Sodomy Torture : Exterminamorgue

Sodomy Torture : ExterminamorgueJ’ai tout d’abord eu assez peur devant l’artwork plutôt bas de gamme de ce premier album des toulousains de Sodomy Torture, représentation clishesque à mort de coprs mutilés, disséqués, broyés et bons à vendre au kilo chez le boucher du coin. Le nom du groupe lui même, quelle imagination débordante…

Concentrons nous sur le principal, la musique de ce trio dégenéré. Les bien nommés Eventrator, Anaconda et Glen Torture ont formé leur projet en 2005 et ont rapidement passé la seconde en proposant dès 2006 une démo (fort bien accueillie par la scène métal) et en participant en 2007 à un tribute à Mortician. Fort d’une signature chez Snakebite Productions (Bloodshed, Impureza…), le groupe balance 16 titres d’un grind death bien gluant et crasseux, dans l’esprit de Mortician (justement) ou de combo comme Exhumed, Inhume, voir même Carcass à ses débuts. En toute logique, les riffs se montrent donc vicieux et très gras et les compos, quoique simples, alternent entre blast bien maîtrisés et rythmes lourds de chez lourds. Les vocaux sont typiques du genre et là encore très proches de ce que fait Mortician, c’est dire si le chanteur semble avoir enregistré ses parties de chant après s’être enfilé 2 litres de destop.

Le groupe parvient tout au long de l’abum à concerver un groov indéniable, ce qui n’était pas forcément évident avec une boite à rythmes à la place d’un batteur de chair et de sang. Mais la programation est parfaite, les musiciens maîtrisent leur sujet sur le bout des moignons, et chaque morceau se déguste donc avec un sourir sadique au coin de la bouche. Il faut dire aussi que le disque est boosté par une production impecable de M. Pascal (Gorod), ce qui éloigne définitivement Sodomy Torture de tout amateurisme (la pochette mise à part)… De plus, le groupe conclut l’album par une reprise de Pungent Stench, ce qui résume bien l’esprit de la chose : du cradingue, du riff gras et de la bidoche.

Décidement, Snakebite est un jeune label qui a du pif. “Exterminamorgue” est entraînant en diable et Sodomy Torture est un groupe de félés qui a de serieux arguments à faire entendre. Si vous commandez le dernier Impureza (ce qui devrait être obligatoire), rajoutez donc dans votre panier ce disque. C’est vos cervicales qui vont faire la gueule…

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May 31, 2010

Gergovia : Memento Mori

Gergovia : Memento MoriLord Necron, l’auvergnat possédé et productif, nous revient un an seulement après avoir sorti « Si Vis Pacem Para Bellum ». Son one man band, Gergovia, même s’il possède déjà une cohorte de fans, s’est souvent fait descendre dans les chroniques, beaucoup jugeant son travail brouillon et sans personnalité. C’est donc avec pas mal d’appréhension que je me lance dans l’écoute de Memento Mori…

Comme dans beaucoup de projet solo, la batterie est ici assurée par une boite à rythme, notre homme se chargeant de tous les autres instruments. Et l’on est obligé de constater que la programmation et la mise en place des morceaux sont des plus corrects, Lord Necron ayant apparemment eu tout le temps de se faire la main sur ses Å“uvres antérieures. Le son lui même est plutôt réussi, à la fois cru (c’est à dire true) et audible, et donne aux compos l’aura malsaine et glauque propre aux standards du genre (c’est à dire aux groupes black des années 90). La production est donc honnête, la maîtrise instrumentale est réelle et l’esprit black poisseux est fidèlement retranscrit, qu’est ce qui différencie donc « Memento Mori » d’une Å“uvre majeure du black, dis nous tout Tonio !

