Iron Maiden (UK-1) : The Final FrontierAprès un AMOLAD déjà très progressif et qui voyait le groupe utiliser de nombreuses parties acoustiques (“The Legacy“, “Lord of Light”, “Out of the Shadows”), Iron Maiden confirme cette tendance et nous revient aujourd’hui avec un nouvel album qui ne peut, forcément, laisser personne indifférent. Oscillant entre passé et futur, The Final Frontier est à la frontière d’une nouvelle ère pour le groupe.

Cette démarche de mélanger des ambiances, que l’on croirait tout droit issues de disques fabuleux tels que Somewhere in Time, pour le côté aérien, ou Seventh Son of a Seventh Son pour l’atmosphère (“Isle of Avalon” à rapprocher du titre éponyme de Seventh Son of a Seventh Son car son intro est à quelques notes près identique au pont instrumental de “Seventh Son of a Seventh Son“), ou plus sous-estimés comme The X-Factor ou Virtual XI, notamment sur le plan de la production plus brute de décoffrage, est assez risquée et déroutante, qui plus est lorsque le groupe se permet des transgressions musicales empruntées à d’autres genres, telles que les longs interludes musicaux ou les mesures impaires très utilisées chez Dream Theater (“The Man Who Would Be King“) ou des intros spatiales oppressantes caractéristiques des groupes brésiliens comme Angra ou Shaman (l’intro de “Satellite 15…The Final Frontier” ne dépareillerait pas sur ‘Aurora Consurgens’ ou Ritual), pour n’en citer que quelques-unes.

Bien sûr, la “patte” Maiden reste reconnaissable malgré ces évolutions rafraîchissantes et bienvenues. Les mélodies imparables (“The Alchemist“), les atmosphères celtiques (“When the Wild Wind Blows”), les refrains entêtants (“Satellite 15…The Final Frontier“, “Mother of Mercy“), les morceaux à tiroirs (“El Dorado“, “Isle of Avalon“, “The Talisman“), sont tous présents pour le plus grand bonheur de nos oreilles encore toutes estourbies par cette farandole de notes aux accents heavy qui, au fil des écoutes, est susceptible d’entraîner une certaine accoutumance.

On découvre, en outre, à chaque écoute, de nouveaux éléments dont on n’avait même pas soupçonné l’existence auparavant. Il s’agit d’une manière inconsciente de fidéliser l’auditeur. Le groupe est carré dans son jeu, Nicko se la joue Portnoy ou Confessori par moments, les guitaristes apportent une touche aérienne à l’ensemble, tandis que Harris est plus dans une approche martiale. Dickinson, par contre, rame un peu dans les aigus. On le sent en difficulté, mais ce n’est pas nécessairement un mal car son organe vocal prend toutes son ampleur et sa majesté dans des passages plus graves où il nous narre des histoires d’une façon tellement prenante que nous pouvons nous permettre de lui pardonner ses difficultés.

The Final Frontier est, vous l’aurez compris, un album aux multiples facettes, qui permet au groupe de franchir encore un nouveau cap sur les plans artistique et temporel, comme ce fût le cas à l’époque avec Brave New World (10 ans déjà !!!). Plus aiguisé que jamais, le groupe s’est surpassé pour nous pondre l’un de ses meilleurs disques depuis Seventh Son of a Seventh Son (exception faite de Brave New World qui restera le meilleur témoignage du groupe de la nouvelle ère). Reste au sextet à concrétiser sur scène ce qu’il a voulu exprimer sur album, en nous interprétant “When the Wild Wind Blows”, “Satellite 15…The Final Frontier” ou “Isle of Avalon” (aussi profond et mystérieux que “Dance of Death“) que nous, les fans, nous prendrons plaisir à chanter avec Dickinson. Rendez-vous est donné l’année prochaine à Bercy !

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