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THE WOUNDED : THE ART OF GRIEF

 

The Art Of Grief est le premier album de The Wounded, formation hollandaise officiant dans un registre à mi chemin entre le gothic suave et la new-wave, comme le suggère le chant très typé année 80 de Marco v.d. Velde, ainsi que la reprise (très réussie soit dit en passant) du fameux “ Smalltown Boy ” de Bronski Beat. J’en vois déjà qui s’arrache les cheveux ; il convient donc de préciser qu’il s’agit bien de metal : les rythmes sont lourds (comme sur l’éblouissant et hypnothique “ Frailty Thy Name Is Woman ”), une voix caverneuse se glisse parfois au détour d’un couplet (“ We Pass Our Bridal Days ”) et la durée des morceaux (souvent plus de 7 minutes) indique bien que ce disque n’a rien de mainstream et ce, malgré les premières (et trompeuses) impressions.

Reste que The Art Of Grief s’écoute très facilement, tant chaque titre qui le structure fait mouche, de l’efficace “ Your Roses Will Burn ” au planant et aérien “ In Silence… ”, lequel s’envole très haut durant plus de 15 minutes, et achève l’album sur une note paisible et contemplative.

Depuis, The Wounded a publié deux autres opus, davantage orientés vers un metal atmosphérique et mélancolique, à la Anathema / Katatonia. Mais c’est toujours aussi bien fait. (27/03/06)

 

 2000

 7 / 10

COLD BLOOD INDUSTRIES

TRACKLISTING

I) Your Roses Will Burn / 6.15

II) Smalltown Boy / 4.32

III) We Pass Our Bridal Day / 8.05

IV) The Art Of Grief / 6.01

V) Fraitly Thy Name Is Woman / 6.52

VI) Where Are You Know / 1.39

VII) Against All Gods / 7.48

VIII) Billet Doux / 3.25

IX) In Silence… / 15.20

 

 

DISCOGRAPHIE

 

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GRAND MAGUS : IRON WILL

 

Autrefois principal port d’attache de Mike Amott, Spiritual Beggars n’est plus aujourd’hui qu’un side-project (ce qui n’enlève rien à sa réussite), la faute à un Arch Enemy dont le succès depuis l’arrivée en 2001 de la teutonne Angela Gossow est autrement plus grand que le sien. Ce statut insatisfaisant pourrait être pénible pour son chanteur, JB, dont l’intronisation à ce poste coïncide justement avec le ralenti opéré par le groupe en terme de productivité avec les opus On Fire (2002) et Demons (2005). Mais, à l’instar de ses autres compagnons, l’homme est occupé ailleurs. On peut même affirmer que son Grand Magus est un vrai jardin secret pour lui, le lieu qui lui correspond le mieux, quand bien même il se montre très à son aise avec les Beggars qui demeure toutefois avant tout la chose de l’ex-Carcass.

Assimilé maladroitement à la vague stoner, terme qui ne veut absolument rien dire du reste, avec son premier méfait éponyme, plus les années passent, plus Grand Magus semble s’éloigner des rivages du doom occulte de ses débuts pour accoster la terre du pur heavy, celui des origines, qu’il plonge dans les fjords scandinaves. A l’écoute de son quatrième album, Iron Will, au titre parfait car à son image, c’est-à-dire sans fioriture, dépouillé et fleurant autant l’acier que les forêts nordiques, on sent bien que le trio se nourrit de la NWOBHM et de la veine épique à la Manilla Road et Cirith Ungol. Dès “ Like The Oar Strikes The Water ”, l’impression d’entendre un Maiden de l’ère Di Anno à la sauce Viking s’impose.

Bati sur une rythmique rugueuse, dont une basse omni présente, Iron Will est surtout porté par le chant énorme de JB, assurément le meilleur vocaliste dans le genre actuellement avec Robert Lowe (Candlemass, Solitude Aeturnus) et Mats Leven (Krux, Therion). Pour être simples, les riffs velus n’en répandent pas moins le souffle du Grand Nord, à l’image du monumental “ I am The North ”, plus bel hommage aux steppes enneigées entendu depuis le Sons Of Northern darkness d’Immortal en 2002.

