Meliah Rage : Live Kill

Live KillMelliah Rage, encore un oublié du thrash qui ne rappellera de bons souvenirs qu’aux trentenaires… Et pourtant, que de bons riffs à se mettre sous la dent, que de soli endiablés, et quoi de mieux pour se remettre dans l’ambiance qu’un bon vieux live plein de sueur et d’adrénaline…

En 1989, le groupe américain n’a à son actif qu’une seule démo (de 1987, date de formation du groupe) et un album, le sulfureux « Kill to Survive » (1988). Fort d’une signature chez Epic Records, Melliah Rage bat le fer tant qu’il est chaud et sort dans la foulée un live, le présent « Live Kill ». Et quel live les z’amis ! Son seul défaut est de ne renfermer que 5 titres, tous issus de leur premier album. Ca transpire des aisselles, ça sent la rage d’en découdre, les riffs 100% thrash tranchent les têtes à tout va et les 24 minutes de ce live passent trop vite, vraiment trop vite, d‘autant que le son, naturel et précis, rend parfaitement justice au groupe…

Directement influencé par le côté direct du “Kill‘em All” de Metallica et les aspect plus mélodiques de Megadeth, les compos de Melliah Rage sont assurément taillées pour la scène. Ce mélange de rythmiques à la fois assassines et mélodiques ne peut pas laisser indifférent tant l’énergie déployée est communicative. Les radicaux et courts “Beginning Of The End” et “Kill to Survive” (rhaaa, ce refrain à la “Seek And Destroy” !) ouvrent le live dans un pur esprit tapageur, suivis par l’excellent “Bates Motel” dont le break mélodique et la formidable ligne de basse font merveille. “Deadly Existence” et ses rythmiques tagada tagada emboîte le pas dans un pur style thrash années 80 et le cd se conclut (trop tôt ) avec “The Pack”, morceau au cours duquel le batteur se laisse aller à un solo millimétré et plein de feeling. Les compos misent tout sur l’énergie et les musiciens atteignent parfaitement leur but en balançant des morceaux relativement simples, mais parfaitement mis en place et royalement bien exécutés.

Melliah rage, toujours en activité aujourd’hui, a connu peu de changement de personnel, les guitaristes, le batteur et le chanteur étant présents depuis les débuts du groupe. Il n’est pas trop tard pour rendre hommage à cette formation en dépoussiérant ce live, excellent témoignage de ce qu’était le groupe à ses débuts. Car les albums suivants ne sont pas tous du même calibre…

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September 19, 2008

Demonthrone : Angel Slayer

Angel SlayerY’en a mare des albums aux productions léchées, mare des morceaux techniques et hyper travaillés, y’en a plus qu’assez des mélanges de styles black death mélodiquo-symphonique machin chose à tendance gothique suicidaire. Et quand y’en a marre, y’a Demonthrone !

Retour aux sources garantie avec cette première sortie des canadiens de Demonthrone. Ici les riffs thrash sont rois, le son est crasseux et les guitares saturées au dela du possible, sans parler des vocaux carnassiers qui mangent les pissenlits par la racine. Demonthrone n’a que foutre de l’évolution musicale, son black thrash minimaliste et souvent mid tempo procure une furieuse envie de se lacérer des croix renversées sur le torse avant d’aller foutre le bordel dans un cimetière (souvenir de jeunesse…).

Pour beaucoup, cette musique ne procurera qu’une irrésistible envie de partir en courant, car ce n’est en effet pas technique pour un sou, pas très varié, et la production est on ne peut plus “raw”. Mais pourtant, j’accroche vraiment bien aux compos de Demonthrone qui parviennent mine de rien à créer une ambiance foutrement malsaine. C’est simpliste, certes, mais les riffs et les accélérations sont diaboliquement jouissifs, tout simplement. Et puis quel plaisir de constater que de jeunes groupes cultivent encore aujourd’hui avec tellement de conviction l’art d’adresser un gros “fuck” à toute l’industrie musicale (même si je ne crache pas forcément dessus) et à la société en proposant une musique viscéralement sincère, dépouillée et quelque part arrogante. Fans de Bestial Moquery, Warhammer, Necromessiah, Hellish Crossefire, voir des premiers Sodom ou Protector, cet album est fait pour vous…

