Trillium : Alloy

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Trillium : AlloyL’année 2011 aura été forte en émotions musicales, aussi bien négatives que positives, c’est le moins que l’on puisse dire. De nombreux albums de très bonne facture ont vu le jour, démontrant tout le talent de jeunes ou moins jeunes musiciens issus du monde entier, comme nous avons tous pu le constater avec les plus récentes réalisations de combos aussi divers que variés, tels que Myrath, Dream Theater, Megadeth, Journey, Manigance, Minushuman, Solstafir ou Steel Panther.

2011 aura aussi été une année où les femmes auront affirmé haut et fort leur égalité face à une gent masculine ayant trop tendance à croire en sa prétendue supériorité, ceci dans tous les domaines, excepté le ménage, bien entendu…Ainsi, la créativité et la puissance n’est plus l’apanage de ces messieurs. Cette vérité a émergé avec l’apparition ou la confirmation de nouvelles formation entièrement ou partiellement féminines : Issa, Arven, Alyson Avenue, Lahannya, Niobeth…et aujourd’hui, Trillium, le project-band de la vocaliste américaine Amanda Somerville.

Comme vous devez sûrement le savoir, Amanda n’est pas une inconnue dans le monde plutôt tolérant du metal. Ayant collaboré avec de talentueux groupes ou artistes, européens pour la plupart (Edguy, Aina, Luca Turilli, After Forever, Avantasia, Epica, HDK, Serenity, Michael Kiske, etc), sud-américains pour d’autres (Shaaman, Andre Matos), que cela soit dans le cadre de participations actives (enregistrements de parties vocales ou de morceaux entiers) ou au travers de séances de coaching, la belle blonde a également sorti en solo deux albums et deux EP par le passé (les LP ‘In The Beginning There Was’ en 2000 et ‘Windows’ en 2009 et les minis ‘Blue Nothing‘ en 2000 ainsi que ‘Never Alone’ en 2003). Son Curriculum Vitae est, somme toute, assez impressionnant. Cela est principalement dû à son timbre de voix unique et à son omniprésence dans le domaine de la création artistique qui en font une chanteuse très demandée.

En ce mois de novembre 2011, Amanda Somerville sort un nouvel effort, cette fois-ci non solo, étrangement intitulé ‘Alloy‘ (une substance composée de matière métallique et non-métallique, donc rock et metal) avec, comme je le disais plus haut, un project-band, Trillium (une sorte de trinité). Ce dernier regroupe les zicos les plus professionnels et les plus productifs qui soient sur le « Vieux Continent » : Sascha Paeth (guitares, basse), Robert Hunecke (batterie) ainsi que Miro (claviers). Par ailleurs, nous retrouvons également deux guest-stars habituées à ce genre d’exercice, j’ai nommé Jorn Lande (Jorn, ex-Masterplan) et Sander Gommans (HDK, ex-After Forever).

Musicalement, ‘Alloy‘ tient bien la route. La demoiselle mélange ici ses deux Amours, le rock et le metal, contrairement à ce qu’elle avait pu faire précédemment aux côtés d’un Kiske « marshmallow » sur ‘Kiske/Somerville’. Le debut-album de Trillium est plus direct et agressif, même si les passages incisifs se manifestent encore trop rarement. Amanda nous montre une facette moins légère et plus sombre de sa personnalité, tant au niveau des paroles, plus profondes et recherchées, que sur un plan purement mélodique, les notes aériennes faisant désormais place à une grave lourdeur, sans toutefois nous abreuver de riffs sur-plombés, comme l’on peut le voir chez After Forever ou HDK, par exemple.

Dès le premier titre, « Machine Gun », et son refrain plutôt pêchu, le ton est donné : la « michiganaise » souhaite en découdre avec son image de douce « diva » qui lui collait à la peau jusqu’il y a peu. Cette démarche se confirme sur la suite de l’opus : « Coward », « Purge », « Bow To The Ego », « Scream It » (sur laquelle Jorn Lande a apposé sa voix), sont autant de compositions efficaces et dynamiques. Les autres titres, « Mistaken », « Path Of Least Resistance », « Into The Dissonance » en tête sont plus orientés mélodies, sans porter l’étiquette « chansons molles du genou et sirupeuses ». Cependant, il convient de préciser que ce ne sont pas non plus des morceaux très originaux. Pour l’éclair de génie, on repassera. Néanmoins, ils se laissent écouter avec plaisir et les soli sont extra. Enfin, une galette de metal mélodique ne serait pas une galette de metal mélodique sans quelque bonne ballade. Et dans ce rôle, on peut dire que « Slow It Down » s’en sort merveilleusement bien tout en clôturant l’album sur une note calme et posée. A noter : la version limitée du disque contient un bonus track anecdotique, « Love Is An Illusion », qui mérite largement sa place.

Même si ce premier album du quartet européen n’est pas mauvais en soi et constitue un album correct, il y a malgré tout certains éléments gênants, voire choquants, à commencer par l’incroyable mimétisme entre les voix d’Amanda et de Simone Simmons (Epica). Dès les premiers instants de cet ‘Alloy‘ un peu bancal, on se pose la question qui tue : est-ce Amanda Somerville qui interprète réellement les 11 titres de cet album ou est-ce la flamboyante rousse hollandaise ? En outre, la production n’est pas extrêmement réjouissante (on a la fâcheuse impression d’entendre le son de ‘Decipher’, le second opus d’After Forever). Cette dernière ramollit un tantinet l’ensemble, qui aurait pu être magnifié par une production plus clinquante, moins rugueuse. Enfin, certaines compositions se ressemblent et certaines longueurs pointent le bout de leur nez assez régulièrement, ce qui nous fait décrocher de temps en temps. Heureusement, d’autres passages instrumentaux ou les refrains, nous ramènent à l’écoute de ‘Alloy‘.