Malgré une assurance évidente, cette galette a un gros défaut, et pas des moindres : l’inspiration ! L’inspiration bon diou, l’inspiration ! L’inspiration, cet ingrédient essentiel qui transforme un album fade en un album grandiose… « Memento Mori » c’est un peu comme des coquillettes au jambon sans gruyère, c’est mangeable mais il manque un truc, on est très vite gavé. Pourtant le bougre y met tout son cÅ“ur, ça se sent, il fait transparaître par ici des inspirations thrash, par là des inspirations plus heavy, mais l’ensemble manque de coffre à cause, encore une fois, des riffs. Ces foutus riffs, sont chiants ceux là, toujours eux qui plantent un album. Et oui, car les riffs de Lord Necron sont archi classiques, téléphonés à l‘extrême, ce mélange entre guitares tranchantes et mélodies lancinantes a été visité moult fois.

Les tempo sont souvent moyens ou lents, Gergovia préférant prendre son temps pour installer des ambiances plutôt que de foncer tête baissée. Certaines parties sont fort réussies, tels les riffs thrash de “Prosternes-toi devant l’éternel” et de “Pareil à la poussière” ou les très bonnes mélodies de “Bercé d’éternité” (à 5′20) ou de l’instrumental final “Quand La Glas Sonne”, morceau qui semble quasiment inspiré par Maiden. Gergovia est donc partagé entre black primaire cradingue et mélodies lancinantes mais, la faute à un manque d’inspiration qui frise l’auto parodie, l’album prend l’eau et même s’il n’est pas mauvais, il manque cruellement de panache. Dommage…

Quoi qu’il en soit, cet album a de quoi séduire des amateurs de black métal pas trop portés sur la vitesse et pas trop portés sur l’originalité. Lord Necron est un habile compositeur, mais ne ferrait-il pas mieux de s’entourer d’autres musiciens afin d’élargir son spectre musical ?

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November 30, 2008

Gergovia : Memento Mori

Gergovia : Memento MoriLord Necron, l’auvergnat possédé et productif, nous revient un an seulement après avoir sorti « Si Vis Pacem Para Bellum ». Son one man band, Gergovia, même s’il possède déjà une cohorte de fans, s’est souvent fait descendre dans les chroniques, beaucoup jugeant son travail brouillon et sans personnalité. C’est donc avec pas mal d’appréhension que je me lance dans l’écoute de Memento Mori?

Comme dans beaucoup de projet solo, la batterie est ici assurée par une boite à rythme, notre homme se chargeant de tous les autres instruments. Et l’on est obligé de constater que la programmation et la mise en place des morceaux sont des plus corrects, Lord Necron ayant apparemment eu tout le temps de se faire la main sur ses ?uvres antérieures. Le son lui même est plutôt réussi, à la fois cru (c’est à dire true) et audible, et donne aux compos l’aura malsaine et glauque propre aux standards du genre (c’est à dire aux groupes black des années 90). La production est donc honnête, la maîtrise instrumentale est réelle et l’esprit black poisseux est fidèlement retranscrit, qu’est ce qui différencie donc « Memento Mori » d’une ?uvre majeure du black, dis nous tout Tonio !

Malgré une assurance évidente, cette galette a un gros défaut, et pas des moindres : l’inspiration ! L’inspiration bon diou, l’inspiration ! L’inspiration, cet ingrédient essentiel qui transforme un album fade en un album grandiose? « Memento Mori » c’est un peu comme des coquillettes au jambon sans gruyère, c’est mangeable mais il manque un truc, on est très vite gavé. Pourtant le bougre y met tout son c?ur, ça se sent, il fait transparaître par ici des inspirations thrash, par là des inspirations plus heavy, mais l’ensemble manque de coffre à cause, encore une fois, des riffs. Ces foutus riffs, sont chiants ceux là, toujours eux qui plantent un album. Et oui, car les riffs de Lord Necron sont archi classiques, téléphonés à l?extrême, ce mélange entre guitares tranchantes et mélodies lancinantes a été visité moult fois.

Les tempo sont souvent moyens ou lents, Gergovia préférant prendre son temps pour installer des ambiances plutôt que de foncer tête baissée. Certaines parties sont fort réussies, tels les riffs thrash de “Prosternes-toi devant l’éternel” et de “Pareil à la poussière” ou les très bonnes mélodies de “Bercé d’éternité” (à 5′20) ou de l’instrumental final “Quand La Glas Sonne”, morceau qui semble quasiment inspiré par Maiden. Gergovia est donc partagé entre black primaire cradingue et mélodies lancinantes mais, la faute à un manque d’inspiration qui frise l’auto parodie, l’album prend l’eau et même s’il n’est pas mauvais, il manque cruellement de panache. Dommage?