Pas de grande dissertation à faire sur une démo de ce genre, car les compos du groupe sont d’une simplicité extrême (mais bien torchées quand même). On aime ou on déteste, pas de demi mesure avec ce genre de musique qui s’adresse à un public friand de groupes obscures. Grâce à son énergie communicative, Demonthrone s’en sort plutôt pas mal…

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No Return : Manipulated Mind

Manipulated MindVoici nos chers No Return de retour pour leur septième album studio, nouvelle offrande au monde du thrash death pour ce groupe présent depuis 1989. Les No Return ont la peau dure et, toujours mené de main de maître par le guitariste Alain clément (seul membre présent depuis les débuts), la formation enquille les albums avec une régularité constante.

Une fois encore, c’est avec un personnel de bord remanié que se présente le No Return de 2008. Nouveau batteur, nouveau guitariste rythmique et nouveau bassiste, rien que ça. Ca ne perturbe pas outre mesure l’ami Alain qui compose de toute façon sa musique avec un style très vite reconnaissable, mélange de brutalité death métal, de gros riffs thrash et de soli lumineux, le tout avec une dextérité et une technique irréprochable. Les expérimentations modernes (assez réussises) de « Machinery » sont totalement oubliées, « Manipulated Mind » emprunte le même chemin que son prédécesseur (« No Return » , 2006) en balançant une musique sans fioritures basée uniquement sur le mélange entre brutalité et parties mélodiques. Le groupe, qui semble presque trouver un second souffle, se montre plus inspiré que sur l’album précédent, comme si l’alchimie entre le chanteur Moreno et le compositeur Alain se mettait vraiment en marche. Les riffs sont donc bien plus inspirés, les tempo se montrent très variés (et souvent très rapides), même les soli montent d’un cran en qualité en se montrant encore plus mélodiques. Par moment, le groupe ressemblent d’ailleurs étrangement à Death ! Ajoutez à cela une production totalement adéquate et vous obtenez un cru 2008 plutôt savoureux.

Bien sûr, No Return reste immédiatement reconnaissable, et de nombreux plans rappellent immanquablement d’autres morceaux déjà écrits par le groupe dans le passé. C’est sans doute là le point faible de ce nouvel album qui, bien que très efficace, souffre tout de même d’un manque de recherche. J’aurais aimé trouver d’avantage de passages vraiment marquants, d’avantage de riffs de la qualité de ceux de “Out Of Control” ou “Take Me Beyond“, bref, cet album manque de surprises. C’est bon, énergique, mais je reste, comme souvent avec ce groupe d’ailleurs, avec le sentiment que No Return pourrait faire mieux vu ses capacités. La faute à ce line up sans arrêt instable ?

Ne boudons pas notre plaisir, « Manipulated Mind » est un bon album du groupe. Pas son meilleurs, mais une sortie qui me fait espérer que, si les musiciens restent enfin en place, le prochain album serra meilleurs encore. En tout cas, No Return est un groupe qui impose le respect par son endurance et son amour du trash/death…

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September 9, 2008

Totalselfhatred : TotalSelfHatred

TotalSelfHatredLe moins que l’on puisse dire avec ce groupe, c’est que l’étiquette colle bien au produit ! Je veux dire par là que le nom du groupe ne pourrait être mieux choisi tant sa musique incite d’avantage au suicide qu’à la beuverie festive. Bref, ce n’est pas le genre d’album que l’on sort pour pogoter comme des golitos lors d’une soirée arrosée?

Ce disque s’écoute seul, dans une chambre de préférence pourrie et avec un moral au plus bas. Qu’elle est merdique notre planète, je déteste tout le monde, tout le monde me déteste, la mort est une chose formidable, tiens je ferrais bien une petite promenade au cimetière? Et tout ça avec dans les oreilles la musique de TotalSelfHatred, bande son parfaite d’une agonie mentale où se croisent démons intérieurs et dégoût de soi même. Vous aurez compris que cette formation, qui compte en ses rangs des membres de Pest ou de Horna, est résolument tournée vers le côté obscure de l’être humain et se fait un devoir de retranscrire en musique tous les sentiments d’abandon et de solitude que peut ressentir un individu?