Nous avons là un disque qui ne restera pas dans les annales, c’est sûr, mais avec un travail plus important sur le plan de l’écriture, une meilleure production ainsi qu’une patte personnelle plus prononcée, Trillium peut espérer obtenir plus de considération et d’intérêt de la part des fans et des médias. En fin de compte, pas un chef d’œuvre, ni un catastrophe, loin de là, juste une réalisation réussie à moitié, que vous ne devez acheter que si vous êtes un fan absolu de la blondinette ou d’un des musiciens qui l’accompagnent. Les autres, sautez d’une case et passez à autre chose…

Steel Panther : Ball’s Out

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Steel Panther : Ball's OutAvoir de l’esprit et jouer avec les mots comme Cyrano de Bergerac n’est pas donné à tout le monde, surtout lorsque le meilleur trait d’humour se veut par essence assez subtil. Et l’on peut dire que même si le groupe américain Steel Panther s’adonne volontiers à l’exercice de style de faire rire les gens avec conviction, il est vraiment difficile d’adhérer à la lourdeur de l’humour made in USA dont ils usent et abusent constamment. Bon, il faut avouer que le genre pratiqué par les californiens se prête extrêmement bien à l’autodérision et à la parodie, puisque le glam metal est « ridicule » autant visuellement que dans l’attitude adoptée par les groupes. Non, sans rire, qui voudrait porter aujourd’hui un moule-burnes à paillettes, après être passé chez Jacques Dessange se faire une permanente à la Dee Snider et passer son temps à se poudrer le nez en attendant que son vernis à ongles l’Oréal (parce-que ça craint bien !) sèche après application ?

Connaissant Steel Panther depuis des années, et ayant sauté l’épisode ‘Feel the Steel‘ (2009), j’ai immédiatement sauté sur l’occasion lorsque l’on m’a proposé de chroniquer ce disque, car je souhaitais voir si la formation originaire de la « Cité des Anges » avait évoluée depuis ‘Hole Patrol‘ (2003) [NdMA : le combo avait sorti ce disque sous le patronyme ‘Metal Shop']. Et quelle ne fût pas ma surprise de voir que…rien n’avait changé, sauf peut-être la façon dont sonne leur musique. Naguère assez brute, la production est aujourd’hui plus léchée, moins authentique. Néanmoins, cela ne modifie en rien la puissance de leurs chansons, toujours aussi dynamiques et fringantes.

Toutefois, il est clair que l’artwork de la pochette (une photo en contre-plongée représentant une femme en maillot de bain assez déshabillé et tenant entre les jambes une paire de boules métalliques) est d’un très mauvais goût. Sans être véritablement choqué, je pense qu’il aurait été plus judicieux pour le quartet d’adopter une démarche moins provocante, plus délicate et plus soft, comme il l’avait fait sur la couverture de sa précédente réalisation.

Mais, arrêtons d’analyser le visuel du groupe pour se concentrer exclusivement sur l’album en lui-même. Musicalement, Steel Panther est toujours aussi doué pour nous pondre des titres directs et divertissants, comme ce « It Won’t Suck Itself » lubrique ou ce trio infernal représenté par « Supersonic Sex Machine », « Tomorrow Night » et « I Like Drugs », qui nous démontre à quel point le groupe est nostalgique de la période dorée du hair metal à bigoudis. Bien d’autres compos sur cet opus sont aussi couillus et donnent vraiment la chair de poule, à l’instar de « 17 Girls in a Row » et « Critter », qui sont deux très beaux hommages aux légendes encore vivantes que sont Cinderella, Warrant, Poison ou Mötley Crüe. L’interprétation des morceaux est parfaite, Satchel (alias Russ Parrish) est un guitariste hors normes, la section rythmique constituée de Lexxi Foxxx et Stix Zadinia, de leurs vrais noms Travis Haley et Darren Leader est ultra carrée et Michael Starr (Ralph Saenz) est une vraie diva du glam. Ce dernier supporte sans mal la comparaison avec ses illustres aînés vocalistes, passant aisément de tonalités graves à des notes célestes en un clin d’œil, et arrive à nous scotcher définitivement à notre fauteuil sur « Let Me Come In », « Critter » et « Tomorrow’s Night ». Bien sûr, un album de glam ne serait pas « true » s’il ne comportait pas deux ou trois pseudos-ballades : « If You Really Really Love Me », « Why Can’t You Trust Me » et « Weenie Ride » s’insèrent magistralement entre des morceaux plus musclés. Textuellement, « Weenie Ride » est assez humoristique, en réalité un peu comme la plupart des chansons gravées sur ce ‘Balls Out’ d’anthologie. Mais, n’est-ce pas la raison d’être de Steel Panther que d’emprunter les stéréotypes du glam pour les grossir et les transcender en une chose plutôt cocasse ?

Si vous ne savez pas quoi écouter lors de vos soirées en tête à tête avec votre meuf ou votre mec, c’est selon votre cas, ce nouveau Steel Panther est la bande-son idéale qui vous permettra de révéler le Tarzan ou la Jane qui sommeillent en vous, d’épicer torridement vos nuitées et de jeter les sextoys de Madame à la poubelle si elle en possédait. De plus, vous pourrez retourner dans le passé pendant près d’une heure et retrouver la fougue de votre jeunesse, tout en dégustant la saveur particulière du moment présent. Ce ‘Balls Out’ est moins cher et beaucoup plus efficace que le Viagra®, vous fera à coup sûr grimper au 7ème ciel en couple et ne nécessite aucune ordonnance médicale. A vous procurer d’urgence chez le disquaire le plus proche de chez vous si vous souhaitez connaître la jouissance musicale cette bombe de metal !

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