Quoi qu’il en soit, cet album a de quoi séduire des amateurs de black métal pas trop portés sur la vitesse et pas trop portés sur l’originalité. Lord Necron est un habile compositeur, mais ne ferrait-il pas mieux de s’entourer d’autres musiciens afin d’élargir son spectre musical ?

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Kill The Client : Cleptocracy

Kill The Client : CleptocracyDécidément, le Grind est à l’honneur ce mois ci, car après les décapants Phobia, c’est au tour de Kill The Client de nous servir son nouvel album, son deuxième depuis la formation du groupe en 2002. D’une durée de 22 minutes, « Cleptocracy » ne vous laisse assurément pas le temps de souffler, je vois déjà les amateurs de bourinage assommant qui commencent à saliver…

Bourinage assommant, l’expression n’est pas trop forte, car la musique de ces américains est d’une brutalité inouïe. Les 18 titres de cette galette ne s’encombrent d’aucune influence extérieure, si ce n’est quelques riffs au parfum de punk, les musiciens ne dédient cette Å“uvre qu’aux dieux de la bestialité la plus primaire. Les constructions sont sans surprises, les riffs sont expéditifs au possible et les blasts explosent dans tous les sens, bref, du Grind les amis, du vrai Grind qui pue l’urgence et l’envie de massacrer tout ce qui bouge. Un Grind qui toutefois prend parfois le temps de respirer en balançant à petites doses des rythmes plus lourds, et donc forcément plus Death, relatives accalmies qui font forcément du bien dans un tel carnage auditif.

Mais attention, question mise en place, ça ne rigole pas chez Kill The Client ! Cette mise en place des plus carrée, le groupe la doit en grande partie à un batteur qui manie les baguettes comme Maïté manie la casserole, c’est à dire avec fougue et assurance. Le gaillard se montre franchement impressionnant de vitesse et procure à lui tout seul une énergie débordante aux morceaux. Seuls les plus endurcis d’entre vous seront réceptifs à cette énergie, car pour beaucoup, les compos (qui tournent toutes autour d’une minute), ne prendront la forme que d’un gros magma sonore sans aucune finesse. La production va d’ailleurs totalement dans ce sens en dotant l’album d’un son cru, crasseux, pas bordélique toutefois, mais qui donne l’impression que le groupe répète dans votre salon.

« Cleptocracy » n’est pas un album qui ferra date dans l’histoire du métal, c’est une certitude, mais j’avoue que le groupe a su réveiller mon côté masochiste, j’ai adoré faire souffrir mes tympans avec les 18 titres de ce disque radical et sans concession. Avis aux inconditionnels de Grind, malgré son manque flagrant d’originalité, Kill The Client a de quoi vous éclater…

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November 26, 2008

Phobia (USA) : 22 Random Acts of Violence

Phobia (USA) : 22 Random Acts of ViolencePhobia fait partie de ces irréductibles groupes qui, malgré une reconnaissance quelque peu limitée, s’accrochent bec et ongle et enquillent les albums avec une foi inébranlable. Formé en 1990, les américains nous livrent ici leur sixième album, leur carrière étant par ailleurs jonchée de EP, de démo et de splits…

Et force est de constater que les années n’assagissent pas les musiciens, ceux ci d’évertuant avec la même ferveur à nous balancer un grind des plus dévastateur. Les courtes compos du groupe sont bâties à partie de riffs plutôt basiques, et surtout fortement influencées par le punk et le hardcore, ce qui accentue encore d’avantage de côté sans compromis de cette galette qui ne dépasse pas les 29 minutes. Quasiment aucunes traces de mélodies chez Phobia, et dans ce style usé jusqu’à la corde, mieux vaut avoir de sérieux arguments à faire valoir sous peine de se vautrer dans une soupe sans saveur au fort goût de réchauffé. Et heureusement pour les zicos (et pour nos oreilles), ce ne sont pas les qualités qui manquent à cette galette. Non pas que le groupe propose un grind novateur, mais le niveau technique des musiciens est conséquent, ce qui leur permet de balancer des morceaux à la fois accrocheurs et extrêmement brutaux. Bien entendu, comme de coutume dans ce style, quelques mid tempo sont placés ça et là, et l’effet est toujours dévastateur. A ce titre, la prestation du batteur est remarquable, une véritable machine à blast d’une précision d’horloger suisse !