Tout l’art du groupe, à l’exception de quelques chevauchées sur le bien nommé Monument, réside d’ailleurs dans cette capacité à être épique et à nous faire voyager sans pour autant sombrer ni dans la mégalomanie ni dans les titres à rallonge, défaut inhérent à beaucoup de groupes se prenant pour la plus grande invention depuis le Bathory époque Twilight Of The Gods. Ici, au contraire, tous les morceaux sont courts, concis ; ils vont à l’essentiel, ce que le groupe étaient déjà parvenu à faire avec son précédent effort, Wolf’s Return, dont ce nouvel opus est un peu le petit frère. Surtout, avec un sens de l’économie admirable, Grand Magus se pare d’une aura noire et presque mystique que beaucoup de gargouilles du dimanche grimées chez Leroy Merlin ne pourront jamais se targuer de dégager. Gigantesque.

Encore un très grand disque de la part d’un groupe qui frôle encore de peu le chef-d’œuvre. (23/06/08)

 

 2008

 8.5 / 10

RISE ABOVE

TRACKLISTING

I) Like The Oar Strikes The Water / 3.13

II) Fear Is The Key / 3.31

III) Hövding / 0.39

IV) Iron Will / 5.01

V) Silver Into Steel / 4.15

VI) The Shadow Knows / 5.35

VII) Self Deceiver / 4.49

VIII) Beyond Good And Evil / 5.15

IX) I Am The North / 8.56

 

 

DISCOGRAPHIE

 

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IOMMI / HUGHES

 

 

 

USA, ROYAUME-UNI ORIGINE

HARD ROCK GENRE

1996 FORMATION

LINE-UP

TONY IOMMI (GUITARS)

GLENN HUGHES (VOCALS, BASS)

BOB MARLETTE (KEYBOARDS, BASS)

KENNY ARONOFF (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

DON AIREY (KEYBOARDS) : 1996

MIKE EXETER (KEYBOARDS) : 1996

GEOFF NICHOLLS (KEYBOARDS) : 1996

DAVE HOLLAND (DRUMS) : 1996

JIMMY COPLEY (DRUMS) : 2004

 GROUPES AFFILIES

BLACK SABBATH, THE BUTTERFLY BALL, DEEP PURPLE, HTP, HUGHES / THRALL, JON LORD, GARY MOORE, TRAPEZE, VOODOO HILL

 

 

DISCOGRAPHIE

THE 1996 DEP SESSIONS (2004)

FUSED (2005)

 

 

 

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IRON MAIDEN : A MATTER OF LIFE AND DEATH

 

Le retour en fanfare de Bruce Dickinson tenait-il donc du pétard mouillé ? La question était légitime, car si Brave New World , l’album qui incarna son come-back (et celui du guitariste Adrian Smith, il ne faudrait pas l’oublier !) au sein de la Vierge de Fer qu’il avait quitté en 1993, s’imposa d’emblée comme une des pierres angulaires de la longue discographie des Rosbifs, on ne pouvait pas en dire autant du médiocre Dance Of Death, qui lui succéda trois ans plus tard et sur lequel planait le spectre du raté No Prayer For The Dying (1990). Certaines mauvaises langues commencèrent à penser que l’euphorie des retrouvailles passée, Maiden allait reprendre les rails d’une retraite bien méritée, que The X Factor et Virtual XI avaient contribué à poser, jugement injuste s’il en est.

C’était méconnaître les (désormais) vieux briscards. L’éclatante réussite de ce quatorzième opus n’en a que plus de valeur. Steve Harris et sa bande ont-ils senti que la machine reprenait son ronron – ce qu’ils ne reconnaîtront de toute façon jamais – ? Toujours est-il que A Matter Of Life And Death peut d’ors-et-déjà être considéré comme le meilleur album du groupe depuis certainement Seventh Son Of A Seventh Son. L’analogie n’est d’ailleurs pas anodine, tous les deux se révélant au final assez proches : deux concept-albums sombres propulsés par des influences progressives des plus évidentes. Alors bien sûr les Ayathollas de l’âge d’or argueront que, bien entendu, c’était (forcément) mieux avant. Il serait du reste exagéré de coller l’étiquette Seventh Son Of A Seventh Son bis sur ce nouvel opus qui s’inscrit malgré tout dans le sillage de ses deux prédécesseurs (on pense souvent aux meilleurs moments de Dance Of Death).

