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THE WOUNDED : THE ART OF GRIEF

 

The Art Of Grief est le premier album de The Wounded, formation hollandaise officiant dans un registre à mi chemin entre le gothic suave et la new-wave, comme le suggère le chant très typé année 80 de Marco v.d. Velde, ainsi que la reprise (très réussie soit dit en passant) du fameux “ Smalltown Boy ” de Bronski Beat. J’en vois déjà qui s’arrache les cheveux ; il convient donc de préciser qu’il s’agit bien de metal : les rythmes sont lourds (comme sur l’éblouissant et hypnothique “ Frailty Thy Name Is Woman ”), une voix caverneuse se glisse parfois au détour d’un couplet (” We Pass Our Bridal Days ”) et la durée des morceaux (souvent plus de 7 minutes) indique bien que ce disque n’a rien de mainstream et ce, malgré les premières (et trompeuses) impressions.

Reste que The Art Of Grief s’écoute très facilement, tant chaque titre qui le structure fait mouche, de l’efficace “ Your Roses Will Burn ” au planant et aérien “ In Silence… ”, lequel s’envole très haut durant plus de 15 minutes, et achève l’album sur une note paisible et contemplative.

Depuis, The Wounded a publié deux autres opus, davantage orientés vers un metal atmosphérique et mélancolique, à la Anathema / Katatonia. Mais c’est toujours aussi bien fait. (27/03/06)

 

 2000

 7 / 10

COLD BLOOD INDUSTRIES

TRACKLISTING

I) Your Roses Will Burn / 6.15

II) Smalltown Boy / 4.32

III) We Pass Our Bridal Day / 8.05

IV) The Art Of Grief / 6.01

V) Fraitly Thy Name Is Woman / 6.52

VI) Where Are You Know / 1.39

VII) Against All Gods / 7.48

VIII) Billet Doux / 3.25

IX) In Silence… / 15.20

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/thewoundednl  

 

GRAND MAGUS : IRON WILL

 

Autrefois principal port d’attache de Mike Amott, Spiritual Beggars n’est plus aujourd’hui qu’un side-project (ce qui n’enlève rien à sa réussite), la faute à un Arch Enemy dont le succès depuis l’arrivée en 2001 de la teutonne Angela Gossow est autrement plus grand que le sien. Ce statut insatisfaisant pourrait être pénible pour son chanteur, JB, dont l’intronisation à ce poste coïncide justement avec le ralenti opéré par le groupe en terme de productivité avec les opus On Fire (2002) et Demons (2005). Mais, à l’instar de ses autres compagnons, l’homme est occupé ailleurs. On peut même affirmer que son Grand Magus est un vrai jardin secret pour lui, le lieu qui lui correspond le mieux, quand bien même il se montre très à son aise avec les Beggars qui demeure toutefois avant tout la chose de l’ex-Carcass.

Assimilé maladroitement à la vague stoner, terme qui ne veut absolument rien dire du reste, avec son premier méfait éponyme, plus les années passent, plus Grand Magus semble s’éloigner des rivages du doom occulte de ses débuts pour accoster la terre du pur heavy, celui des origines, qu’il plonge dans les fjords scandinaves. A l’écoute de son quatrième album, Iron Will, au titre parfait car à son image, c’est-à-dire sans fioriture, dépouillé et fleurant autant l’acier que les forêts nordiques, on sent bien que le trio se nourrit de la NWOBHM et de la veine épique à la Manilla Road et Cirith Ungol. Dès “ Like The Oar Strikes The Water ”, l’impression d’entendre un Maiden de l’ère Di Anno à la sauce Viking s’impose.

Bati sur une rythmique rugueuse, dont une basse omni présente, Iron Will est surtout porté par le chant énorme de JB, assurément le meilleur vocaliste dans le genre actuellement avec Robert Lowe (Candlemass, Solitude Aeturnus) et Mats Leven (Krux, Therion). Pour être simples, les riffs velus n’en répandent pas moins le souffle du Grand Nord, à l’image du monumental “ I am The North ”, plus bel hommage aux steppes enneigées entendu depuis le Sons Of Northern darkness d’Immortal en 2002.

Tout l’art du groupe, à l’exception de quelques chevauchées sur le bien nommé Monument, réside d’ailleurs dans cette capacité à être épique et à nous faire voyager sans pour autant sombrer ni dans la mégalomanie ni dans les titres à rallonge, défaut inhérent à beaucoup de groupes se prenant pour la plus grande invention depuis le Bathory époque Twilight Of The Gods. Ici, au contraire, tous les morceaux sont courts, concis ; ils vont à l’essentiel, ce que le groupe étaient déjà parvenu à faire avec son précédent effort, Wolf’s Return, dont ce nouvel opus est un peu le petit frère. Surtout, avec un sens de l’économie admirable, Grand Magus se pare d’une aura noire et presque mystique que beaucoup de gargouilles du dimanche grimées chez Leroy Merlin ne pourront jamais se targuer de dégager. Gigantesque.