Textes revendicatifs, intro parlées genre journal télévisé, urgence de la musique, l’aura de formations telles que Disrupt ou terrorizer plane incontestablement sur Phobia, que l’on pourrait également rapprocher de formations plus récentes telles que Rotten Sound ou Deathbound, mais avec un côté hardcore plus prononcé. Il faut dire aussi que les musiciens de Phobia jouent ou ont joué avec des groupes comme Exhumed, Cretin, Repulsion, Fuck The Facts et bien d’autres ! « 22 Random Of Acts Of Violence » se paie par ailleurs le luxe de posséder une production impeccable, puissante et parfaitement claire, ce qui se ressent notamment lors des parties les plus rapides. Du bien beau boulot.

Ce nouveau Phobia, c’est une bonne grosse dose d’adrénaline qui se savoure sans se poser de question. Ce n’est pas le genre de métal qui fait fonctionner les neurones, mais que c’est jouissif ! Je vous invite fortement, si vous êtes amateurs de grind, à écouter quelques titres pour vous faire une idée de la chose…

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November 19, 2008

Endless Agony : Killing Machine

Endless Agony : Killing MachineIl aura fallu 5 années aux musiciens de Endless Agony pour donner un successeur à leur premier méfait, « In a Agony Of Fear », album plutôt bien accueilli à sa sortie. Pour un groupe débutant, c’est un laps de temps bien long, et l’on se dit que la formation a eu le temps de mûrir, de progresser techniquement et donc de se forger une personnalité solide et un style bien trempé.

Endless Agony propose un black death fourni en breaks et en changements de rythmes, mais disons le tout court, cet album est pourtant une semi déception. Ce style musical a été depuis longtemps revisité en long et en large et l’auditeur cherche à être transporté par une musique profonde, riche et émotionnellement forte, une musique qui sort un tant soit peu des entiers battus en proposant au minimum un brin d’originalité. Et force est de constater que Endless Agony se contente d’appliquer à la lettre une recette usée jusqu’à l’os, recette à base de riffs lourds ou lapidaires, de mélodies un poil heavy et de vocaux décharnés (assez efficaces out de même). Certes, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties, Endless Agony se cogne la tête dans tous les clichés possible et nous sert donc au final un black death sans réelle saveur.

« Killing Machine » n’est pas non plus une imposture totale, car même si la prod’ est assez faiblarde (surtout la batterie), la mise en place est impeccable et le groupe a le courage de chanter en français. Le résultat aurait donc pu être tout de même efficace, mais Endless Pain se montre également bien peu inspiré question riffs, certaines lignes mélodiques se montrant même franchement maladroites, tel sur “Be Better”, pour ne citer que ce titre. Tout de même, les musiciens se creusent la tête pour composer des titres aux rythmes très variés, ils ne se contentent pas de bastonner à tout va, mais leurs compos manquent de fougue, de consistance, il se dégage de cet album un parfum d’immaturité encore trop présent.

Sur la seconde moitié de l’album, Endless Agony monte en puissance et propose des titres plus accrocheurs, moins bancals. Le speed “Killing Machine” possède un parfum thrash délicieux et des riffs entraînants en diable, “Hope” combine rythmiques ébouriffées et parties plus posées aux accents de Hypocrisy, “Repentance” et “Nevermore“, dans un style assez black thrash, bourinnent sans se poser de questions et l’album se conclut plutôt bien avec le titre “My Confession”, mélange de death old school et d’ambiances froides assez réussies.