Mais il est un fait que l’on ne peut nier : Iron Maiden n’a pas encore tout dit. Les dix cartouches en présence le démontrent. Comme souvent depuis No Prayer For The Dying, l’écoute débute par un titre accrocheur, court, peu mémorable et interchangeable (” Different World “). Les choses sérieuses débutent réellement avec l’épique ” These Colours Don’t Run “. On prend alors conscience que les Anglais ont non seulement pas encore tout dit, mais surtout que leur musique en dépis d’invariants immuables (de la voix reconnaissable entre mille du Bruce aux cavalcades, cela reste du pur Maiden) vit, n’est pas figée. Très longs, progressifs, complexes et noirs, ces titres liés les uns aux autres par le fil rouge (sang) de la guerre témoignent d’une densité, d’une profondeur, d’un équilibre dans l’écriture qui illustrent la maturité à laquelle les six musiciens sont aujourd’hui parvenus. Chacun donne le meilleur de lui-même, aidé par la production puissante du désormais incontournable Kevin Shirley, véritable septième membre du groupe. Et si A Matter Of Life And Death n’est pas exempts de menus défauts – il est sans doute trop long et deux ou trois morceaux, tels que ” Out Of The Shadows, notamment, font un peu office de remplissage –, la majorité des titres s’élèvent bien au-dessus de la mêlée, de ” Brighter Than The Suns ” au presque dark ” The Longest Day “, de l’entraînant ” The Pilgrim ” au gigantesque ” For The Greater Good Of God “, certainement l’apogée de l’ensemble avec son refrain de toute beauté et ses lignes de basse typique de Steve Harris, de ” The Reincarnation Of Benjamin Breeg “, bâti sur des riffs ultra pesants inhabituels chez Maiden, au tragique ” The Lord Of Light ” et son intro lente et posée, quasi murmurée des plus surprenantes, sans oublier le terminal ” The Legacy “, faux frère jumeau du précédent à la construction quasi identique. Pas d’hymnes à reprendre en choeur comme autrefois (ce n’est pas grave) mais des chansons aux allures de travail d’orfèvreries, parfaitement architecturées.

Si vous ne comprenez pas pourquoi Iron Maiden demeure une référence près de trente ans après ses premiers rôts, jetez donc voir une oreille (cela devrait suffir) sur A Matter Of Life And Death, et on en reparlera. Combien de groupes de sa génération parviennent encore aujourd’hui à pondre quelques unes de leurs meilleures créations ? Judas Priest ? Saxon ? Def Leppard ? Metallica ? Vous n’avez pas autre chose ? A part la Vierge de Fer, on ne voit pas ! Certainement l’un des incoutournables de l’année 2006. Tout simplement. (26/01/08)

 

 2006

 8.5 / 10

EMI

TRACKLISTING

I) Different World  4.17

II) These Colours Don’t Run / 6.52

III) Brighter That A Thousand Suns / 8.44

IV) The Pilgrim / 5.07

V) The Longest Day / 7.48

VI) Out Of The Shadows / 5.36

VII) The Reincarnation Of Benjamin Breeg / 7.21

VIII) For The Greater Good Of God / 9.24

IX) Lord Of Light / 7.23

X) The Legacy / 9.20

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/ironmaiden  

 

WYRD : HEATHEN (2001)

 Millenium Metal Music – 8.5 / 10

 

Des pays scandinaves, la Finlande ne constitue pas le principal berceau du black metal, ses groupes végetant la plupart du temps en seconde zone, à l’image du médiocre Catamenia. Le pays aux milles lacs possède pourtant dans sa hotte trois formations très intéressantes, bien que différentes les unes des autres : Ajattara, Horna et Wyrd.