Le black métal de TotalSelfHatred est suffocant, rampant, et le groupe mise d’avantage sur les ambiances pénétrantes que sur la vitesse, même si des blasts sont disséminés ça et là. Ces derniers, qui apparaissent bien souvent après de longues errances hypnotiques, semblent expulser un trop plein de haine, tel un abcès purulent que l’on perce. Les mélodies sombres et lancinantes sont parfaitement réussies, les synthés sont présents juste ce qu’il faut, la basse, outil indispensable dans ce genre de musique envoûtante, est brillamment mise en avant, ce premier album du groupe est décidément fort bon. Le travail de composition est intelligent, les arrangements pointilleux, et le tout est mis en valeur par une production au top, que demandez de plus ? Laissez vous tout simplement porter par les mélodies funèbres diaboliquement rythmées des excellents “Enlightment”, “Mighty Black Dimensions” ou “Total Self-Hatred”.

Du black métal, certes, mais pas seulement. TotalSelfHatred vous enivre au gré d’une musique aussi captivante que belle, sans chichi ni orchestrations pompeuses, le genre de disque qui se démarque du lot grâce à un talent de composition omniprésent. Une bien belle découverte?

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September 2, 2008

Corrosive Elements : Chaos Unleashed

Chaos Unleashed« Chaos Unleashed » est la première démo de Corrosive Elements, groupe parisien fondé en 2005. La galette fait immédiatement bonne figure grâce à sa pochette “aspirante”, simple mais efficace. Armée de ses cinq compos, la formation semble vouloir nous proposer sa propre vision du chaos en s’adressant directement aux adeptes du death métal?

Certaines auto production surprennent par leur qualité, et « Chaos Unleashed » est de celles ci. Qu’il est bon de se prendre en pleine face un death / thrash de cette envergure, à la fois inspiré, parfaitement exécuté et diaboliquement entraînant. Pour une première sortie, Corrosive Elements place la barre très haut, je m’attends à ce qu’il face partie, dans un futur proche, de l’élite du death français. Rien que ça ? Ben ouai? C’est bien beau de vider des caisses de compliments, mais qu’en est-il vraiment de la musique du groupe ? Et bien la recette utilisée est la fois simple et casse gueule, car les musiciens évoluent dans un style que des milliers de groupes ont auparavant explorés en long et en large. Le risque est donc de proposer soit un produit trop amateur, soit une musique qui donne l’impression d’avoir été écouté un nombre incalculable de fois. Mais grâce à une énergie incroyable et un enthousiasme à toute épreuve, Corrosive Elements s’en sort royalement bien.

Les riffs sont donc gorgés d’influences thrash, mais les rythmes effrénés et chargés de double pédales rapprochent indéniablement le groupe de vieilles formations telles que Massacra (période « Sign Of The Décline » ), Unleashed, voir même Bolt thrower. Mais Corrosive Elements ne se cantonne pas à du pur old school, les rythmiques sont en effet aussi guerrières que aventureuses, les riffs n’hésitent pas à se rapprocher du métalcore actuels (”Losers”), et la basse est parfaitement mise en avant (les breaks étonnants de “Force Fed Lies”), ce qui apporte un groov irrésistible à chaque morceau. Le groupe est vraiment désireux de faire du neuf avec du vieux, et sa maîtrise instrumental ainsi que son inspiration lui permettent largement d’atteindre son but.

Aucune fautes de goût, aucun faut pas n’est à souligner sur ce cinq titres. Je tiens d’ailleurs à souligner que la production est parfaite, à la fois naturelle (quel boulot sur la batterie !) et magnifiquement claire. Par ailleurs, chose de plus en plus courante dans le death, c’est une dame (elle est mariée au batteur) qui se charge des vocaux, et avec quelle fougue ! Emilie insuffle aux morceaux une énergie pas croyable et n’hésite pas à varier ses intonations de la plus belle des manières, tels les vocaux criards presque hardcore de “Losers”.

Que de lignes écrites pour une simple démo ! Mais ce « Chaos Unleashed » est le genre de disque sur lequel on a envie de causer tant l’excitation de la découverte est grande. Bordel, vivement un album complet, et vivement que je puisse assister à une prestation scénique, car quelque chose me dit que les zicos doivent être redoutables sur les planches. A découvrir d’urgence?