Ce second album de Endless Agony, malgré son évidente sincérité, manque de panache et d’inspiration, et le groupe n’est pas encore prêt à endosser le titre de leader de la scène française. Heureusement, les bonnes idées qui émaillent ce disque sont là pour nous montrer que l’on peut tout de même placer quelques espoirs en cette formation…

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November 16, 2008

Endless Agony : Killing Machine

Endless Agony : Killing MachineIl aura fallu 5 années aux musiciens de Endless Agony pour donner un successeur à leur premier méfait, « In a Agony Of Fear », album plutôt bien accueilli à sa sortie. Pour un groupe débutant, c’est un laps de temps bien long, et l’on se dit que la formation a eu le temps de mûrir, de progresser techniquement et donc de se forger une personnalité solide et un style bien trempé.

Endless Agony propose un black death fourni en breaks et en changements de rythmes, mais disons le tout court, cet album est pourtant une semi déception. Ce style musical a été depuis longtemps revisité en long et en large et l’auditeur cherche à être transporté par une musique profonde, riche et émotionnellement forte, une musique qui sort un tant soit peu des entiers battus en proposant au minimum un brin d’originalité. Et force est de constater que Endless Agony se contente d’appliquer à la lettre une recette usée jusqu’à l’os, recette à base de riffs lourds ou lapidaires, de mélodies un poil heavy et de vocaux décharnés (assez efficaces out de même). Certes, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties, Endless Agony se cogne la tête dans tous les clichés possible et nous sert donc au final un black death sans réelle saveur.

« Killing Machine » n’est pas non plus une imposture totale, car même si la prod’ est assez faiblarde (surtout la batterie), la mise en place est impeccable et le groupe a le courage de chanter en français. Le résultat aurait donc pu être tout de même efficace, mais Endless Pain se montre également bien peu inspiré question riffs, certaines lignes mélodiques se montrant même franchement maladroites, tel sur “Be Better”, pour ne citer que ce titre. Tout de même, les musiciens se creusent la tête pour composer des titres aux rythmes très variés, ils ne se contentent pas de bastonner à tout va, mais leurs compos manquent de fougue, de consistance, il se dégage de cet album un parfum d’immaturité encore trop présent.

Sur la seconde moitié de l’album, Endless Agony monte en puissance et propose des titres plus accrocheurs, moins bancals. Le speed “Killing Machine” possède un parfum thrash délicieux et des riffs entraînants en diable, “Hope” combine rythmiques ébouriffées et parties plus posées aux accents de Hypocrisy, “Repentance” et “Nevermore“, dans un style assez black thrash, bourinnent sans se poser de questions et l’album se conclut plutôt bien avec le titre “My Confession”, mélange de death old school et d’ambiances froides assez réussies.

Ce second album de Endless Agony, malgré son évidente sincérité, manque de panache et d’inspiration, et le groupe n’est pas encore prêt à endosser le titre de leader de la scène française. Heureusement, les bonnes idées qui émaillent ce disque sont là pour nous montrer que l’on peut tout de même placer quelques espoirs en cette formation…

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Endless Agony : Killing Machine

Endless Agony : Killing MachineIl aura fallu 5 années aux musiciens de Endless Agony pour donner un successeur à leur premier méfait, « In a Agony Of Fear », album plutôt bien accueilli à sa sortie. Pour un groupe débutant, c’est un laps de temps bien long, et l’on se dit que la formation a eu le temps de mûrir, de progresser techniquement et donc de se forger une personnalité solide et un style bien trempé.

Endless Agony propose un black death fourni en breaks et en changements de rythmes, mais disons le tout court, cet album est pourtant une semi déception. Ce style musical a été depuis longtemps revisité en long et en large et l’auditeur cherche à être transporté par une musique profonde, riche et émotionnellement forte, une musique qui sort un tant soit peu des entiers battus en proposant au minimum un brin d’originalité. Et force est de constater que Endless Agony se contente d’appliquer à la lettre une recette usée jusqu’à l’os, recette à base de riffs lourds ou lapidaires, de mélodies un poil heavy et de vocaux décharnés (assez efficaces out de même). Certes, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties, Endless Agony se cogne la tête dans tous les clichés possible et nous sert donc au final un black death sans réelle saveur.