Ce dernier n’est en réalité qu’un des multiples one man band du sombre Narqath, avec Valar, Vultyr ou Hin Onde, chacun pataugeant dans un certain type de black, qu’il soit symphonique, true ou heavy… Wyrd, son projet le plus sérieux, œuvre quant à lui dans le pagan, et Heathen est premier méfait, après après plusieurs démos.

La particularité de cet album est de ne proposer qu’un seul titre d’une cinquantaine de minutes, défi prétentieux et casse–gueule s’il en est ; défi pourtant relevé haut la main par notre misanthrope des bois. Alors certes, cette pièce n’évite pas certaine longueur et l’ensemble peut paraître un brin répétitif ; mais pourtant, dès les premières notes à la guitare sèche, façon feu de camp au fond d’une forêt, la magie opère et l’on se retrouve vite transporté dans l’univers sombre, paiïn et mélancolique de Wyrd, qui offre avec Heathen une ode majestueuse à la nature dans ce qu’elle a de plus envoûtant et mystérieux.

Toutefois, comme la plupart des albums de true black ou assimilé, l’appréhension de cette œuvre se révèle finalement des plus subjectives : on la ressent ou pas du tout ! Si c’est la cas, l’extase est assurée tant il s’avère facile de se laisser bercer par la beauté et la majesté de ces atmosphères qui renvoit directement à l’ère viking du grand Bathory et vous donne envie de bagnauder dans la neige, un glaive à la main et une corne remplie d’hydromel dans l’autre.

 

TRACKLISTING
  1. Heathen / 51.16
TOTAL PLAYING TIME : 51.16

 

DISCOGRAPHY

 

 

ICED EARTH : I WALK AMONG YOU

 

Tim Owens est maudit. Bouche-trou de luxe, sa carrière se limite, pour l’instant, et à l’exception de son propre groupe, Beyond Fear, à se glisser dans les pompes d’un autre sans malheureusement convaincre les fans de la première heure, bien qu’il n’ait jamais démérité. C’est le syndrôme Blaze Bailey. Remplacer le Metal God au sein de Judas Priest n’était certes pas chose facile, succéder à Matthew Barlow, chanteur dépourvu de cette aura de légende que possède Halford, semblait être en revanche à sa portée.

Las, en dépit de ses efforts et de deux bons albums, Owens est prié aujourd’hui de prendre la porte afin de permettre à Iced Earth d’accuellir le retour de Barlow. Alors certes, on peut juger bien cavalière et contestable cette manière de se débarasser du personnel – du reste, Jon Schaffer n’est pas le premier à faire de la sorte, que l’on songe à Judas bien entendu ou à Maiden -, il n’empêche que l’on est bien forcé de reconnaître qu’il suffit guère au chanteur prodige de plus de quelques secondes pour effacer ces six années d’absence. Sans être la voix historique du groupe, il s’est imposé au fil des ans comme Le vocaliste de la Terre Glacée.

Ce court apéro de trois titres qui a surtout pour but de signifier son retour aux affaires en attendant la sortie à l’automne prochain de la seconde partie du dyptique Something Wicked, intitulée The Crucible Of Man, nous fait prendre conscience que le rouquin manquait effectivement au groupe. Sans son “ frère d’arme ”, Schaffer est un peu comme une vie sans femme : moins de plaisir moins de piments. Moins de sens donc. Pourtant Tim Owens a, il faut lui reconnaître cela, fait du très bon boulot. Toutefois, il manquait bien quelque chose et cette chose, c’était la voix de Matt Barlow, puissante, tragique et d’une profondeur qui fait défaut à celle de Ripper. Il n’y a qu’à écouter ces nouvelles versions (seules les pistes de chant ont été réenregistrées) de “ Setian Massacre ” et surtout de “ The Clouding ”, sans doute une des meilleures compos jamais écrites par le guitariste et qui figuraient sur Framing Armageddon, premier segment du concept pour cerner la différence. Quelle claque ! Et que dire de l’inédit, “ I Walk Alone ”, simple, accrocheur et tellement plus réussi que “ Ten Thousand Strong ” qui débutait Overture Of The Wicked auquel répond I Walk Among You.

