décembre 18th, 2011

On dit souvent que l’on est toujours mieux chez soi que d’aller flâner à droite et à gauche. Il en va de même pour la musique apparemment et alors que je m’évertue à voyager jusqu’aux confins de l’Amérique pour trouver des groupes « de la mort qui tue », j’en viens à dénigrer notre pourtant belle scène méditerranéenne (Dagoba, Eths, Fairyland, Agressor pour ne citer qu’eux). Et c’est alors qu’en flânant sur le net, j’en viens à discuter avec une jeune demoiselle du nom de Marion. Parlant de nos expériences musicales respectives, elle m’annonce qu’elle fût un temps bassiste d’un groupe toulonnais. Pris de curiosité, elle m’envoie un exemplaire de leur unique EP. Me voilà donc en possession de la première esquisse de Theory of Silence, baptisé « (R)evolution ».

L’artwork surprend. Bien qu’extrêmement basique, ce tyrannosaure au premier plan nous amène déjà à penser à la puissance qui va nous frapper à l’écoute de ce disque. La musique de Theory of Silence est un mélange d’originalité et d’influence marquée. Difficile de déclarer un style musical précis dans cette galette, on navigue au gré d’un Deathcore particulièrement moderne et de parole à la croisée d’un chant growlé et screamo. Le mélange est effectué très adroitement en tout cas.

Cet EP ne contient « que » quatre titres, mais la diversité et le mélange des influences qui ressort de ces diverses compositions sont tels que le quart d’heure qui compose cet album est extrêmement bref ! « In This Town » est une introduction et une mise en bouche idéale. C’est rythmé, agressif, l’ambiance garde un fond pesant marqué par un refrain des plus planants, d’un break délicat totalement dans le coeur du sujet et d’un final extrêmement atmosphérique, au gré de ce mur de guitare et de ce chant hurlé avec force et émotion. « John Wayne Gacy » nous la joue plus classique, distillant un groove totalement deathcore même si celui-ci reste quand même maintes fois entendus chez des classiques du genre, le tout accompagné d’un chant naviguant d’une facilité déconcertante entre growls lourds et agressifs et screamo violent. « Illusion » est sans conteste le morceau le plus violent de l’album, vitesse, puissance et hargne règnent en maîtres, les riffs saturent et le chant s’accorde extrêmement bien. C’est certes là aussi déjà entendu mais c’est fort bien exécuté. Et pour finir, « Wrath » calque des riffs plus orientés post-hardcore et laisse une place majoritaire à l’émotion violente de Theory of Silence.

Instrumentalement parlant, les riffs sont aussi lourds que les guitares sont accordées basses, la batterie se fait violente, rapide aussi bien que lente, variant son rythmes avec une aisance déconcertante et la basse quant à elle demeure aussi discrète qu’elle est présente, c’est-à-dire qu’elle s’implante vraiment bien dans la musique, si bien qu’il en ressort un son vraiment naturel et pur. Quant à la production, elle est aux petits oignons pour un premier EP : ne vous attendez pas à un vieux son rouillé, ici tout est parfaitement mixé, préparé, prêt à déguster.

Comme première démo, on en as vu passer des casseroles, mais un peu moins souvent des bombes comme celle-là. Soyons francs, ce n’est pas parfait, l’album souffre tout de même de fréquents passages déjà entendus. Mais pouvons-nous réellement dire que c’est une erreur ? Theory of Silence ne signe que son tout premier EP et il est bien évident que le groupe ne va pas directement nous sortir une bombe atomique d’originalité, mais va plutôt chercher à cerner son style. Sur ce point-là, c’est une vraie réussite.

« (R)evolution », c’est varié, puissant, brute, rapide. Le groupe nous sert une musique pure et agréablement accompagnée d’une très belle dose d’émotions. On en a entendu des démos ratées, alors quand un premier jet est aussi réussi que ne l’est cet EP… Jetez-vous dessus sans aucune hésitation !

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