« Killing Machine » n’est pas non plus une imposture totale, car même si la prod’ est assez faiblarde (surtout la batterie), la mise en place est impeccable et le groupe a le courage de chanter en français. Le résultat aurait donc pu être tout de même efficace, mais Endless Pain se montre également bien peu inspiré question riffs, certaines lignes mélodiques se montrant même franchement maladroites, tel sur “Be Better”, pour ne citer que ce titre. Tout de même, les musiciens se creusent la tête pour composer des titres aux rythmes très variés, ils ne se contentent pas de bastonner à tout va, mais leurs compos manquent de fougue, de consistance, il se dégage de cet album un parfum d’immaturité encore trop présent.

Sur la seconde moitié de l’album, Endless Agony monte en puissance et propose des titres plus accrocheurs, moins bancals. Le speed “Killing Machine” possède un parfum thrash délicieux et des riffs entraînants en diable, “Hope” combine rythmiques ébouriffées et parties plus posées aux accents de Hypocrisy, “Repentance” et “Nevermore“, dans un style assez black thrash, bourinnent sans se poser de questions et l’album se conclut plutôt bien avec le titre “My Confession”, mélange de death old school et d’ambiances froides assez réussies.

Ce second album de Endless Agony, malgré son évidente sincérité, manque de panache et d’inspiration, et le groupe n’est pas encore prêt à endosser le titre de leader de la scène française. Heureusement, les bonnes idées qui émaillent ce disque sont là pour nous montrer que l’on peut tout de même placer quelques espoirs en cette formation…

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Mendeed : Shadows War Love

Mendeed : Shadows War LoveMendeed n’est plus depuis 2007. Les écossais avaient pourtant démarré leur carrière sur les chapeaux de roue en se faisant très rapidement un nom sur la scène internationale, mais après seulement quelques petites années d’existence, pouf, le groupe s’évapore avec pour seule explication un conflit avec leur manager…

Histoire de bien presser le citron jusqu’à la dernière goutte, Rising Records nous balance un best of qui fait l’impasse sur le premier EP du groupe et qui rassemble des titres de leurs trois réalisations suivantes. Quatre morceaux pour le EP « From Shadows Came Darkness » (2004), quatre morceaux de l’album « This War Will Left Forever » (2006) et quatre extraits également pour le petit dernier de 2007, « The Dead Live By Love ». Aucun inédit à l’horizon, pas le moindre petit titre live, même pas en bonus le morceau The Thing That Should Not Be (Metallica) que Mendeed avait enregistré en 2006 pour l’album tribute des 20 ans de Master Of Puppets. Rien de rien, le strict minimum, les fans n’ont tout simplement aucune raison de se procurer cette galette qui frise le foutage de gueule pur et simple.

Ce best of douteux s’adresse donc uniquement à tout ceux, comme moi, qui ne connaissent la formation que de nom et qui n’osent pas se risquer à acheter un album complet. Les douze titres survolent la courte carrière du groupe et permettent de se forger une opinion sur les style pratiqué par Mendeed, à vous donc de vous ranger soit du côté des fervents supporters du groupe, soit du côté de ceux qui se choppent des boutons à l’écoute de cette musique hybride. Car assurément, les réalisations du groupe ont réellement divisé les foules.