Que les mois avant de pouvoir savourer le nouvel opus d’Iced Earth vont être interminables. Pour terminer avec Tim Owens, il paraîtrait qu’il a curieusement rejoint Yngwie Malmsteen. Si l’on peut à nouveau douter de ses chances de parvenir cette fois-ci à s’imposer dans un groupe – Schaffer est un démocrate à côté du tyrannique maestro – on demande à entendre ce que va donner cette ahurissante union, alliance contre-nature entre le heavy metal moderne et le hard rock néo classique du Suédois. A voir… (19/06/08)

 

 2008

 8 / 10

SPV

TRACKLISTING

I) I Walk Alone / 4.01

II) Setian Massacre / 3.45

III) The Clouding / 9.13

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/icedearth  

 

IOMMI / HUGHES : THE 1996 DEP SESSIONS

 

Publiées seulement en 2004, soit huit ans après leur mise en boîte, et vendues sous l’étiquette solo d’un Tony Iommi à nouveau en odeur de sainteté depuis le come-back de la chauve-souris Ozzy au sein du Sabbat Noir, ces sessions réunissant le guitariste et l’immense Glenn Hughes sont de fait demeurées très longtemps au fond d’un tiroir. A cela rien d’incompréhensible lorsque l’on garde en mémoire le peu de cas que beaucoup faisaient de Black Sabbath et de son leader au milieu des années 90. Pour parler franchement, après le pétard mouillé que fut le retour de Dio aux côtés du dinosaure le temps d’un unique opus, l’injustement méconnu Dehumanizer, le groupe atteint ensuite les profondeurs de l’indifférence. Ajoutons à cela la participation d’un Hughes, alors certes à nouveau clean après une bonne décennie passer à évoluer tel un zombi, mais dont la carrière ne semble néanmoins pas (plus) intéresser grand monde et ce en dépit d’albums de haute volée, et vous comprendrez pourquoi à l’époque personne ne s’exitait vraiment beaucoup sur ces enregistrements.

Découvert aujourd’hui, The 1996 Dep Sessions s’impose pourtant comme une vraie bombe de hard rock mâtiné de heavy. Les huit titres qui le composent sont même alors ce que Iommi a sans doute enfanté de mieux depuis Born Again en 1983. Il est même légitime de se demander si l’on a à faire au même musicien qui a écrit les insipides Cross Purposes et Forbidden, les deux derniers Sabbath. Ils sont surtout plus réussis que ceux figurant au menu de Seventh Star (1986), le fruit de la première association du guitariste avec le bassiste alors défoncé du matin jusqu’au soir. Plus mélodique que le répertoire de Black Sabbath (” Don’t Drag The River “), bien que toujours pourvu d’un sacré quota de plomb (le quasi doom ” Time Is The Healer “), déversé par les accords telluriques écris à l’encre noire de l’autre homme en noir (” Don’t You Tell Me “, les riffs hypnotiques de ” Fine “), cette seconde rencontre semble avoir été touchée par la grâce divine. Huit titres, huit perles, huit concentrés d’un hard rock alliant la puissance, la lourdeur, la beauté et la mélancolie (la course en avant désespérée ” I’m Not The Same Man “), sentiment dont le principal vecteur demeure le chant gorgé de feeling du grand Glenn, quand bien même le légendaire gaucher sait également toucher le cœur, comme l’illustre son déchirant solo émaillant les dernières mesures du tragique ” It Falls Through Me “.