Encore un très grand disque de la part d’un groupe qui frôle encore de peu le chef-d’œuvre. (23/06/08)

 

 2008

 8.5 / 10

RISE ABOVE

TRACKLISTING

I) Like The Oar Strikes The Water / 3.13

II) Fear Is The Key / 3.31

III) Hövding / 0.39

IV) Iron Will / 5.01

V) Silver Into Steel / 4.15

VI) The Shadow Knows / 5.35

VII) Self Deceiver / 4.49

VIII) Beyond Good And Evil / 5.15

IX) I Am The North / 8.56

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/grandmagusrocks  

 

IOMMI / HUGHES

 

 

 

USA, ROYAUME-UNI ORIGINE

HARD ROCK GENRE

1996 FORMATION

LINE-UP

TONY IOMMI (GUITARS)

GLENN HUGHES (VOCALS, BASS)

BOB MARLETTE (KEYBOARDS, BASS)

KENNY ARONOFF (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

DON AIREY (KEYBOARDS) : 1996

MIKE EXETER (KEYBOARDS) : 1996

GEOFF NICHOLLS (KEYBOARDS) : 1996

DAVE HOLLAND (DRUMS) : 1996

JIMMY COPLEY (DRUMS) : 2004

 GROUPES AFFILIES

BLACK SABBATH, THE BUTTERFLY BALL, DEEP PURPLE, HTP, HUGHES / THRALL, JON LORD, GARY MOORE, TRAPEZE, VOODOO HILL

 

 

DISCOGRAPHIE

THE 1996 DEP SESSIONS (2004)

FUSED (2005)

 

 

 

http://www.myspace.com/iommiofficial  

 http://www.myspace.com/glennhughesonline   

 

 

IRON MAIDEN : A MATTER OF LIFE AND DEATH

 

Le retour en fanfare de Bruce Dickinson tenait-il donc du pétard mouillé ? La question était légitime, car si Brave New World , l’album qui incarna son come-back (et celui du guitariste Adrian Smith, il ne faudrait pas l’oublier !) au sein de la Vierge de Fer qu’il avait quitté en 1993, s’imposa d’emblée comme une des pierres angulaires de la longue discographie des Rosbifs, on ne pouvait pas en dire autant du médiocre Dance Of Death, qui lui succéda trois ans plus tard et sur lequel planait le spectre du raté No Prayer For The Dying (1990). Certaines mauvaises langues commencèrent à penser que l’euphorie des retrouvailles passée, Maiden allait reprendre les rails d’une retraite bien méritée, que The X Factor et Virtual XI avaient contribué à poser, jugement injuste s’il en est.

C’était méconnaître les (désormais) vieux briscards. L’éclatante réussite de ce quatorzième opus n’en a que plus de valeur. Steve Harris et sa bande ont-ils senti que la machine reprenait son ronron – ce qu’ils ne reconnaîtront de toute façon jamais - ? Toujours est-il que A Matter Of Life And Death peut d’ors-et-déjà être considéré comme le meilleur album du groupe depuis certainement Seventh Son Of A Seventh Son. L’analogie n’est d’ailleurs pas anodine, tous les deux se révélant au final assez proches : deux concept-albums sombres propulsés par des influences progressives des plus évidentes. Alors bien sûr les Ayathollas de l’âge d’or argueront que, bien entendu, c’était (forcément) mieux avant. Il serait du reste exagéré de coller l’étiquette Seventh Son Of A Seventh Son bis sur ce nouvel opus qui s’inscrit malgré tout dans le sillage de ses deux prédécesseurs (on pense souvent aux meilleurs moments de Dance Of Death).