Killswitch Engage, Unearth, Trivium, Children Of Bodom, autant de noms qui viennent à l’esprit à l’écoute de la musique du groupe. Le métalcore de Mendeed est fonceur et picore à la fois dans le thrash, le death ou le heavy, une musique actuelle et qui s’adresse directement aux jeunes métaleux. Mais pourtant, et bien que cette recette ne m’ouvre franchement pas l’appétit, je dois avouer que j’ai été séduit par les compos du groupe. Les morceaux tirés du EP et du premier album m’ont semblé assez maladroits, les musiciens imbriquant entre elles des parties parfois trop différentes, on sent que le groupe n’a pas encore trouvé le bon équilibre malgré des riffs souvent bien sentis. Ce sont surtout les quatre titres issus du dernier album qui on capté mon attention à 100%, car ces morceaux sont en effet réellement bons, à la fois énergiques et mélodiques, et la production est bien plus chaleureuse. Tout y est bien dosé, le chant clair, le chant hurlé, les mélodies de guitares, les riffs furieusement accrocheurs, et le batteur laisse libre cour à son jeu extrêmement fouillé et véloce. Le gros plus de ces morceaux est assurément leur côté heavy parfaitement mis en avant, les cavalcades rythmiques parfois proches de Helloween se montrant totalement maîtrisées. Et puis quel bonheur que les intermèdes instrumentaux ! Les guitaristes sont de redoutables solistes et leurs interventions sont admirables au possible, c’est d’ailleurs ce côté heavy parfaitement assumé et revendiqué avec fierté qui me séduit sur ces quatre très bonnes chansons. De la puissance, de l’émotion et du frisson, du tout bon qui me donne envie de découvrir l’album « The Dead Live By Love » dans son intégralité.

Les fans sont avertis, ce best of ne renferme aucunes surprises et ne propose que du déjà entendu. La qualité des derniers morceaux me fait regretter que Mendeed se soit sabré en pleine ascension, car le potentiel de la formation était impressionnant et le groupe avait enfin trouvé le bon équilibre. Vraiment dommage…

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November 12, 2008

The Dying : Triumph Of Tragedy

The Dying : Triumph Of TragedySi 2008 est définitivement une excellente année pour le death, c’est également l’année du revival thrash, les reformations se comptant à la pelle et de nouveaux groupes déclarant haut et fort leur amour pour le old school. The Dying y va lui aussi de son album thrash avec leur première rondelle, le présent « Triumph Of Tragedy ».

Les belges ont débuté leur carrière en 2000 sous le nom de Chimaera avant se transformer en 2006 en The Dying à cause de la trop forte ressemblance avec Chimaira. Il sortiront sous ce nom deux albums, dont le dernier, « Stygian » (2005), a été enregistré par Xavier Carion (ex Channel Zero) et mixé en Suède par Frederik Nordström (Dimmu Borgir, The Haunted, Opeth…), tout de même. Fort de son nouveau patronyme et d’un album à la production massive, les musiciens sont aujourd’hui fin prêts à vous botter l’arrière train…

Le thrash de la formation n’est pas un hommage aux années 80, comme c’est si souvent le cas en ce moment. La musique du groupe se veut moderne et les musiciens utilisent pas mal de riffs syncopés, des plans à la limite du death et la double est très présente et fortement mise en avant. Une autre particularité du groupe est de placer très souvent des riffs mélodiques assez proches parfois du death suédois à la In Flames et consort. Nous voici donc en présence d’un thrash à la fois mélodique et abrasif, menu alléchant, mais qui malheureusement souffre de quelques faiblesses…

Le gros défaut de ce disque est tout simplement le manque d’inspiration au niveau des riffs. Qu’ils soient mélodiques ou purement agressifs, ceux ci manquent cruellement de personnalité et même après plusieurs écoutes, les morceaux semblent malheureusement se répéter. Bien entendu, parfois la bête se réveille, et quelques très bonnes parties émaillent le disque. Je pense notamment au très beau final de “Slaves Of Tomorrow” (un peu Metallica sur les bords) qui nous montre un groupe alors fort bien inspiré ou aux brûlots plus directs que sont “Gotham” et “The Sadist Virus”.

A noter par ailleurs que le chant est plutôt bien efficace, le vocaliste au timbre teigneux ne s’égarant jamais dans un autre registre que le sien. Pas de tentatives donc de chant clair, et c’est tant mieux !

« Triumph Of Tragedy » est donc un album en demi teinte, The Dying se montrant un tâcheron doué mais sans panache. Il manque à cette réalisation du coffre, de l’envergure, et c’est d’autant plus énervant que les musiciens se montrent de redoutables techniciens. Affaire à suivre tout de même…

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November 6, 2008