont comme des parents pour les fans, des modèles qui leur montrent le chemin à prendre pour l’avenir. Cela peut faire peur, cela peut être violent (Adrian n’aime pas cette trop grande ferveur de la part des sud-américains qui peuvent devenir agressifs dans leur “fanitude”), mais, cela est, dans la majorité des cas, excitant et beau (la foule qui chante durant les concerts, couvrant la voix de Dickinson).

Cette analyse du rapport groupe/fans est d’une justesse insolente et terriblement émouvante. Parfois aussi terrifiante quand on voit les mouvements de foule. Même Sam Dunn le dit lui-même à un moment donné, étant vraiment très surpris de l’accueil que les fans réservent à Maiden. Et comme pour s’aérer l’esprit entre ces révélations, certaines courtes séquences de paysages urbains nocturnes ou d’un minuscule chihuahua pornographe sont là pour nous renvoyer à la réalité de la vie. Il existe autre chose que Maiden, quelque chose qu’il faut vivre chaque jour, voir la beauté du monde qui nous entoure et surtout profiter des gens qu’on aime, sans se perdre dans une adoration quasi-maladive d’un des plus grands groupes de metal. C’est un des messages délivrés ici.

En parallèle de ce fabuleux documentaire, un deuxième dvd est ici-présent : celui des concerts. En effet, le groupe a filmé une chanson par concert. Nous nous retrouvons, par conséquent, avec 16 titres enregistrés dans une ville différente. Le but de cette démarche était de pouvoir capturer le meilleur moment de chaque show pour que chaque fan de chaque pays visité puisse se dire “J’y étais !”. Ceci est une décision louable de la part de Maiden, qui souhaite donner le maximum de plaisir à ses fans. Les lights sont magnifiques, induisant des atmosphères tantôt occultes, tantôt mystérieuses, tantôt festives, qui collent parfaitement au très long répertoire de Maiden. Ici, tous les indispensables sont présents : de “Aces High” à “Moonchild”, en passant par “Powerslave” ou “Fear of the Dark“. Mais, le point culminant reste cependant et malgré tous les tubes, l’épique “Rime Of The Ancient Mariner”. Sur cette chanson, nous pouvons précisément sentir tout le respect des fans pour la Vierge de Fer. Ce titre rassemble à lui tout ce qui fait Iron Maiden : la mélodie, la musicalité, les atmosphères sombres et lumineuses, les rythmes à tiroirs, les soli majestueux et la voix magnifique du sieur Dickinson…Tout est dit ! Amen !

Nous ne pouvons que tirer notre chapeau à ce groupe qui a traversé de dures épreuves et qui a su respecter ses supporters à travers toutes ces années. C’est pour cela, d’ailleurs, que plus de trois générations de fans apprécient toujours l’œuvre de Steve Harris et que des grands-parents aux petits-enfants en passant par les parents, Maiden est ce qui peut vraiment lier les familles entre elles. Il en est de même pour les peuples. Seul Maiden est capable de cela.

Pour terminer, posséder ce dvd est indispensable, car il permet de mieux comprendre le groupe, son but, sa vie, ses valeurs et son essence. Il ne raconte pas seulement l’historique d’un groupe sur une tournée, il nous permet de vivre au plus près du groupe, dans son intimité immédiate et nous donne un aperçu du caractère de chaque membre. Ils font des choses des plus banales et pourtant chaque activité est déifiée par les fans. Ce témoignage poignant, qui a été projeté sur grand écran le 21 avril dernier, est un arrêt sur image qui nous permet de mieux nous analyser en tant que fan, de voir à quel point nous pouvons être excessifs non pas seulement avec le groupe, mais, également avec nous-mêmes. Nous violentons des Hommes par notre Adoration et nous nous violentons nous-mêmes à désirer maladivement être au premier rang dans le pit pour quasiment les toucher, les voir à deux mètres de nous, sans nous soucier de perdre notre propre personnalité en étant fan et en vivant, non pas pour nous-mêmes, mais, par le groupe. Hors cet aspect purement sociologique, les anecdotes amusantes et les magnifiques images sont deux des éléments majeurs qui justifient à eux seuls l’achat de ce double-dvd. Le packaging a été soigné (digipack avec livret photos) ainsi que le contenu. Seul petit point noir : l’absence de bonus. A part ça, rien à redire, jetez-vous dès maintenant sur petit bijou audiovisuel et bon visionnage. ;-)

Iron Maiden (UK-1) : Flight 666Iron Maiden est un groupe qui n’a jamais cessé de répandre sa bonne parole à travers de nombreuses sorties, plus ou moins dispensables d’ailleurs, ceci depuis environs deux décennies. Et en 2009, le groupe ne déroge pas à cette règle puisque ce n’est pas moins qu’un nouvel album Live, un nouveau DVD et un énième vynile qui sortent en ce mois de mai.