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August 28, 2008

Portal (AUS) : Outre

Portal (AUS) : OutreHaaaa, la grande marmite du death métal ! On y trouve de tout, des groupes hyper techniques, des groupes sur-inspirés, des groupes qui brassent moult styles différents, d’autres qui s’inspirent de musiques traditionnels, d’autres qui se cantonnent à un style rentre-dedans et diaboliquement entraînant, bref, cet univers est aussi vaste qu’un achalandage d’hyper marché?

Et comme dans n’importe quel hyper marché, on a le choix entre des produit de marque riche en goût et du premier prix que même la cantaoche, à côté, c’est du trois étoiles. Le genre de produit que t’achètes quand t’as vraiment plus une thune et tant pis si c’est dégueu pourvu que ça te gave. Dans ces cas là, manger n’est pas un plaisir, mais une obligation, juste histoire de se remplir le bide. Et c’est justement ce que j’ai ressenti avec cet album de Portal? Vu que c’est un cd promo, je me suis senti obligé se l’écouter de façon consciencieuse, tout en attendant impatiemment que le dernier titre expulse ses dernières décibels.

Portal (groupe australien), c’est le death du pauvre, le death chiant par excellence, une musique monstrueusement ennuyeuse qui essaye de cacher son incapacité derrière une production étouffée et imprécise, histoire de donner une aura malsaine à l’ensemble. Les morceaux alternent entre parties hyper lourdes et blasts brouillons, le tout sans aucune finesse ni originalité, les musiciens piétinants sans complexes les plate bandes de Incantation. J’entends déjà les inconditionnels du death le plus obscure possible me crier à la gueule que je n’ai rien compris à la démarche de Portal et que je suis trop conditionné par le death raffiné pour apprécier et juger cet album à sa juste valeur. Ce à quoi je répondrai que je suis encore capable de différencier un album de qualité d’une grosse daube, et celui ci en est justement une. Tout de même, de la part d’un groupe formé en 1994, produire des riffs aussi impersonnels et rébarbatifs avec une prod’ aussi naze relève d’une volonté certaine de cultiver une démarche anti-commerciale au possible. Je rassure les mecs du groupe, mission accomplie ! Je n’invite personne à acheter cette album (leur deuxième), car cette galette est gonflante d’un bout à l’autre.

A tous les fans de death, si vous croisez la route de « Outre », passez votre chemin, ce disque n’a rien à vous offrir sinon un brouhaha à vous filer la migraine. Quand je pense que des groupes pareils arrivent à se faire signer sur des maison de disque, y’a de quoi se poser des question?

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Suffocation : Human Waste

Human WasteEn 1991 paraît le premier EP d’un groupe de légende au sein du death métal : « Human Waste » de Suffocation? Muni d’une pochette sanguinolent à souhait, ce premier jet (après une démo), pose les bases d’un death massif, aux riffs vicieux et à la brutalité jouissive?

Le titre “Human Waste” de ce EP est tiré de « Reincremation » (1990), la démo du groupe, et les cinq autres titres présents ont tous connu une seconde jeunesse par la suite. “Infecting The Crypts”, “Mass Obliteration” et “Jesus Wept” sur « Effigy Of The Forgotten (1991), “Syntheticaly Revived” sur « Pierced From Within » (1995) et “Catatonia” sur « Despise the Sun » (1998). C’est dire à quel point les musiciens du groupe considèrent les morceaux de ce EP comme des pièces maîtresses de leur discographie. Pour la petite histoire, cette sortie est la première du label aujourd’hui florissant Relapse Records?

Le son est crasseux, lourd, on aurait presque l’impression d’écouter le groupe en répèt’, mais dès le premier titre, le ton est donné. Le style Suffocation est déjà palpable à travers des riffs monstrueusement agressifs, une ambiance suffocante (logique !) et des compos en forme de grand huit qui vous laisse à peine le temps de respirer. Parties lourdes, mid tempo et blasts s’enchaînent sans hésitations, on sent que les zicos savent parfaitement où aller et que leur but est de proposer un death aussi morbide que celui de Carcass (les riffs rampants de “Synthetically Revived” et “Catatonia”), aussi bourrin que celui de Cannibal Corpse, le tout avec une approche des rythmiques assez unique. Pas mal pour un premier EP ! Il faut dire que les musiciens maîtrisent déjà parfaitement leurs instruments et ne font déjà pas dans la demi mesure. Ajoutez à cela des break totalement imparables (”Mass Obliteration“, “Catatonia”, “Human Waste“), des soli bien barrés, et vous obtenez un death radical, malsain, bref, diaboliquement accrocheur. Pour moi, le morceau phare de ce EP est l’énorme “Catatonia”. Son intro rouleau compresseur et son terrible riff a la troisième minute en font un titre incontournable du death métal. Par ailleurs, je préfère tout de même prévenir ceux désireux d’acquérir ce disque que la prod’ est d’époque et, sans être calamiteuse, ne se montre pas à la hauteur des réalisations suivantes de Suffocation. Personnellement, je trouve que ce son poisseux augmente encore d’avantage l’aspect sans compromis de ce EP.