On ne peut que regretter qu’un tel disque ne puisse bénéficier d’une vraie vie. Chacun des membres de l’hydre à deux têtes étant bien occupé (surtout le chanteur), il y a peu de chance que ces chansons dépassent un jour le cadre de l’écoute égoïste et isolée entre les quatre murs d’une pièce. A elles seules, ces 1996 Dep Sessions écrasent pourtant de la tête et des épaules l’intégralité de la discographie du père Osbourne dont le soit-disant génie reste aujourd’hui encore à prouver ! La bonne nouvelle est que les deux lascars ont décidé, peut-être galvanisés par l’excellent accueil réservé à cette cuvée, de remettre le couvert pour ce qui promet d’être encore un cran en-dessus. Vivement la suite… (18/02/2008)

 

 2004

 8.5 / 10

SANCTUARY

TRACKLISTING

I) Gone / 4.29

II) From Another World / 5.56

III) Don’t You Tell Me / 4.14

IV) Don’t Drag The River/ 4.34

V) Fine / 5.05

VI) Time Is The Healer / 4.16

VII) I’m Not The Same Man / 4.21

VIII) It Falls Through Me / 4.46

 

 

DISCOGRAPHIE

 

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http://www.myspace.com/glennhughesonline  

 

DEEP PURPLE

 

 

 

ROYAUME-UNI ORIGINE

HARD ROCK GENRE

1968 FORMATION

(LAST) LINE-UP

IAN GILLAN (VOCALS)

STEVE MORSE (GUITARS)

DON AIREY (KEYBOARDS)

ROGER GLOVER (BASS)

IAN PAICE (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

ROD EVANS (VOCALS) : 1968 – 1969

DAVID COVERDALE (VOCALS) : 1973 – 1976

JOE LYNN TURNER (VOCALS) : 1989 – 1992

RITCHIE BLACKMORE (GUITARS) : 1968 – 1975, 1984 – 1993

TOMMY BOLIN (GUITARS) : 1975 – 1976

JOE SATRIANI (GUITARS) : 1993 – 1994

JON LORD (KEYBOARDS) : 1968 – 1976, 1984 – 2002

NICK SIMPER (BASS) : 1968 – 1969

GLENN HUGHES (BASS, VOCALS) : 1973 – 1976

 GROUPES AFFILIES

AINA, BLACK SABBATH, BLACKMORE’S NIGHT, THE BUTTERFLY BALL, DIXIE DREGS, FANDANGO,  IAN GILLAN BAND, GREEN BULLFROG, HTP, HUGHES/THRALL, IOMMI/HUGHES, JAMES GANG, KANSAS, YNGWIE MALMSTEEN, MSG, OZZY OSBOURNE, PAICE/ACHTON/LORD RAINBOW, VOODOO HILL, WHITESNAKE, ZEPHYR

 

 

DISCOGRAPHIE (NON EXHAUSTIVE !)

SHADES OF DEEP PURPLE (1968)

THE BOOK OF TALIESYN (1968)

DEEP PURPLE (1969)

CONCERTO FOR GROUP AND ORCHESTRA (1970 / LIVE)

IN ROCK (1970)

FIREBALL (1971)

MACHINE HEAD (1972)

MADE IN JAPAN (1972 / LIVE)

WHO DO WE THINK WE ARE (1973)

BURN (1974)

STORMBRINGER (1974)

COME TASTE THE BAND (1975)

MADE IN EUROPE (1976 / LIVE)

LAST CONCERT IN JAPAN (1977 / LIVE)

POWERHOUSE (1977 / BEST OF)

NEW, LIVE AND RARE (1978 / COMPILATION)

SINGLES A’S & B’S (1978 / BEST OF)

WHEN WE ROCK WE ROCK AND WHEN ROLL WE ROLL (1978 / BEST OF)

IN CONCERT (1980 / LIVE)

LIVE IN LONDON 1974 (1982 / LIVE)

PERFECT STRANGERS (1984)

THE HOUSE OF BLUE LIGHT (1987)

SCANDINAVIAN NIGHTS (1988 / LIVE)

NOBODY’S PERFECT (1988 / LIVE)

SLAVES AND MASTERS (1990)

KNEBWORTH 85 (1991 / LIVE)

ANTHOLOGY (1991 / BEST OF)

THE GEMINI SUITE (1993 / LIVE)

THE BATTLE RAGES ON (1993)

LIVE IN JAPAN (1993 / LIVE)

COME HELL OR HIGH WATER (1994 / LIVE)