Nous n’allons pas vraiment faire l’apologie de cette méthode commerciale, bien au contraire. Malgré un son puissant et un côté ‘A Real Live Dead One’ pas désagréable, avec cette particularité que chaque titre a été enregistré dans une ville différente, cette version audio de ‘Flight 666‘ n’a pas de véritable intérêt. C’est plutôt sur le double DVD que nous devons porter toute notre attention. Le support vidéo fera l’objet d’une prochaine chronique. Pour l’heure, attardons-nous sur le Live. Celui-ci est tout de même assez surprenant puisque c’est le tout premier enregistrement de concert qui voit le groupe faire l’impasse sur sa mascotte Eddie. Cela serait un véritable sacrilège si ce Live n’avait pas pour but d’accompagner le DVD qui a pour thème la vie du groupe sur la tournée Somewhere Back In Time. Au lieu d’utiliser le célèbre zombie comme visuel, le groupe a préféré utiliser une de ses photos promos et celle de leur Boeing 757. Cela donne une brin de fraîcheur au sextet, qui peut désormais se permettre de modifier certaines choses et de moderniser son image. Alors nous pouvons d’ores et déjà nous poser la question qui tue : exit Eddie sur la pochette du prochain album studio ? ! Votre serviteur ne le pense pas, mais, cela peut vraiment porter à confusion. En effet, le double best-of américain ‘The Essential Iron Maiden‘, sorti en 2005, et dont la pochette était également une photo du groupe…Drôle de coïncidence, n’est-il pas ? Il faut savoir que musicalement la plupart des titres de ‘Flight 666‘ ont été enregistrés sur le continent américain (nord et sud). Nous pouvons alors y voir un rapport assez flagrant avec un désir du groupe de se promouvoir encore plus sur cette partie du monde, puisque l’Europe lui est déjà complétement dévouée.

Sur le plan musical, Iron Maiden s’amuse vraiment à reprendre ses classiques. Cela se sent à l’écoute de ce septième Live et cela fait plaisir. Les fans répondent réellement avec enthousiasme et l’on se prend à chantonner avec eux les hymnes tels que « Aces High », « The Rime Of The Ancient Mariner » ou « Heaven Can Wait ». Le fait d’entendre des morceaux qui n’ont pas été joués depuis un peu plus de 20 ans avec un son digitalisé en 5.1, nous redonne un coup de jeune bienvenu et ré-attribue au groupe une dimension quasi-divine, qui en profite pour nous donner un gros coup de pied au derrière qui fait mal. Néanmoins, cela ne suffit pas à nous enlever cette petite voix entêtante de la tête qui nous dit que le groupe est devenu un association de commerciaux qui cherchent seulement à nous vendre des produits de consommation banals sans autre but que de gonfler encore une fois leur portefeuille. Pourtant nous tentons, en vain, de retourner cette pensée et de nous convaincre de la bonne volonté du groupe et de son « innocence », qui offrent aux fans (moutons ?) que nous sommes un petit frère (une resucée ?) à leur fabuleux « Live After Death », pour nous faire plaisir et nous faire patienter jusqu’à la sortie de leur quinzième album studio à la rentrée 2010, que nous attendons avec une énorme impatience comme le messie…

Cependant, cette version audio du DVD n’est pas du tout indispensable et nous ne saurons vous conseiller de vous la procurer. Gardez plutôt votre portefeuille intact jusqu’à la sortie de la prochaine rondelle de nos britanniques préférés ou pour profiter pleinement de vos vacances d’été. Cet album Live est dispensable et ne sert pas vraiment à grand chose si ce n’est qu’à faire joli parmi vos poupées Barbie ou qui sera très utile si vous le pendez à vos cerisiers pour donner la frousse de leur vie aux merles gourmands. Pas vraiment le Live de l’année, mais, un agréable moment en perspective !

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