Voici donc les premiers pas d’un très grand, et à l’écoute de ces six titres, pas de doute, le génie était déjà présent. « Human Waste » est un excellent témoignage de ce qu’était le groupe (et le death) au début des années 90…

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August 27, 2008

Requiem Laus : The Eternal Plague

The Eternal PlagueOn peut dire que Requiem Laus est persévérant dans son genre ! Cette formation portugaise existe depuis 1992 et se décide enfin, après 5 démos, à sortir son premier album, « The Eternal Plague ». Il s’en est passé des choses dans le domaine du black et du death depuis 1992, c’est donc avec une réelle curiosité que je glisse cette galette dans le lecteur.

Il est en effet légitime de penser qu’avec autant d’années au conteur, le groupe a normalement eu le temps de se construire un style et de composer des titres bien solides. Ben pas vraiment en fait? Requiem Laus navigue entre le black et le death et ajoute par ci par là quelques parties plus mélodiques, pour un rendu qui lorgne vers des groupes à la Behemoth. Seulement Requiem Laus n’a ni le talent ni l’inspiration nécessaire, et ce premier album se révelle être d’une platitude navrante. Et ce ne sont pas les quelques influence arabisantes (Black decay) ou les petits instru de guitare acoustique qui relèvent le niveau de l’ensemble tant les mélodies sont peu originales. Les vocaux, qui me font un poil penser à ceux de Dave Hunt (Benediction), manquent de panache, les riffs black sont clichesques à mort, les parties plus orientées death sont quelconques, bref, Requiem Laus met les deux pieds dans la plat et propose une musique franchement insipide. Comme ci ce n’était pas suffisant, le son de la batterie est synthétique au possible, ce qui rend les blasts (pas nombreux) absolument horrible à l’écoute.

Le groupe fait pourtant tout de qu’il peut pour éviter la routine, notamment en variant souvent les rythmes, mais sur les 12 titres de ce premier album, seuls trois sont à sauver du lot. “Am I Not Mercyful ?” pour sa petite mélodie heavy sympa, “Gallery Of Lies” pour son atmosphère lancinante assez réussie et “The Eternal Plague” pour son aspect plus direct et rentre-dedans. C’est assez maigre, d’autant que ces trois titres ne cassent tout de même pas des briques non plus.

C’est donc une musique bien peu convaincante que nous propose là Requiem Laus, une accumulation de poncifs en tout genre qui n’aurait même pas marqué son monde il y a quinze ans. Je souhaite au groupe de trouver un second souffle pour la suite car « The Eternal Plague » frôle le ratage complet et n’est pas impressionnant pour un sou?

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August 24, 2008

Shadow : Forever Chaos

Forever ChaosShadow nous arrive tout droit du Japon, et si le groupe s’est formé en 1993, « Forever Chaos » n’est que son deuxième album après « Shadow », paru en 2001 chez Spikefarm Records également. A la vue de cette pochette d’un goût, heu? particulier, difficile de se faire une idée sur le style de musique pratiqué par le combo?

Diantre ! L’intro du premier morceau me fait croire que j’aurai droit à tout, sauf à du death métal ! Un son très heavy, des soli démonstratifs à la Dragonforce, je commence à faire la gueule? Et puis au bout d’une minute, tout s’emballe, les riffs deviennent plus acérés, le rythme s’accélère et les vocaux, bien que pas réellement gutturaux, éloignent définitivement Shadow du métal moule burnes. C’est pas que j’aime pas le heavy, mais quand on est calé dans un genre, il est tout de même plus facile d’en causer, n’est ce pas ? Pour en revenir au chant, il faut tout de même noter que c’est une demoiselle qui se charge des vocalises, et elle a du coffre la donzelle !