LIVE IN CALIFORNIA 1976 (1995)

PURPENDICULAR (1996)

CALIFORNIA JAMMING (1996 / LIVE)

MK III – THE FINAL CONCERTS (1996 / LIVE)

LIVE AT THE OLYMPIA 96 (1997 / LIVE)

ABANDON (1998)

TOTAL ABANDON : LIVE IN AUSTRALIA (1999 / LIVE)

LIVE AT THE ROYAL ALBERT HALL (1999 / LIVE)

DAYS MAY COME AND MAY GO (2000 / LIVE)

THIS TIME AROUND : LIVE IN TOKYO 75 (2001 / LIVE)

LISTEN LEARN READ ON (2002 / BOX)

BANANAS (2003)

PERKS AND TIT (2003 / LIVE)

LIVE IN PARIS 75 : LA DERNIERE SEANCE (2004)

RAPTURE OF THE DEEP (2005)

LIVE IN AACHEN 1970 (2005 / LIVE)

LIVE IN EUROPE 1993 (2006 / LIVE)

LIVE IN MONTREUX 1969 (2007 / LIVE)

LIVE IN DENMARK 1972 (2007 / LIVE)

THEY ALL CAME DOWN TO MONTREUX (2007 / LIVE)

LIVE IN SAN DIEGO 1974 (2007 / LIVE)

 

       

    

    

    

    

   

    

    

    

    

    

    

    

    

  

 

moreblackthanpurple.co.uk

 

 

WYRD : HULDRAFOLK (2002)

 Millenium Metal Music – 8.5 / 10

 

Un an à peine après Heathen, Narqath est déjà de retour avec Wyrd, à croire que le Finlandais se shoote à l’EPO ! Mais, confortablement installé au chaud dans son home studio (le Dragonthrone), tout seul avec ses instruments, il peut cracher tranquillement des albums de ses différents projets, et tant pis si toutes les offrandes de Wyrd ont la fâcheuse tendance à se ressembler.

De fait, bien que pourvu de six titres, au lieu d’un seul comme sur son prédécesseur, on ne peut pas vraiment affirmer que Huldrafolk se distingue réellement de Heathen. Le premier morceau, l’envoûtant « Ashes Of Man And Oak And Pine », semble à ce titre être une version courte de la longue plage constituant ce dernier. Malgré tout, la magie opère à nouveau et on se laisse volontiers entraîner par les mélopées vikings et païennes du maître des lieux.

Riffs répétitifs, chœurs grandioses et bruits issus de la forêt ou de la rivière façonnent l’architecture de cet édifice en l’honneur de la nature et d’un passé glorieux et guerrier. Narqath, s’il voue un culte aux premiers méfaits d’Ulver, comme le montrent ses compositions les plus longues et les plus majestueuses (« Misanthrope’s Masterplan » et ses atmopshères ennivrantes), n’oublie pour non plus de faire parler la poudre, à l’image des furieux et entraînants « Aijeke », « Pale Forest » et « Huldrafolk » et ses teintes folkloriques.

A force d’enquiller les disques tout seul au fin fond de sa Finlande, Narquath devient peu à peu un artiste culte pour tous les amateurs de pagan et de true black intègre et pur. A l’écoute de ce Huldrafolk de bonne tenue, on comprend mieux pourquoi.

 

TRACKLISTING
  1. Ashes Of Man And Oak And Pine / 13.06
  2. Aijeke / 5.36
  3. Pale Forest / 6.19
  4. Huldrafolk / 5.32
  5. Misanthrope’s Masterplan / 13.43
  6. The Harvest Day / 5.55
TOTAL PLAYING TIME : 50.11

 

DISCOGRAPHY

 

 

DEEP PURPLE : LIVE IN LONDON 1974

 

Publié à l’origine en 1982 durant sa phase de sommeil qui n’empêcha pas la sortie d’une kyrielle de lives (In Concert en 1980) et de compilations diverses, mais amputé d’une partie du show que le groupe exécuta en 1974 au Gaumont State Theatre Kilburn de Londres, ce live ressort aujourd’hui, dans son intégralité cette fois-ci, c’est-à-dire avec les trente minutes ( !) qu’a duré ce soir-là Space Truckin ! Ca sent déjà l’orgasme chez les fans.