Mais il est un fait que l’on ne peut nier : Iron Maiden n’a pas encore tout dit. Les dix cartouches en présence le démontrent. Comme souvent depuis No Prayer For The Dying, l’écoute débute par un titre accrocheur, court, peu mémorable et interchangeable (” Different World “). Les choses sérieuses débutent réellement avec l’épique ” These Colours Don’t Run “. On prend alors conscience que les Anglais ont non seulement pas encore tout dit, mais surtout que leur musique en dépis d’invariants immuables (de la voix reconnaissable entre mille du Bruce aux cavalcades, cela reste du pur Maiden) vit, n’est pas figée. Très longs, progressifs, complexes et noirs, ces titres liés les uns aux autres par le fil rouge (sang) de la guerre témoignent d’une densité, d’une profondeur, d’un équilibre dans l’écriture qui illustrent la maturité à laquelle les six musiciens sont aujourd’hui parvenus. Chacun donne le meilleur de lui-même, aidé par la production puissante du désormais incontournable Kevin Shirley, véritable septième membre du groupe. Et si A Matter Of Life And Death n’est pas exempts de menus défauts – il est sans doute trop long et deux ou trois morceaux, tels que ” Out Of The Shadows, notamment, font un peu office de remplissage –, la majorité des titres s’élèvent bien au-dessus de la mêlée, de ” Brighter Than The Suns ” au presque dark ” The Longest Day “, de l’entraînant ” The Pilgrim ” au gigantesque ” For The Greater Good Of God “, certainement l’apogée de l’ensemble avec son refrain de toute beauté et ses lignes de basse typique de Steve Harris, de ” The Reincarnation Of Benjamin Breeg “, bâti sur des riffs ultra pesants inhabituels chez Maiden, au tragique ” The Lord Of Light ” et son intro lente et posée, quasi murmurée des plus surprenantes, sans oublier le terminal ” The Legacy “, faux frère jumeau du précédent à la construction quasi identique. Pas d’hymnes à reprendre en choeur comme autrefois (ce n’est pas grave) mais des chansons aux allures de travail d’orfèvreries, parfaitement architecturées.

Si vous ne comprenez pas pourquoi Iron Maiden demeure une référence près de trente ans après ses premiers rôts, jetez donc voir une oreille (cela devrait suffir) sur A Matter Of Life And Death, et on en reparlera. Combien de groupes de sa génération parviennent encore aujourd’hui à pondre quelques unes de leurs meilleures créations ? Judas Priest ? Saxon ? Def Leppard ? Metallica ? Vous n’avez pas autre chose ? A part la Vierge de Fer, on ne voit pas ! Certainement l’un des incoutournables de l’année 2006. Tout simplement. (26/01/08)

 

 2006

 8.5 / 10

EMI

TRACKLISTING

I) Different World  4.17

II) These Colours Don’t Run / 6.52

III) Brighter That A Thousand Suns / 8.44

IV) The Pilgrim / 5.07

V) The Longest Day / 7.48

VI) Out Of The Shadows / 5.36

VII) The Reincarnation Of Benjamin Breeg / 7.21

VIII) For The Greater Good Of God / 9.24

IX) Lord Of Light / 7.23

X) The Legacy / 9.20

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/ironmaiden  

 

WYRD : HEATHEN

 

Des pays scandinaves, la Finlande ne constitue pas le principal berceau du black metal, ses groupes végetant la plupart du temps en seconde zone, à l’image du médiocre Catamenia. Le pays aux milles lacs possède pourtant dans sa hotte quelques formations très intéressantes, bien que différentes les unes des autres telles queMoonsorrow, Ajattara, Horna et Wyrd. Ce dernier n’est en réalité qu’un des multiples one man band du sombre Narqath, avec Valar, Vultyr ou Hin Onde, chacun pataugeant dans un certain type de black, qu’il soit symphonique, true ou heavy…

Wyrd, son projet le plus sérieux, œuvre quant à lui dans le pagan, et Heathen est premier méfait, après après plusieurs démos. La particularité de cet album est de ne proposer qu’un seul titre d’une cinquantaine de minutes, défi prétentieux et casse–gueule s’il en est ; défi pourtant relevé haut la main par notre misanthrope des bois. Alors certes, cette pièce n’évite pas certaines longueurs et l’ensemble peut paraître un brin répétitif ; mais pourtant, dès les premières notes à la guitare sèche, façon feu de camp au fond d’une forêt, la magie opère et l’on se retrouve vite transporté dans l’univers sombre, paien et mélancolique de Wyrd, qui offre avec Heathen une ode majestueuse à la nature dans ce qu’elle a de plus envoûtant et mystérieux.

Toutefois, comme la plupart des albums de true black ou assimilé, l’appréhension de cette œuvre se révèle finalement des plus subjectives : on la ressent ou pas du tout ! Si c’est la cas, l’extase est assurée tant il s’avère facile de se laisser bercer par la beauté et la majesté de ces atmosphères qui renvoit directement à l’ère viking du grand Bathory et vous donne envie de bagnauder dans la neige, un glaive à la main et une corne remplie d’hydromel dans l’autre. (26/03/06)

 

 2001

 7.5 / 10

MILLENIUM METAL

TRACKLISTING

I) Heathen / 51.11

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/wyrdfinland  

 

ICED EARTH : I WALK AMONG YOU

 

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