A l’image de cette intro, la musique de Shadow est donc un death (très) mélodique qui laisse largement les guitaristes s’exprimer lors des nombreux soli. Ici la guitare est reine et ferra vomir les allergiques de la branlette de manche ! Mais pourtant, malgré ce déluge de décibels, la construction des morceaux n’est pas saoulante. Les musiciens, même s’ils tiennent à tout prix à nous prouver à quel point ils sont bons, ne négligent pas les rythmiques et balancent des compos aux structures “raisonnables”. L’énergie n’est pas mise de côté, le tempo est d’ailleurs assez souvent élevé, et même si Shadow n’évite pas tous les pièges de la facilité, cet album se montre au final attachant. Les mélodies sont souvent bien senties (”Master Of Impieties” et son break acoustique, “My Apologies”, “Land Of Dream” ) et on peut dire que les musiciens jonglent habilement entre brutalité “accessible” et métal mélodique. Une sorte de croisement improbable entre Arch Enemy, Angra et Loudness… Par ailleurs, le groupe ralentit parfois judicieusement le tempo et simplifie ses riffs afin d’ajouter une coloration plus thrash à ses morceaux (le très bon “Shudders Hell”).

Histoire de rendre hommage à un grand, Shadow se paie en fin d’album le luxe d’une reprise de Slayer, “Black Magic”. Jouée à l’identique jusque dans les soli, cette reprise dénote quelque peu par rapport à l’ensemble de l’album, mais il est toujours sympa d’écouter ce morceau avec des vocaux plus actuels?

Bien que l’on puisse toujours reprocher aux guitaristes leur jeu quelque peu robotique, sans réel feeling, il faut reconnaître que l’inspiration est présente chez Shadow, le groupe nous proposant là un album à la fois extrêmement mélodique et énergique. Je ne serai pas étonné que la formation se fasse rapidement un nom dans le monde merveilleux du métal !

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August 23, 2008

Agenda Of Swine : Waves of Human Suffering

Waves of Human SufferingFormé en 2004, Agenda Of Swine est un groupe américain mis sur pied par le leader de Benumb, Pete Pontikoff, et le batteur de Vulgar Pigeon, John Gotelli. Cette formation n’a d’autres prétentions que d’accoucher d’un grind death fortement couillu, pas original, mais qui vous astique la cervelle à coups de rythmiques radicales.

Au menu donc, du grind, du death, mais aussi de fréquents détours vers le hardcore ou le thrash, ce qui nous donne au final des compos totalement rentre-dedans et, si je peux dire, sans finesse. Vu leurs tronche sur les photos, les musiciens ont tous l’air d’avoir passé la trentaine, ce qui explique sans doute l’atmosphère fortement old school qui se dégage de ce premier album. On peut même noter ça et là quelques touches mélodiques typiques du death métal des années 90, notamment sur l’instrumental (plutôt inutile d’ailleurs) “Eradication Of The seeds Of Purity“, et des soli furieusement heavy (et assez simples) qui se rapprochent de ceux des vieilles compos de Slayer.

Les morceaux sont dans l’ensemble assez courts (13 titres pour 34 minutes) et sont une sorte de croisement entre le premier album de Brutal Truth et le World Downfal de Terrorizer. Les riffs sont teigneux, le batteur matraque à la perfection, le chanteur possède un timbre et un style originaux et la prod’, un poil crasseuse, colle bien à l’esprit brut de décoffrage des morceaux, mais, mais, ça ne le fait qu’à moitié. La faute sans doute à des riffs bien trop classiques et à des constructions qui ne surprennent pas. Les changements de rythmes sont pourtant fréquents, mais les breaks manquent cruellement d’idées surprenantes, et même si l’ensemble est sympa, rares sont les passages qui provoquent une bonne grosse érection. Il aurait fallu plus de morceaux de la trempe de “Devouring The Residual Bile“, “End Of All Ends” ou “Lost In Apathy“, titres au combien entraînants.

Il serait malhonnête de ma part de vous dire que ce « Waves of Human Suffering » est inintéressant, mais il ne concurrence en aucun cas les sorties jouissives de 2008 (et elles sont nombreuses). Malgré sa grosse envie d’en découdre et sa démarche sympathique, Agenda Of Swine possède “seulement” l’étoffe d’un bon groupe de seconde zone?

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August 22, 2008