Ceux qui estiment (à tort) que la meilleure incarnation purplienne est à chercher du côté du line-up Mark II (avec Gillan et Glover, donc), feraient bien de jeter une oreille sur ce Live In London d’anthologie, qui nous montre une formation alors toute neuve – David Coverdale et Glenn Hughes ne sont là que depuis quelques mois – mais néanmoins insolante de talent et de classe.

Après sa triomphale tournée américaine, dont le point culimant reste bien entendu le show explosif de la California Jam, le groupe se lance dans un périple européen qui lui permet de fouler de nouveau le sol de la Mère patrie, l’Angleterre. Comparée aux concerts américains, la prestation semble mieux rodée, les deux nouvelles recrues, mieux intégrées et les titres de Burn, album que les musiciens défendent alors sur les routes afin de démontrer, entre autres, que la vie continue même sans Gillan et Glover, davantage maîtrisés. En toute logique, ce dernier opus se taille la part du lion, avec pas moins de cinq morceaux sur sept joués. Il tient tellement à cœur au groupe que celui-ci n’a pas peur d’en enfiler quatre extraits à la suite. Si “ Burn ” met comme d’habitude tout le monde d’accord d’entrée de jeu, on se demande quand même ce que fait dans la setlist le banal bien que sympathique “ Might Just Take Your Life ”, single peu marquant auquel on aurait préféré le lent et plus original “ Sail Away ”.

Puis le concert suit une courbe ascendante, avec l’imparable “ Lay Down Stay Down ”, le flamboyant “ Mistreated ”, qu’illumine Blackmore et le classique parmi les classiques “ Smoke On The Water ”, que le groupe ne peut pas (plus) ne pas interpréter et qui permet dans sa dernière partie à Glenn Hughes de donner de la voix avec son timbre de feu. Le concert s’achève avec le gigantesque “ You Fool No One ”, couplé avec “ The Mule ” (et introduit par “ Lazy ”), le traditionnel solo de batterie de Ian Paice faisant office de lien entre les deux, que Purple transcende de la plus belle des manières au point d’en faire oublier la version studio. Durant un long solo du feu de Dieu, le jeu de Ritchie confine au divin ; il est bien au-dessus de tous les autres branleurs de manche de la planète. Vingt minutes de bonheur qui s’enchainent à la plus longue interprétation connue de “ Space Truckin’ ”, zébré qui plus est de quelques mesures de “ Child In Time ”. Deux titres en 50 minutes ! Monstrueux mais symbolique d’une époque où les groupes n’avaient pas peur de se lancer dans ce genre de transgressions, une époque où les musiciens n’hésitaient pas à étirer leurs compos jusqu’à la rupture. Tous le faisaient, mais c’est bien Deep Purple qui réussait le mieux cet exercice tout bonnement inenvisageable aujourd’hui.

Que dire de plus sur ce Live In London, sinon une brochette d’évidences : le groupe est au sommet de sa forme, Coverdale roucoule comme une bête (son organe atteint le point G durant le magnifique “ Mistreated ”), Hughes s’avère bien plus présent que son prédécesseur, Lord se déchire avec (et sur) ses orgues Hammond, Paice fait le métronome humain. Enfin, Blackmore s’impose comme le plus grand guitariste de tous les temps, comme en témoigne le final dantesque de “ Space Truckin’ ”. Live In London est une démonstration : le Mark III constitue bien l’apogée de Deep Purple.

 

 1982

 9.5 / 10

EMI

TRACKLISTING

DISQUE 1 

I) Burn / 7.45

II) Might Just Take Your Life / 5.17

III) Lay Down, Stay Down / 5.29

IV) Mistreated / 15.28

V) Smoke On The Water / 9.13

 

DISQUE 2

I) You Fool No One / 20.22

II) Space Truckin’ / 31.02

 

 

DISCOGRAPHIE

 

www.moreblackthanpurple.co.uk